Paul Hutin-Desgrées

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Paul Hutin-Desgrées
Fonctions
Député du Morbihan
28 novembre 19461er décembre 1955
Élection 10 novembre 1946
Réélection 17 juin 1951
Législature Ire et IIe
Député du Morbihan à l'Assemblée constituante
11 juin 194627 novembre 1946
Élection 2 juin 1946
Biographie
Date de naissance 21 octobre 1888
Lieu de naissance Bovée-sur-Barboure (Meuse, France)
Date de décès 25 mars 1975 (à 86 ans)
Lieu de décès Le Rheu (Ille-et-Vilaine, France)
Nationalité Drapeau de la France France
Parti politique MRP
Enfant(s) François-Régis Hutin
Profession Journaliste
Religion Catholicisme

Paul Hutin-Desgrées est un journaliste, patron de presse et homme politique français, né le 21 octobre 1888 à Bovée-sur-Barboure (Meuse) et décédé le 25 mars 1975 au Rheu (Ille-et-Vilaine).

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine familiale[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille nombreuse d'exploitants agricoles et d'artisans fromagers meusiens[1] , il est le fils d'Henri Hutin, journaliste puis directeur du périodique meusien L’Écho de l'Est et conseiller d'arrondissement.

Il est le gendre depuis 1926 du fondateur de L'Ouest-Éclair, Emmanuel Desgrées du Loû, qui l'embauche en 1930 dans son quotidien.

Ancien combattant[modifier | modifier le code]

Ancien combattant de la « Grande Guerre » : réformé mais engagé volontaire dans le bataillon de chasseurs d'Emile Driant, blessé à Verdun, sergent, médaillé militaire, croix de guerre, six fois cité, notamment pour son courage lors de la bataille du Bois des Caures près de Verdun.

Activité politique jusqu'en 1939[modifier | modifier le code]

Catholique pratiquant, il soutient des idées qui le rangent dans le camp de la « droite nationale » avant 1939, comme l'attestent ses articles dans L'Écho de l'Est, dont il est codirecteur depuis 1921, ou bien son soutien apporté à la Solidarité française en juin 1934[2].

Cette année-là, lors d'une élection législative partielle à Verdun, il est candidat « antiparlementaire[3] », « républicain indépendant de redressement national et paysan ». Il est battu au second tour dans la circonscription modérée de Verdun par Gaston Thiébaut, radical-socialiste, à la suite d'une triangulaire, au maintien de deux candidats sollicitant les mêmes voix, Hutin et le fils du précédent député, plus modéré. Paul Hutin bénéficiait pourtant de l'appui de l'Union catholique locale, du général Édouard de Castelnau de la Fédération nationale catholique, d'Henry de Kérillis, du Centre de propagande des républicains nationaux, et des Jeunesses patriotes.

Il est ensuite membre du groupement local d'élus et de notables modérés, le Centre républicain meusien, et il soutient les Croix-de-feu[4]. En 1940, à l'approche des Allemands à Rennes, il quitte son poste au journal L'Ouest-Éclair et tente, vainement, de rejoindre l'Angleterre. Patriote plutôt que résistant, il se retire à Saint-Pabu, village de la commune d'Erquy (Côtes D'Armor). Le 22 mars 1943, il est dénoncé aux Allemands par un agent de la Gestapo (Maurice Zeller) pour « propagande gaulliste ». Il est arrêté le 21 mai 1943 et transféré à la prison Jacques-Cartier de Rennes[5].

Directeur de journal[modifier | modifier le code]

Fondateur-directeur du journal Ouest-France à la Libération, il est aussi président de la caisse de retraite de la presse française de 1947 à 1965.

Activité politique et mandats après 1945[modifier | modifier le code]

Humaniste et pro-européen, il est député MRP du Morbihan de 1946 à 1956. Son nom reste attaché à l'abrogation, le 16 mai 1950, de la loi du 22 juin 1886 qui frappait d'exil les membres des familles ayant régné sur la France.

Il est le père de François-Régis Hutin, PDG d’Ouest-France.

Décorations[modifier | modifier le code]

Paul Hutin-Desgrées a reçu les décorations suivantes[6] :

  • Commandeur de la Légion d'honneur
  • Médaille militaire
  • Croix de guerre (1914-1918 et 1939-1945)
  • Croix du combattant volontaire (1914-1918 et 1939-1945)
  • Médaille de la Résistance.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'un de ses frères, Jules, fromager près de Vitry-le-François, conseiller d'arrondissement et maire d'une petite commune, médaillé militaire et ancien chasseur de Driant aussi, a été dirigeant des Jeunesses patriotes locaux puis président de la section locale des Croix-de-feu. Paul publie d'ailleurs son témoignage dans l’Écho de l'Est sur la manifestation parisienne du 6 février 1934 dans les n° des 11 et 18 février 1934
  2. Jean-François Colas, Les Droites nationales en Lorraine dans les années 1930 : acteurs, organisations, réseaux, Thèse de doctorat, Université de Paris X-Nanterre, 2002, t. I, p. 154
  3. L’Écho de l'Est, 3 juin 1934-10 juin 1934
  4. Jean-François Colas, op. cit., p. 154
  5. Le Bezen Perrot, Kristian Hamon, édition Yoran Embaner, 2001
  6. Biographie sur le site de l’Assemblée nationale

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Biographie sur le site de l’Assemblée nationale