Isolaccio-di-Fiumorbo

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Isolaccio-di-Fiumorbo
Isolaccio-di-Fiumorbo
Vue d'Isolaccio-di-Fiumorbo
Administration
Pays Drapeau de la France France
Collectivité territoriale unique Corse
Circonscription départementale Haute-Corse
Arrondissement Corte
Canton Fiumorbo-Castello
Intercommunalité Communauté de communes du Fium'orbo
Maire
Mandat
Jacky Bartoli
2014-2020
Code postal 20243
Code commune 2B135
Démographie
Gentilé Isolacciais
Population
municipale
316 hab. (2016 en diminution de 16,18 % par rapport à 2011)
Densité 7,7 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 00′ 11″ nord, 9° 16′ 53″ est
Altitude 740 m
Min. 119 m
Max. 2 036 m
Superficie 40,89 km2
Localisation

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Isolaccio-di-Fiumorbo est une commune française située dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse. Elle appartient à l'ancienne piève de Cursa dont elle était le chef-lieu, dans le Fiumorbo.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Le point culminant de la commune est la Punta della Capella (a Punta di a Cappedda), 2 041 mètres.

Habitat[modifier | modifier le code]

La population de la commune est répartie en de nombreux hameaux. Les principaux sont : le chef-lieu (l'Isulacciu), Petrapola (i Bagni), Acciani (l'Acciani), Ajola (l'Aghjola).

Pietrapola
Dans les rues de Pietrapola

Le lieudit Tribaldu entre Isolacciu et i Bagni: des oliviers, des châtaigniers, una vanga, les vestiges d'un moulin à huile et d'une vie disparue.

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune est en grande partie recouvert par une végétation arborescente composée de forêts et maquis qui donne à cette région du centre une beauté sauvage.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Ghisoni Poggio di Nazza Poggio di Nazza Rose des vents
Palneca N Prunelli-di-Fiumorbo
O    Isolaccio di Fiumorbo    E
S
Palneca San Gavino di Fiumorbo Serra di Fiumorbo

Communications[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

En décembre 1802, les frères des écoles chrétiennes, ou « frères ignorantins », religieux voués à l'éducation des jeunes des classes modestes, ouvrent 12 établissements en Corse dont un à Isolacciu. La grande bâtisse dans laquelle ils vivaient est encore présente au centre du village.

Inscription sur le monument commémoratif de 1979

Le 6 juin 1808, sur ordre du général Joseph Morand, à la tête de deux bataillons de Chasseurs corses (3e et 4e bataillons des capitaines Bonelli et Peretti), 167 hommes âgés de 15 à 80 ans furent arrêtés en l'église d'Isulacciu. Devant un tribunal présidé par le commandant Poli, neuf d'entre eux furent condamnés à être fusillés le 4 août 1808 à Bastia, les autres déportés et incarcérés à Embrun, où ils moururent. Le Fium'orbu et son esprit d'insoumission entrera ainsi dans la mémoire collective de la Corse. Un monument a été érigé en 1979 à l'entrée du village rappelle le souvenir de ces martyrs. Le 9 juin 2012, à l'initiative de l'association A Memoria di Fiumorbo, et malgré quelques réticences, trois stèles ont été posées, portant les noms de toutes les victimes de 1808[1].

Théâtre où se jouent sans relâche des épisodes de rébellion, des scènes de violence générées par le besoin viscéral de liberté et d’indépendance, c’est sans conteste la région la plus farouche de l’île. La tradition orale et écrite lui a gravé cette réputation dont elle a grand peine à se défaire.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie d'Isolaccio.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
    Jean-Thomas Paoli    
    Antoine-Pompée Laurelli    
    David Colombani    
    Don-Félix Achilli    
    Don-Pierre Casabianca    
    Paul-Joseph Renucci    
    François-Antoine Achilli    
    Jean-Chrysostome Colombani    
    Michel-Archange Achilli    
    Paul-François Bartoli    
    Pascase Achilli    
  1971 Don-Félix Achilli    
1971 1981 Don-Pierre Gambotti    
1981 juin 1995 Ours-Vincent Gambotti    
juin 1995 en cours Jacky Bartoli LREM Retraité Fonction publique
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1806. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[2]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[3].

En 2016, la commune comptait 316 habitants[Note 1], en diminution de 16,18 % par rapport à 2011 (France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856 1861
8779361 2071 1991 3101 3831 3211 3661 516
1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
1 5251 5381 5571 6161 7021 7411 5481 7771 683
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
1 6691 5131 3271 5181 374866771550451
1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016 - -
332411346333395377316--
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[5].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église paroissiale de l'Annonciation, d'architecture baroque[6]
  • Chapelle Santa Lucia, d'architecture romane (IXe siècle), dans le cimetière communal.
    Chapelle Sainte lucie d'Isulacciu di Fiurmorbu
Chapelle Sainte lucie d'Isulacciu di Fiurmorbu (2)
  • Chapelle San Roccu, d'architecture baroque (village).
  • Église de Pietrapola.
    Intérieur de l'église de Pietrapola, avec des fresques et peintures du peintre Chisa datant de mai 2009
Église de Pietrapola tableau du peintre Chisa
  • Chapelle d'Acciani.
    Chapelle d'Acciani
    Chapelle d'Acciani
  • Chapelle d'Ajola.
  • Place de la Fontaine Bartoli (village).
  • Plateau de Prati (1870 m) : en ce lieu, en août 1943, furent parachutées les armes qui servirent à libérer la Corse des occupants fascistes et nazis. Une plaque de marbre représentant la Corse y a été apposée pour rappeler ce souvenir.

Fêtes et événements[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

  • Station thermale de Pietrapola : source chaude sulfureuse et sodique (55 °C); datant de l'époque romaine et rénovée en 1965, utilisée en rhumatologie.
  • La région abonde de ressources naturelles : eaux, pins laricio, chênes verts, chênes-lièges, châtaigniers.
  • Production de farine de châtaignes.
  • Charcuterie.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Gustave Flaubert, écrivain français, (1821-1880), a séjourné à l'Isulacciu, dans la maison de la famille Laurelli, lors d'un voyage en Corse en octobre 1840.
  • Paul Jérôme Casanova, dit Léonard de Port-Maurice. Né à Port-Maurice (aujourd'hui partie d'Imperia), près de Gênes, en 1676 ; mort à Rome, en 1751. Béatifié en 1796, il a été canonisé par Pie IX en 1867. Pie XI l'a proclamé en 1923 « patron des missionnaires à l'intérieur de l’Église ». Saint Léonard éleva de nombreux chemins de croix, partout en Italie. Il alla aussi prêcher en Corse, qui était alors dépendante du royaume de Gênes. La région était alors déchirée entre de multiples partis adverses ; les exhortations du missionnaire eurent tôt fait d’apporter la réconciliation. Il établit le chemin de croix dans 200 églises et y convertit le fameux bandit Lupo di l'Isulacciu en 1744.
  • François Vittori : (1902-1977), né à l'Isulacciu-di-Fiumorbu. Résistant. Membre du Parti communiste français. Responsable militaire du Front National de la Résistance en 1942. En 1943, à Aiacciu, il fait partie du Conseil de Préfecture (avec Paul Colonna d'Istria, Henri Maillot, Arthur Giovoni et Maurice Choury). Membre de la commission administrative départementale intérimaire (qui remplace le conseil général de la Corse) en 1944. Sénateur de la Corse de 1946 à 1948. Fondateur de la « Corse Résistante », à Paris. Directeur du journal Le Réveil Corse. Il décède à Porri en 1977[7].
  • Dominique-Antoine Laurelli, né le 2 décembre 1900 à Isulacciu, décédé le 15 janvier 1991 à Paris. Député de Saint-Pierre-et-Miquelon de 1947 à 1951.
  • Pierre Semidei : (1940-2009), originaire de l'Isulacciu di Fiumorbu. Président d'Euro-Schulen-Organisation (ESO).
  • Charles Santoni. Né en 1931 à l'Isulacciu di Fiumorbu. Avocat et ancien bâtonnier du barreau de Bastia (1991-1993), écrivain, professeur à l'université de Corse, homme politique. En 1960, il crée, à Paris, l'Union Corse, un mouvement étudiant. Rédacteur en chef du bimestriel L'Union Corse en 1961. Membre du Front Régionaliste Corse (FRC) en 1966. Coauteur de Main basse sur une île, en 1971. Dirigeant du Partitu Populare Corsu (PPC) en 1973. Il est un des huit participants qui, en 1973, à U Castellà di Casinca, avec d'autres des membres du FRC et de l'ARC, élaborent A chjama di Castellare, un texte qui appelle à une autonomie interne de la Corse et qui est un manifeste nationaliste. Élu de la première Assemblée de Corse en 1982 (jusqu'en 1984). Porte parole du Muvimentu Corsu pè u Sucialismu en 1982. Il a publié de nombreux articles dans les revues Les Temps Modernes, Réalités, Confluences... Il est l'auteur de plusieurs ouvrages : Au cœur des débats de l'Assemblée de Corse, en 1984, Liata Fiumurbaccia di 500 buccati corsi, qui obtient le Prix du Livre Corse en langue corse, en 1986, Cantaleni : Rhapsodies corses (contes bilingues), en 1994, Chronique de la Franc-maçonnerie en Corse (1772-1920), en 1999... Il participe à l'élaboration du Dictionnaire historique de la Corse, sous la direction du Professeur Antoine-Laurent Serpentini, paru en 2006.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le Dauphiné libéré, édition Hautes-Alpes, 30 mai 2012, page 3
  2. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  3. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  6. photos de l'église d'Isolaccio : [1] et [2]
  7. extrait de Cronica di a Corsica, de Orsu Ghjuvanni Caporossi ; réf. Dictionnaire historique de la Corse