Nicole Lapierre

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Nicole Lapierre
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata (69 ans)
à ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Pays de nationalité FranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Profession Anthropologue
Sociologue
Œuvres principales Codirectrice de la revue Communications
Directrice de collection (« Un ordre d'idées »)
Distinctions Prix Médicis essaiVoir et modifier les données sur Wikidata

Nicole Lapierre, née le à Paris, est une anthropologue et sociologue française.

En 2015, elle est lauréate du prix Médicis essai pour Sauve qui peut la vie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études de philosophie et de sociologie à l’Université de Nanterre (Paris X), elle réalise une maîtrise de sociologie avec Henri Lefebvre intitulée « Théorie léniniste de l’organisation[1] », puis en 1989, une thèse de doctorat de sciences sociales mention ethnologie, dirigée par Edgar Morin, et intitulée Mémoire juive et diaspora[2] à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).

Recrutée comme chercheuse sous contrat, dans le cadre du Groupe de diagnostic sociologique, dirigé par Edgar Morin, au début des années 1970, elle a travaillé sur les médias féminins et l’émergence du féminisme et sur des événements sociologiquement révélateurs, telle l'affaire de Bruay-en-Artois en 1972[3].

À l'université, de 1965 à 1969, elle s'est engagée dans les Jeunesses communistes révolutionnaires (JCR) où elle s'est liée notamment avec Daniel Bensaïd et Sophie Bouchet-Petersen. C'est à la Ligue communiste (prolongement de la JCR) qu'elle a rencontré Edwy Plenel et d'autres personnalités des mouvements trotskistes[4]. Elle a cessé de militer en 1971.

Entrée au CNRS en 1977, dans ce qui était alors le Centre d'études des communications de masse (EHESS-CNRS) dirigé par Edgar Morin et Roland Barthes, elle a d'abord étudié la vieillesse et le vieillissement[5]. À partir du début des années 1980, elle a réorienté ses recherches sur les questions d'identités, de mémoire familiale et de transmissions entre générations. Elle a notamment écrit sur la mémoire juive après le génocide[6] ; sur la signification des changements de nom de consonance étrangère[7] ; sur les transmissions et solidarités familiales[8] ; sur la figure de l'étranger[9] ; ou encore sur les croisements entre mémoire juive et mémoire noire[10].

De 1990 à 2002, elle a dirigé, puis codirigé avec Georges Vigarello le Centre d’études transdisciplinaire sociologie, anthropologie, histoire (CETSAH), rattaché à l’EHESS et au CNRS. Elle est toujours membre de cette équipe, devenue Centre Edgar-Morin et rattachée à l’Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain (IIAC).

En 2007, elle appelle à voter pour Ségolène Royal, dans un texte publié dans Le Nouvel Observateur, « contre une droite d’arrogance », pour « une gauche d’espérance »[11].

Depuis 1990, elle est codirectrice de la revue Communications avec Edgar Morin. Elle dirige également une collection d’ouvrages en sciences humaines et sociales intitulée « Un ordre d'idées », qu’elle a créée aux Éditions Stock en 2001.

Directrice de recherche émérite au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), elle travaille sur la mémoire, les identités et les relations entre générations. Codirectrice de la revue Communications, elle dirige la collection « Un ordre d'idées » chez Stock.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle est l’épouse du journaliste Edwy Plenel, et la mère d'Eve Plenel[12].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • La Femme majeure, nouvelle féminité, nouveau féminisme, Paris, Seuil, 1973 (en coll. avec Edgar Morin et Bernard Paillard). Traduit en japonais (Culture Library, 1974) et en espagnol (Editorial Fundamentos, 1975).
  • Vieillesse des pauvres, les chemins de l’hospice, Paris, Éditions Ouvrières, 1980 (en coll. avec Rithée Cevasco et Markos Zafiropoulos)
  • Le Silence de la mémoire, Paris, Plon, 1989 ; édition revue et augmentée, préface de Philippe Joutard, Paris, Biblio Essais, 2001 ; Prix Amalfi 1991 pour les sciences sociales
  • Le Livre retrouvé (traduction du manuscrit en yiddish de Simha Guterman, édition critique précédée d’une introduction et suivie de deux études), Paris, Plon, 1991 ; traduit en allemand (Carl Hanser Verlag, 1993), en italien (Einaudi, 1994) et en hollandais (Van Gennep, 1994) ; nouvelle édition 10/18, 2001
  • Changer de nom, Paris, Stock, 1995 ; édition revue et augmentée, Paris, Gallimard, Folio Essais, 2006
  • La Famille providence. Trois générations en Guadeloupe, Paris, La Documentation française, 1997 (en coll. avec Claudine Attias-Donfut)
  • Le Nouvel Esprit de famille, Paris, Odile Jacob, 2002 (en coll. avec Claudine Attias-Donfut et Martine Segalen)
  • Pensons ailleurs, Paris, Stock, 2004 ; traduit en coréen (Prunsoop Publishing, 2007) et en grec (Katapti, 2007); édition revue, Paris, Gallimard, Folio Essais, 2006
  • Causes communes. Des Juifs et des Noirs, Paris, Stock, 2011
  • Sauve qui peut la vie, Paris, Seuil, 2015[13]
- Prix Médicis essai 2015

Direction d'ouvrages[modifier | modifier le code]

  • « Le Continent gris. Vieillesse et vieillissement », Communications, no 37, 1983
  • « La mémoire et l’oubli », Communications, no 50, 1989
  • « Générations et filiation » (avec Claudine Attias-Donfut), Communications, no 59, 1994
  • « Edgar Morin Plans rapprochés », Communications, no 82, 2008

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Daniel où l’avenir du passé, Nicole Lapierre, danielbensaid.org, juin 2012
  2. Thèse de doctorat, notice sudoc.
  3. Nicole Benoit (Lapierre), Philippe Defrance, Claude Fischler, Bernard Paillard, Deux études de sociologie événementielle, Rapport CORDES, 1973
  4. Sophie Bouchet-Petersen, du trotskisme à Ségolène Royal, Isabelle Mandraud, lemonde.fr, 10 mai 2006
  5. Nicole Lapierre (en coll. avec Rithée Cevasco et Markos Zafiropoulos), Vieillesse des pauvres, les chemins de l’hospice, Paris, Éditions ouvrières, 1980
  6. Nicole Lapierre, Le Silence de la mémoire, Paris, Plon, 1989 ; édition revue et augmentée, Biblio Essais, 2001
  7. Nicole Lapierre, Changer de nom, Paris, Stock, 1995 ; édition revue et augmentée, Gallimard, Folio Essais, 2006
  8. Nicole Lapierre (en coll. avec Claudine Attias-Donfut), La famille providence. Trois générations en Guadeloupe, Paris, La Documentation française, 1997 et Nicole Lapierre (en coll. avec Claudine Attias-Donfut et Martine Segalen), Le nouvel esprit de famille, Paris, Odile Jacob, 2002
  9. Nicole Lapierre, Pensons ailleurs, Paris, Stock, 2004 ; édition revue, Gallimard, Folio Essais, 2006
  10. Nicole Lapierre, Causes communes. Des Juifs et des Noirs, Paris, Stock, 2011
  11. "Avant qu'il ne soit trop tard", tempsreel.nouvelobs.com, 13 mars 2007
  12. « Eve Plenel, virus militant », sur liberation.fr,
  13. Jean-Marie Durand, « “Une appétence au bonheur envers et contre tout” », sur Les Inrocks, (consulté le 5 novembre 2015)

Liens externes[modifier | modifier le code]