Tour Jeanne-d'Arc

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Tour Jeanne-d'Arc
Flickr - Edhral - Rouen 011 Tour-Jeanne-d'Arc.jpg
Présentation
Type
Style
Construction
XIIIe siècle
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Coordonnées
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La tour Jeanne-d'Arc (ou « donjon » et anciennement « Grosse Tour ») était la tour maîtresse du château de Rouen construit par Philippe Auguste à partir de 1204. Cet imposant édifice est le seul vestige du château restant en élévation, le château ayant été démantelé à partir de 1591, à la fin des guerres de religion[1].

La tour Jeanne-d'Arc fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Ce donjon a été le cadre d'une séance au cours du procès de condamnation de Jeanne d'Arc. Elle y fut menacée de torture et mise en présence de ses bourreaux et des instruments de torture.

Jeanne d'Arc y affirma : « Vraiment, si vous me deviez faire écarter les membres et faire partir l’âme du corps, oui, je ne vous dirais autre chose ; et si je vous en disais quelque chose, après je dirais toujours que vous me l’auriez fait dire de force. »[3]

Le donjon avant sa restauration (1865)

Contrairement aux dires qui expliquent son nom actuel, elle ne fut pas emprisonnée dans ce donjon, mais dans une des tours, dite tour de la Pucelle, aujourd'hui détruite, dont les substructions sont encore visibles au 102 rue Jeanne-d'Arc[4]. Sur cet immeuble portant le n°102, une plaque de marbre noir rappelle ce fait, de même qu'une sculpture dans la pierre calcaire représentant le château. La cour intérieure de l'immeuble qui bénéficie d'une servitude, a été conçue en fonction de ces vestiges archéologiques, c'est-à-dire une cour centrale contenant les vestiges, dont un puits, et une galerie en surplomb permettant à la fois leur observation par le public et l'accès aux appartements.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le donjon est camouflé et transformé en bunker par les forces allemandes. La partie supérieure de la tour est alors bétonnée.

Description[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une tour massive construite en calcaire local, de trente mètres de haut et de quatorze mètres de diamètre avec des murs de quatre mètres d’épaisseur[5], percée de rares et étroites ouvertures. Elle comprend trois étages qui avaient des fonctions bien définies.

plan en coupe du donjon de Rouen

La toiture en poivrière a été rajoutée lors des travaux de restauration, réalisés de 1866 à 1874 par l'architecte en chef de la ville Louis Desmarest, sur les avis de Viollet-le-Duc.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, la tour, ouverte au public, est un musée situé 71 rue du Bouvreuil. Parmi les collections, le visiteur peut découvrir un tableau intitulé : La dernière communion de Jeanne d'Arc du peintre Charles-Henri Michel. À partir d'avril 2017, le Donjon de Rouen abritera le premier escape game historique et culturel de Normandie.

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Jules Adeline, La Normandie Monumentale et Pittoresque, Seine-inférieure, Le Havre, Lemale et Cie, imprimeurs, éditeurs, (lire en ligne), p. 9-12
  2. Notice no PA00101011, base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Texte original : « Vrayement, se vous me debviez distraire les membres et faire partir l'ame du corps, si ne vous en diray je aultre chose. Et apprez vous disoye, je diroye que le me auriez faict dire par force ». Sources : Pierre Champion, Condamnation de Jeanne d'Arc (1921) ; Ernest O'Reilly, Procès de Jeanne d'Arc (1868) ; Paul Doncœur, La minute française des interrogatoires de La Pucelle (1952). Références données dans : www.stejeannedarc.net
  4. Yvon Pailhès, Rouen : un passé toujours présent… : rues, monuments, jardins, personnages, Luneray, Bertout, , 285 p. (ISBN 2-86743-219-7, OCLC 466680895), p. 90-91
  5. Chirol, Delecluze, Gaspérini, Prévost, Le guide de Rouen, la manufacture, , p. 103

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bibliographie relative à Jeanne d'Arc
  • Yvon Pailhès, Rouen : un passé toujours présent… : rues, monuments, jardins, personnages, Luneray, Bertout, , 285 p. (ISBN 2-86743-219-7, OCLC 466680895), p. 88-89 ;
  • Jules Adeline, Le Donjon du vieux château, in La Normandie Monumentale et Pittoresque, Seine-inférieure, 1893, Le Havre, Lemale et Cie, imprimeurs, éditeurs, p. 9-12.
  • Jules Quicherat, Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d’Arc dite La Pucelle, publiés pour la première fois d’après les manuscrits de la Bibliothèque nationale, suivis de tous les documents historiques qu'on a pu réunir et accompagnés de notes et d'éclaircissements, Paris, Renouard, 1841-1849, 5 vol. (ouvrage consultable en ligne).
  • Ernest O'Reilly, Les deux Procès de condamnation, les enquêtes et la sentence de réhabilitation de Jeanne d'Arc, mis pour la première fois intégralement en français, d'après les textes latins originaux officiels, avec notes, notices, éclaircissements, documents divers et introduction, Paris, Plon, 1868, 2 vol.

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