Gerberge de Saxe

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Gerberge de Saxe
Gerberga.jpg
Fonction
Abbesse de Notre-Dame de Soissons
à partir de
Titres de noblesse
Duchesse de Lotharingie
-
Successeur
Judith de Bavière (en)
Reine des Francs de Francie occidentale
-
Prédécesseur
Successeur
Biographie
Naissance
Décès
Entre et Voir et modifier les données sur Wikidata
LaonVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Activité
Famille
Père
Mère
Fratrie
Conjoints
Gislebert de Lotharingie (à partir de )
Louis IV d'Outremer (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Alberade de Lotharingie (d)
Lothaire de France
Mathilde de France
Gerberge de Lotharingie (en)
Hedwige de Lotharingie (d)
Henri de Lotharingie (d)
Charles de Basse-LotharingieVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Religion

Gerberge de Saxe, née vers 913/914 et morte le 5 mai[1] d'une année inconnue, entre 969 et 984[2], fut duchesse de Lotharingie et reine de France.

Elle est la fille d'Henri Ier l'Oiseleur, roi de Germanie et de Mathilde de Reingelheim (sainte Mathilde) et la sœur de l'empereur Otton Ier du Saint-Empire. Elle est inhumée dans le chœur de l'abbaye Saint-Remi de Reims.

Union et descendance[modifier | modifier le code]

Généalogie des Ottoniens, avec Heinricus rex (Henri Ier l'Oiseleur) et Methildis regina (Mathilde de Reingelheim) dans le cercle double (Chronica St. Pantaleonis, 2nde moitié du XIIe siècle). « Gergerg » est leur deuxième enfant en partant de la gauche de l'image.

Gerberge épouse en 928/929 Gislebert, duc de Lotharingie († 939), et lui donne quatre enfants :

Le duc Gislebert, après une bataille perdue à Andernach en contre l'empereur Othon Ier, se noie dans le Rhin alors qu'il tente de fuir[3].

La duchesse Gerberge se remarie fin 939 avec le roi de France Louis IV d'Outremer (921 † 954). Elle donne sept enfants à son nouvel époux :

  • Lothaire (941 † 986), son successeur sur le trône de France ;
  • une fille née en 943 ;
  • Charles ou Carloman, né en 945, mort avant 953 ;
  • Mathilde, (948 - † 992) épouse vers 964 Conrad III de Bourgogne, dit le Pacifique ;
  • Louis (948 - † 954) ;
  • Charles, duc de Basse-Lotharingie (953 † 991) ;
  • Henri (953 - † 953), jumeau de Charles de Basse-Lotharingie.

Elle a organisé la défense de la ville de Laon assiégée par les troupes de Hugues le Grand. Lorsque le roi Louis IV est fait prisonnier par le duc de Normandie, elle lutte pour le royaume et négocie sa libération, en faisant appel à son frère Otton Ier[4].

En 954, elle est à nouveau veuve et joue un rôle de premier plan pendant la minorité de son fils le roi Lothaire : elle se sert de l'appui de son frère Brunon, archevêque de Cologne, pour assurer le trône à Lothaire, selon l'annaliste Flodoard[5]. Elle soutient en outre Lothaire contre ses cousins, les fils d'Hugues le Grand et de sa sœur Hedwige[5].

Rôle intellectuel et artistique[modifier | modifier le code]

Un moine Adson (peut-être le futur abbé de Saint-Basle, ou bien le futur abbé de Montier-en-Der) dédie à Gerberge, entre 949 et 954, un Traité sur l'Antéchrist. Ce texte évoque entre autres l'implication importante de Gerberge dans la réforme monastique en provenance de Lotharingie[6]. Dans le prologue de son traité, le moine Adson décrit Gerberge comme une reine cultivée et proche de l'évêque de Laon Roricon[7].

On considère en général que la Vie de Clotilde, écrite à la fin des années 950, est destinée à servir de modèle à Gerberge durant son veuvage, en lui proposant l'image d'une sainte reine veuve et pieuse[8].

Gerberge est aussi la réalisatrice, ou plus probablement la commanditaire, d'une bannière qui porte son nom et qui est conservée dans le trésor de la cathédrale de Cologne. Cette bannière est un don à son frère l'archevêque Brunon, destinée à commémorer le rôle éminent de Gerberge dans leur victoire commune contre le comte Régnier de Hainaut en 957-958[9].

Ascendance[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative située dans la basilique Saint-Remi de Reims. Le nom de Gerberge y figure (5e en partant du haut)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. C'est ce que mentionne son épitaphe à Saint-Remi de Reims ("quintus maii") ainsi que le nécrologe de Saint-Remi de Reims, à la date du III des nones de mai (Nécrologe de Saint-Remi de Reims, Reims, B. M., ms. 346, fol. 154 : « Gerberga Francorum regina. »)
  2. (de) Winfrid Glocker, Die Verwandten der Ottonen und ihre Bedeutung in der Politik: Studien zur Familienpolitik und zur Genealogie des sächsischen Kaiserhauses, Cologne et Vienne, Böhlau, , p. 272
  3. Robert Folz La naissance du Saint-Empire Albin Michel Paris Le Mémorial des Siècles (1967) p. 82
  4. Christian Bouyer, Dictionnaire des Reines de France, Librairie Académique Perrin, 1992 (ISBN 2-262-00789-6)
  5. a et b Flodoard, Annales, éd. Philippe Lauer, Paris, 1903. Traduction française : François Guizot, Chronique (919-966), Clermont-Ferrand, Paleo, 2014 (traduction revue par Michel Tailhac). Années 954 et 960.
  6. (en) Simon MacLean, « Reform, Queenship and the End of the World in Tenth-Century France: Adso’s "Letter on the Origin and Time of the Antichrist” Reconsidered », Revue belge de philologie et d'histoire,‎ , p. 645-675 (lire en ligne)
  7. Adson, De ortu et tempore Antichristi, éd. Daniel Verhelst, CCCM 45, Turnhout, 1976, p. 20-30. Traduction française : Claude Carozzi et Huguette Taviani-Carozzi, La fin des temps. Terreurs et prophéties au Moyen Âge, Paris, Flammarion, 1999, p. 113-123.
  8. Karl Ferdinand Werner, « Der Autor der Vita sanctae Chrotildis. Ein Beitrag zur Idee der “heiligen Königin” und des “Römischen Reiches” im X. Jahrhundert », in Walter Berschin (éd.), Lateinische Kultur im X. Jahrhundert: Akten des I. Internationalen Mittellateinerkongresses, Heidelberg, 12.-15. IX. 1988 (Mittellateinisches Jahrbuch), Stuttgart, Hiersemann, 1991, p. 517-551.
  9. (en) Simon MacLean, Ottonian Queenship, Oxford, Oxford University Press, , p. 77-86

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie complémentaire[modifier | modifier le code]

  • Régine Le Jan, « Entre Carolingiens et Ottoniens : les voyages de la reine Gerberge », dans Odile Redon et Bernard Rosenberger (dir.), Les assises du pouvoir : Temps médiévaux, territoires africains, Saint-Denis, Presses universitaires de Vincennes, 1994, p. 163-173; repris dans Régine Le Jan, Femmes, pouvoir et société dans le haut Moyen Age, Paris, Editions Picard, (ISBN 9782708406209), 2001, chapitre 2, p. 30-38.
  • Emmanuelle Santinelli-Foltz, « Brunehilde, Bathilde, Hildegarde, Richilde, Gerberge étaient-elles considérées comme des femmes de pouvoir ? La perception masculine du pouvoir royal féminin et son évolution du VIe au Xe siècles », dans Armel Nayt-Dubois et Emmanuelle Santinelli-Foltz (éd.), Femmes de pouvoir et pouvoir des femmes dans l’Occident médiéval et moderne, Valenciennes, Presses Universitaires de Valenciennes, 2009, p. 61-82, version en ligne.
  • Simon MacLean, Ottonian Queenship, Oxford, Oxford University Press, 2017, chapitres 3 et 4.