Élection présidentielle américaine de 1824

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Élection présidentielle américaine de 1824
JohnQAdams.png
John Quincy AdamsParti républicain-démocrate
Colistier : John Caldwell Calhoun
Voix 113 122
Grands électeurs 84
  
30,9 %
Andrew Jackson.jpg
Andrew JacksonParti républicain-démocrate
Colistier : John Caldwell Calhoun
Voix 151 271
Grands électeurs 79
  
41,3 %
Le collège électoral en 1824
Carte
Président
Sortant
Élu

L'élection présidentielle américaine de 1824 marqua la fin de l'ère des bons sentiments, entamée en 1800 par l'élection de Thomas Jefferson, et qui fut marqué par une vie politique relativement apaisée, totalement dominée par le parti Démocrate-Républicain.

Elle se solda par l'élection de John Quincy Adams à la présidence, après un scrutin qui vit l'unique parti national alors constitué, le Parti démocrate-républicain, se diviser en quatre factions rivales soutenant chacune un candidat différent.

Elle eut pour conséquence l'explosion du parti, avec la naissance du Parti Démocrate et du Parti national républicain, futur Parti Whig.

Désignation des Grands Électeurs[modifier | modifier le code]

Les vingt-quatre États de l'Union participèrent à la désignation des électeurs. Seuls six États procédèrent encore à la désignation des Grands électeurs par leur législature (Delaware, Georgie, Louisiane, New York, Caroline du Sud et Vermont). Tous les autres firent désigner les grands électeurs par un vote direct des citoyens. Dans la majorité des cas (12 États) le vote eut lieu dans le cadre de l'État, ailleurs les Grands électeurs furent élus dans des circonscriptions spécifiques (5 États), enfin le Maine mit en place un système mixte.

261 Électeurs furent désignés et participèrent au vote pour élire le président.

Campagne électorale[modifier | modifier le code]

Le Parti démocrate-républicain fut incapable de départager les quatre candidats issus de ses rangs qui souhaitaient se présenter à la Présidence suite au retrait du président sortant James Monroe.

La domination sans conteste des démocrates-républicains avaient par ailleurs aplani les différences idéologiques et, de fait, la campagne ne se fit pas sur des orientations politiques, mais sur des personnalités et, surtout, des identités régionales.

Le premier candidat à se déclarer fut le général Andrew Jackson, héros de la guerre de 1812 et Sénateur du Tennessee. Il fut proposé par la législature du Tennessee dès 1822, puis soutenu par le caucus démocrate-républicain de Pennsylvanie. Jackson avait de plus le soutien des États du Sud.

Le second candidat, désigné par le caucus du congrès en 1823 et donc théoriquement légitime, fut William H. Crawford, secrétaire au Trésor du Président Monroe. La faible participation à ce caucus (68 parlementaires seulement, dont 4 s'abstinrent) ne lui donna cependant pas une légitimité suffisante pour s'imposer au sein de son parti. Son colistier désigné, Albert Gallatin, qui venait d'achever son mandat d'Ambassadeur en France, renonça d'ailleurs à se présenter.

A ceux-là, il faut encore ajouter John Quincy Adams, alors Secrétaire d'État, qui était le fils de l'ancien président John Adams, et qui avait fait ses premières armes politiques au sein du Parti Fédéraliste avant de rejoindre les démocrates-républicains. Il bénéficiait, notamment, du soutien des anciens fiefs fédéralistes de Nouvelle-Angleterre.

Deux candidats "de compromis" tentèrent alors de se dégager. Le premier, le secrétaire à la Guerre John C. Calhoun, renonça finalement à se présenter, et préféra briguer la vice-présidence, avec le soutien d'Adams et de Jackson, ce qui lui assurait quasiment son élection. Le Représentant du Kentucky Henry Clay, alors président de la Chambre des Représentants, choisit, lui, de maintenir sa candidature, espérant réconcilier derrière son autorité vis-à-vis des parlementaires les autres candidats. Ce fut peine perdue.

Élection et vote du collège électoral[modifier | modifier le code]

La division des différentes factions et leur ancrage régional étaient tels qu'aucun candidat n'eut la majorité du collège électoral pour la Présidence.

John C. Calhoun fut en revanche élu tranquillement à la vice-présidence.

Résultat des votes

Candidats Vote électoral Vote populaire
À la présidence À la vice-présidence Parti # # %
Andrew Jackson, Sénateur du Tennessee Démocrates-républicains 99 151 271 41,3 %
John Quincy Adams, secrétaire d'État Démocrates-républicains 84 113 122 30,9 %
William H. Crawford, secrétaire au Trésor Démocrates-républicains 41 40 856 11,2 %
Henry Clay, président de la Chambre des Représentants Démocrates-républicains 37 47 531 13,0 %
John Caldwell Calhoun, secrétaire à la Guerre Démocrates-républicains 182
Nathan Sanford, Chancelier de New York Démocrates-républicains 30
Nathaniel Macon, sénateur de Caroline du Nord Démocrates-républicains 24
Andrew Jackson Démocrates-républicain 13
Martin Van Buren, sénateur de New York Démocrates-républicain 9
Henry Clay Démocrates-républicain 2
candidats non-affiliés 6 616 1,8 %
autres candidats 6 437 1,8 %
Total 261 365 833 100,00 %

Vote de la Chambre des Représentants[modifier | modifier le code]

Aucun candidat n'ayant obtenu la majorité absolue dans le collège électoral, l'élection du Président fut donc transférée à la Chambre des Représentants. L'élection se fait par délégation d'État : les représentants se réunissent par État, et chaque délégation dispose d'une seule voix. Il faut une majorité absolue, pour être élu. Le XIIe amendement restreint la possibilité de se présenter au vote de la Chambre aux trois premiers candidat. Henry Clay, est donc éliminé. Son hostilité affirmé vis-à-vis de Jackson, qu'il considère comme un soudard, et de grandes similitudes de vues avec Adams le conduisent à appeler à voter pour ce dernier.

Le vote des délégations suivit plus ou moins le vote des grands électeurs des États, à quelques exceptions près, comme la Louisiane, qui jouèrent en faveur d'Adams, qui obtint 13 voix dès le premier tour, contre 7 à Jackson et 4 à Crawford.

Il fut donc élu le 9 février 1825.

Jackson n'apprécia pas d'avoir été battu, alors qu'il était arrivé en tête du vote du collège électoral, et qu'il avait obtenu le plus de voix dans les États organisant le vote direct des citoyens. Cela participa de la scission au sein du Parti républicain-démocrate.

Lorsque John Quincy Adams nomma Henry Clay comme secrétaire d'État, la polémique enfla encore, les jacksoniens accusant leurs adversaires d'avoir marchandé l'élection.