Trolleybus de Lausanne

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Trolleybus de Lausanne
Image illustrative de l'article Trolleybus de Lausanne
Un Hess Swisstrolley 3 sur la ligne 2.

Situation Drapeau de la Suisse Lausanne, Suisse
Type Trolleybus
Entrée en service
Longueur du réseau 60.7 km
Lignes 11
Véhicules 99
Exploitant Transports publics de la région lausannoise (TL)
Lignes du réseau 1 2 3 4 6 7 8 9 17 21 25
Réseaux connexes Métro de Lausanne, Réseau de bus des TL

Image illustrative de l'article Trolleybus de Lausanne
Plan des réseaux métro et trolleybus de Lausanne en 2011

Les trolleybus de Lausanne constituent un des trois réseaux de transport en commun de la ville de Lausanne et de son agglomération en Suisse. Il est mis en service en 1932 et est l'un des plus anciens au monde encore en fonctionnement, après ceux de Philadelphie et de Shanghai. Le réseau compte en 2016 onze lignes exploitées par 99 trolleybus et 24 remorques routières pour une longueur totale de 60,7 km.

On compte parmi les lignes les plus fréquentées du réseau, la ligne 7 avec 31 200 voyageurs quotidiens.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le TL no 2 est un des trois premiers trolleybus mis en service à Lausanne en 1932. Il est fabriqué par FBW.

Les trolleybus voient le jour à Lausanne le sur 1,5 km entre la gare de Lausanne et le quartier d'Ouchy[1],[2]. Le relief lausannois très accidentée rend en effet l'exploitation du réseau de tramway ouvert en 1896 très compliquée, les TL cherchent donc un moyen de transport plus flexible[1].

Le test s'avérant concluant, les tramways sont définitivement remplacées sur ce tronçon de la ligne 1/11 en 1933, la ligne fonctionne à l'aide de trois véhicules[1],[2]. Entre et , le reste de la ligne 1/11 et les lignes 2/12, 4/14, 6/16 et 8/18 sont à leur tour converties en lignes de trolleybus, trente-deux véhicules sont commandés pour l'occasion[1]. Les pénuries dues à la Seconde Guerre mondiale obligent les TL à remettre en service les tramways sur les lignes 1/11 et 6/16 entre 1942 et 1946[1],[2].

Le la ligne 20 Tunnel-Montheron est convertie au trolleybus, 14 véhicules supplémentaires sont livrés[1],[2]. Le la ligne 9 est à son tour convertie au trolleybus et la double numérotation (par exemple, 1 à l'aller et 11 au retour) est abandonnée[1],[2]. Enfin en 1964, la dernière ligne de tramway, la 7, est à son tour convertie en ligne de trolleybus[1],[2]. Le , la ligne 21 Lausanne-Chalet à Gobet est équipée de trolleybus, complétée le par le prolongement de la ligne 5 jusqu'à Épalinges[2].

Le , la ligne 9 est prolongée à Lutry mais elle est raccourcie par la suite en raison d'un accord tarifaire avec les opérateurs ferroviaires[2]. L'achat de 72 nouveaux véhicules, dont 54 d'occasion, en 1975 augmente la flotte de façon considérable, portant en 1978 la flotte à 112 véhicules[2]. En 1981, la ligne 3 (Gare CFF-Belvaux) naît de la scission de la ligne 5, qui conserve la section Épinettes-Épalinges[3].

Entre 1982 et 1989 72 nouveaux véhicules sont commandés et permettent de renouveler la flotte devenue vieillissante[1],[2].

Le , la mise en service du Tramway du Sud-Ouest lausannois, l'actuel M1, provoque de nombreuses modifications de lignes, dont le prolongement de la ligne 2 à Bourdonnette et la conversion, le lendemain, en trolleybus de la ligne 15[1],[2].

La réouverture de la ligne 60, ancienne ligne 20, initialement prévue le est définitivement abandonnée en raison de la protestation des riverains, opposés au retour des lignes aériennes de contact[2].

En 1999, le réseau voit une partie de la flotte des années 1960 renouvelée au profit de 28 trolleybus articulés Neoplan bi-modes, mais dont les multiples incendies en 2005 obligent les TL de les retirer du service en 2006 et sont renvoyés au constructeur[1],[2]. Les trolleybus lausannois fêtent leurs 75 ans en 2007[1].

Depuis 2009, les trolleybus standards et les remorques à plancher haut, non accessibles aux personnes à mobilité réduite, sont remplacés par 62 trolleybus articulés Hess Swisstrolley[2].

Le est la date d'application du « réseau 08 », due à l'ouverture de la ligne M2 du métro le précédent, voie l'application d'une refonte partielle du réseau[4],[3] : suppression de la ligne 5 et du tronçon Sallaz-Praz-Séchaud de la ligne 6, remplacé pour par la ligne d'autobus 41 ; la ligne 4 absorbe la ligne 15 et la nouvelle ligne 21 remplace la ligne de bus 11 et complète la ligne 3 qui faillit disparaître cette année-là, mais les protestations des riverains permettent son maintien.

Le , le tronçon Renens-Saint-François de la ligne 7 est intégré à la ligne de bus 17, qui est donc exploitée en trolleybus sur ce tronçon, en prévision des travaux de l'avenue de Chailly et des futurs bus à haut niveau de service et tramway entre Lausanne et Renens[5].

Le , la ligne 25 est prolongée jusqu'à Chavannes-près-Renens[6].

Mi-2016, la ligne 6 est prolongée jusqu'à Praz-Séchaud, retrouvant ainsi une desserte abandonnée en 2008[7].

Le réseau[modifier | modifier le code]

Présentation[modifier | modifier le code]

Le réseau comprend onze lignes — La ligne 17 est en exploitation mixte avec des autobus —, toutes exploitées par la Société anonyme Transports publics de la région lausannoise (TL), s'étendant sur 60,7 km à travers Lausanne et son agglomération et est donc entièrement situé dans les zones 11 et 12 de la communauté tarifaire Mobilis Vaud[8]. Il est exploité à l'aide de 96 trolleybus dont 62 articulés et 24 standards avec autant de remorques routières en 2016[8].

Les lignes[modifier | modifier le code]

Un NAW et sa remorque sur la ligne 7, en 2007.

Exploitation[modifier | modifier le code]

Les informations concernant la tarification, commune à l'ensemble du réseau de transport en commun de Lausanne, sont présentes sur l'article Transports publics de la région lausannoise. Pour l'aménagement des arrêts, voir l'article Réseau de bus des TL.

Installations électriques[modifier | modifier le code]

Le réseau de trolleybus lausannois est alimenté en 600 V en courant continu par une bifilaire placé au dessus de la chaussée.

Les aiguillages sont à commande électro-magnétique, le conducteur doit commander à chaque aiguille devant être passée en mode déviée le changement de position, l'appareil se plaçant par défaut en position normale[9]. Le conducteur dispose de deux boutons sur son poste de conduite, un pour envoyer l'impulsion, captée par un récepteur placée sur le fil de gauche et l'autre pour annuler la commande, si le conducteur n'est pas déjà engagé[9].

À hauteur de l'aiguille, une plaque reprenant le numéro de l'appareil et une flèche indiquant la position déviée est présente, de couleur verte sauf aux courbes serrées où elle est de couleur rouge, afin d'inciter les conducteurs à la prudence et d'éviter ainsi un déperchage[9]. Enfin, un indicateur lumineux indique, à l'aide de flèches orages, la position de l'aiguille au conducteur[9].

Matériel roulant[modifier | modifier le code]

Matériel actuel[modifier | modifier le code]

En 2016, la flotte de trolleybus des TL se compose de 27 trolleybus standards (dont 3 véhicules-école) et de 62 de trolleybus articulés soit un total de 99 trolleybus, et de 24 remorques routières, ces dernières sont attelées exclusivement aux trolleybus standards. Seuls les réseaux de Lausanne et de Lucerne continuent d'utiliser des remorques, mais le remplacement des trolleybus standards — cantonnés à la seule ligne 4 depuis 2013[10] — à l'horizon 2022 dans le cadre de la mise en service des bus à haut niveau de service devrait marquer leur retrait définitif dans la capitale vaudoise[11].

Véhicules[modifier | modifier le code]
Numéros de parc Nombre Constructeur(s) Équipement électrique Modèle Type Plancher bas Mise en service
Trolleybus des TL (Lausanne).JPG Trolleybus école : 751-753
754, 760, 766, 768–769, 771-772, 774–782, 784–791
27 NAW / Lauber BBC-Sécheron 91 T Standard non 1986–1990
TL ligne 21.jpg 831–865 35 Hess Kiepe BGT-N2C (Swisstrolley 3) Articulé oui 2009–2010
Defaut.svg 866–892 27 Hess Kiepe BGT-N2D (Swisstrolley 4) Articulé oui 2012–2013
Remorques[modifier | modifier le code]
Numéros de parc Nombre Constructeur(s) Plancher bas Mise en service
Lausanne trolleybustrailer906.jpg 902–907, 910–914,
916, 919–930
24 Hess / Lanz + Marti oui 1990–2006

Ancien matériel[modifier | modifier le code]

Véhicules[modifier | modifier le code]

Le trolleybus no 2 est conservée par l'association Rétrobus Léman, il est le plus ancien trolleybus d'Europe encore en circulation. Les TL ont également donné des véhicules d'occasion aux trolleybus de Fribourg (701, 702, 703 et 709) ainsi que dans les villes roumaines de Sibiu et de Ploiesti.

Numéros de parc Nombre Constructeur(s) Équipement électrique Modèle Type Plancher bas Mise en service
JHM-1964- TL-2 Lausanne.jpg 001–3 03 FBW / SWS BBC Standard non 1932
Defaut.svg 004–35 32 FBW / Eggli BBC Standard non 1938–1939
Defaut.svg 041–48 08 FBW / Eggli BBC 51 Standard non 1951
La Batteuse n°656.jpg 651–675 25 FBW / Eggli BBC 71 Standard non 1963–1964
Defaut.svg 676–679 04 FBW / Eggli BBC Standard non 1969
Sibiu ex-Lausanne FBW trolleybus 239.jpg 701–718 18 FBW / Hess SAAS 91 T Standard non 1975–1976
Trolleybus in Lausanne 2.jpg 721–750 30 FBW / Hess BBC-Sécheron 91 T Standard non 1982–1984
Lausanne trolleybus774.jpg 755–759, 761–765, 767, 770, 773, 783, 792 15 NAW / Lauber BBC-Sécheron 91 T Standard non 1986–1990
Trolleybus Bimode ex-Lausannois n°808, En Roumanie.jpg 800–827 28 Neoplan Kiepe N 6121 Articulé bi-mode oui 2001–2002
Remorques[modifier | modifier le code]
Numéros de parc Nombre Constructeur(s) Plancher bas Mise en service
Defaut.svg 901, 908–909,
915, 917–918
06 Hess / Lanz + Marti oui 1990–2006
Defaut.svg 931–950 20 Moser / Eggli oui 1963–1964
TL 971 Blécherette.JPG 951–973 23 Rochat / Lauber non 1974–1979
Defaut.svg 981 01 Hess / Lanz + Marti (prototype) oui 1986

La remorque 981 a été réformée en 2010 et est conservée par l'association Rétrobus Léman. Elle est la première remorque de trolleybus à plancher bas en Suisse.

Accidents[modifier | modifier le code]

Le a lieu un incendie impliquant un trolleybus bimode de Neoplan acquis par le réseau en 2001. En effet, peu avant 23 h heures, alors que le trolleybus 818 vient de déposer ses derniers passagers au terminus de Lutry et s'apprête à repartir, le véhicule prend feu[12]. Aucun passager n'est impliqué dans l'incendie, et la conductrice a pu sortir à temps. Le service n'a subi aucune perturbation le jour suivant[12].

Près d'un mois plus tard, le , le trolleybus 825, de la même série que le précédent, prend feu entre 21 h 30 et 22 h au dépôt de Perrelet. Les bus en fin de service sont alors contraints de stationner sur la route de Lausanne durant la plupart de la nuit[12].

Les TL décident en accord avec Neoplan de suspendre temporairement l'exploitation des 26 trolleybus restants pour éviter « qu'une catastrophe se produise en pleine journée ou en heure de pointe »[12]. Le réseau met rapidement en place une cellule de crise et met tout en œuvre pour maintenir les horaires, cependant le manque manifeste de véhicules fait que les horaires et fréquences, de même que le transport des personnes à mobilité réduite ne peuvent pas être respectées[12]. Les TL ont donc lancé un appel aux autres compagnies pour remédier au manque de véhicules. Ce sont ainsi 5 sociétés suisses qui ont prêté plusieurs véhicules à Lausanne — parmi elles, les TPG et le VMCV.

C'est donc dès 2005 que les TL achètent aux TPG des trolleybus d'occasion qui seront rénovés par le réseau. Le les TL prennent la décision définitive de retourner les véhicules au constructeur allemand. Le réseau, qui a versé 13 millions de francs en 2001 pour l'acquisition des trolleybus de Neoplan, se voit offrir en 2007 22 autobus articulés N4522 de la part du constructeur à titre de dédommagement[12].

Vingt-quatre des trolleybus N6121 sont rachetés en par la RATP Ploiesti, en Roumanie, après que tous les soucis techniques ont été corrigés par le constructeur[13].

Tous les véhicules d'occasion achetés après l'incident restants sont mis hors service en janvier 2010, marquant la fin de l'affaire des bimodes et de ses conséquences.

Avenir[modifier | modifier le code]

Un Hess lighTram identique à celui prêté aux TL.

Les lignes 1, 3, 7, 9 et 17 devraient profondément évoluer d'ici à 2025, entre la mise en service du nouveau tramway Lausanne-Renens qui reprendra le trajet de la ligne 17, les trois nouvelles lignes de bus à haut niveau de service (BHNS) qui suivront globalement le trajet des lignes 3, 7 et 9 et la nouvelle ligne de métro M3 qui suivra globalement le trajet de la ligne 1 et une partie de la ligne 3 vers la Blécherette[14].

Les lignes de BHNS seront exploitées en trolleybus bi-articulés de 24 m de long[14]. Afin de tester l'insertion d'un tel véhicule, un Hess lighTram des Verkehrsbetriebe Luzern (de), qui exploitent les trolleybus de Lucerne, est prêté aux TL entre fin août et fin septembre 2017 où il circule sur les lignes 7, 9 et 17. Ces lignes de BHNS disposeront de voies réservées sur 70 % de leur trajet et auront une vitesse commerciale de 18 km/h ; l'aménagement des lignes coûtera 266 millions de francs et seront exploités à l'aide d'une vingtaine de trolleybus bi-articulés[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l « Histoire », sur http://www.sno-tl.ch (consulté le 14 janvier 2017).
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n (en) « Trolleybus city: Lausanne [Schweiz] », sur http://www.trolleymotion.eu (consulté le 14 janvier 2017).
  3. a et b « La ligne 3 », sur http://www.sno-tl.ch (consulté le 14 janvier 2017).
  4. « Le Réseau 08 », sur http://www.sno-tl.ch (consulté le 14 janvier 2017).
  5. « Un lot de nouveautés, cet été, sur le réseau tl », sur http://www.t-l.ch, (consulté le 15 janvier 2017).
  6. « Une nouvelle ligne 25 dès le 15 septembre », sur http://www.t-l.ch, (consulté le 15 janvier 2017).
  7. (de) Juergen Lehmann, « Lausanne [CH] - Erweiterung des Trolleybusbetriebs angekündigt », sur http://www.trolleymotion.eu (consulté le 14 janvier 2017).
  8. a et b « Chiffres de référence », sur http://www.t-l.ch (consulté le 15 janvier 2017).
  9. a, b, c et d « Le réseau de lignes aériennes », sur http://www.sno-tl.ch (consulté le 15 janvier 2017).
  10. (en) Juerghen Lehmann, « Lausanne [CH] - Delivery of the First SwissTrolley4 », sur http://www.trolleymotion.eu, (consulté le 15 janvier 2017).
  11. (de) Juergen Lhmann, « Lausanne [CH] - Präsentation des Luzerner LighTram 409 zum Projekt 'Axes forts' », sur ttp://www.trolleymotion.eu, (consulté le 5 septembre 2017).
  12. a, b, c, d, e et f « L'affaire bimode - SNOTL »
  13. Jérôme Ducret, « Brûlés à Lausanne, ils finissent en Roumanie », 24 heures,
  14. a et b « Présentation synthétique du projet "Axes Forts" », sur https://www.axes-forts.ch, (consulté le 5 septembre 2017).
  15. Chloé Banerjee-Din, « Les TL présentent leur futur super-bus », sur https://www.24heures.ch, (consulté le 5 septembre 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) (de) Robert Schwandl, Schwandl's Tram Atlas Schweiz & Österreich, Berlin, Robert Schwandl Verlag, (ISBN 978-3-936573-27-5)
  • (en) Alan Murray, World Trolleybus Encyclopaedia, Yateley, Hampshire, UK, (ISBN 0-904235-18-1)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]