Rap politique

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Rap politique
Origines stylistiques Années 1990
Origines culturelles Hip-hop, chant de révolte

Genres dérivés

Rap conscient

Le rap politique (ou rap conscient) est un style de rap se caractérisant par la dimension politique de ses paroles et ses thématiques sociétales, de l'expression d'une parole, d'un engagement et d'une pensée individuelle. Il s'agit d'une pratique consciente, politisée et engagée, volonté d'exprimer une vision du monde qui souligne plus particulièrement les inégalités.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Le rap américain est la terre d'origine du rap dit « politique ». Aux États-Unis, ce style de rap s'exprime à travers différents aspects, tels le social dans le morceau The Message de Grandmaster Flash, la violence, les armes et la drogue chez Public Enemy, le Wu-Tang Clan, DMX, Nas ou Mobb Deep. Beaucoup d'artistes, comme le groupe a Tribe Called Quest sont imprégnés des idées afro-centriste de la Zulu Nation impulsées par Afrika Bambaataa. Mais c'est sans doute à travers Tupac et N.W.A qu'un nouveau style plus virulent de Rap engagés apparait, avec des morceaux tels que I Don't Give a F*ck de Tupac et F*ck tha Police de N.W.A. À titre d'illustration, on citera Tupac, qui déclare "Fuck B.U.S.H" en parlant de Georges Bush père. Quant à N.W.A., leur titre leur vaudra des plaintes d'hommes politiques et du F.B.I.. Certains raps « engagés » sont aussi caractérisés par les rapports courtois ou de proximité entretenus avec les religieux de la Nation of Islam (de Louis Farrakhan) ou des five por cent (et de divers autres mouvements politico-religieux).

Le premier morceau historique fort, considéré comme un véritable tournant est The Message de Grand master Flash and the Furious Five[réf. souhaitée]. Le morceau, de plus de 7 minutes musicales, possède un message conscient mais non virulent dans le ton, il reste musicalement très groovant et funky. L'importance de ce morceau n'est pas à négliger car il a changé à jamais la face du hip-hop. Il est à noter que Grand Master Flash a été le premier artiste à avoir été reconnu comme "« rappeur » et reste un modèle et un pionnier pour tous les styles de rap. Plus tard, cette dimension du rap se développera grâce à KRS-One et à Public Enemy. Plus récemment, il y a eu Dead prez et le rappeur Immortal Technique.

Terre de KRS-One, d'Afrika Bambaataa et de Kool Herc, le Bronx est marqué par une conscience politique dont aucun autre borough de New York ne peut se vanter. Dans la région à l'est de l'île de Manhattan dans New York, composé des boroughs de Brooklyn et du Queens, se trouvent des quartiers dont sont originaires Mobb Deep, Public Enemy, Dead Prez, Nas, Mos Def, et Talib Kweli ainsi que d'autres rappeurs à conscience politique. Quant à Staten Island, il s'agit de l'île dont sont originaires la plupart des membres du célèbre Wu-Tang Clan.

Les villes du quart nord-est des États-Unis sont très marquées par ce style de rap (Philadelphie, Détroit, Boston…). Parmi les activistes du rap à dimension politique. Mr. Lif de Boston (et dans une autre mesure Akrobatik & Insight). Le rappeur Eminem a également enregistré des chansons très virulentes à l'encontre de la politique de George W. Bush comme Mosh (« Soulevons-nous […] afin de désarmer cette arme de destruction massive que nous appelons notre président ») ou encore We As Americans. Le créateur du gangsta rap : Schoolly D de Philadelphie tout comme The Roots (voir la pochette de l'album Things Fall Apart qui reprend une vieille photo de la ségrégation). Chicago est marqué par le groupe Common. Des rappeurs comme David Banner marquent la ville de Jackson, dans le Mississippi). La tradition de la bay-area (région de San Francisco) et de Oakland (banlieue de San Francisco), est clairement politique de par l'implantation des universités et de l'inspiration des contre-cultures underground (flower power, hippie, Yippie, beat génération, libération sexuelle et Black Panther Party). Le rappeur Paris est originaire de la baie de San Francisco. The Coup également originaires d'Oakland dont le leader Boots Riley affiche clairement ses revendications communistes dans ses paroles. Récemment[Quand ?], de nombreux rappeurs originaires de Los Angeles se sont tournés vers une approche plus politique du rap[réf. souhaitée].

À l'international[modifier | modifier le code]

Le hip-hop allemand (de), le rap italien, le rap espagnol, le rap anglais, le rap congolais, le rap québécois, le rap asiatique, le rap palestinien, le rap maghrébin, le rap portugais, et le rap albanais[réf. nécessaire]. La scène du rap dit « politique » est présente partout dans le monde.

France[modifier | modifier le code]

En 2013, l'association Acrimed (Action critique médias) a publié un article, concernant le rap indépendant et engagé politiquement, « à partir du travail de deux artistes, ROCé et Keny Arkana, sur la critique parfois virulente des médias dont il peut être porteur »[3].

Île-de-France[modifier | modifier le code]

Le 18e arrondissement de Paris est une mosaïque de quartiers populaires au nord du centre ville parisien : Barbès, Marcadet-Poissonniers, rue de la Goutte d'Or, Porte de la Chapelle, Clignancourt… À la fin des années 1980, cet arrondissement a vu la naissance du groupe Assassin composé à l'époque de Rockin' Squat, Solo, DJ Clyde et Doctor L. Le rap français étant très jeune à cette époque, le groupe lui offrit une conscience, un esprit. La scène Hip-Hop du 18e arrondissement est marquée par son désir d’underground : les rappeurs ne signent que rarement sur des majors. Des rappeurs, engagés politiquement, originaires de cet arrondissement de Paris incluent notamment : Assassin, Kalash, Rockin' Squat, Scred Connexion, Flynt, et Hugo TSR.

Comme tous les départements qui ont vu fleurir des grands ensembles durant les années 1960 en France, la Seine-Saint-Denis, appelé « 9-3 », se caractérise par un phénomène de ghettoïsation unique. La présence du rap politique y est grande. Cela est-il dû à la présence du groupe de rap de la ville de Saint-Denis : NTM. Partout en France, et surtout dans le 93, le groupe a marqué plusieurs générations de jeunes de quartiers avec des titres comme Police ou Qu'est-ce qu'on attend ?. Des rappeurs, engagés politiquement, qui viennent de Seine-Saint-Denis incluent notamment : Casey, Empathik, Kabal, La K-Bine, Singe des rues, Suprême NTM et Tandem.

L'Est parisien (11e arrondissement, du 19e arrondissement et du 20e arrondissement de Paris) est un ensemble de quartiers populaires (Belleville, Porte de Bagnolet, Place des fêtes, Ménilmontant, Pére-Lachaise, La Roquette, Stalingrad…). Si la scène du rap politique n'y est pas aussi forte, ce sont tout de même les quartiers qui ont vu naître avant tout le rappeur (Danube 19e arrdt), et le collectif C.M.P (Comité de la Mafia Parisienne) dont le rappeur Rost est originaire ainsi que le collectif ATK.

Ailleurs en banlieue parisienne ou à Paris intra-muros, beaucoup d'endroits abritent de fortes scènes hip-hop à conscience politique. Parmi eux, notons les scènes rap de Mantes-la-Jolie (dans les Yvelines), de Chelles (en Seine-et-Marne) et de Vitry-sur-Seine (dans le Val-de-Marne). D'autres rappeurs parisiens à conscience politique incluent : Pyroman, et La Rumeur. Rapaces[4] (auteur dès le début de la généralisation de l'Internet en France d'albums en téléchargement libre comme Pôle rap anti-marchand[5]) publie irrégulièrement des communiqués de type politique sur son site. Ils annoncent avoir rompu avec la CNT-Vignoles-RP[6] et être proche des idées « situationnistes » de Raoul Vaneigem et des idées de René Riesel. Ils sont connus pour avoir (dé)montré sur leur site, l'apparition de groupe de rap d'extrême droite (l'infiltration du rap par les néo-nazis). Ils ont une position « anti-léniniste » et pour les conseils ouvriers qui leur fait critiquer les partis et syndicats d'extrême gauche français (PT, LO, LCR).

Marseille[modifier | modifier le code]

A l'origine, le rap marseillais se distingue du rap parisien par ses sonorités, c'est surtout le côté musical qui différencie ces deux styles. Le message délivré est sensiblement le même. il dénonce les mauvais côtés de la société et le rythme de vie en banlieue qui est difficile et discriminatoire. C'est surtout IAM, qui porte un message plus général est qui dénonce un mal-être omniscient sur toute la planète à travers des morceaux comme "la fin de leur monde" ou "j'aurai pu croire". IAM restant un groupe hors catégorie car apportant un style propre alliant rap marseillais, rap us et sonorité asiatique.

En parallèle du gangsta rap qui naissait à Paris avec des groupes comme Lunatic, le rap marseillais est longtemps resté plus engagé dans des causes sociétales. De ce fait, il était moins varié musicalement, tournant autour de sonorités plus funky-jazz, jusqu'à l'arrivé de la Psy 4 de la rime au début des années 2000, apportant un style plus "parisien" tout en gardant les bases de la musicalité marseillaise.

Lille[modifier | modifier le code]

Pendant les émeutes de banlieue en 2005, Axiom écrit (après Boris Vian et Renaud) Ma lettre au Président dont l’accompagnement est samplé sur La Marseillaise. Il s’en prend à Nicolas Sarkozy et à la classe dirigeante en général et reprend un thème : l’appel à une VIe République. Il reçoit des lettres dont une réponse du président Jacques Chirac.[réf. nécessaire] Il est alors considéré comme un porte-parole des quartiers populaires, considération qu'il refuse.[réf. souhaitée] Depuis 2012, le rappeur TripHop (fondateur du crew LollipHop) amène de nombreux titres de rap conscient underground, peu orientés politiques. Les rappeurs incluent notamment : Axiom, HK & Les Saltimbanks, Ministère des Affaires Populaires (MAP), Skyzo Starr, et Z.E.P. - Zone d'expression populaire.

Reste de la France[modifier | modifier le code]

Ailleurs en France, il existe de nombreuses scènes hip hop à conscience politique, notamment au Havre avec La Boussole, et (Médine), à Blois (Jabs), à Saint-Pierre-des-Corps (Kitchao) à Strasbourg Sans Pitié et Antalzik, à Metz avec Mysa, à Nantes avec Vents d'ale ou Insolite, à Angers avec kifrao, Alakyn, à Poitiers avec l'Inconscient Mc, Slavefarm ou Cellule X. En Moselle, près de la frontière Allemande, le rap antifasciste est présent avec Soledad, dont K-Listo fait partie. À Saint-Étienne avec Collectif Mary Read, Eska crew, Golem Of Flesh, La Cinquieme Kolonne, Piloophaz, Fisto, Arom, Defré Baccara. À Toulouse, Tchad Unpoe, plus récemment le groupe POLYCHROME7, le sarrazin crew. Dans le 34, le groupe Tour clan originaire de La Paillade à Montpellier, les grandes gueules de Sète (notamment Demi Portion), NSM Muzik le label indépendant de Béziers (Angelo, Dals, Etano, Dbiss) et Maro Clan représentent la scène consciente du rap Héraultais. A Vannes, Darez et son crew. Le rap conscient est aussi présent en Corse avec le groupe Spiri2all. Entre Nevers et Clermont-Ferrand le rappeur Slimaine Alias MilS[7].

On peut également rajouter la scène rap Lyonnaise. À titre d'exemple, on peut citer Soul Connexion qui auteur en 2007 d'un livre (avec CD) aux éditions Inclinaison dont le titre illustre bien leur démarche : De la révolte à la conscience - parcours rap. On trouve aussi du rap conscient sur Reims (51100) : le groupe H.S.H. tandis que H.S.H est plutôt dans la dénonciation du nouvel ordre mondial. Parmi les groupes inscrit dans la mouvance consciente et politique, on peut notamment citer : Le Monaster, Jazzkor, Trijas, Cartel Export, Maux2Passe, R.A.S, Casus Belli, FRVsens, Il Faro (Aquitaine).

Canaux audio ou audio visuels[modifier | modifier le code]

Langue Pays Type de média Nom Titre de l'émission Streaming Année de mise à jour Commentaire
fr France Web TV Canal Street N/A  Oui 2011 Filiale de Canal+.
fr France Radio Radio libertaire Réveil Hip hop. Sureshots.  Oui 2011
fr France Radio Radio libertaire Les enfants de Cayenne[8].  Oui 2012
fr France Radio Skyrock Planète Rap (occasionnellement)  Oui 1996 Cette radio diffuse le plus souvent du rap commercial, et plus rarement du rap politique.
fr France Radio Fréquence Mutine Contre-Chok Oui 103.8 à Brest

En France, en 2011, sur les télévisions généralistes la culture hip-hop n’a plus d’émission consacrée depuis 1995[9] (émission RapLine). En 2012, France Ô diffuse une soirée spéciale hip-hop[10].

Critiques[modifier | modifier le code]

Kamini, le rappeur de Marly-Gomont, moque cette distinction dans son titre Les Raps, de l'album Extraterrien (2009)[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]