Rap rock

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Rap rock

Origines stylistiques Hip-hop, rock
Origines culturelles Milieu des années 1980 ; États-Unis
Instruments typiques Chant, basse, guitare électrique, clavier, échantillonneur, synthétiseur
Popularité Underground dans les années 1980, modérée au début des années 1990, certain succès en milieu et fin des années 1990
Voir aussi Hip-hop alternatif, trip hop, nu metal

Sous-genres

Rapcore, rap metal

Le rap rock est un genre musical mêlant éléments instrumentaux et vocaux du hip-hop et de nombreux styles de rock. Les sous-genre musicaux les plus populaires du rap rock incluent le rap metal et le rapcore, inspirés du heavy metal et du punk hardcore, respectivement. Une première chanson du genre s'intitule The Magnificent Seven des Clash, qui mêle new wave, hip-hop et funk.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le groupe de hip-hop Beastie Boys est cité dans le développement du genre rap rock.

AllMusic décrit le rap metal de par son « rythme et ses riffs lourds » durant lesquels « on croirait parfois que les riffs sont joués en même temps que du scratching[1] » et décrit le rap rock comme plus organique[1] et caractérisé par un son rock accompagné de rap plutôt que de chants[1]. AllMusic explique également que le rythme du rap rock est ancré dans celui du hip-hop, est plus inspiré par le funk que le hard-rock traditionnel[1].

Hed PE, qui mêle punk rock et hip-hop, incorpore souvent des éléments de reggae et de heavy metal. Selon le rédacteur Rob Kemp, du magazine Rolling Stone, l'album S.C.I.E.N.C.E. du groupe Incubus (1997) « associe le funk metal au rap metal[2]. » Les Kottonmouth Kings jouent un style qu'ils appellent « punk rock hip-hop psychédélique[3]. » Kid Rock incorpore des éléments de country et de southern rock[4], tandis qu'Everlast mêle blues et rock au hip-hop[5] qu'il joue sur scène aux côtés d'un DJ[6],[7].

Les thèmes lyriques du rap rock varient. Selon AllMusic, « la majeure partie des groupes de rap-metal en milieu et fin des années 1980 mêlent violence verbale et théâtrale et humour de mauvais goût ou anxiété introspective acquise par le metal alternatif[8]. » Cependant, tandis que le genre commence à mieux se construire, de nombreux groupes s'impliquent socialement et politiquement dans leurs paroles, notamment Rage Against the Machine et Senser qui se démarquent de groupes moins politiquement impliqués comme Linkin Park et Limp Bizkit.

De leur côté, même si certains groupes de metal alternatif et de nu metal utilisent des beats hip-hop, les groupes de rap rock, eux, sont toujours accompagnés de rappeurs[8]. Les groupes de rock généralement non associés au rap rock se sont déjà inspirés du hip-hop, en particulier du rap. Ces groupes incluent notamment Blondie[9],[10], Rush[11], et le musicien Beck[12], et Cake[13]. La plupart des rappeurs sont cités pour l'usage d'échantillons sonores extraits de chansons rock, comme celles d'Eminem, Ice-T[14], des Fat Boys[14], de LL Cool J[14], Public Enemy[14], Whodini[14], Vanilla Ice[15], et d'Esham[16],[17].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'un des premiers exemples de chansons rock accompagnées de rap s'intitule Year of the Guru d'Eric Burdon and the Animals, une chanson rock psychédélique dans laquelle Eric Burdon, selon AllMusic, « endosse le rôle du rappeur moderne[18]. » En 1986, Run–D.M.C. collabore avec Aerosmith sur une reprise d'une de leurs chansons, Walk This Way, initialement sortie en 1975. Le succès de cette reprise aide à la popularisation du hip-hop auprès du grand public[19]. Les Beastie Boys, un ancien groupe de punk hardcore, se lance dans le genre hip-hop. Leur premier album, Licensed to Ill, est largement inspiré du rock[20]. Les trois musiciens du groupe ont collaboré avec le producteur Rick Rubin, crédité pour avoir lancé le genre rap rock. En 1989, la chanson Wild Thing issue du premier album de Tone-Lōc, Lōc-ed After Dark, atteint la première place du Billboard 200.

Le rap rock commence à se populariser en milieu des années 1990. Des groupes de rock comme 311, 24-7 Spyz, Faith No More et Rage Against the Machine mêlent rock et hip-hop[14],[21]. Entretemps, des groupes britanniques comme Pop Will Eat Itself et Senser adoptent le genre d'une manière similaire en Europe. La bande originale du film Judgment Night (1993) se compose de 11 collaborations entre musiciens de hip-hop et rock[22]. Urban Dance Squad mêle funk, heavy metal, hip-hop et punk[23]. Biohazard, lors de sa collaboration avec le groupe de rap hardcore Onyx sur la bande originale de Judgment Night, est également considéré comme pionnier du genre[24]. Black Sunday de Cypress Hill s'inspire de la musique rock et sa couverture s'inspire, selon AllMusic, de celle de groupes de heavy metal[25].

Le rap rock gagne en popularité auprès du grand public à la fin des années 1990. Les premiers groupes à se populariser comme tel sont 311[26], Bloodhound Gang[27], Kid Rock[28] et Limp Bizkit[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) « Genre: Rap-Rock », AllMusic (consulté le 2 janvier 2009).
  2. (en) Rob Kemp, The New Rolling Stone Album Guide, 4e,‎ 2004 (ISBN 0-7432-0169-8), « Incubus », p. 403
  3. (en) Jason Ankeny, « Biography for Kottonmouth Kings », AllMusic (consulté le 4 août 2008).
  4. (en) Mickey Hess, Hip Hop Dead? The Past, Present, and Future of America's Most Wanted Music, Greenwood Publishing Group,‎ 2007, 122–123 p. (ISBN 0-275-99461-9), « White Rappers »
  5. (en) « Everlast, Mike Ness, Willie Nelson Soothe Nerves with Early Sunday Sets », MTV News,‎ 26 juillet 1999 (consulté le 2 janvier 2009).
  6. Jim Sullivan, « Scrambling genres works for Everlast », The Boston Globe,‎ 28 septembre 1998 (consulté le 2 janvier 2009).
  7. (en) Brett Johnson, « Everlast succeeds with introspection », The Hartford Courant,‎ 14 août 1999 (consulté le 2 janvier 2009).
  8. a, b et c (en) « Genre: Rap-Metal », AllMusic (consulté le 2 janvier 2009).
  9. Robert Christgau, « Review of Autoamerican » (consulté le 31 décembre 2008).
  10. (en) Donald A. Guarisco, « Review of 'The Magnificent Seven' », AllMusic (consulté le 31 décembre 2008).
  11. (en) Leonard Roberto, A Simple Kind Mirror: The Lyrical Vision of Rush, iUniverse,‎ 2000 (ISBN 0-595-21362-6), « Roll the Bones », p. 45
  12. (en) Johnny Black, « The Greatest Songs Ever! Loser », Blender,‎ mars 2003 (consulté le 31 décembre 2008).
  13. Heath McCoy, « Comfort Eagle is modest slice of new Cake album », Postmedia Network,‎ 16 août 2001.
  14. a, b, c, d, e et f (en) Alex Henderson, « Genre essay: Rap-Metal », AllMusic (consulté le 24 juin 2008).
  15. (en) Mickey Hess, Is Hip Hop Dead?, Greenwood Publishing Group,‎ 2007 (ISBN 0-275-99461-9), « Vanilla Ice: The Elvis of Rap », p. 118.
  16. (en) Cheryl Lynette Keyes, Rap Music and Street Consciousness, University of Illinois Press,‎ 2002 (ISBN 9780252072017), « Blending and Shaping Styles: Rap and Other Musical Voices », p. 108.
  17. (en) William E. Ketchum III, « Mayor Esham? What? », Metro Times, Detroit (Michigan),‎ 15 octobre 2008 (consulté le 16 octobre 2008).
  18. (en) Bruce Eder, « Every One of Us - Eric Burdon & the Animals | Songs, Reviews, Credits, Awards », AllMusic (consulté le 8 juin 2014).
  19. (en) Kelefa Sanneh, « Rappers Who Definitely Know How to Rock », The New York Times,‎ 3 décembre 2000 (consulté le 31 décembre 2008).
  20. (en) Stephen Thomas Erlewine, « Review of Licensed to Ill », AllMusic (consulté le 31 décembre 2008).
  21. (en) Tim Grierson, « What Is Rap-Rock: A Brief History of Rap-Rock », About.com (consulté le 31 décembre 2008).
  22. (en) James Greene, Jr., « Review of Judgment Night: Music from the Motion Picture », PopMatters,‎ 4 avril 2008 (consulté le 31 décembre 2008).
  23. (en) Mark Jenkins, « Urban Dance Squad », The Washington Post,‎ 14 juillet 1990 (consulté le 31 décembre 2008).
  24. (en) « Pop and Jazz Guide », The New York Times,‎ 26 décembre 2003 (consulté le 31 décembre 2008).
  25. (en) Steve Huey, « Review of Black Sunday », AllMusic (consulté le 31 décembre 2008).
  26. (en) Chris Nixon, « Anything goes », The San Diego Union-Tribune,‎ 16 août 2007 (consulté le 31 décembre 2008).
  27. (en) Tina Potterf, « Turners blurs line between sports bar, dance club », The Seattle Times,‎ 1er octobre 2003 (consulté le 31 décembre 2008).
  28. (en) « Long Live Rock n' Rap: Rock isn't dead, it's just moving to a hip-hop beat. So are its mostly white fans, who face questions about racial identity as old as Elvis », Newsweek,‎ 19 juillet 1999 (consulté le 31 décembre 2008).