Fontaine Jean-Baptiste de La Salle

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Fontaine Jean-Baptiste de La Salle
Fontaine Jean-Baptiste de La Salle Rouen.JPG
Présentation
Type
Destination actuelle
Architecte
Construction
1875
Hauteur
12,40 m
Propriétaire
Ville de Rouen
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Coordonnées
Localisation sur la carte de France
voir sur la carte de France
Red pog.svg
Localisation sur la carte de la Seine-Maritime
voir sur la carte de la Seine-Maritime
Red pog.svg
Localisation sur la carte de Rouen
voir sur la carte de Rouen
Red pog.svg

La fontaine Jean-Baptiste de La Salle située à Rouen, Place Saint-Clément , est dédiée au fondateur des Frères des Écoles chrétiennes, mort au manoir de Saint-Yon[1], tout proche, en 1719. Construite en 1875, elle est l'œuvre du sculpteur Alexandre Falguière et de l'architecte Édouard Deperthes.

La fontaine fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [2].

Historique[modifier | modifier le code]

Vers 1832, l'académicien Joseph Droz écrivait, évoquant Jean-Baptiste de La Salle, La gratitude nationale devrait lui élever une statue. Le monument de Jean-Baptiste de La Salle, est le fruit d'un projet né en 1868 et mis en œuvre par le frère Lucard[3], directeur de l'École normale située au prieuré Saint-Lô. Le , le conseil municipal de Rouen fut appelé à se prononcer sur le rapport d'opportunité que lui présenta une commission spécialement constituée pour examiner le projet. L'avis favorable du Conseil fut transmis par le préfet à Adolphe Thiers, Président de la République. L'autorisation fut signée à Versailles le 14 novembre, et dès lors, il fut possible, avec l'accord du frère Philippe, supérieur général de l'Institut et du cardinal de Bonnechose, de mettre sur pied un comité de souscription pour l'érection d'un monument.

Les accords des autorités religieuses, préfectorales, académiques et municipales obtenus, un concours est organisé. Le jury retient le projet de messieurs Falguière et Deperthes [4]. Le Conseil municipal assigne la place Saint-Sever[5] comme convenant le mieux au monument. Les frais sont largement couverts par souscription : le conseil général de Seine-Inférieure et le Conseil municipal de Rouen votèrent des subsides. Il en fût de même des villes d'Elbeuf, de Bayonne, de Nîmes, de Rodez. Des souscriptions nombreuses vinrent de Marseille, d'Alger et aussi de Londres, de New York, de Saint-Louis, de Philadelphie, de Québec, de Montréal[6]. Le reliquat est versé à la Ville de Rouen, à qui le Comité remet la statue.

Le , inscriptions et bas-reliefs furent encastrés dans le socle. La statue coulée le 24 avril, prit place sur son piédestal le 27 mai.

L'inauguration eut lieu le 2 juin. Charles Gounod avait composé pour la circonstance une cantate ; une autre était l'œuvre de l'abbé Loth, sur une musique de Charles Vervoitte, maître de chapelle et organiste de l’église Saint-Roch. L’évènement inspire une poésie à l'académicien Henri de Bornier : Le Dialogue des statues de Rouen, dans laquelle Boïeldieu, Corneille, Jeanne d'Arc et Napoléon s'interrogent sur l'identité de Jean-Baptiste de la Salle et ses mérites.

En 1887[7], la fontaine est déplacée place Saint-Clément[8], proche de l'ancien Saint-Yon, près de l'église Saint-Clément inaugurée en 1872.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la pénurie de bronze chez l'occupant avait déclenché une vaste opération de récupération dont d'innombrables cloches et monuments firent les frais. À Rouen, l'ordre avait donné de déboulonner la statue de Falguière pour l'envoyer à la fonte[9]. Plusieurs entreprises s'étaient récusées. Des ordres furent donnés à un petit entrepreneur qui fut forcé d'accepter. À ce moment, intervint avec succès, M. Georges Lanfry, président de la Fédération française du bâtiment, il menaça l'entrepreneur trop docile. Ce dernier, après avoir dressé les échafaudages, prétexta une épidémie parmi ses ouvriers pour suspendre les travaux. La Libération vint rapidement assurer le salut du monument[10].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La Salle est représenté enseignant deux écoliers : un petit, syllabaire en mains, et un adolescent avec lequel il semble dialoguer[11]. Les fondations de la fontaine sont en pierre de Damparis et la pierre blanche vient d'Échaillon (Saint-Quentin-sur-Isère). La statue du saint mesure 3,80 m ; l'enfant debout à sa gauche, 2,50 m ; celui qui lit à ses pieds, 1,40 m. Le groupe, en bronze, pèse 3 200 kilos. Hauteur totale de l'œuvre : 12,40 m. La base du piédestal a 7 m de côté ; la vasque sur laquelle il repose, 47 m de circonférence. Le socle porte : les armes de la famille de La Salle, de l'Institut des Frères, de la ville de Reims et de la ville de Rouen. Aux quatre angles du socle, debout, quatre enfants symbolisent les élèves des quatre parties du monde où s'étend, par les frères, le rayonnement de leur fondateur.

Des œuvres originales s'en inspirèrent plus ou moins fidèlement, comme celles d’Étienne Montagny de la Basilique Saint-Remi à Reims[12], de De Beule et Daoust en Belgique, sans oublier la statue géante d'Aureli pour la Basilique Saint-Pierre de Rome.

Deux inscriptions sur marbre occupent les rectangles antérieur et postérieur du monument. La première, au sud, est une dédicace au Vénérable de La Salle[13] :

« Au Vénérable J-B de La Salle, Prêtre, Docteur en Théologie, Fondateur de l'Institut des Frères des Écoles Chrétiennes, né à Reims, MDCLI, mort à Rouen, MDCCXIX, Souscription Nationale, MDCCCLXXIV. »

L'inscription opposée rappelle les termes de la Bulle de Benoit XIII de 1725 approuvant l'Institut :

« Le pieux serviteur de Dieu, Jean-Baptiste de La Salle, touché de compassion, en considérant les innombrables désordres qui proviennent de l'ignorance, source de tous les maux, fonda pour la gloire de Dieu, et l'avantage des pauvres, l'Institut des Frères des Écoles Chrétiennes. »

Deux bas-reliefs en bronze représentent : le Fondateur distribuant du pain aux pauvres lors de la famine de 1693 ou de 1709 (côté est) ; le roi d'Angleterre Jacques II, en exil en France, visitant, en compagnie de l'archevêque de Paris, le Pensionnat où cinquante jeunes irlandais ont été confiés par lui à M. de La Salle (côté ouest).

Sources[modifier | modifier le code]

  • Frère Lucard, Notice sur le vénérable de La Salle, fondateur de l'Institut des Frères des Écoles chrétiennes et sur le monument élevé en son honneur sur la place Saint-Sever, à Rouen, Rouen, Impr. de Mégard, 1875
  • Joseph Chantrel, Le Monument du Vénérable Jean-Baptiste de La Salle, à Rouen (fête du 2 juin 1875), Paris, Goupy,
  • Petit guide du Pèlerin lasallien, Procure Générale, 78, rue de Sèvres, Paris - 7e, , 96 p. (OCLC 24469891)
  • Georges Rigault, Histoire Générale de l'Institut des Frères des Écoles Chrétiennes : La fin du XIXe siècle - Travaux et luttes des lasalliens en France, t. VII, Paris, Librairie Plon, , 547 p., p. 478,479
  • André Doray FEC, Le Monument de Jean-Baptiste de La Salle à Rouen,
  • Frère Joseph-Aurélien Cornet et Frère Émile Rousset, Iconographie de Saint Jean-Baptiste de la Salle, Des origines à la béatification 1666-1888, Cahiers Lasalliens no 49, Éditions cahiers Lasalliens, Paris, 1989.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le site accueille le Pôle Régional des Savoirs depuis 2012.
  2. Notice no PA00101113, base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Le frère Lucard (1821-1895) est également en 1874, le fondateur du Pensionnat Jean-Baptiste-de-La-Salle, actuellement situé 84 rue Saint-Gervais à Rouen.
  4. architecte de la basilique Sainte-Anne d'Auray et de l'Hôtel de ville de Paris.
  5. actuellement place Carnot
  6. Article de Georges Dubosc, intitulé « Le Cinquantenaire du monument de J.-B. de La Salle », publié dans Le Journal de Rouen, le .
  7. Délibération du Conseil municipal de Rouen datée du
  8. Elle échappera ainsi aux bombardements qui ravagèrent intégralement la place Carnot en 1944.
  9. Ainsi que celles de Pierre Corneille et de Napoléon
  10. Frère Joseph-Aurélien Cornet et Frère Émile Rousset, Iconographie de Saint Jean-Baptiste de la Salle, Des origines à la béatification 1666-1888, Cahiers Lasalliens n°49, Éd. Cahiers Lasalliens, Paris, 1989.
  11. C'était la première fois que Jean-Baptiste La Salle était statufié en groupe avec deux enfants. Le modèle eut un immense succès et inspira d'autres œuvres.
  12. Statue détruite lors du bombardement de la basilique le .
  13. Il a été proclamé bienheureux le {{|19|février|1888}} et canonisé le par Léon XIII.

Liens internes[modifier | modifier le code]