CarPostal

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CarPostal
(de) PostAuto
(it) AutoPostale
(rm) AutoDaPosta
logo de CarPostal
Logo de CarPostal

Création 2006 (transformation en SA)
Dates clés 1849 : Naissance de la poste fédérale
1906 : Première ligne automobile
1998 : Fin des PTT, création de La Poste
2006 : Transformation en Société anonyme
Forme juridique Société anonyme
Slogan La classe jaune
(de) Die gelbe Klasse
(it) La classe gialla
(rm) La classa melna
Siège social Berne
Drapeau de Suisse Suisse
Actionnaires La Poste
Activité Transport en commun
Produits Autobus, autocar, transport à la demande
Société mère La Poste
Sociétés sœurs PubliBike
Filiales CarPostal France, PostAuto Liechtenstein
Site web www.postauto.ch/fr

Chiffre d’affaires 72 millions CHF

CarPostal Suisse SA (PostAuto Schweiz AG en allemand, AutoPostale Svizzera SA en italien, AutoDaPosta Svizra SA en romanche et PostBus Switzerland Ltd en anglais), plus connue en français sous le nom CarPostal, est une entreprise de transport en commun filiale de La Poste Suisse.

La compagnie exploite près de 900 lignes de bus et d'autocars à travers la Suisse dont une trentaine de réseaux urbains. Historiquement liée aux PTT puis à La Poste Suisse, dont elle formait une division, elle est depuis 2006 une entreprise juridiquement distincte bien qu'appartenant toujours à la Poste. CarPostal est la plus importante compagnie de transport en commun routier de Suisse avec plus de 800 lignes régulières dans tout le pays, sauf dans les cantons de Bâle-Ville et de Genève.

Elle dispose de filiales en France et au Liechtenstein, où elle exploite le réseau national Liechtenstein Bus.

Historique[modifier | modifier le code]

Die Gotthardpost (1874) de Rudolf Koller.
Un car postal à Flims en 1920.
Un car postal Saurer AD sur la route du col du Saint-Gothard dans les années 1930.
Poteau d'arrêt de bus à Valendas dans le canton des Grisons.

L'histoire du transport routier de voyageurs par la poste fédérale, nouvellement crée en 1849, débute avec la reprise des diligences postales cantonales[1]. La première ligne automobile ouvre en 1906 entre Berne et Detligen[2],[3]. La ligne était exploitée avec des diligences équipées de moteurs, qui furent retirées en raison d'un nombre élevé de pannes, les chevaux étant réutilisés jusqu'en 1930[3].

En 1919, l'ouverture de la ligne postale du Simplon puis en 1921 de la naissance de la Poste Alpine avec l'ouverture au trafic postal des cols du Grimsel, de la Furka, du San Bernardino et de l'Oberalp permettent le développement de la compagnie[2]. En 1919 quarante camions militaires sont transformés en cars postaux, le service des voyageurs dispose désormais de 104 véhicules et les diligences commencent inexorablement à disparaître[1]. Le célèbre klaxon à trois temps fait son apparition en 1923[2]. L'année suivante, la flotte est constituée de 169 autocars[1]. En 1927, le réseau est constitué de 39 lignes de montagne et en 1932, la compagnie se dote de ses premiers autocars à motorisation Diesel puis deux ans plus tard de ses premières remorques de transport de voyageurs[1]. La Seconde Guerre mondiale provoque la suspension des lignes alpines en 1942 ; en 1949 la compagnie reprend les lignes concédées du Liechtenstein[1].

La compagnie se lance dans le transport de groupe et les services spéciaux en 1954 puis dans les services scolaires en 1957[3],[1]. L'année 1959 est marquée par l'unification de la livrée des véhicules des entrepreneurs de cars postaux avec une livrée ocre jaune[1]. La dernière diligence est retirée du service en 1961, la dernière course fut effectuée sur la ligne Avers-Juf[1]. Les années soixante voient l'arrivée de la première gare routière dédiée à la gare de Berne en 1965 puis les premiers bus articulés en 1969[1]. La première femme conductrice est embauchée en 1970 et l'année suivante, la livrée jaune ocre laisse place à la livrée jaune à bande rouge, globalement inchangée depuis[1].

Les années nonante voient les cars postaux se réorganiser avec notamment la création des seize centres régionaux en 1995 en prévision de la nouvelle loi sur les chemins de fer de 1996, qui transfère aux cantons l'organisation des transports en commun régionaux et par conséquent l'ouverture à la concurrence[1]. Un second changement structurel important intervient en 1998 avec l'éclatement des PTT, les cars postaux devenant une composante de La Poste, mais restent rattachés à la direction d'arrondissement postal[1].

L'année 2000 voit de profonds changements sur l'organisation des lignes au Liechtenstein, jusqu'à présent concédées : la Liechtenstein Bus Anstalt (LBA) reprend la gestion des lignes et en confie la gestion par appel d'offres aux cars postaux[1]. En 2003, pour la première fois, la société transporte plus de 100 millions de passagers[1].

En 2004, La Poste sépare son activité transport au sein d'une société anonyme qui prend effet le [2],[1] : CarPostal Suisse SA. CarPostal crée CarPostal France afin de gérer des réseaux urbains en France, à commencer par celui de Dole en 2004 puis plusieurs autres réseaux ainsi que des lignes interurbaines dans les années qui suivent[1]. CarPostal fête son centième anniversaire en 2006.

En 2010, la compagnie met en service ses premiers véhicules hybrides, ainsi que ses premiers vélos en libre-service à Sion[1]. en 2011, c'est au tour des premiers bus à hydrogène[1]. En 2012, CarPostal rachète Vélopass via l'intermédiaire de sa filiale PubliBike[1]. En 2013, ce sont les premiers bus électriques à batterie qui font leur apparition[1].

La carte SwissPass est déployée sur le réseau en 2015 et l'année suivante à Sion, des navettes autonomes Navya sont mises en service[1].

La société[modifier | modifier le code]

Présentation[modifier | modifier le code]

Au début du XXIe siècle, CarPostal Suisse est une entreprise de transport disposant de 2 193 véhicules pour desservir 11 869 km et transporter 141 millions de passagers en 2014. Les cars postaux suisses accomplissent tous les jours l'équivalent de 7,5 fois le tour de la Terre.

Pour 2014, la société a réalisé un chiffre d'affaires de 725 millions de francs suisses[4].

Les cars postaux ont parcouru 110,2 millions de kilomètres en 2014. Il s'agit d'une augmentation de 2,2 % par rapport à 2013, soit 2,4 millions de kilomètres supplémentaires. En 2014, la compagnie annonce un nombre record de 140,6 millions de passagers transportés, en hausse de 1,2 %. Le nombre de lignes exploitées est de 869[4].

Selon l'historien des transports Gérard Duc, les car postaux sont l'un des rares services nationalisés par la Constitution de 1848 à être resté un service national[3].

Identité visuelle[modifier | modifier le code]

Depuis 2002, le nom de l'entreprise est graphié en CarPostal au lieu de Car postal et le dernier lifting du logo a eu lieu en 2011[1].

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Le réseau[modifier | modifier le code]

Lignes régulières[modifier | modifier le code]

Un autocar Setra au col du Susten.
La gare routière de Coire.
Un Van Hool T915 tractant une remorque de transport de courrier.
Car postal et train à Leggia
Un car postal Neoplan à Safien

Le réseau régulier et ses près de 900 lignes est organisé en 2018 en treize régions géographiques[5] :

Les cantons de Bâle-Ville et de Genève sont les seuls à ne pas êtres desservis par le réseau CarPostal[6].

Réseaux urbains[modifier | modifier le code]

Autobus à impériale Neoplan N4426 à Saint-Gall.

CarPostal exploite une trentaine de réseaux urbains à travers le pays, essentiellement dans des petites et moyennes villes[7].

PubliCar[modifier | modifier le code]

Minibus PubliCar à Delémont.

Le PubliCar est un réseau de transport à la demande lancé en 1997 pour la première fois en Ajoie, après des expérimentations à Oron et à Frauenfeld en 1995, pour les zones à faible densité de population (moins de 100 habitants par km2)[8],[9]. Le service fonctionne en heures creuses ainsi que les week-ends quand l'exploitation de lignes régulières ne se justifie pas afin de ne pas faire rouler des véhicules à vide[8].

L'offre est réduite faute de fréquentation en septembre 2011, essentiellement en Ajoie et dans le canton de Vaud[10].

Le service fonctionne en porte à porte, le minibus prend en charge et dépose les voyageurs à l'endroit qu'il a indiqué préalablement[8]. en 2018, il existe dans les régions suivantes[9] :

PubliBike[modifier | modifier le code]

Article détaillé : PubliBike.

PubliBike est une filiale de CarPostal en charge de l'exploitation de réseaux de vélos en libre-service à travers la Suisse.

PubliRide[modifier | modifier le code]

PubliRide est un service de covoiturage lancé en partenariat avec le service de covoiturage Flinc[11].

Matériel roulant[modifier | modifier le code]

État du parc[modifier | modifier le code]

Mercedes-Benz Citaro à hydrogène.

Au 31 décembre 2015, le parc comprenait 2 238 véhicules (minibus, autobus, autocars), dont la répartition par constructeur est la suivante[12] :

Jusqu'en 2003, les véhicules disposaient de plaques d'immatriculations fédérales commençant par la lettre "P" (pour PTT), sauf pour ceux appartenant aux sous-traitants. Depuis, tous les bus possèdent des plaques cantonales classiques.

Livrée des véhicules[modifier | modifier le code]

La livrée des véhicules est constituée d'une livrée jaune dite « jaune poste », accompagnée d'une bande rouge sous les vitres et du cor postal peint en noir, la partie située au dessus des vitres et le toit sont peintes en blanc[3]. À l'origine, les véhicules étaient couleur paille, puis prennent diverses nuances de jaune, et même d'ocre, avant d'arriver à la nuance actuelle[3].

La galerie ci-dessous montre la diversité des véhicules et plusieurs variantes de livrée (dégradé, taille du cor postal, etc.).

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Véhicules historiques[modifier | modifier le code]

  • Saurer AD
  • FBW 50 ON-CH de 1951
  • FBW C40U "Haifischmaul"
  • Saurer 3-DUK Alpenwagen IV-U (1964)

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CarPostal dans la culture[modifier | modifier le code]

Les Cars postaux font partie de l'imaginaire collectif suisse[6].

Le klaxon à trois tons[modifier | modifier le code]

Article connexe : Ouverture de Guillaume Tell.

Un des éléments caractéristiques des cars postaux est leur célèbre avertisseur à trois tons, reprenant les premières notes de l'ouverture de l'opéra Guillaume Tell de Gioachino Rossini[13],[14]. Ce klaxon vient en complément de l'avertisseur classique, et est soit pneumatique soit branché sur la batterie en fonction des véhicules, ce dernier cas ayant pour défaut d'être énergivore[13].

Route postale de montagne[modifier | modifier le code]

Le signal 4.05 Route postale de montagne

Sur les routes postales de montagne, indiquées par le signal 4.05 Route postale de montagne, les conducteurs doivent se conformer aux indications du chauffeur du car postal. Le signal 4.06 Fin de la route postale de montagne indique la fin d'un tel tronçon.

Activités à l'étranger[modifier | modifier le code]

Liechtenstein[modifier | modifier le code]

Article connexe : Liechtenstein Bus.

La compagnie reprend les lignes concédées au Liechtenstein en 1949. Depuis 2012 CarPostal dispose d'une filiale dans le pays, PostAuto Liechtenstein, et exploite le réseau Liechtenstein Bus sous sa forme actuelle depuis 2000.

France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : CarPostal France.

CarPostal France, créée en 2004, la filiale gère des réseaux urbains et certaines lignes de réseaux interurbains en France. Parmi ces réseaux, on peut citer les TGD de Dole, le premier conquis par l'entreprise, ou Sète Agglopôle Mobilité à Sète, le plus important en termes de population desservie.

Critiques[modifier | modifier le code]

En février 2018, l'entreprise est au cœur d'un scandale de détournements de subventions fédérales, CarPostal ayant masqué durant plusieurs années ses bénéfices comme des frais divers afin de conserver ses subventions de la Confédération et des cantons[15],[6]. Ainsi, CarPostal a indûment touché près de 107 millions de francs suisses entre 2007 et 2016, voire jusqu'à 130 millions si l'entreprise doit rembourser les subventions qu'elle a touché en 2017[15].

Dès 2011, la Conférence des directeurs cantonaux des transports publics puis plusieurs cantons (Vaud, Neuchâtel, Jura et Berne) en 2013 avaient demandés à l'Office fédéral des transports (OFT) d'enquêter sur les comptes de l'entreprise, critiquant le manque de transparence de ses comptes[15],[6].

Cette affaire pourrait avoir des conséquences en terme d'image pour l'entreprise, qui est un des symboles de la Suisse, dans les futures procédures adjudications de lignes, y compris en France via CarPostal France qui est aussi empêtrée dans une affaire de concurrence déloyale au même moment[6].

L'Office fédéral des transports a porté plainte mi-février 2018 contre X auprès du Ministère public de la Confédération et de celui du canton de Berne pour réalisation de bénéfices dans un domaine subventionné[16]. Ces derniers se déclarent fin février 2018 incompétents à ce sujet, les infractions invoquées dans la plainte relevant du droit pénal administratif et par conséquent que c'est à l'OFT de poursuivre CarPostal[17].

Le 11 juin 2018, le conseil d'administration de La Poste annonce la suspension de toute la direction de CarPostal[18]. Le conseil d'administration a retiré la confiance à la directrice générale de la Poste le mardi 5 juin 2018, qui démissionne le vendredi 8 juin 2018 avec effet immédiat, mais l'annonce ne sera faite que le dimanche lors des journaux télévisés du soir[18]. CarPostal annonce également un possible retrait progressif du marché français[18].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u et v « L'histoire de CarPostal », sur https://www.postauto.ch/fr (consulté le 8 février 2018)
  2. a, b, c et d « Les cars postaux ont cent ans », sur https://www.swissinfo.ch, (consulté le 22 mai 2017).
  3. a, b, c, d, e et f Laurent Nicolet, « Une Suisse de car postal », sur https://www.migrosmagazine.ch, (consulté le 22 mai 2017).
  4. a et b « Rapport d`activité 2014 de CarPostal Suisse SA »
  5. « Réseaux de lignes », sur https://www.postauto.ch/fr (consulté le 8 février 2018)
  6. a, b, c, d et e Bernard Wuthrich, « L’astuce qui fait tomber le chef de CarPostal », sur https://www.letemps.ch, (consulté le 8 février 2018)
  7. « Transports urbains », sur https://www.postauto.ch/fr (consulté le 8 février 2018)
  8. a, b et c Serge Jubin, « Avec PubliCar, le service public trouve sa touche personnelle », sur https://www.letemps.ch, (consulté le 8 février 2018)
  9. a et b « PubliCar », sur https://www.postauto.ch/fr (consulté le 8 février 2018)
  10. Gaël Klein, « CarPostal réduit son offre PubliCar en Romandie », sur https://www.rts.ch, (consulté le 8 février 2018)
  11. « PubliRide », sur https://www.postauto.ch/fr (consulté le 11 février 2018)
  12. « État de parc », sur https://www.postauto.ch/fr, (consulté le 22 mai 2017).
  13. a et b Jean Ammann, « Coups de klaxon mythiques », sur https://www.arcinfo.ch, (consulté le 8 février 2018)
  14. Bernard Wuthrich, « Le car postal est né en plaine », sur https://www.letemps.ch, (consulté le 8 février 2018)
  15. a, b et c « La directrice de La Poste au courant depuis 2013 », sur http://www.20min.ch, (consulté le 8 février 2018)
  16. « La Confédération porte plainte contre CarPostal », sur http://www.20min.ch, (consulté le 15 février 2018)
  17. « La plainte ne sera pas traitée », sur http://www.20min.ch, (consulté le 21 février 2018)
  18. a, b et c « Le conseil d'administration de La Poste suspend la direction de CarPostal », sur https://www.letemps.ch, (consulté le 11 juin 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]