Syngenta

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Syngenta
logo de Syngenta

Création 2000
Personnages clés John Ramsay, ancien directeur général (CEO) par intérim

Erik Fyrwald, son successeur Michel Demaré, président du conseil d'administration

Forme juridique Société à responsabilité limitée (SARL)
Action SWX : SYNN
NYSE : SYT
Siège social Bâle
Drapeau de Suisse Suisse
Actionnaires ChemChinaVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité Protection chimique des plantes, semences
Filiales Syngenta (United States) (d), Syngenta (Netherlands) (d), Syngenta (United Kingdom) (d), Syngenta (Canada) (d), Syngenta (China) (d) et Syngenta (Zimbabwe) (d)
Effectif 28 700 (2015)
Site web www.syngenta.com

Capitalisation 31,6 milliards USD (2015)
Chiffre d’affaires 12,79 milliards USD (2016)
Résultat net 1,17 milliard USD (2016)

Syngenta est une société suisse spécialisée dans la chimie et l'agroalimentaire, issue de la fusion en novembre 2000 des divisions agrochimiques des sociétés AstraZeneca et Novartis. Elle est le leader mondial dans la recherche liée à l'agriculture[1], en particulier la production de produits phytosanitaires et de semences.

Syngenta emploie environ 25 000 personnes dans plus de 90 pays (chiffres de 2009), dont 2 500 en Suisse. Elle est cotée au SWX et au NYSE.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 2000, les divisions agrochimiques de deux groupes pharmaceutiques, AstraZeneca et Novartis, fusionnent et donnent naissance à l'entreprise Syngenta[2].

En 2002, Syngenta signe un partenariat de recherche avec Diversa, une entreprise américaine spécialisée dans l’application de technologies génétiques pour le développement et l’optimisation de nouveaux produits[3].

En 2004, la société acquiert Dia-Engei, une entreprise japonaise spécialisée dans le domaine semences et jeunes plants de fleurs potagères[4], puis Advanta BV, avec la société Fox Payne[5]. Elle signe également un accord portant sur l'acquisition de 90% du groupe Golden Harvest, renforçant sa position dans le secteur du maïs et du soja aux Etats-Unis[6]. Par ailleurs, la joint venture Dulcinea Farms GmbH est créée avec Tanimura & Antle (commercialisation de fruits aux Etats-Unis)[7]. Syngenta signe de plus un accord avec Delta and Pine Land pour la commercialisation de produits biotechnologiques pour le coton[8].

En 2005, Syngenta signe un accord avec l’entreprise japonaise Sumitomo Chemical dans le domaine des herbicides[9], ainsi qu'avec la société COMPO (secteur pelouse et jardin)[10].

En 2006, la société achète Emergent Genetics Vegetable A/S (entreprise danoise de semences de légumes)[11], ainsi que Conrad Fafard AG (fabricant leader de substrats pour le sol)[12].

En 2007, Syngenta renforce son segment fleurs avec l’acquisition du groupe Fischer[13].

En mai 2015, Monsanto fait une offre d'acquisition d'une valeur de 45 milliards de dollars sur Syngenta. Cette offre d'acquisition est constituée à 45 % de liquidités et à 55 % d'échanges d'actions[14],[15]. Les cadres dirigeants de Syngenta refusent cependant l'offre, comme ils l'ont déjà fait avec une offre similaire en 2014[16].

Monsanto essuie deux refus consécutifs dus à une question de prix, jugé insuffisant par les directeurs, et au risque du refus d'un tel rachat par les autorités de concurrence[14],[17]. Ainsi Syngenta souhaite une pénalité de rupture de contrat en cas de refus des autorités de la concurrence de 4,5 milliards de dollars au lieu de 2 milliards[18]. À la suite de ce refus, Monsanto renouvelle son offre en juin[17] puis en août 2015, avec cette fois-ci une offre de 47 milliards de dollars et une indemnité de rupture de 3 milliards de dollars[19],[20], avant d'abandonner le même mois[21]. En novembre 2015, Syngenta refuse une offre d'acquisition de 42 milliards de dollars de la part de ChemChina[22]. Ce dernier augmente sa proposition à 44 milliards de dollars, le mois suivant[23].

Le 23 octobre 2015, « à la surprise générale » selon la presse, Mike Mack, directeur de l'entreprise depuis 7 ans, annonce sa démission[24]. Une décision qui ferait suite au mécontentement des actionnaires qui désiraient voir la société rachetée par Monsanto[24]. La direction par intérim est alors assurée par John Ramsay, ancien de chez KPMG[24]. Le 1er juin 2016, l'Américain Erik Fyrwald lui succède en tant que nouveau CEO. Ce dernier était président et CEO de Univar, un distributeur de produits chimiques basé à Downers Grove dans l'Illinois.[25],[26].

En mai 2017, l'acquisition de Syngenta est un succès[27]. ChemChina possède 98 % du groupe[28].

Production[modifier | modifier le code]

La société est citée parmi celles qui produisent les pesticides utilisés en France dans le numéro de Cash investigation du 2 février 2016[29].

Résultats[modifier | modifier le code]

En 2009, le chiffre d'affaires monte à 10,9 milliards de dollars américains. En 2011, il est de 13,27 milliards de dollars (+14 % sur 2010).

Le résultat net pour 2009 est de 1,37 milliards de dollars et en 2011, il est de 1,6 milliards de dollars (+14 % sur 2010)[30].

En 2012, l'entreprise réalise un chiffre d’affaires d'environ 14,2 milliards de dollars, réparti entre la protection des plantes (environ 77 % du total) et les semences (environ 23 % du total) contre 6 milliards en 2000, soit une augmentation d'environ 8 % par an.

Communication[modifier | modifier le code]

Activité de lobbying[modifier | modifier le code]

Auprès des institutions de l'Union européenne[modifier | modifier le code]

Syngenta est inscrit depuis 2009 au registre de transparence des représentants d'intérêts auprès de la Commission européenne. L'entreprise déclare en 2015 pour cette activité des dépenses d'un montant de 1 510 000 euros[31].

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Selon le Center for Responsive Politics, les dépenses de lobbying de Syngenta aux États-Unis s'élèvent en 2016 à 940 000 dollars[32].

Critiques[modifier | modifier le code]

Selon des médias alter-mondialistes[33], Syngenta serait l'employeur d'une milice privée qui intervint au Brésil le 21 octobre 2007 contre une occupation par le mouvement des travailleurs sans terre. Cette intervention s'est soldée par la mort de deux personnes. La société est condamnée en 2015[34].

De nombreux scientifiques, repris par des associations, tiennent le pesticide neurotoxique Cruiser en partie responsable de la surmortalité des abeilles[35]. En effet, le produit « Cruiser » contient du thiaméthoxame[36] qui est mis en cause dans le phénomène de surmortalité des abeilles[37].

La revue Science en mars 2012, confirme des impacts négatifs des néonicotinoïdes sur deux pollinisateurs essentiels : l'abeille domestique[38] et les bourdons. Présents par diffusion dans le nectar et le pollen des fleurs de cultures industrielles telles que le maïs et le colza, ils affectent le système nerveux des insectes[39]. Il ne s'agirait pas de la seule cause du syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles, mais il y participe et accélère la régression de ces pollinisateurs[40].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Maigres moissons au premier semestre pour Syngenta » (consulté le 31 juillet 2009) : « Le groupe bâlois, leader mondial de l'agrochimie, a vu son bénéfice net reculer de 9 % au premier semestre »
  2. « L'histoire de Syngenta | SYNGENTA N », sur www.boursorama.com (consulté le 26 octobre 2015)
  3. (en) « Syngenta Takes 18 Percent Stake in Diversa in Plant Research Alliance », GenomeWeb,‎ (lire en ligne)
  4. « SYNGENTA . », lesechos.fr,‎ (lire en ligne)
  5. « Semences : Syngenta et Fox Paine rachètent Advanta BV à AstraZeneca et Royal Cosun - Info Chimie », sur www.industrie.com (consulté le 10 octobre 2017)
  6. « Semences : Syngenta acquiert l'américain Golden Harvest - Info Chimie », sur www.industrie.com (consulté le 10 octobre 2017)
  7. (en) « Syngenta to sell Dulcinea Farms business », sur refrigeratedtransporter.com (consulté le 10 octobre 2017)
  8. « Delta and Pine Land to license Syngenta cotton traits », Delta Farm Press,‎ (lire en ligne)
  9. « https://www.icis.com/resources/news/2005/02/09/651049/syngenta-and-sumitomo-enter-herbicide-agreement/ », sur www.icis.com (consulté le 10 octobre 2017)
  10. « SEC - Syngenta and COMPO in strategic alliance for consumer lawn and garden products », sur Sec.gov,
  11. « SEC - Syngenta to acquire Emergent Genetics Vegetable A/S », sur 1 juin 2006
  12. « Syngenta achète l'américain Conrad Fafard », lesechos.fr,‎ (lire en ligne)
  13. (en) « Fischer To Join Syngenta Family – Greenhouse Product News », sur www.gpnmag.com (consulté le 10 octobre 2017)
  14. a et b Monsanto: le roi des OGM devient lui-même transgénique Syngenta refuse de se vendre à Monsanto, Denis Cosnard, Le Monde, 8 mai 2015
  15. Monsanto, in Bid for Syngenta, Reaches for a Business It Left Behind, Andrew Pollarck et Chad Bray, The New York Times, 8 mai 2015
  16. Syngenta: aurait discuté d'une fusion avec Monsanto, Le Figaro, 24 juin 2014
  17. a et b Monsanto tente à nouveau de racheter Syngenta, Laurence Girard, Le Monde, 8 juin 2015
  18. Le suisse Syngenta rejette une fois encore les avances de Monsanto, Emmanuel Grasland, Les Échos, 9 juin 2015
  19. (en) Monsanto raises offer for Syngenta to $47 billion: source, Mike Stone, Reuters, 24 août 2015
  20. (en) Monsanto Said to Raise Syngenta Offer to About $47 Billion, Ed Hammond, Aaron Kirchfeld et Matthew Campbell, Bloomberg, 24 août 2015
  21. (en) Monsanto drops pursuit of Swiss agribusiness rival Syngenta, Carey Gillam, Reuters, 26 août 2015
  22. Syngenta rejects $42 billion ChemChina offer: Bloomberg, Reuters, 13 novembre 2015
  23. ChemChina sweetens bid for Syngenta to $44 billion: Bloomberg, Reuters, 18 décembre 2015
  24. a, b et c « Démission surprise du patron de Syngenta », sur lesechos.fr (consulté le 26 octobre 2015)
  25. « Board announcement – appointment of CEO », sur www4.syngenta.com (consulté le 24 octobre 2016)
  26. « Syngenta nomme Erik Fyrwald au poste de directeur général », sur www.romandie.com (consulté le 24 octobre 2016)
  27. ChemChina gets around 82 percent of Syngenta in $43 billion deal, Reuters, 10 mai 2017
  28. Reuters Editorial, « Syngenta convoite les actifs de Bayer pour développer ses semences », FR,‎ (lire en ligne)
  29. Cash investigation s’attaque aux pesticides, Natura sciences, Matthieu Combe
  30. « Syngenta affiche son optimisme pour 2012 », Plein champ,
  31. « Registre de transparence », sur le site de la Commission européenne (consulté le 18 mars 2017)
  32. (en) « Opensecrets.org », sur le site du Center for Responsive Politics (consulté le 18 mars 2017)
  33. http://www.legrandsoir.info/spip.php?article5660
  34. « Syngenta condenada: Justiça responsabiliza empresa por morte de sem terra no Paraná », Terradedireitos.org.br,‎ (lire en ligne)
  35. Les abeilles piquées au vif : campagne contre les pesticides « mortels » - Un article de l'AFP relatant de la tentative de seize associations d'interdire les pesticides neurotoxiques comme le Cruiser
  36. thiamethoxam - Un document de la société Syngenta expliquant le thiaméthoxame
  37. Cruiser, un avis de l'AFSSA très critiqué - Article expliquant les enjeux de Cruiser pour toutes les parties. Sur Sciences-et-démocratie.net. Consulté le 7 juin 2010.
  38. (en) Mickaël Henry, Maxime Beguin, Fabrice Requier, Orianne Rollin, Jean-François Odoux, Pierrick Aupinel, Jean Aptel, Sylvie Tchamitchian & Axel Decourtye, « A Common Pesticide Decreases Foraging Success and Survival in Honey Bees », Science, vol. 336, no 6079,‎ , p. 348-350 (DOI 10.1126/science.1215039, résumé)
  39. (en) Erik Stokstad, « Field Research on Bees Raises Concern About Low-Dose Pesticides », Science, vol. 335, no 6076,‎ , p. 1555 (DOI 10.1126/science.335.6076.1555, résumé, lire en ligne)
  40. Martine Valo, « Le déclin des abeilles accéléré par les pesticides », Le Monde.fr, 29 mars 2012.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]