Marie de Luxembourg (1305-1324)

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Marie de Luxembourg
Illustration.
Le mariage de Charles IV le Bel et de Marie de Luxembourg. Miniature tirée des Grandes Chroniques de France enluminées par Jean Fouquet, vers 1455-1460.
Fonctions
Reine de France et de Navarre

(1 an, 6 mois et 5 jours)
Couronnement
en la Sainte-Chapelle
Prédécesseur Blanche de Bourgogne
Successeur Jeanne d'Évreux
Biographie
Dynastie Maison de Luxembourg
Date de naissance vers 1305
Date de décès
Lieu de décès Issoudun
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Père Henri VII de Luxembourg
Mère Marguerite de Brabant
Conjoint Charles IV le Bel
Enfants Marie de France
Louis de France

Marie de Luxembourg (1305-1324)
Reines de France et de Navarre

Marie de Luxembourg, née vers 1305 et morte le à Issoudun, est reine de France et de Navarre du au en tant qu'épouse de Charles IV le Bel.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née vers 1304, Marie de Luxembourg est le deuxième enfant et la première fille de l'empereur du Saint-Empire Henri VII de Luxembourg et de son épouse Marguerite de Brabant. Dès 1308, elle est fiancée à Louis de Bavière, fils aîné et héritier de Rodolphe Ier du Palatinat, en remerciement du soutien accordé par Rodolphe à Henri VII dans sa lutte pour acquérir le titre de roi des Romains. Toutefois, la mort prématurée de Louis le 5 avril 1311 met en échec ce projet d'alliance matrimoniale. Marie devient peu après orpheline à la suite des décès successifs de ses parents.

Le 21 septembre 1322, Marie de Luxembourg épouse à Provins[1] Charles IV le Bel, roi de France et de Navarre, qui a obtenu le 19 mai précédent du pape Jean XXII l'annulation de son premier mariage avec Blanche de Bourgogne[1], convaincue d'adultère dans l'affaire de la tour de Nesle en 1314. Après la célébration de ses noces, le couple royal se rend ensuite à Saint-Denis, où il est solennellement accueilli par la population locale. À l'occasion de la Joyeuse Entrée de la nouvelle reine à Paris[2], Charles de Valois, oncle de Charles IV, prête à Marie son carrosse.

Ce mariage permet à Charles IV le Bel d'influer dans la querelle entre Louis III de Bavière et Frédéric d'Autriche, qui revendiquent le titre impérial. Malgré la victoire du premier à la bataille de Mühldorf le 28 septembre 1322, le pape Jean XXII refuse toujours de le reconnaître. Le conflit entre Jean XXII et Louis III de Bavière s'envenime jusqu'à l'excommunication du second, prononcée le 23 mars 1324. À ce moment-là, les partisans de Frédéric d'Autriche songent à faire de Charles IV leur champion, en raison de son mariage avec la fille d'Henri VII de Luxembourg.

Marie de Luxembourg est couronnée le 15 mai 1323 en la Sainte-Chapelle par l'archevêque de Sens Guillaume de Melun[3],[4]. La même année, elle met au monde un premier enfant : il s'agit d'une fille, prénommée Marie, qui meurt toutefois peu après la naissance. En mars 1324, au cours d'un voyage que le couple royal rend au pape Jean XXII, le carrosse de la reine se renverse dans un fossé près d'Issoudun. Marie de Luxembourg est grièvement blessée et accouche prématurément le 20 mars d'un fils, prénommé Louis, qui meurt dès le lendemain de sa naissance.

Malgré les soins prodigués par les médecins de Charles IV le Bel, Marie de Luxembourg ne survit pas à l'accident et meurt à Issoudun le 26 mars 1324[1]. Deux jours plus tard, elle est inhumée dans l'église des dominicaines de Montargis, en présence de son époux et de son frère Jean Ier de Bohême. Sa mort met un terme aux ambitions impériales de Charles IV et le prive d'un héritier mâle pour lui succéder sur le trône. Ainsi, trois mois après avoir perdu sa deuxième épouse, le 5 juillet 1324, il épouse en troisièmes noces sa cousine Jeanne d'Évreux[2].

Descendance[modifier | modifier le code]

De son mariage avec Charles IV le Bel, célébré le 21 septembre 1322 à Provins, Marie de Luxembourg a deux enfants :

  • Marie (1323 – 1323), sans alliance, ni postérité ;
  • Louis (20 – 21 mars 1324), sans alliance, ni postérité.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Bouyer 1992, p. 201.
  2. a et b Cazilhac 2011, p. 20.
  3. Le Noble 1825, p. 208.
  4. Dreux du Radier 1808, p. 84–7.

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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