Christian Prouteau

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Christian Prouteau
Commandant Christian Prouteau.jpg
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (75 ans)
Nationalité
Activité
Autres informations
Distinction

Christian Prouteau, né le à Béziers, est un officier de gendarmerie et préfet français[1].

Il a été le fondateur et le premier commandant du Groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) en 1974 puis du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) en 1982.

Jeunesse et éducation[modifier | modifier le code]

Christian Prouteau, originaire de la Vendée, est très vite plongé dans le monde militaire. Son père étant colonel de gendarmerie, il grandit dans une caserne à Ghisonaccia en Corse.

Il sort diplômé de l'école militaire interarmes en 1969, promotion « Libération de Strasbourg », et après un début dans le 41e régiment de transmissions à Évreux, quartier Tilly, en 1971, comme instructeur à la compagnie d'instruction, il intègre l’école des officiers de la gendarmerie nationale (EOGN). À l'époque il est lieutenant parachutiste.

Aux origines du GIGN[modifier | modifier le code]

Le , Christian Prouteau crée le Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), unité d'élite de la gendarmerie nationale, à Maisons-Alfort[N 1]. Appelée à l'époque « Équipe commando régionale d'intervention » (ECRI), cette unité devient le GIGN no 1 le puis fusionne avec le GIGN no 4 de Mont-de-Marsan le pour former le GIGN, toujours sous le commandement de C. Prouteau[2].

À l'époque, Prouteau, encore jeune lieutenant, doit convaincre tant en interne qu'auprès de l'administration de l'utilité et de la compétence de son unité. Il réussit dans cet objectif grâce au succès de plusieurs missions importantes réalisées sous son commandement, comme les affaires de Djibouti en février 1976, de la centrale de Clairvaux en janvier 1977 ou encore celle de l'hôtel Fesch en février 1980 en Corse.

Le , il est blessé au visage par balle à Pauillac, lors d'une intervention contre un forcené, ce qui lui vaudra la médaille de la Gendarmerie nationale avec grenade de bronze[3].

L'unité, d'abord sous son commandement puis sous celle de ses successeurs, acquerra une réputation nationale puis mondiale[N 2]. Christian Prouteau reçoit 7 citations pour les opérations qu'il dirige (64 opérations sur les 67 effectuées par le GIGN pendant son temps de commandement)[4].

À l'Élysée[modifier | modifier le code]

En 1981, après la venue au pouvoir de la gauche avec l’élection de François Mitterrand comme président de la République, le GIGN se trouve pendant un temps menacé, en raison de plusieurs rumeurs, très vite démenties, notamment grâce à l'appui du ministre de la défense, Charles Hernu, qui visitera les installations du GIGN.

Christian Prouteau quitte le GIGN après neuf ans de commandement actif pour créer le Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), le . L'unité est chargée de la protection du président Mitterrand, mais aussi de celle de sa fille, Mazarine Pingeot, dont le chef de l’État ne veut pas que l'existence soit dévoilée[N 3].

Il prend également la tête en 1982 d'une cellule anti-terroriste créée par ordre de François Mitterrand et sera poursuivi et condamné en 2005 pour des écoutes illégales réalisées par cette structure (voir ci-dessous)[N 4]. C'est également à cette époque (août 1982) qu'éclate l'affaire des Irlandais de Vincennes pour laquelle il sera poursuivi et relaxé (voir ci-dessous), ses relations avec Paul Barril, qui avait dirigé l'opération, ayant attiré l'attention sur lui.

Corps préfectoral[modifier | modifier le code]

En mars 1985, après six années de services au GSPR, il quitte le groupe et devient préfet hors cadre[5]. En 1992, il est responsable de la sécurité des Jeux olympiques d'hiver à Albertville. En décembre 1993, il est de nouveau placé hors cadre[6].

Un décret en date le promeut colonel de réserve à compter du [7].

Il est admis à faire valoir ses droits à la retraite le [8]. Retiré dans le 14e arrondissement de Paris, il réserve son temps à l'association des anciens et amis du GIGN.

Démêlés politico-judiciaires[modifier | modifier le code]

Christian Prouteau est mis en cause dans deux affaires survenues pendant qu'il était en poste à l'Élysée.

En 2014, les juges d'instruction Roger Le Loire et Charlotte Bilger, enquêtant sur une affaire de corruption dans l'octroi de titres de séjour impliquant « l'escroc des stars » Christophe Rocancourt, l'ancien secrétaire d'État chargé de l'Intégration Kofi Yamgnane et Christian Prouteau, le font interpeller à Paris le , lui signifiant sa mise en garde à vue[11]. L'instruction s'est terminée le 3 juillet 2017[12].

Publications[modifier | modifier le code]

Christian Prouteau à la foire du livre 2010 de Brive la Gaillarde.

Décoration[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le général Héraut, commandant la gendarmerie de la région Ile-de-France, sélectionna Christian Prouteau sur la recommandation du capitaine Jean-Pierre Baux, qui avait travaillé avec ce dernier lorsque, officier à l'escadron 6/3 de Saint-Denis, le lieutenant s'occupait de la formation des équipes commando (précurseurs des pelotons d'intervention actuels. Sources : Christian Prouteau, Mémoires d'État et Roland Môntins, GIGN, 40 ans d'actions extraordinaires.
  2. L'intervention du GIGN à Marignane en décembre 1994, couverte et diffusée en direct par la chaîne LCI, recevra une couverture mondiale.
  3. Celle-ci sera divulguée notamment par l'écrivain Jean-Edern Hallier.
  4. Près de 3 000 conversations concernant 150 personnes, dont 7 pour des raisons qui ont été jugées contestables, ont été enregistrées entre janvier 1983 et mars 1986.
    Les écoutes, que les initiés appellent les « bretelles du président », ont cessé en 1986. Elles ont directement concerné plus d'un millier de personnes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « article du service historique des armées »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  2. Collectif, Histoire de la gendarmerie mobile d'Île-de-France, 3 volumes, Éditions SPE-Barthelemy, Paris, 2007, (ISBN 2-912838-31-2). Tome II, pp. 314-315. « Tableau récapitulatif avec dates officielles de création des unités ».
  3. Recevant une décharge de plombs n°2 calibre 12 en plein visage, à moins de cinq mètres, il s’en sort quasiment indemne, malgré les 54 impacts de plombs, avec seulement la voix cassée. Source : « GIGN : principales opérations » sur le site GIGN historique.com (consulté le 7 mai 2016).
  4. Biographie abrégée sur le site GIGN.org.
  5. « Compte rendu du conseil des ministres du 6 mars 1985 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  6. « Compte rendu du conseil des ministres du 22 décembre 1993 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  7. « Décret du 10 février 1995 portant nomination et promotion dans les cadres des officiers de réserve », sur le site Legifrance.gouv.fr (consulté le 4 mai 2016).
  8. « Décret du 9 février 2009 portant admission à la retraite d'un préfet », sur le site Legifrance.gouv.fr (consulté le 4 mai 2016).
  9. Agence France-Presse et Associated Press, « Epilogue pour l'affaire des Ecoutes de l'Elysée », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  10. Hallier l'Edernel jeune homme, Jean-Pierre Thiollet, Neva éditions, 2016, p. 24. (ISBN 978 2 35055 217 0)
  11. « Christophe Rocancourt, "l'escroc des stars" et "Christian Prouteau", fondateur du GIGN, en garde à vue », sur Francetvinfo.fr, (consulté le 7 février 2015)
  12. http://lessor.org/fuites-a-la-pj-parisienne-et-affaire-jo-masanet-instruction-terminee/

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]