Château des Matignon

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Château des Matignon
FranceNormandieTorigniSurVireChateau.jpg
La façade nord du château.
Présentation
Type
Style
Architecte
Construction
XVIe siècleVoir et modifier les données sur Wikidata
Propriétaire initial
Propriétaire
Usage
Patrimonialité
Localisation
Adresse
Coordonnées

Le château des Matignon est un château, du XVIe siècle, qui se dresse sur la commune nouvelle de Torigny-les-Villes dans le département de la Manche, en région Normandie.

Ce château porte le nom de la maison des Matignon, comtes de Torigny, seigneurs de Matignon, originaires de Bretagne. Parmi ses membres on relève notamment Jacques II de Goyon de Matignon, ainsi que Jacques-François-Léonor de Matignon, comte de Torigni et duc de Valentinois qui épousa l'héritière de Monaco, Louise de Grimaldi, dont la maison hérita des titres de Matignon.

Le château fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[1].

Localisation[modifier | modifier le code]

Le château des Matignon est situé dans le centre-ville de la commune déléguée de Torigni-sur-Vire.

Historique[modifier | modifier le code]

Au XIIe siècle, sur le site de l'actuel château de Torigni, se dresse un château féodal, que Robert de Gloucester, bâtard du roi d'Angleterre, Henri Ier, a reçu de son mariage avec Mabel FitzRobert de Gloucester, fille de Robert FitzHamon, et qu'il fortifie « de tours immenses, de remparts très robustes cernés de fossés qu'il a fait tailler dans la pierre de la colline, et d'une ceinture d'eau presque continue qui rend la forteresse inaccessible (d'aprés Robert de Torigni) »[2],[note 1].

Parmi les premiers possesseurs du fief, nous relevons un baron de Toëni qui se rebella contre son suzerain, Guillaume le Conquérant, à l'époque du duc Richard II de Normandie, puis un Hervé de Mauny, seigneur de Torigni, dont la petite-fille, Marguerite Mauny, épousa un Jean de Goyon de Matignon, marquant le début de l'implantation de cette famille en Normandie. Le château est alors constitué de trois corps de bâtiments en « U » dont il ne reste aujourd'hui que l'aile méridionale, du moins son emplacement originel.

C'est Joachim de Matignon, qui délaisse l'antique château et dresse un pavillon de style Renaissance, qui est, plus tard, relié à un autre pavillon par une longue galerie construite en 1611[4], par son fils, le maréchal Jacques II de Goyon de Matignon (1525-1598), sur les plans de l'architecte Ange-Jacques Gabriel[5], abandonnant le style défensif pour se transformer en demeure de plaisance. Charles, fils du maréchal, marque de son empreinte le château en ajoutant un troisième pavillon et une seconde aile.

Le château, achevé en 1630[4], et tel qu'il nous est parvenue aujourd'hui, n'est qu'une faible partie du château primitif, une grande partie des bâtiments furent détruits à partir de 1805[4].

Mis aux enchères en 1805, le domaine est adjugé à un marchand de biens, pour la somme de 1 600 000 livres, qui décide de le morceler. Le domaine compte alors un mobilier très riche composé de tableaux et de tapisseries d'Aubusson.

En 1944, lors des bombardements alliés, un incendie ravage le château provoquant la perte de plusieurs pièces classées à titre d'objets dont onze tableaux de Claude Vignon[6] et de cinq sur les six tapisseries de François Geubels[7]. Il ne subsiste des six tapisseries que celle dite de Bruxelles, datant du XVIe siècle, représentant une scène de l'Énéide contant l'histoire de Didon et Énée[8],[5].

Aujourd'hui, le château abrite les services de la mairie de la ville ainsi qu'un musée consacré à Arthur Le Duc sculpteur torignais.

Description[modifier | modifier le code]

Le château des Matignon se présente aujourd'hui sous la forme d'un bâtiment haut d'un étage sur rez-de-chaussée, que flanquent deux pavillons (1650) surmontés de larges frontons triangulaire dont les tympans sont sculptés d'attributs militaires, d'armoiries et de trophées . L'emploi de pierre pourpre, poudingue issu des carrières de Troisgots, avec ses joints de calcaire blanchâtre et dont les lignes horizontal, donne à la façade un caractère harmonieux.

À l'intérieur, on pourra admirer la salle des mariages, probablement l'une des plus belles pièces du château, ainsi que l'escalier d'honneur à quatre volées conduisant au premier étage. Dans le musée Arthur Le Duc, l'on pourra voir notamment des sculptures en poterie de Noron.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Mabel (Mabille) FitzRobert de Gloucester en plus de la seigneurie de Torigny, lui apportera celles de Creully et de Gloucester[3].

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Hébert et André Gervaise, Châteaux et Manoirs de la Manche, Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, (ISBN 978-2-847-06143-7), p. 169-170.
  • Faisant, Étienne, Un château princier en Normandie. Torigni, de Robert de Gloucester aux Grimaldi, Annales monégasques : revue d'histoire de Monaco 2017 n° 41, .

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]