Jean Solomidès

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Jean Solomidès
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Naissance
Décès (à 68 ans)
Nationalité Flag of France.svg Français
Profession

Jean Solomidès, né Yangos Solomides, le , à Chypre, est un médecin, chercheur et biologiste français d'origine chypriote, qui a travaillé à l'Institut Pasteur de 1938 à 1947. Il meurt en France, le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Solomidès vient en France faire des études, de physique, de chimie, de sciences naturelles. Il passe une licence de sciences à la Sorbonne et obtient, en 1938, son diplôme de docteur en médecine. Attaché de recherches au CNRS, il est détaché à l'Institut Pasteur et travaille sur la tuberculose. Détaché à Toulouse pendant la guerre, il y passe une licence de sciences naturelles. Avec son maître Frédéric Van Deinse[1], il étudie les bacilles tuberculeux et les effets des huiles, des matières grasses, de la glycérine sur les bacilles dans l'organisme des animaux de laboratoire. À la Libération, il est stagiaire au CNRS puis attaché de recherches en 1945. Il découvre, en 1947, que les peroxydases (catalyseurs d'oxydation) synthétiques détruisent, par oxydation, des cultures de bacilles tuberculeux, mais aussi les cellules cancéreuses en se fixant sélectivement sur leur membrane. Le 4 mars 1948, il fait une communication sur son procédé à la Société française de microbiologie, publiée dans les Annales de l'Institut Pasteur et dans plus d'une soixantaine d'autres publications scientifiques.

En 1949, il obtient la citoyenneté française pour faits de résistance. Au cours de cette même année, il guérit son père atteint d'une tumeur au foie inopérable pour laquelle les médecins chypriotes le disent condamné. Solomidès envoie à Chypre des ampoules de distillat iodé d'huile de foie de morue en solution, pour soigner son père. Trois semaines plus tard, les médecins constatent à leur grande surprise que la tumeur a disparu[citation nécessaire]. Son père est complètement guéri[2].

La guérison de son père suscite des réactions négatives à l'Institut Pasteur[réf. nécessaire]. En effet, cette guérison, ses expérimentations sur la glycérine qui ont prouvé que l'immunité artificielle est passagère et « qui remettent en cause l'utilité de vaccinations qui constituent la majeure partie des ressources de l'Institut Pasteur », inquiètent. Il est licencié de l'Institut, à la fin de 1949, contre la volonté du professeur Van Deinse[3]. Il installe alors son laboratoire dans la cave de son pavillon à Sceaux avec l'aide d'un médecin. En 1951 et 1952, il obtient l'AMM pour le Citral-Uréthane et le Géranyle[4], contre la bronchite, l'eczéma, les allergies, et comme antalgiques dans le traitement du cancer. En Belgique, le médicament est expérimenté et remboursé par la Sécurité sociale.

En 1955, Georges de Caunes l'invite à la radio-télévision française avec deux ou trois malades. À la suite de cette émission, de nombreux malades le contactent afin d'essayer ce traitement beaucoup moins lourd que le traitement ordinaire. En octobre 1956, Solomidès crée une revue de vulgarisation, Victoires sur le cancer, et la Ligue mondiale pour la chimiothérapie du cancer, la Ligue devient ensuite la Ligue des droits de l'homme malade, et la revue devient Remèdes-Actualités.

Sa vie devient alors une suite de luttes pour faire reconnaître officiellement ses découvertes. Ses médicaments contre le cancer ne reçoivent pas d'AMM bien qu'ils soignent légalement les malades avec des collaborateurs médecins, et il doit faire face à de nombreux procès pour « exercice illégal de la médecine »[5].

Malgré cet acharnement de la Chambre syndicale des médecins de la Seine, du ministère de la Santé, des milliers de malades ont pu être guéris ou améliorés, grâce à ses découvertes[citation nécessaire][6],[7],[8],[9].

Il meurt épuisé, en mai 1979, à 68 ans, d'une embolie pulmonaire.

Il a été notamment publiquement défendu par l'artiste Philippe Druillet dans Charlie Hebdo (juin-juillet 1979)[10].

Travaux[modifier | modifier le code]

Doctrine[modifier | modifier le code]

Selon Solomidès, le cancer est la conséquence d'une agression physique ou chimique entrainant une diminution de l'oxydation cellulaire, ce qui produirait une acidose avec activation d'un gène cancérigène. Les cellules cancéreuses seraient anaérobies (vivant en l'absence d'oxygène) en étant capables de s'entourer d'une « carapace de contre-anticorps » à base de mucine. Cette carapace attirerait des globules blancs spéciaux appelés par Solomidès tréphocytes sécrétant des tréphones favorisant le développement de la tumeur[11].

Toujours selon Solomidès, un excès d'oxygène devrait entraîner la destruction des cellules anormales en respectant les cellules saines. Il propose donc des médicaments contenant des peroxydes (corps chimiques riches en oxygène), médicaments qu'il appelle physiatrons synthétiques.

Traitement[modifier | modifier le code]

Pour les défenseurs de la méthode, le mode d'action des physiatrons n'est pas clair, mais ils agiraient effectivement et sans effet toxique. Selon Solomidès, ils stabiliseraient la tumeur en faisant éclater la carapace de contre-anticorps. Ils doivent être administrés dès la détection d'une lésion suspecte ou nettement cancéreuse.

Les physiatrons se présentent en six formulations commercialisées, principalement sous forme d'ampoule injectables, mais aussi de suppositoires, d'ovules et de pommades. Une des préparations, le Citral-Uréthane a obtenu un visa d'autorisation de mise sur le marché en 1952, avec comme indications les douleurs cancéreuses, l'eczéma et le zona. Le Citral-Uréthane contient de faibles quantités d'uréthane, retiré du marché en 1984 car toxique et reconnu comme cancérogène[11].

La méthode Solomidès admet dans de rares cas la complémentarité des physiatrons avec les traitements classiques, à condition que la cure de physiatrons soit prioritaire et prédominante.

Évaluation[modifier | modifier le code]

Elle est difficile, d'abord par manque de données, et aussi parce que, pour être efficace, la méthode Solomidès doit être appliquée par des médecins « solomidiens », c'est-à-dire instruits en physiatrie (science des physiatrons).

Les études expérimentales présentées concernent des lots de souris en nombre peu important ou des chiennes porteuses de tumeurs mammaires dont la nature n'est pas déterminée. Les résultats ne sont pas évidents et parfois même négatifs. Le professeur Lapras de l'Ecole vétérinaire de Lyon aurait observé chez les animaux une action protectrice contre les infections, mais pas d'action anticancéreuse sur les tumeurs animales.[11]

Les données chez l'homme consistent en des témoignages de guérison, dont une quarantaine ont fait l'objet d'études et observations médicales. Selon Schraub, sur cette quarantaine « trois mériteraient d'être approfondies car elles sont effectivement troublantes ». Les autres cas ne sont guère significatifs : traitement « officiel » antérieur ou concomitant, absence ou faux diagnostic de cancer. En effet, la méthode Solomidès exclut la biopsie, jugée inutile et dangereuse.

La méthode de Solomidès a fait l'objet d'un débat passionné : ses partisans soulignent son esprit visionnaire en soutenant qu'il fait l'objet de persécutions. Ainsi après sa mort en 1979, le laboratoire Solomidès de Sceaux a été dirigé par son fils, pour être fermé par le ministère de la Santé en 1985.

Les contrôles effectués à l'époque avaient montré que la composition chimique des physiatrons était très variable, que des ampoules injectables contenaient des anticancéreux « classiques » à des doses supérieures à celles annoncées dans la formule, avec une contamination bactérienne des produits[11].

Cependant, au moins jusqu'en 1987, des réseaux de malades se sont procuré des physiatrons par des chaînes de solidarité, à partir de la Belgique[11].

Publications[modifier | modifier le code]

  • 1952 : Chimiothérapie du cancer considéré comme maladie à virus : 1. Les Aldéhydes (en collaboration avec le Dr E. Ronsin)
  • 1969 : La Physiatrie et les Physiatrons synthétiques (Institut Solomidès).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Médecin et biologiste français d'origine hollandaise, né à Batavia (Indes néerlandaises) le 21/06/1890, mort le 06/03/1974. Médecin de la marine royale néerlandaise. Chef du laboratoire de bactériologie et de sérologie clinique de l'université de Leyde (Hollande) (1926-1928). Assistant, chef de laboratoire, puis chef du service du BCG à l'Institut Pasteur, Paris (1931-1960), chef du service du BCG à l'Institut Pasteur"[1]
  2. Revue Remèdes et André Conord, L'Affaire Solomidès, Pauvert, 1980, p. 91.
  3. André Conord, L'Affaire Solomidès, Jean-Jacques Pauvert, 1980, p. 92.
  4. deux huiles d'origine végétale avec de l'éther-oxyde de l'olyéthylène-glycol. Le Géranyle a été expérimenté à Villejuif, un petit laboratoire, Biostabilex, exploite les visas jusqu'en 1972
  5. Voir le détail sur : http://lucadeparis.free.fr/infosweb/solomides.htm
  6. Revue Remèdes, n° 1 à 72
  7. Simone Brousse, On peut vaincre le cancer, Éd. Garancière, p.334.
  8. Les physiatrons synthétiques et le cancer, publié sous la direction du Dr Roger Bocquet, Maloine.
  9. http://www.ina.fr/sciences-et-techniques/medecine-sante/video/DVC8408089001/medecines-paralleles-ou-charlatans.fr.html
  10. André Conord, L'Affaire Solomidès, Jean-Jacques Pauvert, 1980, p. 293, 336, 376.
  11. a, b, c, d et e Simon Schraub (préf. Maurice Tubiana), La magie et la raison, médecines parallèles, psychisme et cancer, Calmann-Lévy, (ISBN 2-7021-1554-3), p. 117-120.