Romanche

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Romanche
Rumantsch
Pays Suisse
Région Canton des Grisons
Nombre de locuteurs 60 000[1] dont 35 000 à 39 000 comme langue principale en 2014[2]
Typologie SVO flexionnelle syllabique
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle Drapeau de la Suisse Suisse (4e langue nationale, semi-officielle)

Canton des Grisons (langue officielle)

Codes de langue
ISO 639-1 rm
ISO 639-2 roh
ISO 639-3 roh
Étendue langue individuelle
Type langue vivante
IETF rm
Linguasphère 51-AAA-k
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (voir le texte en français)

Artichel ün.

Tuots umans naschan libers ed eguals in dignità e drets. Els sun dotats cun intellet e conscienza e dessan agir tanter per in uin spiert da fraternità.

Le romanche (rumantsch) est une langue romane parlée par plus de 60 000 personnes en Suisse, essentiellement dans le canton des Grisons. Elle constitue une langue officielle de ce canton, ainsi que la 4e langue nationale suisse depuis 1938[3].

Le romanche fait partie des langues rhéto-romanes ; il est donc apparenté au ladin et au frioulan, pratiqués en Italie.

Selon le recensement fédéral de la population de 2000, 60 561 résidents de la Suisse parlent cette langue, soit 0,8 % de la population du pays. C'est la langue principale de 35 095 personnes, ce qui représente 0,5 % des résidents totaux[4]. La majorité de ces locuteurs se trouvent dans les Grisons et le reste, dans la diaspora romanche, un peu partout en Suisse. L'usage de cet idiome étant en lente régression (- 15 % depuis 10 ans et parlé par moins de 100 000 personnes), on craint pour son avenir. Afin de contrer cette tendance, la Confédération suisse accorde un soutien au canton des Grisons pour la sauvegarde et la promotion du romanche[5].

La langue n'est usuelle que dans les Grisons et dans ce canton, surtout dans les districts d'Albula, de Surselva, d'Inn et dans les ¾ du Maloja (Engadine). Elle est aussi pratiquée dans les communes de Cazis, Ferrera et Andeer dans le district de Hinterrhein et à Domat/Ems, Trin, et Felsberg dans le district d'Imboden. Ces territoires représentent environ 40 % du territoire cantonal.

Le Rumantsch Grischun (RG), romanche grison en français, est la forme unifiée et standardisée de la langue. Il a été créé et introduit par la Lia rumantscha (Ligue romanche) en 1982. Il est reconnu comme une langue officielle dans les Grisons depuis 1992 et son enseignement est encouragé dans presque toutes les écoles primaires depuis 2010. À présent, les manuels scolaires, les documents cantonaux et fédéraux ainsi que la majorité des publications en romanche sont écrits uniquement en rumantsch grischun[6].

Il existe aussi cinq variétés locales traditionnelles du romanche.

Histoire [7][modifier | modifier le code]

En 1527, Juan Travers, homme d’État et de guerre, écrivait une sorte de chanson de geste (La chanzun da la guerra dal chasté da Müsch). Deux autres fondateurs de la langue écrite sont le réformateur Philippe Saluz et Giachem Bifrun.

Si les protestants recourent souvent pour des fins polémiques à la langue romanche, l’abbaye catholique de Disentis est le foyer au XVIIe siècle d’une littérature nouvelle.

Dans la période moderne, on trouve des poètes nationaux comme Peider Lansel, Gion Fontana ou Maurus Carnot, ainsi que des érudits comme Planto ou Andréa Schorta, auteurs d’un Dictionnaire toponymique grison. Le principal artisan du romanche moderne est sans doute le linguiste zurichois Heinrich Schmid, qui créa en 1982, à la demande de la Ligue romanche (Lia Rumantscha), organisation de défense et de promotion de la culture romanche, la forme écrite du rumantsch grischun, unifiant les cinq principaux dialectes romanches, et désormais utilisée pour les manuels scolaires et les documents administratifs.

Classification[modifier | modifier le code]

C'est une langue romane, du groupe rhéto-roman, donc proche du ladin et du frioulan.

Le romanche est également proche des langues du groupe occitano-roman.[réf. souhaitée]

Répartition géographique[modifier | modifier le code]

Répartition comme langue majoritaire en 1860 dans les Grisons.
  •      Allemand
  •      Romanche
  •      Italien
Source : Office fédéral de la statistique, recensement 2000
Répartition comme langue majoritaire en 2000 dans les Grisons.
  •      Allemand
  •      Romanche
  •      Italien
Source : Office fédéral de la statistique, recensement 2000
Répartition effective en 2000 dans les Grisons.
  •      Allemand
  •      Romanche
  •      Italien
  • Hachures : zone avec langue minoritaire parlées par au moins 30 % de la population
Source : Office fédéral de la statistique, recensement 2000

Statut officiel[modifier | modifier le code]

Panneau annonçant le Parc national suisse en romanche.

Contrairement aux autres langues nationales, le romanche a un statut de langue semi-officielle. Il constitue une « langue officielle pour les rapports que la Confédération entretient avec les personnes de langue romanche » uniquement[8]. Le romanche n'est que très rarement utilisé lors des débats au Parlement fédéral, mais il l'est davantage dans les conférences de presse. Il figure sur les versions récentes des passeports, cartes d'identité et permis de conduire (de même que l'anglais), ainsi que sur les billets de banques. Il est utilisé dans la signalisation routière locale du Canton des Grisons, mais rarement dans celle relevant du fédéral (autoroutes).

Les différents romanches[modifier | modifier le code]

Le romanche n'est pas qu'une seule et unique langue, mais cinq langues naturelles différentes, ayant chacune sa propre forme écrite standardisée :

Le puter et le vallader forment ensemble le sous-groupe engadinois ou rumantsch ladin (de). On ne confondra pas ce sous-groupe avec la langue romane parlée au Tyrol du Sud, également appelée ladin et qui fait partie du même ensemble rhéto-roman.

À ces dialectes, il faut ajouter le jauer (en), parlé dans le Val Müstair, et le rumantsch grischun, langue-toit créée à la fin du XXe siècle.

Écriture[modifier | modifier le code]

Ordre alphabétique et valeur des graphèmes[modifier | modifier le code]

Ordre alphabétique[modifier | modifier le code]

Comme en français ;

A, B, C, D, E, F, G, H, I, J, K, L, M, N, O, P, Q, R, S, T, U, V, (W), X, (Y), Z.

Les lettres w et y ne sont pas employées (sauf dans des mots étrangers).

Prononciation[modifier | modifier le code]

Voyelles[modifier | modifier le code]

Contrairement au français actuel, les voyelles romanches peuvent être longues ou brèves. (Pour simplifier, il n'en est pas tenu compte dans les indications ci-dessous.)

  • a, i : comme en français.
  • é, è, ê :
    • /e/, /ɛ/ (en syllabe finale pour éviter la prononciation « e muet » ou pour distinguer des homographes)
    • En vallader, é ne s'emploie pas et è est un son fermé.
  • e :
  1. /e/, /ɛ/
  2. Dans les finales -el, -em, -en, -er (monosyllabes exceptés) : e muet comme en français.
  • ö (engadinois) : /ø/ (eu français)
  • ü (engadinois) : /y/ (u français)

Nombreuses diphtongues, se prononçant en général comme elles s'écrivent.

L'accent tonique est nettement prononcé, sur l'une des deux dernières syllabes. Comparer la différence entre heureux et heure en français méridional. Exemples en vallader: sandà "santé", mais sonda "samedi"; pajan (accent final comme en français: païen), mais pajan (accent sur la première syllabe comme en français: "ils paient").

L'accent tonique est indiqué par un point sous la voyelle dans les dictionnaires et les grammaires.

Consonnes[modifier | modifier le code]
  • b, d, f, k, l, m, n, r, t, v : comme en français.
  • c :
  1. Devant a, o, u : /k/ (comme en français)
  2. Devant e, i : /ʦ/ (comme dans tsunami).
  • ch:
  1. En engadinois : /ʨ/ tch palatal (voir ci-dessous l'explication de tg)

Un francophone risque de confondre ce son avec /ʧ/ (tsch), mais en romanche il s'agit d'un phonème nettement différent: engadinois tschinch "cinq"; comme en allemand dans ich

  1. En sursilvan, sutsilvan, surmiran (devant e, i) : /k/
  • dsch (engadinois) :
  1. En théorie : /ʤ/ (dj français)
  2. Souvent prononcé /ʧ/ sous l'influence de l'allemand.
  • g:
  1. Devant a, o, u : /ɡ/ (comme en français)
  2. Devant e, i, ö, ü : /ʥ/ (dj palatal mouillé, un peu comme dans une prononciation populaire de « Bon Djieu »)
    • C'est le phonème sonore correspondant à tg (ci-desous)
    • En vallader, en début de mot, ce son est réduit à la semi-voyelle /j/ (ci-dessous).
  • gl (devant i, ü et en fin de mot), gli (devant a, e, o, u) : /ʎ/ (l mouillé, comme lli dans le français allié, mais en un seul son ; comme le gli italien).

Exemples: glima « lime », egl (engadinois ögl) « œil ».

  • gn : /ɲ/ (n mouillé, comme en français) : muntogna « montagne »)
  • h :
  1. En début de mot: en général non prononcé, sauf dans les mots d'origine germanique
  2. Entre voyelles (sursilvan) ou en fin de mot (putèr) : aspiré
  • j : /j/ (semi-voyelle, comme y en français dans yacht, essayer)
  • qu : /kw/ (comme en italien dans quattro, qui ; comme en français dans quoi sans le /a/).
  • s:
  1. /s/ s sourd (français s, ss), parfois même entre voyelles: (vallader) ses « six », sesanta « soixante » ; (sursilvan) sis, sissonta ; (rumantsch grischun) sis, sessanta.
  2. /z/ s sonore (français z, s), parfois même en début de mot: rosa (engadinois rösa) « rose », sut (engadinois suot) « sous ».
  3. Devant consonne sourde (même à l'intérieur de mot) : /ʃ/ (ch français) : festa (sursilvan fiasta) « fête ». Prononcer /fɛʃta/ (feschta), /fjaʃta/ (fiaschta); sco (putèr scu) « comme ». Prononcer /ʃko/ (schkô), /ʃku/ (schkou).
  4. Devant consonne sonore : /ʒ/ (j français dans jus) : engadinois sdun « cuillère » (sursilvan et rumantsch grischun „tschadun“). Prononcer /ʒdun/, /ʧadun/.
  • sch :
  1. sch sourd /ʃ/ (ch français) : schanza « chance », sche (engadinois scha) « si » (exprimant une condition), nascher (sursilvan nescher, accent sur la première syllabe) « naître » (imparfait naschaiva, nascheva, « naissait »).
  2. sch sonore : /ʒ/ (j français) : Grischun (nom: canton des Grisons ; habitant de ce canton), grischun (adjectif: du canton des Grisons), schanugl (engadinois schnuogl) « genou »
  • s-ch (engadinois) : sch + tch palatal (cf. règles ci-dessus pour s devant consonne sourde et pour ch en engadinois)
  • tg (sursilvan, sutsilvan, surmiran et rumantsch grischun) : /tç/ (sorte de tch palatal mouillé). Cf. allemand Plättchen, mais en romanche, il s'agit d'un son unique. Cf. français t devant i ou u dans la prononciation des jeunes : la langue est largement appliquée sur le palais comme pour la semi-voyelle /j/ (français y); imaginez quelqu'un qui prononcerait « entier » et « inquiet » de la même manière en français.
  • tsch : comme dans le français « match ». À distinguer de la palatale écrite ch ou tg.
  • z:
  1. ts
  2. dz
Remarques[modifier | modifier le code]
  • Ce qu'on appelle traditionnellement « l mouillé » en français, comme dans il travailla, n'est plus un l mouillé proprement dit, mais une simple semi-voyelle, comme dans Maya;
  • Les lettres g et l se prononcent séparément (comme en français) devant a, e, o, u et parfois exceptionnellement même devant i, ü.
    • Glatsch « Glace » /glaʧ/
    • (sursilvan) Gliergia (putèr) Glüergia, variantes de Gloria « Gloire »
  • Parfois, g et n se prononcent séparément, comme en français dans stagnation, agnostique : romanche magnet (de l'allemand) « aimant ».
  • Si le mot romanche a un correspondant en français, la prononciation du sch est prévisible. Comme on le voit sur les exemples ci-dessus, si le mot correspondant en français a s sourd, ss ou ch, le romanche a un sch sourd; si le mot correspondant en français a s sonore ou g, le romanche a un sch sonore.
  • Le groupe de sons s-ch du ladin (vallader, puter) est écrit stg dans le reste du romanche et en rumantsch grischun.
  • En rumantsch grischun, le son /tç/ est écrit tg en général, mais ch devant a en début de mot. C'est une conséquence de la volonté de rester aussi proche que possible de la graphie des langues romanches préexistantes. Donc  (vallader) chüna, (surmiran) tgegna, (sursilvan et rumantsch grischun) tgina « berceau ». Mais : (vallader) chasa, (surmiran) tgesa, (sursilvan) casa, (rumantsch grischun) chasa « maison ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Usages[modifier | modifier le code]

Grammaire[modifier | modifier le code]

Lexique[modifier | modifier le code]

Exemples[modifier | modifier le code]

Mot en latin Mot en français Mot en italien Mot en occitan Mot en catalan Ladin vallader Mot en frioulan Rumantsch Grischun
terra terre terra terra terra terra tiere terra
caelum ciel cielo cèu cel tschêl cîl tschiel
aqua eau acqua aiga aigua aua aghe aua
ignis/focus feu fuoco fuòc foc fûc fieu
homo homme uomo òme home hom omp um
femina/domina femme donna femna dona duonna fèmine dunna
manducare manger mangiare minjar menjar mangiar manğhâ mangiar
bibere boire bere beure beure baiver bevi baiver
grandis grand grande grand gran grond grand grond
pitinnus petit piccolo pitchon/pitit petit pitschen pičul pitschen
nox nuit notte nuèit/nuech nit not gnot notg
dies/diurnus jour giorno jorn dia/jorn di di
Latin Français Sursilvan Sutsilvan Surmiran Puter Vallader Rumantsch Grischun
aurum or aur or or or or, aur,ar aur
dura dure dir dir deir dür dür dir
oculus œil egl îl îgl ögl ögl egl
levis léger lev leav lev liger leiv lev
tres trois trais tres treis trais trais trais
nix neige neiv nev neiv naiv naiv naiv
rota roue roda roda roda rouda rouda roda
caseus fromage caschiel caschiel caschiel chaschöl chaschöl chaschiel
casa maison casa tgeasa tgesa chesa chasa chasa
canis chien tgaun tgàn tgang chaun chan chaun
(gamba) jambe comba tgomba tgomma chamma chomma chomma
gallina poule gaglina gagliegna gagligna gillina giallina giaglina
cattus chat gat giat giat giat giat giat
totus tout tut tut tot tuot tuot tut
forma forme fuorma furma furma fuorma fuorma furma
ego je (moi) jeu jou ja eau eu jau

Exemples de phrases comparables[modifier | modifier le code]

Le Corbeau et le Renard[modifier | modifier le code]

Le début, simplifié, en français, en italien et dans les différents romanches.

Français[modifier | modifier le code]

Le renard était à nouveau affamé. Il vit un corbeau sur un sapin, qui tenait en son bec un morceau de fromage. Cela me semble bon, pensa le renard et il dit au corbeau : « Comme tu es beau ! Si ton chant est aussi beau que ton apparence, alors tu es le plus beau de tous les oiseaux ».

Italien[modifier | modifier le code]

La volpe era nuovamente affamata. Vide un corvo posato su un pino con un pezzo di formaggio nel becco. Come lo gusterei, pensò la volpe che disse al corvo : « Come sei bello ! Se il tuo canto è così bello come il tuo aspetto, allora sei il più bello fra gli uccelli ».

Sursilvan[modifier | modifier le code]

L'uolp era puspei inagada fomentada. Cheu ha ella viu sin in pegn in tgaper che teneva in toc caschiel en siu bec. Quei gustass a mi, ha ella tertgau, ed ha clamau al tgaper : « Tgei bi che ti eis ! Sche tiu cant ei aschi bials sco tia cumparsa, lu eis ti il pli bi utschi da tuts ».

Sutsilvan[modifier | modifier le code]

La vualp eara puspe egn'eada fumantada. Qua â ella vieu sen egn pegn egn corv ca taneva egn toc caschiel ainten sieus pecel. Quegl gustass a mei, â ella tartgieu, ed â clamo agli corv : « Tge beal ca tei es ! Scha tieus tgànt e aschi beal sco tia pareta, alura es tei igl ple beal utschi da tuts ».

Surmiran[modifier | modifier le code]

La golp era puspe eneda famantada. Cò ò ella via sen en pegn en corv tgi tigniva en toc caschiel an sies pecal. Chegl am gustess, ò ella panso, ed ò clamo agl corv : « Tge bel tgi te ist ! Schi ties cant è schi bel scu tia parentscha, alloura ist te igl pli bel utschel da tots ».

Putér[modifier | modifier le code]

La vuolp d'eira darcho üna vouta famanteda. Cò ho'la vis sün ün pin ün corv chi tgnaiva ün töch chaschöl in sieu pical. Que am gustess, ho'la penso, ed ho clamo al corv : « Che bel cha tü est ! Scha tieu chaunt es uschè bel scu tia apparentscha, alura est tü il pü bel utschè da tuots ».

Vallader[modifier | modifier le code]

La vuolp d'eira darcheu üna jada fomantada. Qua ha'la vis sün ün pin ün corv chi tgnaiva ün toc chaschöl in seis pical. Quai am gustess, ha'la pensà, ed ha clomà al corv : « Che bel cha tü est ! Scha teis chant es uschè bel sco tia apparentscha, lura est tü il plü bel utschè da tuots ».

Rumantsch Grischun[modifier | modifier le code]

La vulp era puspè ina giada fomentada. Qua ha ella vis sin in pign in corv che tegneva in toc chaschiel en ses pichel. Quai ma gustass, ha ella pensà, ed ha clamà al corv : « Tge bel che ti es ! Sche tes chant è uschè bel sco tia parita, lura es ti il pli bel utschè da tuts ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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