Saint-André (La Réunion)

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Saint-André
Vue de la commune sur l'Île de la Réunion.
Vue de la commune sur l'Île de la Réunion.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région La Réunion
Département La Réunion
Arrondissement Saint-Benoît
Canton Bureau centralisateur de Saint-André-1
Saint-André-2
Saint-André-3
Intercommunalité CIREST
Maire
Mandat
Jean-Paul Virapoullé
2014-2020
Code postal 97440
Code commune 97409
Démographie
Gentilé Saint-Andréens
Population
municipale
55 900 hab. (2014)
Densité 1 053 hab./km2
Géographie
Coordonnées 20° 57′ 38″ sud, 55° 39′ 02″ est
Altitude Min. 0 m
Max. 1 084 m
Superficie 53,07 km2
Localisation

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Saint-André

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Saint-André
Liens
Site web ville-saint-andre.re

Saint-André est une commune française d'outre-mer, située dans le département et la région de La Réunion.

Ses habitants sont appelés les Saint-Andréens.

Sa devise est : « Multis Gentibus Cor Unum  ». La commune doit son nom à André Héguerty, gouverneur de l'île Bourbon de 1739 à 1743.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La commune de Saint-André est située au nord-est de l'île de La Réunion, à environ 20 km à l'est du chef-lieu Saint-Denis.

Le territoire communal est délimité par :

Topographie[modifier | modifier le code]

Saint-André occupe en majeure partie une plaine alluvionnaire construite par les rivières du Mât et Saint-Jean, au pied du versant Est du massif du Piton des Neiges. De ce fait, la commune possède un relief peu marqué comparée à d'autres communes de l'île. Toutefois, on peut diviser le territoire en trois grandes entités :

  • Le littoral, constitué de plages de galets et de micro-falaises, il abrite l'un des trois étangs littoraux de l'île à Bois-Rouge ;
  • La plaine alluviale, où les pentes sont douces (inférieures à 10 %) et qui concentre la plupart des activités humaines ;
  • Les hauts, qui culminent jusqu'à 1 084 m au-dessus des gorges de la rivière du Mât, principalement agricole et forestier.

Climat[modifier | modifier le code]

De manière générale, l'île de La Réunion connaît un climat de type tropical humide. Celui-ci se caractérise par deux saisons bien distinctes :

  • une saison chaude et humide correspondant à l'été austral de novembre à avril. C'est aussi pendant cette période que se manifestent les cyclones tropicaux.
  • une saison plus fraîche et sèche s'étalant de mai à octobre.

Le caractère très montagneux influence grandement le climat de l'île. Ainsi on observe une double dissymétrie :

  • entre la côte ouest très sèche et la côte orientale très arrosée,
  • mais aussi entre le littoral aux températures plus chaudes et les hauts plus tempérés.

Saint-André se situe dans la région de la côte dite "au vent", lui conférant notamment des particularités climatiques, comme un régime de pluies soutenu lié à son exposition directe aux Alizés de secteur Est.

Relevé météorologique de Saint-André (Le Colosse) en 2008
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 22,8 22,9 22,3 21 19,2 17,5 16,5 17 18,7 19,5 21,1 21,8 20
Température maximale moyenne (°C) 30 29,6 29,1 29,7 27,2 25,4 24,5 25,1 26,1 27 29,5 30,2 27,8
Source : Bulletin climatique 2008, Météo France
Cumul mensuel moyen des précipitations (1971-2000) sur la station du Colosse
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Précipitations (mm) 362 421 356 273 178 132 134 124 81 77 104 251 2 493
Source : Météo-France

La moyenne des précipitations annuelle sur le littoral saint-andréen varie de 2200 à 2 900 mm (les hauts peuvent en recevoir près de 6 000 mm). De ce point de vue, le secteur est une zone dite pluvieuse, intermédiaire entre les zones très pluvieuses de la côte Est de l’île, avec plus de 3 mètres de précipitations annuelles en moyenne, et les zones peu pluvieuses de la côte Ouest, accusant un déficit hydrique chronique, avec une pluviométrie moyenne annuelle inférieure à 1 mètre (seulement 447 mm à la Pointe des Trois Bassins). À titre de comparaison, la moyenne annuelle des précipitations à Paris est d'environ 600 mm.

Néanmoins, la durée d'insolation demeure élevée, plus particulièrement sur la frange littorale, avec une moyenne annuelle comprise entre 2200 et 2500 h/an[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Cet espace compris entre la rivière Saint-Jean et la rivière du Mât est peuplé dès le milieu du XVIIe siècle. En effet, les premiers exilés sont reclus à Bourbon en 1646 par monsieur PROMIS, gouverneur du Comptoir français de Fort-Dauphin, pour mettre un frein à leurs ardeurs mutines. Débarqués du Saint Laurent, ils sont installés dans le quartier des Français, sur les bords de la rivière Saint-Jean. La région de Saint-André a donc historiquement vu débarquer les premiers Français[2].

En 1704, quatre familles sont signalées mais le nombre d’habitants stagne autour d’une trentaine de Blancs et d’esclaves[3]. À partir de 1718, la croissance démographique est amorcée. De nombreuses cultures se développent : thé, café, manioc, tabac, maïs, girofle, riz, vanille et blé. Ces terres fertiles valent à la région l’appellation de « Beau Pays ». Saint-André est avec Sainte-Suzanne un des quartiers du canton Nord-Est (dans le district du Vent, qui rassemble tous les cantons entre Saint-Denis et Sainte-Rose).

Le quartier est érigé en paroisse en 1766. Celle-ci célèbre dans l’enthousiasme révolutionnaire l’élection de sa première municipalité le 3 août 1790[4]. Paradoxalement, la commune de Saint-André est à cette époque l’un des bastions contre-révolutionnaires et le lieu de la contestation des arrêtés de l’Assemblée coloniale de Saint-Denis. Les historiens parlent de « chaos » pour désigner cette « crise saint-andréenne ». Elle atteint son paroxysme avec la disparition de la commune, dont le territoire est partagé entre Sainte-Suzanne et Saint-Benoît.

L’église Saint-André, construite en 1751, est rasée en 1795 sur ordre de l'Assemblée coloniale. Un an plus tard, cette assemblée autorise la reconstitution de la paroisse par arrêtés des 21 et 22 juin 1796. La reconstitution est effective dès 1797 ; la paroisse demeure cependant sans église et sans curé jusqu’en 1817, date de l’arrivée du Père Minot, qui lance la construction d’une nouvelle église (bénie en novembre 1821, consacrée par Mgr Desprez en 1852).

Dans la première moitié du XIXe siècle, la région se couvre de champs de canne à sucre, d’usine sucrières et de grandes habitations comptant parmi les plus riches de la colonie. La culture de la vanille se développe également rapidement dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Après l’abolition de l’esclavage en 1848, cette région de production attire de nombreux travailleurs engagés en provenance du sud de l’Inde, les Malbars. Au début du XXe siècle, la ville compte 10 111 habitants et s’étend sur 5 600 hectares.

De ce fait, la commune bénéficie d’une empreinte et une identité agricoles fortes avec les usines de Bois‐Rouge, Ravine creuse, Menciol, Désert, Colosse, marquant le paysage saint‐andréen et notamment par la culture et l’industrie de la canne ainsi que celle de la vanille. Saint‐André connaîtra la dernière période de détachement de son territoire par la création de la commune de Salazie en 1899 et aura ses contours administratifs inchangés jusqu’alors.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs depuis 1815
Période Identité Étiquette Qualité
2014 2020 Jean-Paul Virapoullé UMP  
2008 2014 Éric Fruteau PCR Conseiller général depuis 2004
1972 2008 Jean-Paul Virapoullé UMP  
1969 1972 Edelbert Nativel    
1967 1969 Sully Dubard    
1963 1967 Jean Ramasamy    
1962 1963 Henri Morange    
1961 1962 Charles Armand Barau    
1957 1961 Henri Morange    
1948 1957 Raymond Vergès    
1945 1948 Hervé Grondein    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1961. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de plus de 10 000 habitants les recensements ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage auprès d'un échantillon d'adresses représentant 8 % de leurs logements, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[5],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 55 900 habitants, en augmentation de 5,59 % par rapport à 2009 (La Réunion : 3,04 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1961 1967 1974 1982 1990 1999 2006 2011 2014
19 255 22 094 25 231 30 075 35 049 43 174 51 817 55 090 55 900
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2006[7].)
Histogramme de l'évolution démographique

La croissance démographique de Saint-André est constante depuis la deuxième moitié du XXe siècle, mais elle connaît une accélération plus franche à partir du début des années 1990. En effet la commune a vu son taux d'accroissement annuel moyen augmenter de 1,9 % (1982‐1990) à 2,6%(1999‐2006). Le dynamisme démographique de Saint‐André repose majoritairement sur un fort taux de croissance naturel, lié à la jeunesse de sa population (la tranche d'âge des moins de 15 ans représentent 28 % de la population). Cependant, on observe globalement depuis les années 1990, un solde migratoire largement positif, qui coïncide avec l'ouverture de la 2x2 voies entre Saint-Denis et Saint-André, la mettant à 15 minutes du chef-lieu.

Saint-André est aujourd'hui la 5e ville la plus peuplée du département, derrière Saint-Denis, Saint-Paul, Saint-Pierre et Le Tampon. Elle est également la plus importante de la Cirest, représentant environ 45 % de l'intercommunalité. Elle devrait continuer sa croissance démographique pour atteindre 70 000 habitants à l'horizon 2025[8].

Infrastructures[modifier | modifier le code]

L'entrée du collège Joseph-Bédier.

On trouve sur le territoire communal six collèges :

  • Le collège public Joseph-Bédier.
  • Le collège public de Cambuston.
  • Le collège public de Mille-Roches, qui comptait 1 400 élèves à la rentrée 2005 et qui est considéré comme le plus gros collège de France.
  • Le collège privé Sainte-Geneviève.
  • Le collège public Terrain-Fayard, qui comptait 951 élèves à la rentrée 2005.
  • Le collège public Chemin-Morin.

On y trouve par ailleurs trois lycées publics :

  • Le lycée professionnel Jean-Perrin, qui comptait 1 085 élèves à la rentrée 2005.
  • Le lycée d'enseignement général et technologique Sarda-Garriga, qui comptait 1 561 élèves à la rentrée 2005.
  • Le lycée d'enseignement général et technologique Saint-André III devenu lycée Mahatma-Gandhi en 2007.

Et une école d'informatique :

EDF teste à Bras des Chevrettes une batterie géante d'une capacité de 1 mégawatt. La batterie, construite par le japonais NGK mesure 15 m de long, pour 2,5 de large et 5 de haut[9]. Le but est de pouvoir stocker l'électricité produite par l'énergie éolienne et solaire sur l'île et la redistribuer lors de pics de consommation.

Monuments et tourisme[modifier | modifier le code]

Un petit pont dans le parc du Colosse.

La commune compte depuis quelques années un parc de loisirs en plein air, le parc du Colosse. Aménagé sur d'anciens terrains consacrés à la culture de la canne à sucre, il attire des familles de tout l'Est de La Réunion.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

Équipements[modifier | modifier le code]

Sportifs célèbres[modifier | modifier le code]

  • Jessi Ferrère, championne du monde de force athlétique en 1994, 1995 et 1996.
  • Jean-Bernard Périta, champion du monde des mouches de savate boxe française en 1995 et 1999 et d’Europe en 1994, 1996 et 1998. Cinq fois champion de France.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Méteo France, Atlas climatique de la Réunion,
  2. « Site officiel de la ville de Saint-André (Ile de la Réunion) », sur www.saint-andre.re (consulté le 8 janvier 2017)
  3. Le Patrimoine des Communes de La Réunion, Saint-André par Corine Masson, éditions FLOHIC, 2000, 509 pages, (ISBN 2-84234-085-X)
  4. Histoire d'une révolution, La Réunion (1789-1803), par Claude Wanquet, 3 tomes, Éditions Jeanne Laffitte, 1984.
  5. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  8. « Site officiel de la ville de Saint-André (Ile de la Réunion) », sur www.saint-andre.re (consulté le 10 janvier 2017)
  9. "La Réunion : EDF teste une batterie géante" de Bernard Grollier, Les Échos, page 14, 12 juillet 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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