Tramway de Lausanne

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Pour l'ancien réseau de tramway, voir Ancien tramway de Lausanne.

Ligne T1 du tramway de Lausanne
Réseau TL
Ouverture 2023
Terminus Lausanne-Flon
Renens-Gare (Croix-Péage à l'issue de la phase 2)
Exploitant TL
Conduite (système) Manuelle (Marche à vue)
Matériel utilisé Tramway fer
Dépôt d’attache Garage-atelier de Perrelet
Points d’arrêt 10
Longueur 4.5 km
Communes desservies 3
Fréquentation
(moy. par an)
11 millions (estimations)
Lignes connexes (M) (M1) (M2), (LEB)

Le tramway de Lausanne est un projet de tramway devant desservir la ville de Lausanne, capitale du canton de Vaud en Suisse. La ligne sera mise en service à l'horizon 2023.

La ligne reliera la gare de Lausanne-Flon à celle de Renens à l'ouest, puis dans un second temps elle ira jusqu'à Villars-Sainte-Croix. Le parcours demandera 15 minutes d'un terminus à l'autre et desservira dix stations pour une longueur de 4,5 km, six autres stations s'ajouteront lors de la phase 2. Elle devrait transporter, durant sa première année de service, 11 millions de voyageurs.

Projet[modifier | modifier le code]

Le retour du tramway à Lausanne, l'ancien réseau ayant été supprimé en 1964, est esquissé en 2005 puis soumis à la Confédération en 2007 dans le cadre du Projet d'agglomération[1] et intégré au projet Axes forts, incluant des lignes de bus à haut niveau de service, dont le tram en constitue la première phase[2]. Le choix du tramway est validé en 2008[3]. La concession est attribuée en 2011 pour une durée de 50 ans avec prise d'effet à partir de 2012, la confédération participe à hauteur de 74 millions de francs suisses[4].

Le projet initial prévoit le construire une ligne de 4,5 km entre la gare de Lausanne-Flon et Renens mais, un vote du Grand Conseil en 2012 soutien son extension jusqu'à Bussigny et Villars-Sainte-Croix[5]. La mise à l'enquête, effectuée la même année, a soulevé de nombreuses oppositions et a permis d'adapter le projet, avec notamment l'abandon de l'hypothèse du terminus souterrain au Flon, qui aurait renchérit le projet de 83 millions de francs, le terminus s'effectuera en surface place de l'Europe[6].

En , l'Office fédéral des transports donne son accord pour la construction de la ligne, ainsi que d'une partie du projet de bus à haut niveau de service et des aménagements routiers qui compenseront la fermeture à la circulation automobile de la rue de Genève et du Grand-Pont, en particulier la rampe Vigie-Gonin, dont la construction nécessiterait de raser une partie de la « forêt » du Flon et qui est source de nombreuses contestations, les élus du parti Les Verts qualifiant le projet de rampe d'« aberration écologique »[7],[1]. Au mois de mai suivant les élus de la ville de Lausanne débloquent les 20 millions de francs que la municipalité dépensera pour le projet, suivi en juin par les élus du canton du Grand Conseil qui valident l'investissement de 453 millions de Francs de l'État de Vaud[8],[9].

Une semaine après, le Grand Conseil vote une résolution pour construire la ligne d'une traite, au lieu de phaser avec un premier tronçon jusqu'à Renens puis le second jusqu'à Villars-Sainte-Croix, en tenant compte des nombreux retards que prend le projet en raison des nombreuses oppositions[10].

En le projet reste bloqué en attente de la décision du tribunal administratif fédéral à cause de l'opposition à la rampe Vigie-Gonin, en particulier des élus écologistes[1].

Le projet accompagnera la croissance démographique de l'Ouest lausannois qui doit, d'après les chiffres estimés en 2016, accueillir 70 000 habitants et 40 000 emplois supplémentaires au cours des 15 prochaines années, et de pallier la saturation de la ligne M1 du métro[11]. La construction du tramway devrait prendre quatre ans, pour une livraison prévue, en , à l'horizon 2023[2],[12],[13]. En et afin de débloquer la situation, une délégation du tribunal administratif fédéral accompagnée d'un représentant de l'Office fédéral des transports s'est rendu à Lausanne discuter avec les représentants de la ville, des TL et les commerçants du Flon opposés au tramway, sur le site de la rampe Vigie-Gonin ; toutefois, la date où le tribunal administratif rendra sa décision reste inconnue à ce jour[14]. L'un des principaux opposants au projet, le commerçant Guillaume « Toto » Morand, qui menace de lancer une initiative populaire si son recours contre la destruction de la forêt du Flon, un des cinq recours restant en sur les 130 qui furent déposés au total, est rejeté[15]. Le syndic de Lausanne Grégoire Junod précise que les « trois-quarts vont subsister », ce que dément « Toto » Morand qui affirme qu'elle sera entièrement détruite[15].

En février 2018, le tribunal administratif fédéral (TF) reconnaît la validité du projet de tramway mais retoque la rampe Vigie-Gonin, reconnaissant partiellement le recours déposé par Guillaume « Toto » Morand l'année précédente, ce qui bloque à nouveau le projet[16]. Les autorités cantonales et les TL se félicitent de la décision du tribunal concernant le tram mais vont déposer un recours concernant la rampe, le tribunal ayant basé son avis sur le fait que selon eux, l'OFT n'est pas compétente à ce sujet et que « cette liaison routière ne présente ainsi pas à suffisance, d’un point de vue matériel et spatial, un rapport nécessaire et étroit avec l’exploitation ferroviaire pour faire l’objet d’une procédure d’approbation des plans ferroviaires »[16]. Toutefois, le calendrier du projet tient compte d'un éventuel recours au TF, la ligne ne devrait pas être à nouveau retardée[16]. En mars suivant, les députés du Grand Conseil du canton de Vaud rejettent la pétition demandant le classement de la forêt du Flon, ce qui aurait empêché la construction de la rampe, la conseillère d'État Nuria Gorrite évoquant même une mise en service repoussée en 2024 ou 2025[17].

Les TL ont obtenu en l'autorisation du tribunal administratif fédéral (TF) de débuter les travaux du côté de la gare de Renens via la levée partielle de l'effet suspensif, ce qui déploque par ailleurs la poursuite de la restructuration de la gare de Renens et permet de débuter les études d'exécution sur l'avenue du 14-Avril[18].

Tracé et stations[modifier | modifier le code]

Longue de 4,5 km dans le cadre de la 1re phase jusqu'à Renens, la ligne qui portera l'indice t1[2], comptera dix stations et mettra la gare de Renens à 15 minutes de la gare de Lausanne-Flon, pour une vitesse commerciale estimée à 20 km/h[11]. La phase 2 ajoutera six autres stations.

Tracé[modifier | modifier le code]

Le tracé naîtra sur la place de l'Europe, située au dessus de la gare de Lausanne-Flon. La ligne empruntera ensuite la rue de Genève, longeant Le Flon par le nord et passant sous le Pont Chauderon pour rejoindre l'avenue de Morges, prolongée par la route de Renens à Prilly, où elle desservira la halte de Prilly-Malley puis la rue de Lausanne à Renens. Elle marquera son terminus à la gare de Renens, sur la place située devant.

Pour la seconde phase, la ligne passera par la rue du Terminus, prolongée par la route de Bussigny, où elle passera une première fois sous l'autoroute A1, qui devient la route de Renens une fois entré dans Bussigny. La ligne bifurquera à droite pour emprunter un court tronçon de la route de Crissier puis à gauche pour emprunter la route de Bruyères puis la route de Sullens où elle passera une seconde fois sous cette même autoroute pour rejoindre le futur terminus aux portes de Villars-Sainte-Croix, au croisement avec la route principale 9.

Liste des stations[modifier | modifier le code]

Les stations de la ligne sont présentées d'est en ouest, la liste ci-dessous inclut la seconde phase[19],[20].

      Stations Coordonnées Communes (quartiers) Correspondances[21]
    Lausanne-Flon 46° 31′ 15″ N, 6° 37′ 49″ E Lausanne (Centre) (M) (M1) (M2)
(LEB) (Gare de Lausanne-Flon)
    Port-Franc 46° 31′ 20″ N, 6° 37′ 38″ E Lausanne (Centre)
    EPSIC 46° 31′ 24″ N, 6° 37′ 15″ E Lausanne (Centre)
    École des Métiers 46° 31′ 29″ N, 6° 36′ 53″ E Lausanne (Sébeillon/Malley)
    Prélaz-les-Roses 46° 31′ 36″ N, 6° 36′ 29″ E Lausanne (Sébeillon/Malley)
    Galicien 46° 31′ 43″ N, 6° 36′ 11″ E Prilly RER Vaud
Liaisons nationales
(M) (M1) (Malley)
(à distance)
    Perrelet 46° 31′ 49″ N, 6° 35′ 52″ E Renens
    Renens-Croisée 46° 32′ 01″ N, 6° 35′ 26″ E Renens
    Hôtel-de-Ville 46° 32′ 10″ N, 6° 35′ 09″ E Renens (Centre)
    Renens-Gare 46° 32′ 16″ N, 6° 34′ 45″ E Renens (Centre) RER Vaud
Liaisons nationales
(M) (M1)
  x   Pont-Bleu 46° 32′ 23″ N, 6° 34′ 32″ E Crissier Phase 2
  x   Vernie 46° 32′ 38″ N, 6° 34′ 13″ E Crissier Phase 2
  x   Arc-en-Ciel 46° 32′ 51″ N, 6° 33′ 52″ E Bussigny Phase 2
  x   Buyère 46° 33′ 00″ N, 6° 33′ 49″ E Bussigny Phase 2
  x   Cocagne 46° 33′ 17″ N, 6° 33′ 43″ E Bussigny Phase 2
  X   Croix-Péage 46° 33′ 39″ N, 6° 33′ 55″ E Bussigny/Villars-Sainte-Croix Phase 2

(Les stations en gras serviront de départ ou de terminus à certaines missions, celles marquées d'un X seront mises en service dans le cadre de la phase 2)

Exploitation[modifier | modifier le code]

La ligne offrira une fréquence d'une rame toutes les six minutes, soit une capacité de 2 750 voyageurs par sens et par heure, extensible jusqu'à 4000 à long terme[11]. Bien qu'aucun appel d'offres n'ayant encore été passé, les visuels communiqués par la municipalité laissent entendre que le choix se porterait sur un tramway classique, roulant sur des rails[11].

Le dépôt sera construit sur la parcelle située à l'ouest de l'actuel dépôt de bus et siège des TL à Perrelet[22]. Ce site, racheté en 2015 par le canton de Vaud, était occupé par le brasseur Heineken[23].

Fréquentation[modifier | modifier le code]

Une fréquentation annuelle de 11 millions de voyageurs est attendue à la mise en service de la ligne[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Charaf Abdessemed, « Vigie-Gonin: l’étrange combat des Verts lausannois », sur http://www.lausannecites.ch, (consulté le 9 février 2017).
  2. a b et c « Tram t1 », sur http://www.lausanne.ch (consulté le 9 février 2017).
  3. Frédéric Mamaïs, « Le Grand-Lausanne veut un tram d’est en ouest », sur http://www.sno-tl.ch, 24 heures, (consulté le 22 juin 2017).
  4. « Tram Lausanne-Renens: le Conseil fédéral accorde la concession », sur http://www.romandie.com, (consulté le 9 février 2017).
  5. « Soutien pour prolonger la voie jusqu'à Bussigny », sur http://www.20min.ch, (consulté le 9 février 2017).
  6. « L'arrivée du tram à Lausanne sur de bons rails », sur http://www.20min.ch, (consulté le 9 février 2017).
  7. Cindy Mendicino, « Le tram a gagné une bataille mais pas la guerre », sur http://www.24heures.ch, (consulté le 9 février 2017).
  8. Cindy Mendicino, Alain Détraz, « Lausanne dit oui au financement du tram Flon-Renens », sur http://www.24heures.ch, (consulté le 9 février 2017).
  9. Lise Bourgeois, « Plus de 453 millions engagés pour le tram Renens-Lausanne », sur http://www.24heures.ch, (consulté le 9 février 2017).
  10. « Le tram construit d'une traite jusqu'à Villars-Sainte-Croix? », sur http://www.24heures.ch, (consulté le 9 février 2017).
  11. a b c d et e Aïna Skjellaug, « Le grand retour du tram à Lausanne », sur https://www.letemps.ch, (consulté le 9 février 2017).
  12. « Présentation synthétique du projet "Axes Forts" », sur https://www.axes-forts.ch, (consulté le 5 septembre 2017).
  13. « Un crédit de 287 millions voté pour le futur tram Lausanne-Renens », sur https://www.rts.ch, (consulté le 5 septembre 2017).
  14. Emmanuel Borloz, « Le Tribunal administratif fédéral en visite au Flon », sur https://www.24heures.ch, (consulté le 12 septembre 2017).
  15. a et b « "Toto" Morand prêt à aller jusqu'à une initiative dans le dossier du Flon », sur https://www.rts.ch, (consulté le 20 septembre 2017)
  16. a b et c Renaud Bournoud et Cindy Mendicino, « La rampe qui se dresse sur la route du tram », sur https://www.24heures.ch, (consulté le 10 février 2018)
  17. « Non à la pétition en faveur de la forêt du Flon à Lausanne », sur https://www.swissinfo.ch, (consulté le 17 mars 2018)
  18. Cindy Mendicino, « Feu vert pour un petit bout de tram », sur https://www.24heures.ch, (consulté le 27 juin 2018)
  19. « Axes Forts - Le réseau », sur =http://www.lausanne-morges.ch (consulté le 27 mai 2017).
  20. (en) « Tram Lausanne T1 electrical equipment rating », sur http://www.enotrac.com (consulté le 27 mai 2017).
  21. Les correspondances sont données à titre indicatif et peuvent fortement évoluer d'ici à la mise en service de la ligne. Seules les correspondances avec les transports guidés (métros, trains, etc.) et les correspondances en étroite relation avec la ligne sont données.
  22. « Le garage-atelier du futur tram t1 se profile », sur http://www.batimag.ch, (consulté le 9 février 2017).
  23. Renaud Bournoud, « A Renens, le tram remplace les caisses de bières », sur http://www.24heures.ch, (consulté le 9 février 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]