Station thermale de Barèges

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Les Thermes de Barèges
Image illustrative de l'article Station thermale de Barèges
Entrée principale des Thermes de Barèges
Présentation
Création 1550
Nombre d'établissements 3 (1654)
Nombre de curistes 3 000 (2012)
Types d’eaux Sulfatées
Site internet [http://www.thermes-bareges.com Consulter]
Géographie
Pays France
Région française Midi-Pyrénées
Département Hautes-Pyrénées
Commune Barèges
Coordonnées 42° 53′ 52″ nord, 0° 03′ 57″ est

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Station thermale de Barèges

Géolocalisation sur la carte : Hautes-Pyrénées

(Voir situation sur carte : Hautes-Pyrénées)
Station thermale de Barèges

La station thermale de Barèges est un centre hydrothermal situé à Barèges, en Pays Toy dans le département des Hautes-Pyrénées.

Le centre thermal de Barèges qui est le plus haut de France avec 1 250 m d'altitude et le plus ancien de France (toujours en activité continue sur le même site) assure dans le cadre grandiose du Tourmalet et du Pic du Midi de Bigorre des soins dont la renommée est portée par le témoignage des curistes.

Le centre thermal de Barèges disposent de sources thermales chaudes dont les vertus curatives s’appliquent essentiellement à la rhumatologie, traumatologie, fibromyalgie, algodystrophie et aux voies respiratoires (ORL).

Le centre thermal est sous gestion du syndicat thermal Barèges-Barzun.

Un peu d'histoire[modifier | modifier le code]

Plan des thermes en aout 1689
l'établissement thermal en 1821
Thermes de Barèges en 1841 par Louis-Céran Lemonnier
Barèges- L'hôpital et les thermes

En 1550 Barèges n'était qu'un bassin de pierres brutes entouré deux baraques[1],[2]. La commune est désormais la plus jeune de France (1946) après son détachement de Betpouey. Elle doit son nom actuel à Madame de Maintenon qui, pendant son séjour en 1675[3] au bourg des Bains, datait ses lettres de « Barèges » alors que cette appellation appartenait à toute la vallée de Barèges, au sens politique : la vallée du Bastan et celle du Gave de Gavarnie, le bourg s'appelant encore simplement Les Bains en référence à ses thermes.

En 1680, Louvois, secrétaire d'État et ministre d'État de Louis XIV vient aux Bains de Barèges pour soigner une fracture de jambe. En rentrant à Versailles, il obtient des crédits de Colbert et de son administration politique et militaire.

Il s'en suit la construction de thermes en pierre dès 1689 pour un usage auprès des militaires blessés et des pauvres. Les conditions d’accueil des militaires d'abord dans des logements loués à des particuliers évoluera vers un Hôpital militaire. Un hôpital civil sera aussi construit.

Une route entre Tarbes et Barèges est lancée en 1735 pour se finir vers 1744. Elle passe par Lourdes, Luz-Saint-Sauveur . Les travaux sont dirigés par l'ingénieur M.Polard. À Barèges le fontenier Chevillard; aidé de Polard;réussi à capter les sources et fondent les bains d'entrées, du fond, de Polard, une buvette et des douches. Par la suite viendront les bains de la chapelle, 'les bains neufs, et enfin les bains Dassieu de l'inspecteur du même nom[4].

Les sites[modifier | modifier le code]

Les thermes sont situés dans un cadre de montagnes et lacs propices à la randonnée en air pur d'altitude, implantés dans un petit village aux manifestations culturelles, sportives nombreuses, en pays Toy dans les Hautes-Pyrénées françaises, situé au cœur du Val de la Batsus, au pied du col du Tourmalet et du Pic du Midi de Bigorre. Le centre s'étire le long du gave du Bastan.

Le site thermal de Barèges[modifier | modifier le code]

Agrandi autour de la halle Napoléon III qui est le bâtiment construit en 1860 fini en 1864, le complexe se déploie sur deux niveaux avec ascenseur par une première extension en 1982-1985 puis une rénovation en 2007-2009.

Le site thermal de Barèges-Barzun[modifier | modifier le code]

Barzun est situé à 600métres en aval des thermes principales sur la rive droite du Bastan sur la commune de Sers. Le nom de Barzun est celui d'un pharmacien de Barèges qui était propriétaire de bains au XIXe siècle.

Ce centre avait l'objet d'une réhabilitation complète en 2002[5].

À la suite de la crue du 18 juin 2013 en pays Toy le centre a subi d'important dégâts à l'intérieur mai aussi le pont d’accès et le chemin piétonnier entre les deux centres ont été emportés. Les travaux de ce centre orientés vers les soins des voies respiratoires démarrent en septembre pour une ouverture en mai 2015.

Espace Bien-être Ciéléo[modifier | modifier le code]

Une piscine à 34 °C sous un scialytique étoilé, hammam, sauna, spa, aquabike, solarium complètent l'équipement.

La promenade[modifier | modifier le code]

Les eaux[modifier | modifier le code]

Principe de captage des eaux de Barèges
Forage Tambour III des thermes de Barèges

Aux origines quatorze sources desservaient des Thermes que l'ingénieur François avait fait édifié des thermes où elles naissaient. Ces sources fournissaient en 1832 quatre mille six cent vingt et un pieds cubes (130 m3) par 24 heures à des températures allant jusqu'à 38 °C. Chaque source alimentait suivant son débit un ou plusieurs cabinets[6].

Buvette des thermes de Barèges

Les eaux thermales vennaient par quatre sources, Polard, entrée, Tambour I, Tambour III, des profondeurs du massif granitique, où elles ont séjourné et effectué un trajet de près de 9 000 ans, tirant de là leur minéralité et leur richesse bienfaisante. Désormais le captage est interdit pour l'utilisation thermale, seule Tambour III, qui est un forage aliment le centre thermal.

Les propriétés physiques[modifier | modifier le code]

Cette eau d’aspect limpide est légèrement gazeuse et présente une très légère odeur d’hydrogène sulfurisé ; son goût est âpre et un peu amer.

Les caractères chimiques[modifier | modifier le code]

Cette eau présente les caractéristiques d’une eau polymétallique essentiellement sulfatée mixte (sodique, calcique et magnésienne) et chlorurée sodique.

Sa composition chimique révèle par ordre d’importance, en cations du sodium, calcium, potassium, ammonium, magnésium, Lithium; arsenic et fer ; en anions, des sulfates, des chlorures, de la silice, fluor, sulfure ; en matières organiques, de l’oxygène

La barégine[modifier | modifier le code]

La barégine est une substance mucilagineuse qui se développe naturellement dans les eaux des sources thermales de Barèges-Barzun. Ces bactéries excrètent un gel qui présente des activités antibiotiques, anti-inflammatoires et cicatrisantes.

Origines[modifier | modifier le code]

Planche d'illustration du mémoire de Pierre Jean François Turpin : Étude microscopique, comparée, de la Barégine de M. Longchamp, observée dans les eaux thermales sulfureuses de Barége, et de la Barégine recueillie dans les eaux thermales sulfureuses de Néris, par M. Robiquet ; contenu dans le Tome 15 des Mémoires de l'Académie des Sciences de l'Institut de France

M. Longchamps, chimiste, ex-commissaire des poudres, venant à Barèges, vers 1828, a donné le nom de barègine qui est un dépôt d'évaporation des eaux thermales[7].

« Les eaux minérales sulfureuses des Pyrénées contiennent en dissolution une matière azotée et visqueuse qui leur communique une certaine onctuosité… L'eau qui a séjourné pendant quelque temps dans les bassins ou les canaux de conduite y dépose sur leurs parois un enduit quelquefois assez épais d'une matière visqueuse semblable à du blanc d œuf et qui est évidemment produite par le dépôt de la matière gélatiniforme que ces eaux tiennent en dissolution. C'est, cette matière que M Longchamp a fait connaître sous le nom de Barégine dans un Mémoire lu à l'Académie des Sciences le 12 août 1833. C'est la même substance que M Anglada avait nommée Glairine à cause de son aspect et de sa grande viscosité[8],[9]. »

travaux de recherches[modifier | modifier le code]

La station thermale de Barèges développe la pousse et la récolte de la Barégine grâce au travail de recherche effectué lors de la soutenance de deux thèses : - Isabelle DIRE, Les eaux thermales de Barèges et les sulfobactéries associées, Thèse présentée à l’unité d’enseignement et de recherche des sciences pharmaceutiques et biologiques de l’Université Paris XI, 1989. - Hubert HEDOIN, Les bactéries sulfoxydantes des eaux de Barèges (Hautes-Pyrénées). Nature, métabolisme, activités biologiques, Thèse de Doctorat du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris, 1996.

La Barégine est une marque déposée.

Indications thérapeutiques[modifier | modifier le code]

Les eaux sont de nature saline et ferrugineuse et présentent des propriétés antalgiques, anti-inflammatoires et cicatrisantes, ces eaux sont utilisées dans le traitement des rhumatismes et des maladies circulatoires et de la peau.

Algodystrophie[modifier | modifier le code]

La station thermale de Barèges grâce à ses eaux actives sur la micro-circulation, a développé de façon efficace une prise en charge globale de cette maladie. Les meilleurs résultats ont été observés en phase dite chaude ou initiale, d’où l’importance d’une prise en charge précoce. Dans la phase II de l'algodystrophie, le premier objectif est de lutter contre l'atrophie qui peut devenir irréversible. Les techniques thermales font non seulement appel aux soins utilisés dans la phase initiale, mais le médecin prescrit davantage d'application d'argile mais surtout la rééducation prudente et progressive en piscine[10].

Fibromyalgie[modifier | modifier le code]

Voies respiratoires[modifier | modifier le code]

Rhumatologie[modifier | modifier le code]

Traumatologie[modifier | modifier le code]

Soins thermaux[modifier | modifier le code]

Masso-kinésithérapie[modifier | modifier le code]

Soins prescrit par le médecin thermal en fonction des pathologies réalisés soit à sec, soit sous eau thermale ou à la barègine.

Illutation et pélothérapie[modifier | modifier le code]

L'usage thérapeutique des boues médicinales (péloses ou péloïdes) a pour objet un échange trans-cutané d'ions. Du calcium et du magnésium de la boue vers le derme en échange du sodium et de l'ammonium de la peau.

Les boues de Barèges sont obtenues à partir de kaolin conditionné à Poigny en région parisienne mélangé aux eaux à 42° de la source tambour. Ce mélange onctueux est riche en Barègine, micro-organismes; oligo-éléments. Le mélange est porté à 50° pour être appliqué généralement au rachis et aux articulations suivant les prescriptions du médecin thermal. Cette boue par ses particularités réfractaires est en baisse lente de température favorise la vaso-dilatation durant l'application qui dure quinze minutes.

Bains[modifier | modifier le code]

Bains soit par aérobains, soin individuel en baignoire d’eau thermale parcourue de micro bulles d’air comprimé provoquant une action vasodilatatrice et antalgique de la chaleur, associée à l’effet de massage et de drainage des micro bulles d’air sous pression soit par hydroxeurs, soin individuel en baignoire d’eau thermale parcouru de plusieurs jets à pression variable provoquant une action sédative, relaxante, anti-œdémateux par un échange d'oligo-éléments (calcium, fluor) de l'eau vers l'organisme, renforcé par la présence de la Barégine.

Douches[modifier | modifier le code]

Douche générale[modifier | modifier le code]

Douche Locale[modifier | modifier le code]

Cette technique est dérivé du bain écossais qui consiste à immerger alternativement une partie de son corps dans un seau d'eau froide et dans un seau d'eau chaude. La technique est désormais optimisé pour le traitement des bras et jambes.Il s'agit d'un des rares moyens connus actuellement pour soigner l'algoneurodystrophie[11],[12].

Douche au jet[modifier | modifier le code]

La douche au jet est un soin local massant et très tonifiant. Pratiqué par un hydrothérapeute, la douche à jet peut assouplir et stimuler certaines zones de votre corps. Le jet d’eau Thermale de cette douche haute pression, tantôt froid, tantôt chaud, s’avère très efficace pour lutter contre la cellulite et permet également de soulager certains maux articulaires et digestifs.

Piscine[modifier | modifier le code]

Piscine de rééducation[modifier | modifier le code]

La gymnastique pratiquée en piscine profite d'un certain « effet d'apesanteur » du corps dans l'eau (grâce à la poussée d'Archimède, on considère qu'un corps humain est environ cinq fois plus léger). Les bassins sont étudiés de façon à pourvoir réaliser des exercices où il est possible d'appuyer les mains . Ils sont d'une profondeur de 1,30 mètre permettant d'avoir pied et de marcher, de faire les mouvements de tout le corps pour se délier les articulations suivant les indications du kinésithérapeute.

Piscine d'immersion[modifier | modifier le code]

Des jets pulsant de l'eau chaude en massage sont installés sur la hauteur d'un mur de la piscine. Ces jets sont à différentes hauteur et sont programmés par séquence automatique.

Les curistes célèbres[modifier | modifier le code]

Madame de Maintenon, Louvois mais aussi trois maréchaux d'empire Maréchal Ney [13] accompagné de Murat et Lannes[14].

Et beaucoup d'autres : Napoléon III, Alfred de Musset, Alfred de Vigny, Victor Hugo[15]etc.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Repères bibliographiques[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. J. G. BALLARD, Essai sur les eaux thermales de Barèges., , 311 p. (lire en ligne), En 1 550 on se baignait dans un bassin en pierres brutes du fond duquel surgissaîent les sources thermales Ce bassin occupait l emplacement du chauffoir actuel un hangar le couvrait et deux cabanes placées l une sur le penchant de la colline l autre sur les bords du Gave formaient des ressources suffisantes aux montagnards qui venaient s'y baigner. En 1630 on construisit un grand et un petit bain ces eaux.
  2. « Le centre régional de Barèges », sur http://www.rhp1.terre.defense.gouv.fr/, (consulté le 11 aout 2013)
  3. A. Fourcade - Alabaum pittoresque et historique des Pyrénées - 1836 - à Lire archive
  4. Adolphe Joanne, Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée par Adolphe Joanne, Hachette et Cie, 683 p. ([%5Bhttps://books.google.fr/books?id=95XNWhULWPsC&pg=PA327&dq=route+polard+pyr%C3%A9n%C3%A9es+ing%C3%A9nieur&hl=fr&sa=X&ei=l3HoU7yNNaKR0AX0jIHQDg&ved=0CDMQ6AEwAA#v=onepage&q=route%20polard%20pyr%C3%A9n%C3%A9es%20ing%C3%A9nieur&f=false%5D lire en ligne])
  5. « Une nouvelle jeunesse pour les thermes de Barèges-Barzun », La dépêche du Midi,‎ (lire en ligne)
  6. Jean-Charles Gasc, Nouvelles observations sur les propriétés médicales des eaux minérales naturelles de Barèges, Barèges, (lire en ligne)
  7. Journal de pharmacie et des sciences accessoires, vol. 22, Colas, (lire en ligne), p. M Longchamp fit connaître une matière glaireuse azotée qu il avait observée pour la première fois dans les bassins qui contiennent les eaux sulfureuses de Barége et à laquelle il donna le nom de barégine
  8. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des Sciences,, vol. 7, Gauthier-Villars, (lire en ligne)
  9. Revue encyclopédique, (lire en ligne), Sur la barègine Extrait d un mémoire lu par M Longchamp dans la séance du 12 août 1833
  10. « Qui mieux que les curistes peut parler des Thermes de Barèges ? », sur http://cieleo-bareges.com, (consulté le 9 aout 2014)
  11. Deshayes P, Daragon A, Le Loët X, « L'algodystrophie du membre supérieur [Algodystrophy of the upper extremity] », Phlebologie, vol. 40, no 2,‎ , p. 503-9. (PMID 2886999)
  12. (en) Breger Stanton DE, Lazaro R, Macdermid JC., « A systematic review of the effectiveness of contrast baths », J Hand Ther., vol. 22, no 1,‎ , p. 57-69; quiz 70. (PMID 18945584, DOI 10.1016/j.jht.2008.08.001)
  13. Frédéric Hulot, Les Grands Maréchaux de Napoléon: Berthier - Davout - Jourdan - Masséna - Murat - Ney - Soult - Suchet, Editions Flammarion, , 1711 p. (ISBN 9782756411699, lire en ligne)
  14. Jean Tulard, Murat, Fayard, , 474 p. (ISBN 9782213647999, lire en ligne), ... à Barèges où il prend les eaux en compagnie de Ney et de Lannes. Le moral est-il meilleur ? Le 18 juillet, il accuse réception du décret du 15 dans une lettre assez plate.
  15. Jean-Paul Labourdette, Petit Futé Hautes Pyrénées, Petit Futé, (lire en ligne)