Cilaos

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Cilaos
Image illustrative de l'article Cilaos
Blason de Cilaos
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région La Réunion
Département La Réunion (sous-préfecture)
Arrondissement Saint-Pierre
Canton Saint-Louis-3
Intercommunalité CIVIS
Maire
Mandat
Paul-Franco Técher
2014-2020
Code postal 97413
Code commune 97424
Démographie
Gentilé Cilaosiens
Population
municipale
5 295 hab. (2014)
Densité 63 hab./km2
Géographie
Coordonnées 21° 08′ 07″ sud, 55° 28′ 16″ est
Altitude Min. 370 m
Max. 3 071 m
Superficie 84,40 km2
Localisation

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Cilaos

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Cilaos
Liens
Site web Ville-cilaos.fr

Cilaos est une commune française située dans le département et la région de La Réunion.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Cilaos se situe au centre de l'île, dans le cirque naturel du même nom, dans la partie sud du massif du Piton des Neiges. L'ensemble de son territoire communal se trouve dans les Hauts. Cilaos détient le record mondial de précipitations diurnes, établi à 1,87 m en 1952.

Les communes limitrophes sont Les Avirons, Entre-Deux, Saint-Benoît, Saint-Leu, Saint-Louis, Saint-Paul, Salazie et Trois-Bassins.

La commune comporte des lieux-dits dont Bras-Sec. L'ilet se situe au nord-est du cirque, bordant le rempart, près du Bonnet de Prêtre. Cet endroit est le point de départ de plusieurs randonnées pédestres.

Climat[modifier | modifier le code]

Article connexe : Climat de La Réunion.
Station de Cilaos (série 1991 - 2010)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 15,2 15,5 14,7 12,9 10,6 7,9 7,1 7,2 8,1 9,5 11,1 13,4 11,1
Température maximale moyenne (°C) 25,1 24,9 24,6 23,6 21,7 19,7 18,9 19,3 20,2 21,6 23,2 24,4 22,3
Ensoleillement (MJ/) 17,72 17,46 17,15 14,39 13,79 13,73 14,05 16,67 18,2 20,49 21,35 20,57
Précipitations (mm) 380 600 395 116 65 54 43 44 34 30 55 128 1 854
Source : Guillaume Jumaux, Hubert Quetelard et Denis Roy (ill. Météo-France, photogr. Serge Gélabert), Atlas climatique de La Réunion, Trappes, Direction interrégionale de La Réunion de Météo France, (1re éd. 2000), 131 p., 21x29,7 (ISBN 978-2-11-128623-8)
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
 
25,1
15,2
380
 
 
 
24,9
15,5
600
 
 
 
24,6
14,7
395
 
 
 
23,6
12,9
116
 
 
 
21,7
10,6
65
 
 
 
19,7
7,9
54
 
 
 
18,9
7,1
43
 
 
 
19,3
7,2
44
 
 
 
20,2
8,1
34
 
 
 
21,6
9,5
30
 
 
 
23,2
11,1
55
 
 
 
24,4
13,4
128
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Histoire[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Le blason de Cilaos représente, sur fond blanc, la forêt de cryptomerias : omniprésente, toujours renouvelée, jamais la même. L'écusson central symbolise les sources, ces eaux bénéfiques popularisées par Mac-Auliffe : torrents, bras et cascades qui font du cirque une parure de dentelle azurée.

Les premiers habitants[modifier | modifier le code]

Le mot Cilaos viendrait du mot malgache Tsilaosa, qui signifie « lieu où l'on est en sécurité »[1]. En référence à cette origine supposée, la devise de la commune est « Cilaos, on y revient toujours ».

Néanmoins, selon certains historiens, le mot Cilaos trouverait plutôt ses origines dans le nom d'un esclave malgache nommé "Tsilaos", qui se serait réfugié dans ce cirque. C'est d'ailleurs par ces esclaves « marrons » (ou « noirs marrons ») en fuite que Cilaos fut d'abord peuplé au XVIIIe siècle. Évadés de chez leurs maîtres, les marrons profitèrent de la difficulté d'accès du site pour y vivre en toute liberté et en pleine nature.

Certains de ces esclaves s'étaient installés à l'Ilet à Cordes, qui devrait son nom au fait que les esclaves marrons qui s'y cachaient ne pouvaient accéder à ce plateau que par des cordes jetées depuis le haut des remparts. Se croyant en sécurité, ils furent très vite pris en chasse par des "chasseurs de marrons" armés et organisés. Dans leur fuite, beaucoup de marrons furent tués. Parmi ces chasseurs figurait Mussard (l'un des plus connus à La Réunion), qui fit en octobre 1751 une incursion à Ilet à Cordes, où il découvrit deux camps d'esclaves en fuite. Des traces du marronnage subsistent notamment dans la forêt de Tapcal, où des expéditions récentes ont mis au jour des ossements.

Après l'histoire tragique de ces premiers habitants marrons, qui furent certainement aussi les premiers à tracer ces "sentiers de chèvres" qui escaladent la plupart des montagnes abruptes du cirque, Cilaos resta un moment inhabité. C'est à 1850 que remonte officiellement son premier peuplement. Mais dès 1835 arrivèrent les "petits blancs" pauvres et sans terres. Ces colons développèrent une agriculture vivrière d'autosubsistance (lentilles, maïs, vin, petits pois, haricots, agrumes, élevage...). Les premières familles s'installent alors au Bras de Saint-Paul et d'autres sur Ilet à Cordes. Certaines installations remontent à la quatrième génération mais il semble que les premiers propriétaires, arrivés au début du XXe siècle, étaient les Gonthier et les Picard.

En 1866, la population atteint 960 habitants. Au début du XXe siècle, Cilaos comptait 2 500 habitants. Elle atteignait au recensement de 1982 le nombre de 5 629 habitants.

Cilaos avant la construction de la route en 1932[modifier | modifier le code]

Avant 1932, le voyage pour aller de Saint-Louis au village de Cilaos se faisait, pour les plus riches, en chaise à porteurs ou chaise à bricoles. Les voyageurs et les porteurs passaient en général la nuit à l'îlet du Pavillon, qui comptait au début de l'exploitation des thermes une quarantaine d'habitants. C'était la première halte des voyageurs et des porteurs avant d'affronter les pentes raides du sentier de Cap Noir.

La suite du voyage était alors vertigineuse : il existait un chemin du Pavillon jusqu'à Peterboth, qui était tracé sur l'arête de la montagne entre le Bras de Cilaos et le Petit Bras. À certains endroits, le chemin était si resserré que le croisement de personnes pouvait effrayer. Les villageois qui emmenaient leurs récoltes vers la côte avec leurs bœufs chargés de sacs de grains et de racines, de fruits et légumes, passaient dans le calme en laissant la priorité aux personnes d'en face.

Pavillon tomba dans une sorte de "léthargie économique", les maisons se vidèrent petit à petit et son rôle d'îlet d'accueil disparut.

La construction de la route (RN 5)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Route de Cilaos.

Après de longues hésitations quant à la faisabilité et quelques années de négociation, la construction de la route de Cilaos (la RN 5) débuta en 1927. Malgré son trajet relativement long (35 km depuis Saint-Louis), les travaux avancèrent assez rapidement grâce à la roche très friable caractérisant la géologie du cirque.

En 1930, 30 km de route avaient été percés dans la roche mais, cette année-là, un problème tout à fait particulier se posa aux ingénieurs. En effet, lorsque les deux équipes se rejoignirent à quelques centaines de mètres de Pavillon, les deux tronçons n'étaient pas face à face. L'ingénieur Telmar proposa alors de prolonger les deux tronçons de deux virages chacun, de faire une boucle, pour que la route s'enroule sur elle-même.

La route fut terminée en 1931 et ouverte à la circulation en 1932.

Cilaos après 1932[modifier | modifier le code]

Le , Cilaos est érigé en commune et devient administrativement indépendante de la commune de Saint-Louis dont elle était une ancienne section. Elle est la commune la plus récente de La Réunion.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La commune de Cilaos existe depuis le décret du . Elle dépendait auparavant de l'administration de Saint-Louis.

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1867 1872 Lemerle   adjoint spécial
1893 1909 Albert Noël   adjoint spécial
1909 1912 François Lenepveu   adjoint spécial
1912 1918 Jean Noël   adjoint spécial
1965 1987 Maximin Hoareau   adjoint spécial
1965 1987 Irénée Accot Divers Droite 1er maire élu
1987 1989 Pascal Maillot    
1989 1995 Simon Lebreton RPR  
1995 2001 Jacques Técher Parti Communiste Réunionnais  
2001 en cours Paul-Franco Técher UMP  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1961. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[2]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[3],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 5 295 habitants, en diminution de -11,59 % par rapport à 2009 (La Réunion : 3,22 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1961 1967 1974 1982 1990 1999 2006 2011 2014
5 199 5 586 5 672 5 735 5 856 6 115 5 838 5 623 5 295
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[5].)
Histogramme de l'évolution démographique

Infrastructures[modifier | modifier le code]

On trouve sur le territoire communal un collège public, le collège Alsace-Corre, qui comptait 525 élèves à la rentrée 2005. Il n'y a pas de lycée.

Économie[modifier | modifier le code]

Cilaos vu depuis le col du Taïbit.
Marché forain.

Ses principales activités sont le tourisme, la viticulture et la culture de la lentille. Sa broderie, plus connue sous le nom de jours de Cilaos, est par ailleurs réputée, le musée situé au centre-ville en direction de la « mare à joncs » est à visiter.

Les eaux sont réputées bienfaisantes, des thermes ont été aménagés à cet endroit à la plus grande joie des créoles. Une eau minérale gazeuse existe également depuis et constitue la première de l'île[6].

Depuis 2008, ces eaux sont également utilisées dans une gamme de produits cosmétiques.

Les lentilles de Cilaos sont cultivées principalement à l'Îlet à Cordes et ont été introduites dans les années 1850. Le cirque en produit déjà 25 tonnes en 1881. En 2004, la production est de 50 tonnes. C’est le climat et la formation géologique du Cirque qui donnent un goût particulier aux lentilles de Cilaos, dont sont très friands les gastronomes. La commune les fête chaque année en octobre.

Panorama de la route de l'Îlet à Cordes, sur la commune de Cilaos, avec au premier plan les vignes sur hautain.

Le vin de Cilaos (rouge, rosé et blanc) est apparu dès le début de la colonisation. En 1975, un décret de loi interdit la production de vin à partir du cépage Isabelle qui était le seul cultivé. L’État confie alors au CIRAD la sélection de cépages nobles pour donner aux viticulteurs une alternative à Isabelle. Trois cépages ont été sélectionnés : le Malbec, le Chenin et le Pinot noir. Ce n'est qu'en 1998 que 8 hectares de cépages sont mis en place et permettent de réaliser des vinifications de bonne qualité. Aujourd’hui, une vingtaine d’hectares sont cultivés et font la fierté de ses villageois.

Activités[modifier | modifier le code]

Canyoning[modifier | modifier le code]

Le canyoning est une grande spécialité dans le cirque de Cilaos.

Le canyon Fleur Jaune, accessible pour les débutants accompagnés de personnes qualifiées, se compose d'un enchaînement très vertical de rappels magnifiques jusqu'à 53 mètres pour le plus grand. Cela se déroule dans une paroi noire et dense très remarquable que l'on peut apercevoir sur la route d'Ilet-à-Corde avant le pont de cette rivière. La remontée classique de ce canyon par une crête permet d'avoir une vue magnifique sur Cilaos. La descente intégrale permet quant à elle d'aller jusqu'à la chapelle (belle randonnée de Cilaos), où il est possible de faire un rappel pendulaire de 95 mètres.

Le canyon de Bras Rouge situé aussi sur la route d'Ilet-à-Corde est une belle descente aquatique, où se mêlent rappels, toboggans, et surtout de remarquables coulées rouges d'oxyde de fer.

Accrobranche et parc de loisir[modifier | modifier le code]

Le Cilaosa Parc Aventure est un parc de loisir et d'accrobranche dans la forêt de Bras-Sec.

Tyrolienne géante.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

Établissement thermal Irénée Accot[modifier | modifier le code]

Le Porteur de Vie[modifier | modifier le code]

Ce monument en hommage aux « Porteurs de chaise », situé sur la place de la mairie, a été sculpté par Élodie Kornheiser et mis en place en novembre 1999. Il représente un homme avec sa « chaise à porteur », le doigt pointant vers le Piton des Neiges, le plus haut sommet de l'île[7].

Patrimoine religieux : l'église de Cilaos[modifier | modifier le code]

Église.

L'église Notre-Dame-des-Neiges, avec son carillon et sa croix bleue phosphorescente qui illumine la nuit du cirque, a été construite en 1858. Elle devient paroisse le 25 février 1858. Notre-Dame des Neiges, qui est fêtée le 5 août, a été refaite à plusieurs reprises entre 1937 et 1938.

Un timbre postal représentant l'église a été émis le 18 janvier 1960.

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Espèces remarquables[modifier | modifier le code]

Les zones de crêtes proches du Piton des Neiges et du Grand Bénare sont l'habitat de nidification des pétrels de Barau.

La Roche merveilleuse[modifier | modifier le code]

PanoramaCilaosFromRocheMerveilleuse.jpg

En empruntant une route près de l'église, après quelques kilomètres, on entre dans la forêt primaire. Là se trouve le site de la Roche Merveilleuse.

Bras-Sec[modifier | modifier le code]

Plusieurs randonnées pédestres et des activités de canyoning et d'escalade partent du cirque de Bras-Sec[8].

Jumelages[modifier | modifier le code]

Drapeau de la France Chamonix-Mont-Blanc (France).

Texte de la charte de jumelage avec Chamonix :

« Nous, maires de Cilaos et de Chamonix-Mont-Blanc, certains de répondre aux aspirations de nos concitoyens, avons souhaité, bravant mers et océans, rapprocher et confronter nos expériences mutuelles. Nous promettons, animés d'une réelle volonté d'y parvenir, de chercher à nous mieux connaître par l'universalité de nos échanges à partager nos joies et nos peines.
Nous prenons l'engagement solennel de maintenir des liens permanents entre nos deux municipalités et les populations de nos communes, de conjuguer nos efforts afin d'aider au succès de cette entreprise d'amitié, base d'une fraternité qui devrait devenir universelle ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Et non d'un hypothétique mot malgache qui signifierait, selon la croyance très répandue, « lieu d'où l'on ne s'échappe pas ».
  2. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  3. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  6. (fr) « Bien dans sa bulle », Le Quotidien de La Réunion,‎ (lire en ligne)
  7. présentation du monument sur le site de la sculptrice.
  8. Cilaos Aventure

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]