Église Saint-Étienne de Caen

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Abbatiale Saint-Étienne de Caen
Image illustrative de l’article Église Saint-Étienne de Caen
Vue générale
Présentation
Culte Catholique romain
Type Église paroissiale
Rattachement Diocèse de Bayeux et Lisieux
Début de la construction XIe siècle
Style dominant architecture romane
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Calvados
Ville Caen
Coordonnées 49° 10′ 54″ nord, 0° 22′ 22″ ouest

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Abbatiale Saint-Étienne de Caen

L'église Saint-Étienne de Caen ou abbatiale Saint-Étienne de Caen est un lieu de culte catholique situé à Caen en Normandie. Construite à partir du XIe siècle par Guillaume le Conquérant comme abbatiale de l'abbaye aux Hommes, ou abbaye Saint-Étienne, elle est devenue église paroissiale après la Révolution française. Elle ne doit pas être confondue avec l'église Saint-Étienne-le-Vieux située à proximité.

Au cœur du très bel ensemble architectural de l'abbaye construit entre les XIe et XVIIIe siècles, son impact est essentiel sur l'histoire de l'art en Normandie et en Angleterre. Elle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Étienne de Caen, SANCTUS STEPHANUS CADOMEUSIG donne son nom à l'abbaye Saint-Étienne ou abbaye-aux-Hommes, de l'ordre de Saint-Benoît, du diocèse de Bayeux, de la province ecclésiastique de Rouen.

Tombe de Guillaume le Conquérant
Charte de donation du monastère et de la construction de l'église Saint-Étienne par Guillaume le Conquérant

Les ducs de Normandie sont marqués par un profond besoin spirituel et Guillaume le Conquérant dans son programme politico-financier choisit Caen comme deuxième capitale de son duché. Il s'engage avec sa femme à y fonder deux monastères qui vont être déterminant pour l'architecture normande. À sa mort il a construit 17 couvents de moines et 6 de religieuses. Il veut que les édifices auxquels il attache son nom surpassent en magnificence ceux qui s'élèvent de tous côtés. Il meurt le 9 septembre 1087 à Saint-Gervais de Rouen et choisit d'être inhumé dans le chœur de son église Saint-Étienne de Caen[2].

Les causes religieuses et politiques[modifier | modifier le code]

Vers 1051 ou 1052, Guillaume le Bâtard épouse Mathilde de Flandre qui est sa parente à un degré interdit par le droit canonique. En 1053, le mariage est condamné par le pape. Lanfranc de Pavie, écolâtre de l'abbaye du Bec, principale personnalité intellectuelle de Normandie fait la liaison entre le duc et le pape qui lève les sanctions en 1059 contre l'engagement de Guillaume et Mathide de construire chacun une abbaye.

Il faut combler le vide laissé par les invasions des Vikings dans cette région où de nombreux établissements préromans n'ont pas survécu, et où les fondations nouvelles tardent à s'épanouir[3].

La stabilité de l'État normand et la fermeté des institutions permettent la création de nouvelles constructions[2]. Le duc doit affirmer son autorité, les bâtiments témoignent de sa grandeur et de sa noblesse et incarnent la majesté de son pouvoir[4]. .

La fondation[modifier | modifier le code]

Vers 1063, Guillaume décide la fondation d'une abbaye bénédictine dédiée à Saint-Étienne au centre d'un quartier nouveau à l'Ouest de Caen, Le bourg-l'Abbé qui se trouve sur des terrains de paroisses appartenant à la cathédrale de Bayeux qui les cède à la reine Mathilde de sorte que les moines de l'abbaye aux Hommes se trouvent sous la dépendance spirituelle de l'abbesse de Caen. C'est pour se soustraire à cette dépendance qu'ils construisent l'église Saint-Nicolas de Caen pour les paroissiens du Bourg-l'Abbé[5].

Le 18 juin 1066, l'abbaye est dédicacée une première fois en présence des principaux barons de Normandie, de l'archevêque de Rouen, des évêques de Bayeux, Lisieux, Avranches et Évreux, des abbés du Bec, de Fécamp, de Saint-Ouen de Rouen, du Mont-Saint-Michel, de Saint-Wandrille de Fontenelle, de Saint-Vigor, de Lonlay et d'Évron.

Le 25 décembre 1066, Guillaume le Conquérant est couronné roi d'Angleterre, Caen se trouve placé entre les deux moitié de l'État anglo-normand. Les armoiries de Saint-Étienne mi-parti d'Angleterre et Normandie en garde la mémoire.

Le financement[modifier | modifier le code]

La façade Ouest de l'église Saint-Étienne

L'extraordinaire réussite matérielle des Normands parait dans l'église Saint-Étienne et si le plan ambitieux a sans doute été conçu avant la conquête de l'Angleterre, le succès foudroyant de 1066 a permis son exécution rapide car Guillaume n'a pas hésité à spolier au profit des abbayes de Caen la principale fondation de Harold, à Waltam en Essex, et elles ont pu recueillir pendant trois siècles, les redevances de nombreux villages anglais et du quartier de la City de Londres[6].

Dans les chartes de fondations qui sont complétées par ses principaux barons, Guillaume le Conquérant prouve l'attachement qu'il porte à cette réalisation. Il donne en l'honneur du bienheureux Saint-Étienne premier martyr pour assurer les besoins du culte : Cheux, Rots, Fleury-sur-Orne, Étavaux, Ifs, Hubert-Folie, Bourguébus, Bras, Dive et Cabourg avec les hommes, les moulins, les eaux, les prairies, les pâturages, les forêts, les revenus et les coutumes, toute la partie de Bourg-l'Abbé depuis le mur de l'Ouest en suivant la route du Vieux-Saint-Étienne à Bayeux et celle de Bretteville-sur-Odon, ainsi que toutes les terres et les droits coutumiers. Il ajoute le lit du Viel Odon depuis Venoix jusqu'à l'Orne, les forêts de Maupertuis, de Torteval, de Foulogne et du Quesnay avec les eaux, terres et toutes les dépendances, un marché à Baupte, une foire de trois jours à Caen, un cellier sur la Seine à Rouen quitte de tous droits, le droit de juger les hommes avec la basse et la haute justice et le pape accorde sa protection et le privilège d'exemption.

Il donne en Angleterre les manoirs de Northam, Frampton, Welles, Biencomer, Pansfeld, l'église de Cosham avec les territoires et les dîmes, l'église de Morton, une maison et des terres à Londres. Aux dons du duc s'ajoute celles de Roger de Montgomery qui donne le bois de Trun et une forêt, Robert de Mortain, frère du duc la ville d'Hutteville [7]...

Tout est en place pour construire: les territoires capables d'apporter le bois des charpente et des échafaudages, les paroisses avec des carrières de pierre à Fleury-sur-Orne et Bretteville-sur-Orne car la mise en œuvre des nouvelles techniques comme le mur épais normand nécessite une grande quantité de pierre, les revenus pour payer les ouvriers et la justice pour gérer les litiges[2].

La construction[modifier | modifier le code]

Lanfranc

Les moyens pour construire mis en place, il faut trouver des intellectuels capables d'avoir la culture nécessaire, une vision complète du projet et des détails dans le respect de la règle de Saint Benoît, la connaissance de la géométrie, l'exacte disposition des bâtiments conventuels autour de l'église chœur de l'abbaye, du langage de l'architecture qui se développe dans toutes ses parties, de transmettre oralement la typologie du bâtiment le plus important : l'église avec son plan bénédictin que l'on retrouve dans de nombreuses églises de France, Italie, Allemagne et Angleterre.

Il y avait certainement dans tous les grands Ordres, des religieux spécialisés de la construction des églises en plus de moines capables de diriger les ouvriers spécialisés et l'ensemble du chantier.

Les clercs italiens comme Guillaume de Volpiano, Lanfranc de Pavie, Anselme de Cantorbery mettent grâce à leurs disciples normands, les apports lombards et bourguignons, l'appui indéfectible des ducs, le duché au premier rang de la civilisation intellectuelle et architecturale des XIe siècle et XIIe siècle du monde occidental[2].

Le duc confie en 1063 la construction à Lanfranc qui avait donné son avis au bienheureux Herluin pour la reconstruction de l'abbaye Notre-Dame du Bec puis le nomme abbé de Saint-Étienne en 1066 et archevêque de Canterbury en 1070 où il reconstruit la cathédrale de Canterbury détruite par un incendie trois ans auparavant. L'église Saint-Étienne est construite entre 1065 et 1083[8].

Ce n'est cependant que le deuxième abbé de Saint-Étienne, Guillaume Bonne-Âme qui assiste en 1077 à la dédicace de l'église. La solennité est présidée par l'archevêque Jean d'Avranches, entouré des évêques ses suffragants et d'un grand nombre d'abbés et de seigneurs. Elle a lieu en présence du roi et de la reine Mathilde, de leur fils Robert, de Lanfranc, archevêque de Canterbury et de Thomas, archevêque d'York. On place sur l'autel la grande charte de fondation et les autres chartes des vassaux qui avec leurs nouvelles richesse dues à la conquête ajoutent de nouveaux dons[9].

XIIIe et XIVe siècles[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Étienne vers 1820
L'église Saint-Étienne sur le plan de Caen de 1657 avant les constructions Mauristes
L'église Saint-Étienne avec les nouveaux bâtiments Mauristes du XVIIe siècle

À la fin mai 1204, le roi de France Philippe-Auguste occupe Caen. Les abbayes caennaises conservent leur patrimoine anglais jusqu'au début du XVe siècle, où Henri IV les confisquent pour subventionner la reprise de la guerre de Cent ans[6].

En 1256, lors de sa visite du 9 novembre, l'archevêque de Rouen, Eudes Rigaud y trouve 63 moines, tous prêtres sauf trois et fait des remontrances sur le comportement[10].

En 1315, le 4 décembre, fondation de la chapelle Halbout dédiée à Notre-Dame à laquelle sont attachés quatre chapelains à la nomination de l'abbé[7]. Le roi Jean ordonne la continuation des travaux de l'abbatiale et du monastère[8].

La guerre de Cent ans[modifier | modifier le code]

Le 4 septembre 1414, Henri V s'empare de Caen, la trahison d'un moine de l'abbaye de Saint-Étienne joue un rôle décisif dans cet épisode, mais préserve les tours de façade de l'abbatiale de la destruction qu'avait projeté les défenseurs français. Le 11 juin 1450, le roi de France Charles VII réoccupe Caen.

Le régime de la commende[modifier | modifier le code]

En 1485, le régime de la commende est instituée au bénéfice de Charles de Martigny, évêque de Chartres et désormais, les abbés seront des grands seigneurs, favoris royaux, peu présent et soucieux d'encaisser de gros bénéfices[6]. La vie des moines devient plus séculière que religieuse, Le pouvoir effectif et l'influence à la fois spirituelle et temporelle sur leurs destins passe aux mains des prieurs.

Vers 1490, l'abbé Charles Ier de Martigny évêque d'Elne construit le logis abbatial, son somptueux tombeau est élevé dans la chapelle de la Vierge, derrière le chœur par son neveu Charles de Martigny, évêque de Castres qui fonde huit des seize chapelles du chœur. En 1531, Pierre de Martigny, XXIXe abbé de Saint-Étienne, évêque de Bayeux est inhumé près de son oncle précédemment abbé du même monastère. Ces tombeaux sont détruits par les Huguenots en 1562. Ces prélats ont rempli des missions politiques importantes et se sont signalés par leur magnificence et par le goût éclairé des Arts[11].

Les guerres de religions[modifier | modifier le code]

En 1562 et 1563, pendant les guerres de religion, l'église est pillée par les troupes de Montgommery puis abandonnée. Les vitraux, les orgues et le mobilier sont détruits. Le tombeau de Guillaume le Conquérant, magnifique mausolée en marbre, surmonté d'un gisant, et qui fut édifié à la demande de son fils Guillaume le Roux, roi d'Angleterre est profané en 1562 par les protestants. Les restes sont confiés à un moine de l'abbaye, Michel de Cemallé. Mais en 1563, une nouvelle intrusion des protestants provoque la fuite des moines et les ossements sont dispersés à l'exception d'un seul os, sauvé par Charles Toustain de La Mazurie, le poète ami de Jean Vauquelin de La Fresnaye. Cet os est replacé dans le tombeau en 1642 par le prieur Jean de Baillehache, après la restauration du chœur. En 1742, les moines obtiennent du roi Louis XV l'autorisation non seulement de déplacer le tombeau dans le sanctuaire mais aussi de le réduire à un simple caveau recouvert d'une pierre tombale. Ce fémur gauche aurait été retrouvé lors de l'ouverture d'un caveau maçonné se trouvant dans le chœur de l'abbatiale, le 22 août 1983[12]. À Pâques 1563, les couvertures de plomb de l'église sont enlevées. La tour-lanterne s'écroule en 1566 et entraîne la chute des voûtes du chœur par la faute d'un sénéchal de l'abbaye Jean Laurent dit Le Goullu qui fait couper des sommiers qui en tombant ébranlent la tour, l'escalier s'écroule et entraîne avec lui les voûtes du chœur [8],[7].

Le culte est interrompu dans l'abbatiale pendant 63 ans.

Le sauvetage[modifier | modifier le code]

L'église doit sa restauration dans le respect de l'existant au prieur claustral Jean de Baillehache qui se bat toute sa vie pour rétablir l'église et la discipline altérée par toutes ces années de troubles.

En 1600, il reste 14 religieux profès et deux novices. Le Parlement de Rouen oblige le fermier de l'abbaye à fournir 1000 écus par an pour les réparations de l'église. Le premier février 1601, il ordonne que le rond-point du chœur et les chapelles en ruines soient démolies. Les échevins de Caen veulent les pierres pour renforcer les fortifications de la ville.

Jean de Baillehache obtient le 8 mai 1601 un arrêt portant défense de démolir le chœur, le rond-point et les chapelles et de reconstruire à l'identique les deux piliers de la tour-lanterne. En 1603, le roi Henri IV voit les ruines. En 1619, Jean de Baillehache fait saisir sur le fermier général 12 000 livres pour l'achat de cloches, d'objets de culte, chasubles et parements d'autels. Il présente une requête pour faire travailler sans discontinuité aux réparations de l'église. Le nombre de religieux passe à 27 dont cinq novices.
Le 17 mai 1626, l'église est à nouveau consacrée et rouverte au culte.

Mais pendant toutes ses années, la discipline s'est relâchée et Jean de Baillehache écrit au cardinal De La Rochefoucauld, archevêque de Rouen pour qu'il fasse venir quelques moines de la Congrégation de Saint-Maur. En 1663, les religieux mauristes s'installent dans l'abbaye est reconstruisent les bâtiments conventuels dans le style classique. L'église est aussi restaurée[7].

La Révolution[modifier | modifier le code]

En 1777, avec l'abbé Arthur de Dillon, archevêque et Primat de Narbonne, les orages de la Révolution arrivent, il est le 45e abbé et sera le dernier. Les ordres monastiques ont depuis longtemps perdu toute espèce de prestige. L'influence des idées philosophiques traversent toutes les couches de la société et les privilèges ne sont plus compatibles avec les principes d'égalité qui commencent à prévaloir. L'église Saint-Étienne qui est d'une magnificence incroyable dans ses décorations avait cessé d'être le témoin d'extases de l'âme et d'ardentes prières. Elle assiste à sa propre décadence et se laisse emporter.

Le 17 mai 1790, l'Assemblée Nationale supprime les ordres monastiques et ordonne la déclaration des revenus: plus de 300 000 livres dans 60 paroisses correspondant à un capital de plus de huit millions de livres. Il reste le prieur, 18 religieux prêtres, un serviteur perpétuel, un commis menuisier. Le 1er mai 1790, les bénédictins se retirent en déclarant leur attachement à leur Congrégation. Dans la grande église bâtie par Guillaume le Conquérant, le clergé exercera avec plus d'autorité que jamais son influence dans le domaine religieux[7].

1063-1790

En 1790-1791, l'abbaye aux Hommes est affectée au département. Les tombes royales sont démolies en 1793, l'église Saint-Étienne est transformée en temple dédié au culte de la Raison et de l'Être suprême. À la suite de l'entrée en vigueur en 1802 du Concordat de 1801, le culte catholique est rétabli dans l'ancienne abbatiale, mais cette dernière devient église paroissiale et les religieux ne font pas leur retour à l'abbaye.

L'ordonnance du 12 juillet 1791, qui réduit le nombre des paroisses caennaises de treize à sept, incorpore à la paroisse Saint-Étienne celle de Saint-Martin, de Saint-Nicolas, de Saint-Germain-la-Blanche-Herbe et de Saint-Ouen, les deux dernières conservant la qualité de succursale. L’église Saint-Étienne-le-Vieux est désaffectée et l'ancienne abbatiale devient paroissiale[13].

En 1802, le préfet Dugua rétablit la tombe de Guillaume le Conquérant[6].

Architecture[modifier | modifier le code]

L'impact de l'église Saint-Étienne sur l'histoire de l'art en Normandie et en Angleterre est essentiel. Le plan échelonné se répand très vite des deux côtés de la Manche. On trouve le système de coursière initié à l'abbaye de Bernay mais étendu à Saint-Étienne à tout l'édifice repris à l'abbaye de Cerisy et dans de très nombreuses églises anglo-normande, la cathédrale de Winchester, la cathédrale d'Ely et la cathédrale de Norwich par exemple. La façade harmonique est adoptée très tôt en Angleterre, et notamment à la cathédrale de Canterbury vers 1070 et on peut y voir le rôle joué par Lanfranc dans les deux constructions.

Les recherches de voûtement de l'abbaye de Lessay et la cathédrale de Durham ont eu pour conséquence de couvrir un grand nombre d'églises couvertes de charpente et avec l'aide des piliers faibles et forts de couvrir de voûtes sexpartites sur croisée d'ogives la nef de Saint-Étienne. Encore lourdes, elles annonce les voûtements de la première architecture gothique[3].

Plan de l'Église Saint-Étienne avec les phases de construction: la nef romane du XIe siècle, le chœur du XIIIe siècle et la chapelle Halbout dite aussi des matines du XIVe siècle.

Chronologie de la construction[modifier | modifier le code]

Période romane[modifier | modifier le code]

XIe siècle

L'abbaye est construite hors des murs de la ville où il n'existe aucun bâtiment sauf une chapelle. Pendant les quatre années de l'abbatiat de Lanfranc, de 1066 à 1070 avant d'être nommé archevêque de Canterbury, il achète des terrains et des carrières[8]. On trouve trois dédicaces, en 1073, 1077 et 1081 qui pourraient correspondre au chœur, à la croisée du transept et aux deux travées Est de la nef, mais une construction par tranches horizontales, tout au moins pour les deux derniers niveaux est plausible[3].

L'extrême régularité et l'ampleur du parti architectural de l'église Saint-Étienne suggère que Lanfranc a fait appeler l'un des meilleurs architectes de son temps et voulu le caractère grandiose de l'édifice. Mais il serait imprudent d'aller au-delà de ces considérations d'ensemble : l'édifice marque l'aboutissement des recherches régionales antérieures dont l'abbaye de Bernay et l'abbaye de Jumièges[14]

Les portions qui restent de l'église Saint-Étienne sont semblables en plan et en arrangement aux portions correspondantes de la cathédrale de Canterbury : même nombre de piliers, des tours à l'Ouest, des transepts sans ailes, une tour centrale, un pilier portant une voûte à l'extrémité de chaque croisillon du transept, les dimensions entre les murs sont de 73 pieds anglais à Saint-Étienne, 74 à Canterbury, la distance de la tour centrale à la façade Ouest et la longueur du transept identiques, 187 et 127 pieds anglais[8].

Le plan primitif, dont il reste au niveau du chœur peu de traces, avait deux bas-côtés comportant deux travées terminées par une abside en arc de cercle à l'intérieur et un chevet plat à l'extérieur. Ces bas-côtés ne communiquaient pas avec le chœur par des arcades mais par un mur percé d'une porte à la seconde travée. Des ressauts reliaient l'absidiole à l'abside principale. Le sol était à un niveau inférieur de 52 cm par rapport au dallage actuel.

Il est probable que le chœur comportait deux travées et que sa largeur était la même que celui qui lui a succédé au XIIIe siècle, que son abside était épaulé par des contreforts plats.

L'église Saint-Étienne appartenait à la série des plans dits bénédictins adopté auparavant par l'abbaye de Bernay et l'église Sainte-Trinité de l'abbaye aux Dames, mais avec le chevet à déambulatoire avec ou sans chapelles rayonnantes qui prévalaient ailleurs. Elle devait probablement ce plan à l'abbaye du Bec qui avait fourni ses premiers moines et le popularisa en Normandie et en Angleterre[15].

Dans la nef, les voûtes reconstruites au XVIIIe siècle reproduisent les voûtes primitives. Les bas-côtés étaient disposés pour recevoir des voûtes d'arêtes comme celles des croisillons du transept. Les piliers forts et faibles de la nef que l'on trouve aussi à la collégiale Notre-Dame de l'abbaye de Jumièges étaient probablement disposés pour recevoir des voûtes d'arêtes sur plan carré.

La travée de façade, bien que paraissant avoir fait partie des constructions primitives, a dû être construite après coup, mais semble avoir fait partie du plan original, car les départs des tours existent sur une hauteur d'environ 1,50 m sur la tour Nord-Ouest et sur un étage pour accrocher les bâtiments claustraux sur la tour Sud-Ouest. Cette travée a été bouchée au XVIIIe siècle pour la construction de l'orgue. Le corps carré des clochers est de construction romane[8].

XIIe siècle

Les premières années du XIIe siècle sont marquées par un changement dans la technique de construction visible par l'épaisseur des joints. Le chœur fut très probablement voûté d'arêtes comme l'église Sainte-Trinité de l'abbaye-aux-Dames et l'église Saint-Nicolas.

Dans la nef, les piliers forts et faibles se concilient mal avec des voûtes d'arêtes mais s'accordent très bien avec des voûtes sexpartites sur croisée d'ogives. Ce projet change complètement l'aspect du triforium dont il reste toutes les constructions antérieures dans la nef sauf une colonne par travée.

Dans le transept, les colonnes qui portaient l'arcade du XIe siècle sont noyées dans un mur relié à celui de l'extérieur à l'endroit de la poussée des voûtes et les croisillons du transept sont voûtés en voûtes d'arêtes à nervures. Dans la tour centrale, quatre colonnes sont ajoutées pour porter la voûte de la lanterne. Dans la travée de l'orgue, l'arc géminé est remplacé par un arc unique entouré d'une fresque crénelée. La tourelle de l'escalier du croisillon Nord du transept porte la portion octogonale du XIIe siècle sur la base carré primitive[8].

La période romane
L'élévation romane à trois niveaux
La nef romane, vue vers l'Est
La nef romane, vue vers l'Ouest


Période gothique[modifier | modifier le code]

XIIIe siècle

À la fin du XIIe siècle, l'église est entièrement terminée, les voûtes sont à peine achevées que l'abside n'est déjà plus en rapport avec les changements qui se sont introduits dans les dispositions du chœur des grandes églises. L'autel qui était près de la croisée du transept est reporté plus à l'est et un déambulatoire construit autour du chœur donne accès à de nombreuses chapelles. Il y a controverse sur la construction du chœur qui aurait eu lieu pendant l'abbatiat de Simon de Trévières de 1316 à 1344, mais qui serait plutôt du commencement du XIIIe siècle, voire de la fin du XIIe siècle si on prend en compte les caractéristiques architecturales.

XIVe siècle

La grande chapelle au bas de la nef sur le côté nord est fondée en 1315 par Philippe Halbout.

XVe et XVIe siècles

Peu de travaux, en partie à cause de la perte des revenus anglais de l'abbaye.

XVIIe siècle

Reconstruction des voûtes et restauration par le prieur Jean de Baillehache des destructions des guerres de religions et de la chute de la tour centrale en 1566.

XVIIIe siècle

Les deux flèches de la façade sont foudroyées, celle du Nord est reconstruite en 1706 et à nouveau en 1806.

XIXe siècle

Travaux de restauration[8].

La période gothique
Le chœur gothique du XIIIe siècle
L'élévation à trois niveaux et le déambulatoire gothique
Le maître-autel


Architecture extérieure[modifier | modifier le code]

La haute façade ne comporte presque aucune décoration, si ce n'est de minces voussures autour des portails et une croix sculptée. La façade de l'abbatiale, qui frappe d'abord par son épure et sa rigueur, est le premier exemple d'une formule appelée à dominer la construction des plus grandes églises d'Occident : la « façade harmonique normande ». Celle-ci consiste en deux tours occidentales d'élévation identique plantées sur la première travée des collatéraux, alignées sur la porte principale de la nef, de sorte à créer une façade rectiligne.

Les trois niveaux inférieurs de la façade forment un bloc carré, contribuant à l'aspect massif de l'ensemble. Excepté quelques ornements géométriques aux voussures des trois portails et au pignon de la nef, la nudité de ce bloc est frappante : l'impression d'ensemble est soumise aux lignes architecturales, aux quatre contreforts massifs d'abord, qui accompagnent le regard du sol vers les tours ; aux dix grandes fenêtres ensuite, dont la base est prolongé par des cordons saillants.

Les tours se divisent en trois étages de hauteur égale dont la progression accentue l'élan du regard vers le ciel. L'étage inférieur est aveugle et compte sept arcatures étroites sur chaque face. Le second niveau est plus orné et moins dense : cinq arcatures dessinées par des demi colonnes jumelées. Le troisième niveau, enfin, est plus aéré et largement décoré : deux grandes baies comportent chacune deux baies séparées par une colonne ; les écoinçons sont décorés et les archivoltes moulurées.

Deux flèches gothiques au XIIIe siècle (hauteur 80 et 82 mètres coiffent ces deux tours romanes. Elles consistent en deux octogones effilés posés sur des bases carrées, garnis de huit clochetons eux-mêmes octogonaux pour la tour Nord (triangulaires pour la tour Sud). Les tours symétriques sont de plus en plus richement décorées à mesure de leur élévation.

Le chevet est construit au XIIIe siècle par un certain maître Guillaume (GVILLELMVS) dont la pierre tombale portant une inscription en lettres gothiques se trouve sous le mur gouttereau[7]. Il est reconstruit au XVIIe siècle après l'effondrement, en 1566 de la flèche de la tour-lanterne. Les quatre clochetons surmontés de flèches lui donnent cet aspect original que l'on retrouve à Coutances et Bayeux.

L'extérieur présente l'humble élévation suivante : le mur collatéral est rythmé par une succession de baies et de larges contreforts, l'étage supérieur, plus élaboré, propose une bande continue d'arcatures plaquées, deux étroites arcatures aveugles séparant les baies les unes des autres. Le chevet, entièrement remanié à la période gothique, est coiffé par deux couples de clochetons qui, une fois de plus, participent à l'incroyable impression d'élan vertical, donné aussi de ce côté de l'église. Les deux collatéraux se rejoignent au niveau de l'abside en un déambulatoire qui donne sur treize chapelles absidiales. Dans les années 1720, le terrain à l'est de l'abbaye a été remblayé de 25 pieds afin d’aménager les jardins (actuelle esplanade Jean-Marie Louvel)[16]. Le pied du chevet a donc été légèrement enterré.

L'extérieur de l'église Saint-Étienne
Façade occidentale
Chevet depuis l'esplanade
Vue depuis le cloître

Architecture intérieure[modifier | modifier le code]

La nef est longue de 56 mètres, elle constitue un parfait exemple du style roman normand. Chacune des huit travées, dont la première est occupée par l'orgue, comprend trois niveaux : celui des grandes arcades du rez-de-chaussée, celui des tribunes au premier étage, celui des fenêtres hautes (la claire-voie) au second étage. Aux niveaux inférieur et intermédiaire, les arcades sont en plein cintre, à double rouleau (la voussure externe est moulurée) ; les fenêtres hautes offrent, pour deux travées, quatre arcatures décorées, symétriques deux à deux. L'unité élémentaire de cette élévation est de deux travées, subtilement délimitées par l'alternance des supports (pile faible constituée d'une simple demi colonne, recevant l'arc-doubleau de la voûte ; pile forte constituée d'une demi colonne reposant sur un dosseret, supportant un doubleau et deux ogives). L'étage des tribunes a pour but, par sa voûte en demi-berceau, de soutenir les murs de la nef. Au niveau des fenêtres, une galerie, la « coursière » permet de faire tout le tour de l'abbatiale. À l'origine couverte d'une charpente en bois (plafond plat ou voûte en berceau comme dans la nef du Mont-Saint-Michel ?), la nef a reçu, à partir de 1115, des voûtes sexpartites, sur croisée d'ogives en plein cintre. Ces voûtes seraient, après celles de la cathédrale de Durham en Angleterre et l'abbaye de Lessay (Manche) édifiées autour de 1115-1120, les plus anciennes voûtes sur croisées d'ogives de France. La tribune nord est occupée par une horloge comportant l'inscription : « Dérigée par Fierville commis, exécutée par Gautier à Caen 1744 ».

Les bas-côtés sont voûtés d'ogives, les tribunes sont voûtées en demi-berceaux, la nef est voûtée d'ogives sexpartites, chaque groupe de deux travées ayant reçu une croisée d'ogives aux nervures moulurées retombant sur de courtes colonnettes raccordées aux dosserets des piles fortes.

Le transept comporte deux croisillons au fond desquels se trouvent une tribune et donnant sur une absidiole voûtée d'arêtes, la croisée supporte une tour-lanterne carrée à deux niveaux supportant une voûte sur croisée d'ogives, d'où courent des arcatures dessinées au premier étage par des colonnes cylindriques.

Un jubé séparait autrefois le chœur de la nef. Construit en 1724, il est détruit pendant la Révolution[17].

Le chœur de l'église abbatiale Saint-Étienne de Caen est le premier édifice construit après l'annexion de la Normandie au domaine royal (1204) quoique certains historiens pensent qu'il pourrait avoir été commencé en 1195, mais cette thèse est discutée. Il témoigne de l'introduction timide du style gothique dans la région et des résistances du style normand. La décoration de petites roses, trèfles et quatre-feuilles est typiquement normande. Il y a treize chapelles rayonnantes.

La technique normande du mur épais[modifier | modifier le code]

Coupe
La coursière périphérique dans l'épaisseur du mur

La technique normande du mur épais dont l'abbaye de Bernay semble porter le prototype et dont l'influence de la cathédrale Saint-Bénigne de Dijon est vraisemblablement à l'origine de cette première application normande du principe de la coursière se retrouve plus tard dans le transept de l'église Saint-Étienne de Caen et sera ensuite systématiquement utilisé dans les constructions du monde anglo-normand.

Ce système de renforcement du mur par d'énormes arcs ou des armatures d'aspect plus ornemental, mais jouant un rôle certain de raidisseurs est constant dans le domaine normand. Les arcatures qui, conformément à l'ordre colossal, enserrent les deux niveaux du mur extérieur des collatéraux à l'église Saint-Étienne de Caen, s'inscrivent dans la même tendance et renforcent les départs des demi-berceaux intérieurs des tribunes, bâtis dès le XIe siècle, lors de la première campagne de construction.

Cette association d'un allègement visuel de la paroi avec un renforcement de fait de la structure est une des réussites majeurs des constructeurs normands. Elle favorisera le lancement de voûtes encore lourdes même si à Bernay et à l'église Saint-Étienne de Caen, il n'y eut pas d'intention de voûtement à l'origine. La conception même des murs est parfaitement adaptée à un voûtement ultérieur[18],[19],[20]

Les voûtes sexpartites[modifier | modifier le code]

Les piliers forts et faible de la nef romane à l'origine des premières voûtes sexpartites sur croisée d'ogives

Le chantier de l'église Saint-Étienne s'inscrit dans la continuité des évolutions techniques apportées par les Normands Il y a peu de controverse pour considérer que les premières voûtes d'ogives parfaitement constituées sont celles du monde anglo-normand. La cathédrale de Durham en Angleterre construite vers 1093 par l'évêque Guillaume de Saint-Calais, conseiller des ducs de Normandie et rois d'Angleterre Guillaume le Conquérant et Guillaume le Roux offre des supports assez maladroitement conçus pour recevoir les nervures, mais la complexité des moulures et la perfection des formes montrent qu'elle a bénéficié d'essais antérieurs. Les étapes suivantes sont connues, vers 1110 les voûtes quadripartites sont lancées sur le chœur mais ont disparu.

Les voûtes d'ogives de l'abbaye Sainte-Trinité de Lessay, en Normandie, dans le département de la Manche, que l'on peut dater avec certitude d'avant 1098 par l'inhumation dans le chœur de l'abbatiale d'Eude au Capel fils du fondateur et sénéchal de Guillaume le Conquérant, les maladresses attestent des recherches un peu empiriques car c'est en cours de construction que la volonté de voûter le transept est prise en insérant très maladroitement la retombée des nervures. Les deux chantiers ont dû s'inspirer de réalisations antérieures et sans doute bien différentes.

À l'église Saint-Étienne de Caen de l'abbaye aux Hommes, au cours d'un remaniement vers 1115, l'architecte innove en lançant des voûtes sexpartites sur la nef de l'édifice bâti au XIe siècle avec l'alternance des supports que l'on trouve aussi à l'abbatiale Notre-Dame de l'abbaye de Jumièges et qui ont facilité cette solution. Ce type de voûte mène à la série des cathédrales à voûtes sexpartites du premier art gothique et forme un jalon majeur dans l'histoire de l'architecture[21].

L'évolution des voûtes dans le Monde anglo-normand
Abbaye de Lessay, croisillon sud du transept voûté d'ogives
Cathédrale de Durham, entièrement voûtée d'ogives
Abbaye aux Hommes de Caen, premières voûtes sexpartites

Dimensions

  • Dimensions extérieures :

Longueur totale de l'édifice : 111 m ; largeur de la façade avec tours : 28,30 m ; largeur de la façade sans les tours : 8,60 m ; largeur du transept : 42,10 m ; largeur de la nef : 26,70 m ; hauteur de la tour Nord : 82 m ; hauteur de la tour Sud : 80 m ; hauteur de la façade avec pignon : 27,30 m ; hauteur de la façade sans pignon : 24,50 m.

  • Dimensions intérieures :

Longueur total de l'édifice : 107 m ; longueur de la nef : 56 m ; longueur du chœur, avec le transept : 40 m ; largeur de la nef : 11,45 m ; largeur totale nef plus bas-côtés : 22,35 m ; largeur total du transept : 38 m; largeur d'un bas-côté : 5,45 m ; largeur du chœur : 11,25 m ; largeur du déambulatoire : 5,60 m.

Profondeur d'une chapelle de la partie droite du chœur: 4,80 m, longueur de la chapelle du Saint-Sacrement: 16,70 m, largeur de la chapelle du Saint-Sacrement: 6 m 70, longueur de la chapelle Halbout: 16 m, largeur de la chapelle Halbout: 9 m, hauteur de la nef sous voûte: 20,80 m, hauteur de la tour-lanterne sous voûte: 31 m 20, épaisseur du mur de la façade: 2,16 m, épaisseur du mur de la nef: 1,65 m, largeur des arcades du rez-de-chaussée: 3,60 m, largeur des arcades de la tribune: 4 m

Sculpture[modifier | modifier le code]

Le décor est très limité. Les chapiteaux ont été restaurés aux XVIIe et XVIIIe siècles mais l'analyse des détails est très intéressante car elle prouve, par les dimensions et les proportions des blocs, par la présence de chapiteaux à bustes, que les sculpteurs de la cathédrale de Bayeux se sont transportés sur le chantier de l'église Saint-Étienne de Caen vers 1070. Les chapiteaux à feuilles dérivés du corinthien sont omniprésents dans la première campagne. Les œuvres du XIIe siècle avec des corbeilles à entrelacs sont marqués par de probables apports italiens dans les vanneries très régulières et d'exemples anglo-scandinaves par les petits dragons terminant des entrelacs filiformes et désorganisés, des dragons serpentins perlés et d'autres thèmes variés comme un avare pendu par sa bourse.

Si on compare ces sculptures avec d'autres ensembles, on peut avancer une date relativement précoce, vers 1115-1120, ce qui permet aussi de déterminé la date de construction des voûtes sur croisée d'ogives[22].

Tombeau de Guillaume le Conquérant[modifier | modifier le code]

Tombe de Guillaume le Conquérant dans le chœur

Le tombeau de Guillaume le Conquérant (mort le ) était placé au milieu du chœur (peut-être sous la tour-lanterne). Son fils, Guillaume le Roux, fait construire un monument en marbre, surmonté d'un gisant. Ce monument est détruit en 1562 par les huguenots. En 1742, le tombeau est réduit à un simple caveau recouvert d'une pierre tombale situé dans le sanctuaire. À la Révolution, la pierre tombale du duc Guillaume est à nouveau détruite. Elle est remplacée en 1802 par la pierre tombale visible actuellement.

Elle porte, en latin, l'inscription suivante :HIC SEPULTUS EST • INVICTISSIMUS • GUILLELMUS • CONQUESTOR • NORMANNIÆ DUX • ET ANGLIÆ REX • HUJUSCE DOMUS • CONDITOR • QUI OBIIT ANNO • MLXXXVII qui peut être traduit par : « Ici repose l'invincible Guillaume le Conquérant, duc de Normandie et roi d'Angleterre, fondateur de cette maison, qui mourut l'année 1087 ».

Orgue[modifier | modifier le code]

L'orgue de tribune

Le buffet de l'orgue de tribune construit par les frères Lefebvre date de 1741 ; il repose sur deux cariatides du sculpteur rouennais Gouy. Ce buffet fait l’objet d’un classement au titre objet des monuments historiques par la liste de 1840[23]. L'orgue de soixante jeux d'origine a été remplacé en 1885 par un orgue de cinquante jeux conçu en 1882 par Cavaillé-Coll[24] inauguré en 1885. La partie instrumentale fait l’objet d’une inscription au titre objet des monuments historiques depuis le [23]. Sa composition est la suivante[25] :

I Grand Orgue C–56 notes
Montre 16'
Bourdon 16'
Montre 8'
Flûte harmonique 8'
Bourdon 8'
Gambe 8'
Prestant 4'
Flûte octaviante 4'
Doublette 2'
Quinte 2 2/3
Plein jeu 7 rangs
Cornet V
Bombarde 16'
Trompette 8'
Clairon 4'
II Positif C–56 notes
Bourdon 16'
Principal 8'
Cor de nuit 8'
Salicional 8'
Unda maris 8'
Prestant 4'
Flûte douce 4'
Carillon III
Basson 16'
Trompette 8'
Cromorne 8'
III Récit expressif C–56 notes
Quintaton 16'
Diapason 8'
Flûte traversière 8'
Viole de Gambe 8'
Voix céleste 8'
Flûte octaviante 4'
Octavin 2'
Cornet 2 V
Bombarde 16'
Trompette 8'
Clarinette 8'
Basson-Hautbois 8'
Voix humaine 8'
Clairon 4'
Pédale C–
Bourdon 32'
Contrebasse 16'
Soubasse 16'
Grosse flûte 8'
Violoncelle 8'
Bourdon doux 8'
Flûte 4'
Bombarde 16'
Trompette 8'
Clairon 4'

Titulaires de l'orgue

  • Albert Peschard - seconde moitié du XIXe siècle, Docteur en droit, savant, inventeur, avec Charles Spackmann Barker, du système électro-pneumatique de traction adapté à l'orgue appelé Machine Barker)
  •  ? - 1901 : Achille Dupont (Père de Gabriel Dupont)
  • ca 1901 - ca 1920 : Jules Marie
  • ca 1920 - 1950 : Léon Guillaume (précédemment Titulaire du G.O. de Saint-Pierre de Caen ca 1915 ca 1920)
  • 1950- ca 1963 : Jules Friley (compositeur, précédemment Titulaire du G.O. de Saint-Pierre de Caen ca 1920 à 1944). 1er Professeur d'orgue au Conservatoire de Caen, lors de la création de la classe d'orgue.
  • ca 1963-1990 : Cécile Sagot-Mauger (précédemment Titulaire à Trouville puis à Caen, notamment de l'orgue de chœur de Saint-Étienne)
  • 1990 - : Alain Bouvet
  • Cotitulaire : Alain Mabit
  • Cotitulaire : Erwan Le Prado


Enregistrements

Parmi les enregistrements effectués sur l'orgue de l'église Saint-Étienne de Caen, figure l'une des dix symphonies de Charles-Marie Widor, enregistrée par Pierre Pincemaille (Solstice SOCD 181-185).

Mobilier[modifier | modifier le code]

L'horloge dans le transept et la tour-lanterne

L’église abrite un important mobilier liturgique dont une partie est protégée aux titres des monuments historiques :


L'influence sur le monde anglo-normand[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Art anglo-normand.
Transept normand avec coursive de la cathédrale de Winchester
Chapelle Saint-Jean de Londres dans la Tour de Londres, premiers chapiteaux à godrons vers 1080

De nombreux évêques et abbés sortis de Saint-Étienne participe à la réorganisation de l'Église d'Angleterre et apportent les savoirs développés à Saint-Étienne par Lanfranc pour le duc-roi et qui doivent servir de références. Le choix de ce lieu par Guillaume le Conquérant pour en faire sa sépulture est un symbole fort de cette volonté.

Ils ont remplacé après la conquête les églises généralement petites et souvent construites en bois des anglo-saxons par de vastes édifices en pierre pour marquer la supériorité et le caractère permanent de la présence normande auprès de la population.

À la suite de Lanfranc qui après avoir commencé la construction de Saint-Étienne réédifie la cathédrale de Canterbury et engage Gondulphe pour reconstruire la cathédrale de Rochester, Walchelinus nommé évêque en 1070 commence la construction de la cathédrale de Winchester. L'église et les bâtiments adjacent de la cathédrale Saint-Alban de St Albans sont rebâtis avec l'aide de Lanfranc par Paul, abbé en 1077.

Gundulphe évêque de Rochester en 1077 comme Ernulphe avait accompagné Lanfranc depuis l'abbaye du Bec et dirigea peut-être la construction de Saint-Étienne, construit le donjon de West Malling existant sous le nom de Tour Saint-Léonard et qui est regardé comme le plus ancien donjon anglo-normand. Il reconstruit la cathédrale de Malling sous les conseils de Saint Anselme et édifie plusieurs églises dont Darenton et Dartford et la Tour de Londres.

Ernuphe prieur de Canterbury en 1093 détruit le chevet construit par Lanfranc pour le remplacer par un édifice plus riche. Abbé de la cathédrale de Peterborough en 1127, il reconstruit les bâtiments conventuels. évêque de Rochester en 1114, il refait le dortoir, la chapelle et le réfectoire.

Radulphe de Vaucelles prieur de Saint-Étienne, est abbé de l'abbaye Saint-Martin de Séez en 1088, évêque de Rochester en 1108 et archevêque de Canterbury en 1115.

Turtin est abbé de l'abbaye de Glastonbury en 1081, Roger, chapelain de Guillaume, prieur de Saint-Étienne construit comme abbé de l'abbaye du Mont-Saint-Michel la voûte qui s'écroule peu après, puis devient abbé de Cerne (Cerve). Henri est prieur de Canterbury, Guillaume de Corbeil, prieur de Saint-Étienne, archevêque de Canterbury en 1130 et continu les travaux de la cathédrale, la consacre, ainsi que celle de Rochester en 1130. Il construit le donjon de Rochester.

Radulphe, prieur de Rochester en 1107 couvre de plomb la cathédrale, complète le mur d'enceinte et élève de nouveaux bâtiments. Il devient prieur de Canterbury et abbé de Senlac sur le site de la bataille d'Hastings. Herluin, abbé de Canterbury en 1090 reconstruit l'église de l'abbaye.

Guillaume du Hommet, le dernier religieux de Saint-Étienne élevé a une haute dignité, prieur de Frompton, abbé de la cathédrale de Westminster en 1214 parait avoir fait partie du plan du chœur. Il assiste en 1215 au Quatrième concile du Latran puis est envoyé à la Cour de France.

L'influence des constructions normandes et en particulier de Saint-Étienne est généralement admise. À ce développement, un contre-courant d'Angleterre vers la Normandie parait lui avoir succédé en particulier pour les chapiteaux cubiques juxtaposés présents à la cathédrale de Durham qui deviendront des chapiteaux à godrons[36] comme à l'abbaye Sainte-Trinité de Lessay.

Outre l'influence que Saint-Étienne a par ces religieux, il est évident aussi qu'elle en a exercé une plus grande sur les évêques et abbés qui sans être d'anciens religieux de Saint-Étienne, durent souvent prendre pour modèle l'œuvre du duc-roi en particulier à l'abbaye de Fécamp, l'abbaye Saint-Ouen de Rouen, à l'abbaye Sainte-Trinité de Lessay, l'abbaye Saint-Étienne de Fontenay, l'abbaye de lonlay, l'abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives et l'abbaye de Savigny[37].

Influence sur l'art gothique normand[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Étienne de Caen est la construction originelle du gothique normand: toute la réflexion architecturale ultérieure en Basse-Normandie et pour une bonne part en Haute-Normandie en découle.

On découvre d'évidents échos du chevet de l'église Saint-Étienne de Caen à l'abside de la cathédrale de Coutances comme dans le chœur de la cathédrale de Bayeux[38].

Les bâtiments monastiques[modifier | modifier le code]

Le cloître et les bâtiments Mauristes au Sud de l'église Saint-Étienne

Quand les Mauristes ont repris l'abbaye, ils ont reconstruit les bâtiments dans le même style classique et le même fonctionnement que l'on retrouve dans toutes leurs réalisations en respectant les contraintes de conception de la Règle de Saint-Benoît qui impose la clôture monastique autour d'un cloître desservant le chœur eucharistique de l'église avec un accès facile aux dortoirs pour les offices de nuit, une vision directe depuis le cloître de la salle capitulaire pour que personne n'ignore une assemblée de la communauté, les lieux de vie: le réfectoire et le chauffoir, les lieux l'étude, le scriptorium. La zone ouverte sur l'extérieur comprend les fonctions d'accueil et de gestion de l'abbaye.

Les liaisons avec l'église se font comme dans la plupart des monastères par le croisillon sud du transept avec l'escalier menant du dortoirs au chœur des moines pour les offices de nuit, la sacristie en liaison avec les autels puis la salle capitulaire donnant sur le cloître dont la façade Nord est limitée par l'église et la façade Sud comme pratiquement dans tous les monastères par le réfectoire. L'harmonie visuelle entre les deux groupes de bâtiments d'époques différentes est assurée par la belle pierre de Caen et la recherche de la simplicité et de l'efficacité de la Congrégation de Saint-Maur. Après la Révolution, leurs solides constructions qui n'ont pas finies en carrières de pierre comme à l'abbaye Saint-Georges de Boscherville ou l'abbaye de Jumièges ont souvent été reconvertis en bâtiments industriels comme à l'abbaye d'Aunay ou l'abbaye Saint-Martin de Séez par François Richard-Lenoir et pour les abbayes urbaines en bâtiments publics comme à Caen, où ils accueillent un lycée puis Hôtel de Ville.


Le cloître, centre de la vie des moines avec au Nord l'église Saint-Étienne, le sanctuaire lieu de l'office divin, les reliques, le chœur des moines et dans la partie Ouest de l'église l'accueil des visiteurs et des pèlerins, à l'Est la sacristie, la salle capitulaire lieu de rencontre et de décision des religieux et au-dessus les dortoirs et le scriptorium, au Sud, l'escalier d'honneur, le réfectoire, à l'Ouest: le parloir, l'escalier Ouest et au-dessus les dortoirs et autres lieux de vie de la clôture monastique
Article détaillé : Abbaye aux Hommes.

Liste des abbés[modifier | modifier le code]

Sigillographie[modifier | modifier le code]

Les sceaux des abbés et des prieurs sont de formes ogivales souvent de 60 mm de hauteur pour les abbés et de 40 mm pour les prieurs. Ceux des abbés montrent l'abbé bénissant avec la mitre et la crosse, les abbés commendataires apportent leurs armoiries et ont parfois de petits cachets ronds de 30-35 mm.

Les sceaux qui symbolisent l'assemblée des moines et la sénéchaussée sont de formes rondes, de 40 à 50 mm de diamètre et représentent saint Étienne martyr.

Les abbés

  • Nicolas, abbé, 1289, ogival 35 mm, Abbé debout de trois quarts à gauche, tenant une crosse et un livre; dans le champ de dextre, un soleil, une quintefeuille, un oiseau et une fleur de lys; à senestre, une étoile, un croissant, une quintefeuille, un oiseau et une fleur de lys, SIGILLUM NICHOLAI DE MONTINEO ABBATIS SANCTI STEPHANI DE CAMODO, Contre-sceau: pierre gravée, un ange tenant une couronne et une palme, ECCE MITTEANGELUM MEUM (8574 Douet d'Arcq)
  • Guillaume, abbé, 1374, ogival 62 mm, Dans une niche gothique, l'abbé debout, vu de face, mitré, crossé et bénissant; à dextre, l'écu de France, à senestre, celui d'Angleterre. SIGILLUM GUILLEMI ABBATIS STEPHANI DE CAMODO (8575 Douet d'Arcq)
  • Robert, abbé, 1379, ogival 60 mm, Dans une niche gothique, l'abbé debout, vu de face, mitré, crossé et bénissant; à dextre, l'écu de France, à senestre, celui d'Angleterre. SIGILLUM FRATRI ROBERTI ABBATIS MONASTERII SANCTI STHEPHANI DE CADOMO4 (8576 Douet d'Arcq)
  • abbé XIVe siècle , ogival, 60 mm, Dans une niche gothique, l'abbé debout, mitré, crossé, bénissant, accosté de deux écus, l'un semé de France, l'autre aux trois léopards d'Angleterre, SIGILLUM .....SANCTI STEPHANI DE CAMODO (Demay 2762)

Les abbés commendataires

  • Pierre de Martigny, abbé, ogival 75 mm, divisé en deux par une colonne soutenant une voûte; à gauche: la Sainte Vierge et l'enfant Jésus; à droite: l'abbé à genoux et présenté par un moine tenant en sa main une coupe. Au-dessous, dans une arcade trilobée, les armes du prélat avec la crosse SIGILLUM PRT DEI GRACIA CASTREU EPISCOPI ET ABBATIS STI STEPHANI CADUM ( De Farcy)
  • Alphonse-Louis Du Plessis (Richelieu), abbé, 1640, ogival 49 mm, écu portant trois chevrons, couronné, timbré d'une croix sous un chapeau archiépiscopal. (Demay 2763)
  • Charles Maurice Le Tellier, abbé, 1673, ovale 39 mm, écu portant trois lézards sous un chef chargé de trois étoiles, couronné, timbré d'une croix à double traverse, sous un chapeau archiépiscopal, devant un manteau d'hermine (Demay 2765)

Les prieurs

  • prieur, 1290, ogival 40 mm, Dans une niche gothique, la Vierge assise avec l'enfant Jésus, au-dessous, un priant, SIGILLUM PRIORI SANCTI STEPHANI DE CAMONO (Douet d'Arcq 9295)

Le chapitre

  • chapitre, 1282, diamètre 50 mm, contre-sceau: pierre gravée, deux guerriers debout CUSTOS SIGILLI (Douet d'Arcq 8168)
  • chapitre, 1379, diamètre 45 mm, la lapidation de saint Étienne dans un monument gothique SIGILLUM CONVENTUS MONASTERII SANCTI STEPHANI DE CADOMO (Douet d'Arcq 8169)
  • chapitre, 1425, diamètre 46 mm, Dans une niche gothique, saint Étienne, à demi renversé entre deux bourreaux qui le lapident, en haut, la main céleste brandissant SIGILLUM CONVENTUS (Demay 2667)

Le sénéchal

  • sénéchal, 1409, diamètre 40 mm, Dans une niche gothique, saint Étienne, tenant un livre, ayant deux pierres posées sur la tête et une sur l'épaule, à ses pieds, à gauche, l'abbé mitré, crossé, priant (Demay 2943)[39],[40],[41]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice no PA00111124, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. a b c et d Gionanni Coppola, « L'essor de la construction monastique en Normandie au XIe siècle : mécénat, matériaux et moines-architectes », Annales de Normandie, 1992, vol. 42, no 4.
  3. a b et c Maylis Baylé, L'architecture Normande : Caen: Abbatiale Saint-Étienne (Abbaye-aux-Hommes), vol. 2, Charles Corlet, Presses universitaires de Caen, , 443 p. (ISBN 2-84133-134-2), p. 56.
  4. Maylis Baylés et Pierre Bouet, L'architecture normande au moyen-âge : Le patronage architectural des ducs de Normandie dans l'architecture normande du moyen-âge, Charles Corlet-Presses universitaires de Caen, (ISBN 2-84133-135-0), p. 349.
  5. M. Gervais : Note sur l'église Saint-Nicolas, dans : Mémoires de la société des antiquaires de Normandie, 1844, Volume : 14, pages : 384-396.
  6. a b c et d Lucien Musset, Normandie romane, vol. 1, Zodiaque - La nuit des temps, 341 p., p. 51.
  7. a b c d e et f Célestin Hippeau, L'abbaye de Saint-Étienne de Caen: 1066-1790, Caen, Hardel, (lire en ligne), p. 345
  8. a b c d e f g et h Georges Bouet, Analyse architecturale de l'abbaye de Saint-Etienne de Caen, Caen, Le Blanc-Hardel, (lire en ligne).
  9. Victor Ruprich-Robert, L'église Ste-Trinité (ancienne Abbaye-aux-Dames) et l'église St-Étienne (Ancienne Abbaye-aux-Hommes) à Caen, Hardel, Caen, , p. 57.
  10. Th. Bonnin, Journal des visites pastorales d'Eude Rigaud, Archevêque de Rouen, Auguste Le Broment, Rouen, , p. 262.
  11. « Découverte du tombeau de Pierre de Martigny », Bulletin de la société des antiquaires de Normandie, vol. IIX,‎ 1875-1877, p. 245.
  12. Jean Dastugue, « Le fémur de Guillaume le Conquérant. Etude anthropologique », Annales de Normandie, vol. 37,‎ , p. 5-10.
  13. Louis Huet, Histoire de la paroisse Saint-Étienne de Caen : 1791-1891, Évreux, Imprimerie de l'Eure, 1892, pp. 17–18.
  14. Maylis Baylé, « L'influence des italiens sur l'art roman de Normandie: légende ou réalité ? », Cahier des Annales de Normandie, vol. 29, no 1,‎ , p. 60.
  15. Jacques Tiébaut, « Le plan du chœur roman de Saint-Étienne de Caen », Bulletin Monumental, vol. 131,‎ , p. 51.
  16. Célestin Hippeau, L'Abbaye de Saint-Étienne de Caen, 1066-1790, Hardel, Caen, 1855
  17. Bulletin de la Société des antiquaires de Normandie, Caen, 1917, tome 32, p. 286 [lire en ligne]
  18. Maylis Baylé, L'architecture normande : Structure murales et voûtements dans l'architecture romane de Normandie, vol. 1, Charles Corlet - Presses universitaires de Caen, , 385 p. (ISBN 2-85480-949-1), p. 50.
  19. J. Bony, « La technique normande du mur épais à l'époque romane », Bulletin Monumental, vol. XCVIII,‎ , p. 153-188.
  20. Pierre Heliot, « Les antécédents et les débuts des coursives anglo-normandes et rhénanes », Cahiers de civilisation médiévale, vol. 2, no 8,‎ .
  21. Maylis Baylé, L'architecture Normande : Structures murales et voûtements dans l'architecture romane en Normandie, vol. 1, Charles Corlet, Presses universitaires de Caen, , 385 p. (ISBN 2-85480-949-1), p. 56.
  22. Maylis Baylés, L'architecture normande au moyen-âge, vol. 2, Charles Corlet-Presses universitaires de Caen, (ISBN 2-85480-950-5), p. 61.
  23. a et b Notice no PM14001293, base Palissy, ministère français de la Culture
  24. Louis Huet, op. cit., p. 68
  25. Orgues de Normandie
  26. Notice no PM14000200, base Palissy, ministère français de la Culture
  27. Notice no PM14000184, base Palissy, ministère français de la Culture
  28. Notice no PM14000180, base Palissy, ministère français de la Culture
  29. Notice no PM14000178, base Palissy, ministère français de la Culture
  30. Notice no PM14000176, base Palissy, ministère français de la Culture
  31. Notice no PM14000175, base Palissy, ministère français de la Culture
  32. Notice no PM14000174, base Palissy, ministère français de la Culture
  33. Notice no PM14000173, base Palissy, ministère français de la Culture
  34. Notice no PM14000179, base Palissy, ministère français de la Culture
  35. Notice no PM14000181, base Palissy, ministère français de la Culture
  36. John Bilson: Le chapiteau à godron en Angleterre dans: Congrès archéologique de France, LXXVe session tenue à Caen en 1908, tome II, éditeur: A. Picard, Paris, pages: 634
  37. Bouet, « Liste pour servir à l'histoire de l'influence de la Normandie sur l'architecture anglo-normande », Bulletin Monumental, vol. XXXIV,‎ , p. 81-93.
  38. Lindy Grand, David S. Spearr, « Art gothique en Normandie: architecture et société », Annales de Normandie, vol. 56, no 4,‎ , p. 521-524.
  39. Paul De Farcy, Sigillographie de la Normandie : L'évêché de Bayeux, Le Blanc-Hardel, Caen, , p. 186.
  40. Douet d'Arcq, Collection des sceaux, vol. 3, Henri Plon, .
  41. G. Demay, Inventaire des sceaux de la Normandie, Imprimerie Nationale.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Legendre, L'origine anglo-viking des chapiteaux et consoles : des voûtes de la nef de l'abbatiale Saint-Étienne de Caen, Caen, Presbytère, 16 p.
  • Georges Bouet, Analyse architecturale de l'abbaye de Saint-Etienne de Caen, Caen, Le Blanc-Hardel, (lire en ligne)
  • Célestin Hippeau, L'abbaye de Saint-Étienne de Caen: 1066-1790, Caen, Hardel, (lire en ligne), p. 335
  • Gallia christiana, tome; XI, pages: 420-429, instrum: page: 72
  • Neustria pia, pages: 624-656
  • Dom Blanchard, « L'abbaye Saint-Étienne de Caen sous la règle de Saint-Maur », Bulletin de la Société des antiquaires de Normandie, Caen, Delesques, t. 30,‎ , p. 1–364 (lire en ligne)
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