Église Saint-Sulpice de Secqueville-en-Bessin

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Église Saint-Sulpice de Secqueville-en-Bessin
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Vue générale.
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L'église Saint-Sulpice est une église catholique située à Secqueville-en-Bessin, en France. Elle est classée au titre des Monuments historiques.

Localisation[modifier | modifier le code]

L'église est située dans le département français du Calvados, sur la commune de Secqueville-en-Bessin. La commune ne comporte pas de véritable bourg, l'église (et le cimetière qui l'entoure) se trouve dans le hameau de Guerville situé à l'ouest.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'église dédiée à saint Sulpice dépend de l'église Saint-Étienne de Caen après son achat à douze hommes du village, puis cette possession est disputée par un clerc nommé Herbert qui est débouté par un arrêt de la cour royale de Caen puis par un personnage puissant de Bayeux, Hugues fils d'Ébrehar, qui obtient certains droits viagers. Mais c'est aux religieux de Saint-Étienne de Caen que l'on doit sa remarquable édification dans cette modeste paroisse.

En 1105, le puissant baron voisin de Creully partisan d'Henri Ier Beauclerc se réfugie dans le clocher. Il est assiégé par Robert Courte-Heuse qui met le feu à la tour. Quelques traces sont à peine visibles sur les piliers de la nef. Cet épisode est relaté par le poète Wace dans le Roman de Rou.

Il est possible que seule la nef soit antérieure à 1105 et que la tour et le transept soient une reconstruction de l'époque de Henr Ier (1106-1135). Des traces de l'abside et des absidioles romanes sont retrouvées au XIXe siècle. Le chœur est rebâti en partie au XVIIe siècle, sans doute à la place d'une construction du XVe siècle dont il ne reste que le chevet plat. C'est une reconstruction caractéristique de Jean de Baillehache, abbé et reconstructeur d'une partie de l'église Saint-Étienne de Caen et qui reproduit à peu près les dispositions de la nef romane. Le fond du croisillon sud du transept et la tour sont restaurés au XIXe siècle par Victor Ruprich-Robert qui respecte les sculptures. Pendant les combats de 1944, la tour suspectée de servir d'observatoire reçoit plusieurs volées d'obus et est restaurée à l'identique[1].

Architecture[modifier | modifier le code]

Le plan de l'église.

La construction a des liens forts avec l'église Saint-Étienne de Caen et des apports de la cathédrale de Bayeux. Cette église de campagne édifiée sous la direction de maîtres d'œuvre expérimentés présente une ordonnance monumentale avec une impressionnante tour centrale élevée au sommet d'une petite colline. L'église à quatre travées à collatéraux, un transept saillant et un chœur avec des bas-côtés terminé par un chevet plat. La nef a deux niveaux: grandes arcades et fenêtres hautes, la croisée du transept a quatre arcs. Le clocher domine un bâtiment simple et de peu de hauteur.

Le décor reprend les tendances proches de 1100 avec des motifs géométriques sur les claveaux de la croisée du transept et sur les écoinçons des arcades de la nef. Ce décor bien développé se retrouve dans la nef de la cathédrale de Bayeux, la cathédrale de Rochester et la cathédrale de Canterbury. C'est une reproduction ou une innovation de l'ancien chœur roman de l'église Saint-Étienne de Caen. Les murs gouttereaux de la nef et du transept sont ornés d'arcatures avec un principe d'alternance venant de Saint-Étienne de Caen. La tour a reçu au XIIe siècle un clocher que l'on peut lier au clocher nord de Saint-Étienne de Caen.

Les chapiteaux à la retombée des grands arcs du côté Nord sont très plats, particulièrement archaïques et appartiennent certainement au XIe siècle. Trois d'entre eux présentent des essais de figures humaines avec des traces de polychromie. Ceux du Sud sont plus rigoureux et de meilleure qualité. À la deuxième travée, des personnages debouts se font face avec des oiseaux aux ailes déployées. Les chapiteaux des deux derniers piliers Sud rappellent ceux de la crypte de Bayeux et de la cathédrale de Canterbury. Le décor à faible relief est dominé par un semi de triangles et d'étoiles.

À l'extérieur, la partie sud tournée vers le village est très décorée. Au dessus du toit du collatéral courent des arcatures supportées par des colonnes géminées qui rappellent celles de Saint-Étienne de Caen. Sur le croisillon Sud du transept, ce même décor est poussé à l'extrême. La tour a trois étages carrés qui donne une impression de rigueur et de sérénité. Une corniche à modillons supporte la flèche à huit pans du XIIIe siècle[2].

L'église de Secqueville-en-Bessin est un monument exceptionnel dans une commune rurale. Les solutions architecturales sont celles de grands sanctuaires, abbatiales et cathédrales. Cette église a quelque chose d'un exercice de virtuosité et a peut-être une position d'avant-garde[1].

L'église est classée au titre des Monuments historiques sur la liste de 1840 pour son architecture en partie romane des dernières années du XIe siècle[3]

Dimension[modifier | modifier le code]

Longueur : 33 m, largeur : 14,50 m, longueur du transept : 17,50 m, largeur intérieure de la nef : 6,30 m, profondeur du chœur : 9,50 m.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Lucien Musset, Normandie romane, vol. 1, Zodiaque, La nuit des temps, , p. 129
  2. Maylis Baylé: L'architecture normande au moyen âge, tome: 2, page: 76, Editions Charles Corlet, Presses universitaires de Caen, (ISBN 2-84133-134-2)
  3. « Église », notice no PA00111728, base Mérimée, ministère français de la Culture

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Arcisse de Caumont, Statistique monumentale du Calvados, t. 1, Caen, Hardel, (lire en ligne), p. 288-290
  • Victor Ruprich-Robert, L’Architecture normande aux XIe et XIIe siècles en Normandie et en Angleterre, Paris, Imprimeries réunies, 1889 (Tome 1: Plache XX, A, B, C, figures 2 et 3, planche XXXVII bis)
  • Lucien Musset, Normandie romane, vol. 1, Zodiaque, La nuit des temps, , p. 129
  • Louis Sebat, Guide du Congrès de Caen, 1908 : Église Saint-Étienne de Caen, Caen, Société française d'archéologie, (lire en ligne)
  • Maylis Baylé: L'architecture normande au moyen âge, tome: 2, page: 76, Editions Charles Corlet, Presses universitaires de Caen, (ISBN 2-84133-134-2)

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