Musée d'art et d'histoire du judaïsme

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Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (MAHJ)
Image illustrative de l'article Musée d'art et d'histoire du judaïsme
Cour intérieure de l'Hôtel de Saint-Aignan
Cour intérieure de l'Hôtel de Saint-Aignan
Informations géographiques
Pays France
Ville Paris 3e
Adresse 71, rue du Temple
75003 Paris
Coordonnées 48° 51′ 40″ Nord 2° 21′ 19″ Est / 48.8611, 2.35528
Informations générales
Date d’inauguration 1998
Informations visiteurs
Site web www.mahj.org

Géolocalisation sur la carte : 3e arrondissement de Paris

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Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (MAHJ)

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Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (MAHJ)

Le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (MAHJ) est un musée installé dans l'Hôtel de Saint-Aignan[1], dans le quartier du Marais, au 71 de la rue du Temple, dans le 3e arrondissement de Paris.

Le musée retrace l’évolution du monde juif à travers son patrimoine artistique et culturel. Il accorde une place privilégiée à l’histoire des juifs en France depuis le Moyen Âge, tout en évoquant les communautés d’Europe et d’Afrique du Nord.

Le musée présente une collection d’objets de culte parmi les plus importantes au monde, ainsi que de riches fonds historiques et ethnographiques. Le MAHJ conserve ainsi 2 700 documents sur l’Affaire Dreyfus, donnés par la famille du capitaine Dreyfus.

Une place importante est consacrée à la présence juive dans les arts avec des peintres de l’École de Paris (Chagall, Kikoïne, Soutine…) et des artistes contemporains (Christian Boltanski, Sophie Calle…).

Le MAHJ possède également une médiathèque (bibliothèque, vidéothèque et photothèque) et une librairie ouvertes au public, ainsi qu'un auditorium de 198 places à la programmation variée (conférences, colloques, lectures, cinéma, spectacles, concerts...).

Des visites guidées et des ateliers pour les enfants, les familles et les adultes sont programmés tout au long de l'année.

Le Musée[modifier | modifier le code]

Collection permanente[modifier | modifier le code]

Stèles funéraires du XIIIe siècle, Paris

Salle d’introduction[modifier | modifier le code]

La salle d’introduction propose des repères pour appréhender l’exceptionnelle pérennité du peuple juif malgré sa dispersion, à travers la présentation d'objets symboliques et de textes fondamentaux.

Les juifs en France au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

D’exceptionnelles stèles funéraires du XIIIe siècle et plusieurs objets rares dont une lampe de hanouca du XIVe témoignent du douloureux contraste entre la richesse culturelle du judaïsme médiéval français et son extinction violente à la suite des édits d'expulsion prononcés par Philippe le Bel en 1306 puis Charles VI en 1394.

Le visiteur a une première approche de l'organisation communautaire, des réseaux du savoir et de l'inscription des juifs dans le monde chrétien. L’expulsion des Juifs d’Espagne en 1492, événement sismique de l'histoire juive, est notamment rappelée par un tronc à aumône pour la fête de Pourim datant de 1312. Deux inscriptions gravées en judéo-espagnol en font l’un des plus anciens témoins de l’utilisation sur un objet rituel d’une autre langue que l’hébreu ou l’araméen.

Les juifs en Italie, de la Renaissance au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

De remarquables pièces de mobilier synagogal, d'orfèvrerie et de broderies liturgiques, provenant d’Italie, dont une arche sainte de Modène de 1472. Le cycle de la vie - naissance, circoncision, bar mitsvah, mariage - est illustré par des objets, des bijoux et des manuscrits, dont des contrats de mariages enluminés (ketoubbot).

Plusieurs tableaux du XVIIIe, attribués à Marco Marcuola, illustrent des scènes (circoncision, mariage...) de la vie juive à Venise.
Daté de 1720, un tableau d'Alessandro Magnasco (dit il Lissandrino) dépeint des Funérailles juives dans le style sombre et rococo du maître génois.

Hanouca[modifier | modifier le code]

Une salle entière du musée est dédiée à la fête de Hanouca. La lampe de Hanouca, sous toutes ses déclinaisons de style et de forme, d'origine et de période, s'offre comme une métaphore de l'immense diversité des coutumes juives dans le monde.

Amsterdam, rencontre de deux diasporas[modifier | modifier le code]

Une collection de gravures hollandaises des XVIIe et XVIIIe siècles, dont une série de Bernard Picart intitulée Mœurs et coutumes de tous les peuples du monde, introduit l’histoire des Juifs portugais à Amsterdam, théâtre de la renaissance d’une religion alors bannie dans le reste de l’Europe.

L’an prochain à Jérusalem[modifier | modifier le code]

Autour d'une des pièces phares du musée, une soukkah décorée d'une vue de Jérusalem, est évoquée la place centrale de Jérusalem, historique et mystique, dans l'esprit des Juifs dispersés dans le monde. Les fêtes de pèlerinages, Pessah, Soukkot et Shavou'ot, sont présentées à travers les objets (dont une Haggadah et un mizrah) ainsi que les textes essentiels qui leur sont associés. La plupart des œuvres relèvent de l'aire culturelle germanique.

Le monde ashkénaze traditionnel[modifier | modifier le code]

Le Mariage, Boris Borvine Frenkel (1929)

Plusieurs maquettes de synagogues de Pologne, d’Ukraine et de Lituanie, à l’architecture si particulière, quasiment toutes détruites par les nazis, rappellent l’existence d’un monde aujourd’hui disparu.

Salué comme un chef d’œuvre, le Cimetière juif, peinture de Samuel Hirszenberg, est emblématique de la situation critique des communautés juives dévastées par les pogroms à partir de 1880 en Pologne et en Russie.

Deux tableaux de Marc Chagall, né dans une famille juive hassidique près de Vitebsk dans l'actuelle Biélorussie (à l'époque Russie tsariste), illustrent la vie dans le shtetl, la bourgade juive d'Europe de l'Est.

Les vitrines regroupent des œuvres sur les thèmes du Shabbat, de la prière et de la liturgie, et donnent un court aperçu de l'organisation de l'étude et des grands courants de pensée religieuse au XIXe siècle.

Cimetière juif, Samuel Hirszenberg (1892)

Le monde séfarade traditionnel[modifier | modifier le code]

Les thèmes de la salle précédente sont repris de façon symétrique dans leur déclinaison séfarade ; les collections permettent d'apprécier les parentés formelles entre les deux traditions et le poids des influences.

Textiles (dont une robe de mariée, berberisca), orfèvrerie synagogale, dont un coffre à torah (ou tiq), objets domestiques modestes, ouvrages imprimés et art populaire présentés dans de vastes vitrines murales, dessinent un paysage contrasté des coutumes religieuses.

Cet espace accueille une collection ethnographique d'une grande diversité qui évoque la richesse des traditions, les cérémonies familiales et l'opulence des costumes des Juifs du Maghreb, de l'Empire ottoman et du Moyen-Orient. Des peintures orientalistes, des gravures et des photographies anciennes achèvent ce voyage à travers les communautés de la diaspora.

L’émancipation, le modèle français[modifier | modifier le code]

Panorama historique du judaïsme français au XIXe siècle. C’est l'ère de l'émancipation, dont la Révolution française a marqué le début. Les moments essentiels de l'intégration dans la société moderne sont présentés. Ce thème se prolonge par la présentation d'œuvres à thème juif (Moritz Oppenheim) et de scènes de genre d'artistes français et européens (Alphonse Lévy, Edouard Brandon, Edouard Moyse pour la France, Samuel Hirszenberg et Maurycy Gottlieb, pour la Pologne), posant ainsi le premier jalon d'une réflexion sur la possibilité d'un art juif autre que liturgique ou traditionnel.

Cette section comprend un fonds d'archives considérable, donné par les petits-enfants du capitaine Dreyfus. Il est composé de plus de trois mille documents : manuscrits, lettres, photographies, souvenirs familiaux, pièces officielles, livres, cartes postales, affiches, etc.

Mouvements intellectuels et politiques en Europe au tournant du siècle[modifier | modifier le code]

Une séquence de transition rend compte du foisonnement intellectuel juif en Europe au tournant du siècle, avec le développement des sciences du judaïsme en France et en Allemagne, les fondateurs de l'histoire juive, la littérature et la culture yiddish, la renaissance de la langue hébraïque, la création théâtrale, la presse juive moderne, le sionisme et les mouvements politiques comme le Bund.

Présences juives dans l’art du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Les habitants de l'Hôtel de Saint-Aignan en 1939, Christian Boltanski (1998)

Un cabinet d'art graphique rassemble, sur le thème de la renaissance culturelle juive en Allemagne et en Russie, des œuvres sur papier et des ouvrages des premières années du XXe siècle. Le musée remplit ici une mission, celle d'approfondir et de faire découvrir les recherches formelles et stylistiques majeures d'artistes importants, parfois oubliés. Regroupées sur le thème du folklore, de l'ornement, des sources bibliques et de la calligraphie, ces œuvres constituent l'aboutissement d'une démarche liant thème et identité dans l'art juif.

Ce regard sur les contributions d'artistes juifs à l'art du début du XXe siècle se termine par un ensemble d'œuvres de peintres et sculpteurs de l'Ecole de Paris : Chagall, Lipchitz, Soutine, Marcoussis, Krémègne, Kikoïne, Pascin, Chana Orloff, Kisling, Modigliani... Dans la diversité de leurs trajectoires et surtout dans leur confrontation à la modernité, ces artistes marquent la transition vers une nouvelle identité juive qui n'est plus exclusivement religieuse.

Être juif à Paris en 1939[modifier | modifier le code]

Évitant toute constitution d'une collection d'art thématique sur le thème de la Shoah, le musée s'est attaché à remonter l'histoire emblématique de quelques juifs d'Europe orientale, Russie, Pologne, Roumanie, qui vinrent s'installer à Paris au début du siècle, et dont les chemins aboutirent à l'hôtel de Saint-Aignan. À partir de sources d'archives, le musée propose une séquence documentaire sur l'histoire du judaïsme européen, la fin des communautés exterminées, l'immigration à Paris, la vie juive dans le quartier du Marais, les métiers, les structures associatives. 

Une œuvre murale de Christian Boltanski rend hommage aux habitants de l'hôtel de Saint-Aignan en 1939, artisans juifs pour la plupart, dont une grande partie furent assassinés dans les camps nazis.

Le Fonds Dreyfus[modifier | modifier le code]

En même temps qu'une exposition en 2006, Alfred Dreyfus, le combat pour la justice, le musée a mis en ligne une présentation de l'affaire Dreyfus et de son « fonds exceptionnel relatif à l'Affaire et à la famille Dreyfus, en permettant une consultation en ligne des plus de 3 000 documents, lettres, photographies, et autres qui le composent ».

Au centre de la cour intérieure se trouve une grande statue moderne représentant Dreyfus tenant à la main son épée brisée, une copie de Hommage au capitaine Dreyfus.

L’hôtel de Saint-Aignan[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

La cour d'honneur

L'hôtel est bâti en 1644-1650 pour Claude de Mesmes, comte d'Avaux, surintendant des finances de Mazarin. C’est Pierre Le Muet, architecte du roi, qui en dresse les plans.

En 1688, l’hôtel est racheté par Paul de Beauvilliers, duc de Saint-Aignan, qui entreprend une campagne de travaux de réfection et de modernisation. Il aménage le premier étage en appartements et fait appel à André Le Nôtre pour redessiner un jardin à la française.

En 1792, l'hôtel de Saint-Aignan est saisi et mis sous séquestre à la suite de la Révolution. Il devient le siège de la septième municipalité en 1795, puis du septième arrondissement jusqu'en 1823, avant d'être partagé en locaux commerciaux de toutes sortes.

Ayant fait l'objet de reventes successives, l'hôtel est voué à partir de 1842 au commerce et à la petite industrie. Des photographies d'époque, en particulier celles d’Eugène Atget, évoquent la vie de cet immeuble où vivent désormais des artisans juifs immigrés de Pologne, de Roumanie et d'Ukraine.

Lors des grandes rafles antijuives de 1942, plusieurs personnes vivant dans le bâtiment sont arrêtées et déportées. Au total, treize des habitants juifs de l'hôtel seront assassinés dans les camps.

L'hôtel de Saint-Aignan est racheté par la Ville de Paris en 1962, et est classé monument historique en 1963.

En 1978 débute une première campagne de restauration, sous la direction de Jean-Pierre Jouve, architecte en chef des Monuments historiques. Le bâtiment est alors affecté aux Archives de Paris. Une seconde campagne de restauration de l'hôtel s’ouvre en 1991, sous la direction de Bernard Fonquernie, architecte en chef des Monuments historiques.

En 1998, à l'initiative du maire de Paris, Jacques Chirac, l'hôtel de Saint-Aignan est affecté à l'installation d'un musée consacré à la civilisation juive : le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme.

Architecture[modifier | modifier le code]

Le grand escalier

L’hôtel est bâti en 1644-1650, sur une grande parcelle irrégulière où s'élevait l'hôtel familial hérité par Claude de Mesmes. Son auteur, l'architecte Pierre Le Muet, propose un décor sans précédent dans l'architecture civile parisienne. Ayant abattu le vieux bâtiment, il adopte le plan usuel des grands hôtels aristocratiques, corps de logis principal en retrait de la rue, au fond d'une grande cour légèrement rectangulaire et aile unique en retour à droite avec une grande galerie à l'étage. Au rez-de-chaussée de l'aile droite se trouvaient les cuisines, réaménagées aujourd'hui pour accueillir des ateliers, ainsi que la salle à manger, désormais rattachée à la librairie du MAHJ, qui présente un décor de fresques exceptionnel attribué à Rémy Vuibert.
À gauche, il conçoit une façade en trompe-l'œil, dite «renard», qui masque en réalité un mur appuyé sur le tracé de l'enceinte de Philippe Auguste. Ainsi donne-t-il l'illusion d'un espace vaste et préserve-t-il une apparente symétrie. L'originalité de cette architecture tient aussi à l'ordonnance de pilastres sculptés, dits «colossaux», courant sans rupture au niveau des étages de bas en haut de la façade. Sur le même principe de continuité, les quatre façades qui encadrent la cour sont identiques, ne distinguant pas particulièrement le corps de logis principal, contrairement à l'usage. L'architecte produit ainsi un effet de verticalité imposant, un rythme soutenu qui confère une véritable majesté à l'édifice. Un passage conduit à la petite basse-cour, où remises et écuries ont une issue directe sur la rue.
Paul de Beauvilliers, duc de Saint-Aignan, qui rachète l'hôtel en 1688, Il entreprend une campagne de travaux de réfection et de modernisation avec un agrandissement de la façade sur jardin, la réalisation d'un escalier d'honneur, l'aménagement d'appartements dans l'ancienne galerie du premier étage. André Le Nôtre est sollicité pour redessiner un jardin à la française avec des parterres d'ornements. Le principe de restauration qui sera adopté au XXe siècle reprend précisément la fin XVIIe comme période de référence.
Saisi en 1792, l'hôtel devient le siège de la septième municipalité en 1795, puis du septième arrondissement jusqu'en 1823, avant d'être partagé en locaux commerciaux de toutes sortes et voué à partir de 1842 au commerce et à la petite industrie. Transformé en immeuble de rapport, le corps de logis est alors surélevé de trois niveaux.
Après l'achat en 1962 de l'hôtel par la Ville de Paris et son classement (1963), une première campagne de restauration débute en 1978, sous la direction de Jean-Pierre Jouve, architecte en chef des Monuments historiques. Au terme d’une seconde campagne de restauration, débuté en 1991 sous la direction de Bernard Fonquernie, les travaux s’achèvent en 1998.
Aux adjonctions de 1690 près, malgré quelques erreurs, les travaux de restauration et de restitution ont rendu à l'hôtel son ordonnance primitive, et à l'art français une des plus hautes expressions de l'atticisme architectural parisien au temps de la régence d'Anne d'Autriche.

Ouverture le samedi[modifier | modifier le code]

Depuis , sa création en 1998 , le musée n'a jamais été ouvert le samedi. Les juifs n'étant pas censé travailler ce jour la appelé shabbat, il y avait de nombreuses réticences dont celles du grand rabbin de France. Mais à partir du 1er septembre 2016, le Musée ouvre le samedi car c'est « le jour de meilleure fréquentation des musées du Marais » [2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]