Pat Buchanan

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Pat Buchanan, en octobre 2004.

Patrick Joseph « Pat » Buchanan (né le 2 novembre 1938 à Washington DC, États-Unis) est un journaliste et homme politique américain, commentateur politique sur la chaine MSNBC, cofondateur du magazine The American Conservative et cofondateur de la fondation paléo-conservatrice The American Cause.

Conseiller politique des présidents Richard Nixon, Gerald Ford et Ronald Reagan, il fut deux fois candidat à l'investiture républicaine de la présidence des États-Unis et a reçu en 2000 la nomination du Reform Party of the United States of America pour l'élection présidentielle des États-Unis d'Amérique 2000 en tandem avec Ezola Broussard Foster pour la vice-présidence. Il a également écrit plusieurs ouvrages sur ses opinions politiques conservatrices ainsi que des chroniques dans des revues comme Human Events, National Review, The Nation et Rolling Stone.

Il a été l'un des rédacteurs des discours du président Richard Nixon. En 2003, il s'est opposé à la guerre d'Irak, et est resté défavorable à la politique étrangère de George W. Bush durant tout son mandat.

Buchanan est un des représentants de la droite américaine. Catholique traditionaliste, il a incarné le courant paléo-conservateur du Parti républicain tout en conservant d'importantes relations avec le Constitution Party.

Origines familiales et études[modifier | modifier le code]

Pat Buchanan est né 1938 à Washington DC. Descendant d'un officier confédéré, il est le fils de Catherine Elizabeth Crum (1911-1995) et de William Baldwin Buchanan (1905 - 1988), tous deux mariés en 1936. Pat Buchanan grandit avec ses six frères et ses deux sœurs au sein d'une famille catholique traditionaliste. Il fait ses études à l'université de Georgetown puis est dispensé de service militaire pour des raisons de santé. Il est diplômé en journalisme de l'université Columbia en 1962 après avoir rédigé un mémoire sur la progression des relations commerciales entre Cuba et le Canada alors que le premier était soumis à un embargo des États-Unis d'Amérique.

Carrière professionnelle et politique[modifier | modifier le code]

Journaliste au St. Louis Globe-Democrat[modifier | modifier le code]

Buchanan n'a que 23 ans quand il commence à écrire des éditoriaux dans le journal St. Louis Globe-Democrat où il dénonce le commerce du Canada avec la dictature cubaine dans un éditorial titré "Canada sells to Red Cuba - And Prospers." Par la suite, Buchanan dénoncera l'embargo estimant qu'il n'avait fait que renforcer le régime communiste dirigé par Fidel Castro[1].

En 1964, Buchanan devient éditorialiste adjoint au Globe-Democrat. Il fait alors campagne en faveur de Barry Goldwater lors de l'élection présidentielle de 1964 même si le Globe-Democrat n'endosse pas finalement la candidature du sénateur républicain de l'Arizona.

Les années Nixon[modifier | modifier le code]

En 1965, Pat Buchanan commence à travailler au côté de Richard Nixon au sein de son cabinet d'avocats à New York. En 1966, il est l'un des premiers conseillers politiques que Nixon recrute en vue de sa candidature à l'élection présidentielle de 1968[2]. Au côté de Nixon, il effectue un tour du monde qui l'emmène en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient juste après la guerre des Six Jours.

En 1969, quand Nixon entre à la Maison-Blanche, Buchanan devient conseiller de la Maison-Blanche et rédacteur des discours du président et du vice-président Spiro Agnew. On lui doit la formule de majorité silencieuse. Il eut un rôle non négligeable dans la stratégie du président Nixon pour se concilier les électeurs démocrates notamment lors de la campagne de 1972 sur un programme anti-establishment [3].

Il accompagne Nixon en 1972 lors du premier voyage d'un président américain en Chine populaire et en 1974 à Moscou, Yalta et Minsk. Épargné par le scandale du Watergate qui aboutit à la démission de Nixon, Buchanan demeure adjoint au président Gerald Ford qui refuse la proposition d'Alexander Haig de nommer Buchanan au poste d'ambassadeur des États-Unis en Afrique du Sud.

Les années CNN[modifier | modifier le code]

Après avoir quitté la Maison-Blanche, Buchanan revient à sa carrière de journaliste, de chroniqueur politique et d'éditorialiste. Il coprésente à la radio le Buchanan-Braden Program au côté du journaliste (progressiste) Tom Braden et présente régulièrement des chroniques politiques sur la chaine de radio de la NBC de 1978 à 1984. Parallèlement, il commence une carrière à la télévision en tant que commentateur politique. Sur la chaine CNN, il est un chroniqueur régulier sur The McLaughlin Group, Crossfire et The Capital Gang,ce qui lui assure une véritable notoriété nationale.

Les années Reagan[modifier | modifier le code]

De 1985 à 1987, sous le mandat de Ronald Reagan, Buchanan est directeur de la communication de la Maison-Blanche. C'est à cette fonction qu'il prend parti en faveur des Contra au Nicaragua ou qu'il défend la visite de Ronald Reagan au cimetière de Bitburg en Allemagne de l'Ouest où sont enterrés parmi d'autres des soldats de la SS. Il participe également au sommet de Reykjavik entre Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev.

En 1986, sa sœur Bay Buchanan entame une campagne proposant son frère Pat comme candidat à l'élection présidentielle de 1988 afin de représenter le mouvement conservateur.

Après être redevenu commentateur politique sur CNN, Buchanan renonce finalement à poursuivre une campagne électorale en 1988 et se rallie à la candidature de Jack Kemp.

La campagne présidentielle de 1992[modifier | modifier le code]

En 1990, Buchanan publie un article intitulé Patrick J. Buchanan: From the Right et édite des autocollants reprenant une citation du président George H. W. Bush "Read Our Lips! No new taxes." alors que celui-ci s'apprête à augmenter les impôts. En 1992, Buchanan se présente aux élections primaires républicaines contre le président sortant. Il propose un programme traditionnel du conservatisme américain : réduction de l'immigration, conservatisme social et nationalisme économique (protectionnisme), programme auquel il ajoute un réquisitoire contre le multiculturalisme, l'avortement et le prosélytisme des homosexuels.

S'il parvient à réunir plus de 3 millions de voix lors des primaires, il est devancé par le président sortant auquel il apporte finalement son soutien lors de la convention du parti républicain. Lors de celle-ci, il prononce un discours dans lequel il s'en prend au candidat démocrate Bill Clinton et à son épouse et déclare qu'une guerre culturelle va commencer, « une guerre religieuse pour l'âme du pays » [4]. Le discours de Buchanan, destiné à endiguer à droite le succès de la candidature de Ross Perot, est finalement perçu comme trop radical et fait perdre une partie de l'électorat modéré à George H. W. Bush qui finalement perd l'élection présidentielle.

Les années 90[modifier | modifier le code]

Dans les années 90, Buchanan continue sa carrière de journaliste, de chroniqueur et de coanimateur d'émission politiques à la télévision américaine et à la radio où il anime notamment Buchanan and Company, un talk show de trois heures sur Mutual Broadcasting System.

En 1993, il fonde The American Cause, une fondation paléo-conservatrice qui fait la promotion des valeurs traditionnelles conservatrices, du fédéralisme et de l'isolationnisme.

Campagne de 1996[modifier | modifier le code]

Buchanan gagne les primaires et les caucus dans les États de New Hampshire, Missouri, Louisiane et Alaska

En 1996, Buchanan tente de nouveau d'obtenir l'investiture républicain pour l'élection présidentielle du mois de novembre sur la base d'un programme hostile à l'Accord de libre-échange nord-américain (NAFTA). Après avoir gagné quatre primaires et caucus, Buchanan est finalement devancé par le sénateur Bob Dole, affaibli notamment après que son codirecteur de campagne a été accusé d'avoir participé à deux réunions organisées par des suprémacistes blancs et des chefs de milices locales.

Le ticket Bob Dole / Jack Kemp recevra néanmoins le soutien de Buchanan lors de la phase finale de l'élection présidentielle.

La campagne présidentielle de 2000[modifier | modifier le code]

En 1999, suite à de mauvais sondages concernant sa candidature au sein du Parti républicain, Buchanan se rapproche du parti de la réforme puis annonce sa démission du Parti républicain.

Buchanan devient ensuite le candidat du Parti de la réforme en dépit des divisions internes sur sa candidature. Lors de son investiture, Buchanan propose le retrait des États-Unis de l'ONU, l'expulsion du siège de celle-ci vers un pays tiers, la suppression du département de l'Éducation, de celui de l'Énergie, de celui du Logement et du Développement urbain ainsi que la suppression de l'impôt sur les successions et les programmes d'affirmative action.

Sa colistière est alors Ezola Broussard Foster, une activiste afro-américaine et professeur retraitée de Los Angeles.

Lors de l'élection présidentielle de 2000, Buchanan remporta 449 895 suffrages soit 0,4 % des voix. Dans le comté de Palm Beach en Floride, Buchanan reçut 3 407 voix ce qui est alors paru surprenant dans un comté considéré comme très progressiste. Il est alors apparu que par inadvertance, certains électeurs avaient sans doute mal perforé leur bulletin et croyant voter Al Gore, avaient voté Buchanan. Ce dernier admit volontiers que ces voix auraient dû aller à Al Gore. Si cette erreur, qui n'a jamais été confirmée, était avérée, elle a permis alors au républicain George W. Bush de remporter l'État de Floride par un écart inférieur à mille voix et de ce fait, lui a permis de remporter l'élection présidentielle américaine face à Al Gore.

Chroniqueur et commentateur politique phare des années 2000[modifier | modifier le code]

Durant les années 2000, Buchanan s'identifie comme un indépendant opposé à la ligne néo-conservatrice alors en vogue chez les républicains et à la guerre en Irak. En 2004 cependant, il rallie de nouveau les républicains et apporte son soutien à George W. Bush.

Buchanan en 2008

Après les élections de 2000, Buchanan reprend sa carrière journalistique mais quitte CNN pour MSNBC où il anime jusqu'en 2003 le talk show Buchanan and Press. Après 2003, il devient analyste politique au sein de MSNBC ce qui lui permet d'être un invité récurrent des différents talk shows ou d'assurer l'intérim de Joe Scarborough dans Scarborough Country.

En 2002, il cofonde avec Scott McConnell, ancien éditorialiste au New York Post, et Taki Theodoracopulos, un financier conservateur, un nouveau magazine paléo-conservateur intitulé The American Conservative.

En janvier 2012, Buchanan est suspendu pour une durée indéterminée de MSNBC en tant que contributeur et le président de la chaîne, Phil Griffin (en), déclare qu'il n'a pas décidé s'il va laisser Buchanan revenir. Le groupe d'intérêt noir Color of Change (en) a pressé MSNBC de le renvoyer pour injures raciales et « suprémacisme blanc ». MSNBC s'est séparée définitivement de Buchanan le 16 février 2012.

Opinions[modifier | modifier le code]

Buchanan se déclare être un conservateur traditionnel, opposé aux néo-conservateurs ou aux Rockefeller Republicans. Il déclare que, contrairement à ce dont on l'accuse quelquefois, il n'est ni antisémite, ni homophobe, ni raciste, ni sexiste, ni antiféministe, ni fasciste, ni isolationniste[5]. Son positionnement politique reflète plutôt l'influence du paléo-conservatisme, autrefois puissant au sein du parti républicain à l'époque du sénateur Robert Taft. Ainsi, il est opposé à une vision étatiste du pays et soutient la suppression d'importantes administrations fédérales qu'il estime inefficaces et dispendieuses.

Il est un constant opposant au néo-conservatisme qu'il considère être un reniement des valeurs conservatrices traditionnelles. En 2006, il assimile notamment la politique intérieure de George W. Bush à celle de la grande société de Franklin Delano Roosevelt, sa politique internationale à celle de Woodrow Wilson et sa politique en matière d'immigration à celle de Lyndon Johnson, ne lui accordant une comparaison avec Ronald Reagan que pour la nomination de juges conservateurs[6].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Suicide of a Superpower: Will America Survive to 2025?, 2011
  • Suicide Watch: America's Plunge Toward Self-Destruction, 2008 [à confirmer]
  • State of Emergency: The Third World Invasion and Conquest of America, 2007
  • Where the Right Went Wrong: How Neoconservatives Subverted the Reagan Revolution and Hijacked the Bush Presidency, 2004
  • The Death of the West: How Dying Populations and Immigrant Invasions Imperil Our Country and Civilization, 2002
  • A Republic, Not an Empire: Reclaiming America's Destiny, 2002
  • The Great Betrayal: How American Sovereignty and Social Justice Are Being Sacrificed to the Gods of the Global Economy, 1998
  • Right from the Beginning, 1988
  • America Asleep: The Free Trade Syndrome and the Global Economic Challenge : A New Conservative Foreign Economic Policy for America, 1991
  • Conservative votes, liberal victories: Why the right has failed, 1975
  • The New Majority: President Nixon at mid-passage, 1973

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Is Right On Trade Sanctions
  2. (en) Stephen Bruan, « A Trial By Fire In The '60s », Los Angeles Times,‎ 1994-12-18
  3. (en) Monte Paulsen, « Buchanan Inc. », Nation,‎ 1999-11-22 (lire en ligne)
  4. « Discours à la RNC » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-30
  5. AP wire story: Buchanan's Positions ... In His Own Words Charleston Gazette, 3 mars 1996.
  6. Article de MSNBC

Liens externes[modifier | modifier le code]