Paul Doncœur

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Paul Doncœur
Description de cette image, également commentée ci-après
Portait du Père Paul Doncoeur
Naissance
Nantes Drapeau de la France France
Décès (à 80 ans)
Troussures Drapeau de la France France
Nationalité française
Pays de résidence France
Profession
Activité principale
Aumônier militaire, aumônier de la jeunesse, écrivain
Autres activités
Pastorale familiale, renouveau liturgique, conseiller historique
Formation
Lettres, philosophie et théologie

Compléments

Doncœur fut un des aumôniers militaires les plus décoré durant la Première Guerre mondiale. Fondateur du centre de Troussures, il s'est engagé pour le marr'chal Pétain et le Régime de Vichy.

Paul Doncœur, né à Nantes (France) le et mort à Troussures, dans l'Oise, (France) le , est un prêtre jésuite et écrivain français, engagé pour le régime de Vichy dès 1940. Aumônier militaire décoré de la Première Guerre mondiale il est connu pour ses ouvrages historiques consacrés à Jeanne d'Arc ainsi que pour avoir été l'un des pionniers du scoutisme et organisateur de sa branche aînée : la « Route ». Il fonde à Troussures un centre pour le ressourcement spirituel des couples et de la jeunesse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation jésuite[modifier | modifier le code]

Après des études au collège de Reims, Paul Doncoeur entre au noviciat des Jésuites à Saint-Acheul le 8 octobre 1898.

En 1901, il est expulsé de France, comme tous ses confrères jésuites, à la suite des dispositions anti-congrégationistes de la loi sur les associations de 1901. Il en restera très affecté toute sa vie, notamment par le manque de réaction des catholiques face à ces expulsions. Il poursuit ses études de philosophie au scolasticat des jésuites français en exil à Florennes (Belgique), tout en y enseignant, et fait ses études de théologie à Enghien, également en Belgique, où il est ordonné prêtre le .

Aumônier militaire[modifier | modifier le code]

Quand la guerre éclate en 1914, Paul Doncœur devient aumônier militaire aux 115e RI, 35e RI et 42e RI ; il participe aux batailles de la Marne, de l'Aisne, de Champagne et de Verdun. C'est à cette période que le Père Doncoeur, aidé d'ouvriers du bâtiment, construit une chapelle souterraine dans les grottes de Confrécourt.

Grièvement blessé dans la Somme, il guérit miraculeusement à Lourdes, ce qui lui permet de rejoindre ses régiments pour les combats de Reims, des Flandres et de la victoire de 1918. Sa bravoure, son abnégation, son courage et son dévouement pour assurer une sépulture chrétienne aux soldats morts au champ d'honneur lui vaudront une renommée immense : sept citations, la Croix de guerre, et il est fait Chevalier de la Légion d'honneur.

Après le conflit, il s'engage dans différentes actions afin «de reconstruire la chrétienté de la France, retrouver un christianisme intégral, pour que le sacrifice de la grande guerre ne soit pas inutile !».

En effet, de novembre 1918 à septembre 1919, le Père Doncoeur accompagné d'un équipe de soldats arpente les différents champs de bataille pour assurer à tous les soldats une sépulture décente. C'est en 1919, que cette équipe de volontaires crée le Calvaire des Wacques à Souain[1]. Cette initiative est soutenue et encouragée par le Général Baston de la 14e division d'infanterie.

Le 25 novembre 1921, promu officier de la Légion d’honneur, il est décoré sur le front des troupes dans la cour d’honneur des Invalides.

Aumônier scout[modifier | modifier le code]

En 1924, inspiré par son ami jésuite le Vénérable Père Jacques Sevin, Paul Doncœur devient « aumônier des clans d'Île-de-France » qui ont pour chef Marcel Forestier.

C'est à partir de cette date que la route des Scouts de France prend de l'ampleur grâce à son énergie.

Dans le même temps, inspiré par les Quickborn allemands, branche catholique du Wandervögel, il fonde les « Cadets », adeptes des grands raids spirituels à travers la France et l'Europe et tête de pont d'une jeunesse catholique française, généreuse et virile.

Le caveau du père Doncœur
dans la crypte de la chapelle de Troussures

Pèlerinage du Puy-en-Velay[modifier | modifier le code]

En pleine guerre, les Scouts de France sous l'impulsion du Père Paul Doncœur, appellent les jeunes gens de France à prendre la route du Puy-en-Velay pour le 15 août 1942.

C'est un pèlerinage de pénitence qui est organisé pour laver les fautes des Français qui ont tous participé à la décadence de la France : c'est en ces termes que le pèlerinage était présenté.

À l'appel des Scouts de France, c'est toute la jeune France catholique qui répond présent : JOC, JAC, JEC, Pénitents blancs... et bien sûr 5 000 routiers. Tous ces jeunes gens étaient venu de toute la France, ceux de la zone du Nord au prix de nombreuses difficultés pour passer la ligne de démarcation ou pour la franchir clandestinement.

Pour l'occasion, 25 statues de Notre-Dame ont convergé vers le Puy, notamment Notre-Dame de Strasbourg en zone annexée et Notre-Dame de Boulogne-sur-mer (en zone occupée) qui passa la ligne de démarcation dans un camion à légumes. Les routiers chantèrent « Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine ». Les routiers de Marseille montèrent une statue de Notre Dame de la Garde conduits par le Chanoine Gros et le Père Mollaret.

Campant autour du Puy-en-Velay, ils prirent la route parfois nus-pieds quelques jours avant le 15 août pour converger à Notre-Dame le jour de la célébration de l'Assomption.

" Mais une longue étape de 24 kilomètres nous attend et l'on part, sans tarder, pour Lanterac. Cette fois, les clans sont réunis en groupes de 40 garçons; ce sera la formation adoptée pour toute l'organisation du pèlerinage. Sur la route, les groupes se succèdent à 3 minutes d'intervalles. Dans chaque groupe, à chaque étape, commencent à s'égrainer les chapelets qui alterneront avec les chants de marche ou les méditations silencieuses guidées par l'aumônier. C'est ainsi que par Lantiac et Brives, tous les routiers de Provence - ils sont maintenant près de 1 000 -, arriveront sur les hauteurs qui dominent Le Puy, le 12 Aout où s'allumeront, simultanément, à 10 heures du soir, tous les feux de la dernière veillée préparatoire. " Chanoine Gros dans son carnet[2]

C'est lors de ce pèlerinage que le père Doncœur et Jacques Chailley écrivirent le Kyrie des gueux et Vierge des Chemins de France. La grande chorale est dirigée par César Geoffray.

La célébration fut grandiose. 10 000 jeunes sont rassemblés. Bannières, étendards et capes flottent au vent. Chemin de Croix, processions, messes en plein air, se sont suivis sous la direction du père Doncœur qui avait invité pour l'occasion le Cardinal Gerlier, le Nonce Valéris et une dizaine d'évêques. Le Maréchal Pétain était représenté par un préfet. Le secrétaire d'état Georges Lamirand était présent.

Organisateur et homme de lettres[modifier | modifier le code]

Écrivain, il publie le « Roland», un recueil de chants scouts et populaires. En 1930 il prend la direction des Cahiers du Cercle sainte Jeanne, qui acquièrent une renommée importante en France. Historien, son activité porta sur la vie de Jeanne d'Arc ainsi en 1948, le Père Paul Doncoeur est invité à Hollywood en tant que conseiller historique sur le tournage de Jeanne D'Arc du réalisateur Victor Fleming.

Il est l'instigateur et organisateur de multiples pèlerinages mariaux (Chartres, Le Puy, Vézelay, Terre Sainte, etc.)

Sa verve impressionne les autorités politiques qui pensaient remettre en vigueur les lois anticléricales par l'expulsion des congrégations religieuses et la suppression de l'école libre. En effet, le nouveau président du conseil, Edouard Herriot, annonce, le 2 juin 1924, la reprise de l'expulsion des congrégations, la suppression de l’ambassade auprès du Saint-Siège et l’application de la loi de séparation de l’Église et de l’État à l’Alsace et à la Moselle. En réponse à ces annonces, deux mois plus tard, la Ligue des droits du religieux ancien combattant est fondée et, en octobre, le R.P Paul Doncoeur publie une lettre ouverte au Président Herriot, en octobre 1924 : «Pour l'honneur de la France». Il y affirme avec force : «Nous ne partirons pas! Pas un homme, pas un vieillard, pas un novice, pas une femme ne repassera la frontière, cela jamais !»[3]

 Et le Président Herriot abandonna son projet.

Pastorale liturgique[modifier | modifier le code]

Il fonde en 1920 le bulletin de pastorale liturgique en voulant rendre accessible la liturgie à tous, une liturgie catéchétique. Il restaure par exemple la veillée pascale selon le rite ancien, en 1945, dans la petite chapelle de la maison par une permission spéciale de son évêque. En 1951, un décret pontifical de Pie XII officialise cette liturgie pascale. Chaque année des baptêmes d'enfants et d'adultes sont également célébrés dans ce même esprit de renouveau liturgique qui culminera dans les réformes introduites plus tard par le concile Vatican II.

La maison de Troussures[modifier | modifier le code]

Le château de Troussures, dans l'Oise.

En 1938, Paul Doncœur s'installe à Troussures ; il a 58 ans. La maison de Troussures lui est confiée par ses supérieurs jésuites pour en faire d'abord un lieu où pourrait s'exprimer ce qu'il porte profondément dans son cœur : recréer un noyau de chrétienté pour l'avenir de la France. Mais finalement avec les événements de la Seconde Guerre mondiale, la maison devient plutôt un centre de formation et de refuge, pour ensuite être, à terme, une grande maison familiale.

Pour le père Doncœur, la famille catholique doit devenir un véritable instrument de « conquête du milieu » et la place de la femme est centrale. Il aimait à dire en guise de boutade: « Il faut deux femmes pour faire un saint : sa femme et sa mère ! » D'où sa fondation des «  Cercles sainte Jeanne » en 1930 pour l'accueil de jeunes femmes qu'il suivait. Quand elles furent mariées, il les réunit alors en cercle d'étude mensuel.

C'est ainsi qu'en 1938 il prêche les premières retraites de foyer en commun qui sont une grande innovation pour l'époque, et précurseur en cela des retraites de couple aux Foyers de Charité de Châteauneuf-de-Galaure qui auront lieu sous l'impulsion de Marthe Robin.

C'est lors d'une retraite prêchée aux couples que le père Caffarel, qui avait fondé les équipes Notre-Dame sur le même principes, invité à cette occasion, découvrit la maison et devint le successeur du père Doncœur le .

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Paul Doncœur, qui devient aumônier national de la route SDF (1940), prend des positions politiques et réclame des scouts ou des cadets un engagement total derrière le maréchal Pétain.

En 1943, Paul Doncœur est marginalisé par les jésuites en raison de son attitude. Il se retire des scouts de France et certaines amitiés sont rompues. Ces événements le conduisent à faire maintenant de Troussures une grande maison familiale et d'accueil. Une journée par an, des hommes d'Église et des intellectuels viennent partager leur réflexion sur différents sujets comme la colonisation, les sciences, l'évolution de l'Église… Troussures verra séjourner le père Chenu (dominicain), Teilhard de Chardin (anthropologue), Gaston Fessard (philosophe), Jean Daniélou (théologien et historien), Henri de Lubac, ou encore le dramaturge Jean Anouilh

L'intuition du père Doncœur fut de redonner à la France après la Première Guerre mondiale un catholicisme intégral avec une mystique de la véritable « croisade », saine, sainte et juste, pour restaurer la chrétienté de la nation, mais l'évolution entre les deux guerres l'invita à recentrer ses espérances sur la famille, les enfants et l'incarnation d'une évangélisation sur le terrain de la proximité. Jusqu'à la fin de sa vie à Troussures, il porta ce désir profond. Il mourut à 81 ans dans sa chambre, entouré d'enfants. Son corps repose dans la crypte de la chapelle aux côtés d'un scout de France mort à 15 ans, et du comte et de la comtesse de Troussures.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Par humilité, le Révérant Père Paul Doncoeur va donner ses médailles en ex-voto à Notre Dame de Liesse dans l'Aisne.

Rubans[modifier | modifier le code]

Distinctions du Père Paul Doncoeur

Intitulés[modifier | modifier le code]

Extrait de Citation à l'ordre de l'armée[modifier | modifier le code]

"Le 12 juillet 1915, attaché aux brancardiers d’un régiment, s’est porté sous un feu violent d’artillerie sur un poste avancé où des blessés étaient signalés et leur a donné les premiers soins. N’a cessé de faire preuve d’un dévouement inlassable et d’une belle crânerie."[4]

Hommages[modifier | modifier le code]

Les Guides et Scouts D'Europe lui ont rendu hommage dans leurs film Le Secret de Confrécourt en 2014.

Écrits[modifier | modifier le code]

  • 1995 Correspondance 1898 - 1960, Tome II, Présentation du R.P. Xavier Tilliette, s.j., Téqui, Paris, 270 p.
  • 1988 Aller de l'avant, textes et citations recueillies et présentées par Pierre Mayoux, Ed. des Presses de l'Ile-de-France, Paris, 288 p.
  • 1986 Scoutisme et éducation du sens religieux, Chambray-les-Tours, C.L.D., 109 p.
  • 1983 Correspondance 1924 - 1961, Tome I, par Pierre Mayoux, Préface du Père Ambroise-Marie Carré, de l'Académie française, Téqui, Paris, *237 p.
  • 1951 La naissance, le mariage, la mort : retour en chrétienté, Les Presses d'Ile-de-France, Paris, 255 p.
  • 1948 L'Évangile du travail, A l'Orante, Paris, 86 p.
  • 1947 L'Évangile du glaive, A l'Orante, Paris, 98 p.
  • 1945 Propos de route, images de Jean Mercey, A l'Orante, Paris, 134 p.
  • 1941 La France vivra, Éditions de l'Orante, 1941, 250 p.
  • 1938 La Compagnie de Jésus, A l'Art catholique, Paris, 69 p.
  • 1938 Le témoignage chrétien de la France dans le monde en 1938" in Revue catholique d'intérêt général (20 juin 1938)
  • 1933 Retours en chrétienté : la naissance, le mariage, la mort, Grasset, Paris, 207 p.
  • 1932 La crise du sacerdoce, Préface de S.E. le Cardinal cardinal Verdier, Flammarion, Paris, 202 p.
  • 1931 Qui a brûlé Jeanne d'Arc ?, Flammarion, Paris, 126 p.
  • 1928 Le bon plaisir divin dans une âme : le Père Alexis Hanrion de la Compagnie de Jésus, (1888 - 1920), Apostolat de la Prière, Toulouse, 126 p.
  • 1927 Roland, chansonnier populaire français de Gustave Daumas, Marc de Ranse, Carlo Boller et Paul Doncœur.
  • 1927 Roumieux : pèlerins d'Assise et de Rome, images de Paul Froger, A l'art catholique, Paris, 182 p.
  • 1926 Routiers, bois de Paul Froger, A l'art catholique, Paris, 101 p.
  • 1926 Reconstruction Spirituelle : Les Scouts de France , La Hutte.
  • 1926 Le livre de la bienheureuse sœur Angèle de Foligno du tiers ordre de St François : documents originaux, éd. et trad. par le P. Paul Doncœur, Art catholique, Paris, 365 p.
  • 1912 Beati : enseignements de Jésus-Christ sur le bonheur, Casterman, Paris, 168 p., réédité en 1922 et 1926.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dominique Avon (préf. Gérard Cholvy), Paul Doncoeur, SJ (1880-1961) : un croisé dans le siècle, Paris, Éditions du Cerf, coll. « Histoire », , 393 p. (ISBN 2-204-06562-5).
  • G. Le Bourgeois, « Le Père Doncœur et Jeanne d'Arc », Bulletin des Amis du Vieux Chinon, t. VI, no 6,‎ 1961-1962, p. 256-258 (lire en ligne).
  • Pierre Mayoux, Paul Doncœur, aumônier militaire, Paris, Presses d'Île-de-France, , 244 p. (présentation en ligne)
    Réédition : Pierre Mayoux (préf. cardinal Maurice Feltin), Paul Doncœur, aumônier militaire, Paris, Éditions de la Loupe, coll. « Histoire », , 371 p. (ISBN 2-84868-026-1).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Doncoeur, Correspondances (1924-1961), Paris, Téqui,
  2. Louis Bos, Les Scouts de France à Marseille, Marseille, A Robert, , 321 p., p.175
  3. « Père DONCOEUR Paul, s.j. aumônier militaire de la grande guerre », sur dioceseauxarmees.fr (consulté le 8 novembre 2017)
  4. « Père DONCOEUR Paul, s.j. aumônier militaire de la grande guerre », sur https://dioceseauxarmees.fr (consulté le 15 novembre 1018)

Liens externes[modifier | modifier le code]