Capital risque

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Le capital risque (ou capital innovation)[1] est la branche du capital investissement consistant à prendre des participations (généralement minoritaires) dans des sociétés non cotées n'ayant pas encore trouvé leur point d'équilibre.

Ne profitant pas d'un résultat positif dégageant des marges, n'étant que difficilement éligibles aux prêts bancaires, ces sociétés en phase de démarrage (startup) doivent obtenir des fonds propres de la part d'investisseurs pour financer leur activité. Les investisseurs en capital risque (appelés parfois « capital risqueurs », néologisme traduisant l'anglais venture capitalists[2]) apportent du capital, leurs réseaux et leur expérience à la création et aux premières phases de développement d'entreprises innovantes ou de technologies considérées comme à fort potentiel de développement et de retour sur investissement.

Le terme « risque » n'a pas toujours d'équivalent dans les autres pays, où l'on emploie souvent venture capital. On note tout de même l'allemand « risikokapital », l'espagnol « capital riesgo », le portugais « capital de risco ». Au Canada, on utilise l'expression « capital de risque » plutôt que « capital-risque ».

Les professionnels français ont souvent cherché d'autres termes, plus proches de l'expression américaine : « capital aventure », « capital croissance ». Ces tentatives ont eu un faible succès, l'appellation capital innovation bénéficie d'un usage régulier depuis quelques années.

À la fin 2014, en comptant les 10 années précédentes, les 191 fonds de capital risque français avait dégagé une plus-value annuelle moyenne nette de 2,1%[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le capital risque a été créé juste après la seconde guerre mondiale par Georges Doriot, un Français émigré aux États-Unis, professeur à Harvard et fondateur de l'INSEAD.

L'activité a connu sa plus forte période de croissance au cours des années 1990 aux États-Unis, grâce au succès de la bourse de croissance, le Nasdaq américain, lorsqu'il a bénéficié de la préférence boursière pour les jeunes sociétés, qui a offert des capitalisations boursières sans équivalent dans l'histoire à de nombreux sites Internet (AOL, Amazon, Yahoo et EBay), mais aussi des nouvelles sociétés de biotechnologies (Amgen, Genentech, Decode Genetics, 23andMe, Genset, et Transgene). Il a ainsi financé pour 11,8 milliards de dollars, soit 44 % de plus que le record atteint en 1995, la moitié des 692 introductions en Bourse réalisées aux États-Unis en 1996.

En France, après un pic en 2008, suivi d'un creux en 2012, l'activité est à la hausse avec 758 millions d'euros investis dans 499 sociétés en 2015[4]. Aux États-Unis, ce sont près de 60 milliards de dollars qui ont été investis en 2015 dans plus de 5000 sociétés[5].

Impératifs d'investissement[modifier | modifier le code]

Un fonds de capital risque doit investir dans des sociétés offrant une espérance de rentabilité élevée et donc des perspective de croissance forte. Son portefeuille se compose de projets qui échouent ainsi que de projets qui réussissent et doivent compenser les pertes réalisées sur les premiers. C'est par la revente des sociétés financées (appelées en France sociétés affiliées) à d'autres sociétés ou par leur introduction en bourse, par exemple sur Alternext, ou l'Eurolist à Paris que les fonds réalisent leurs plus-values.

La sélection[6] des projets (financer les meilleurs et écarter ceux aux perspectives moins prometteuses) est essentielle dans ce secteur d'activité. Cette étape passe inévitablement par l'analyse du plan de développement de l'entreprise (business plan). Les investisseurs sont souvent prêts à partager les caractéristiques qu'ils utilisent pour évaluer des projets financiers[7].

La définition française du capital risque inclut parfois à tort les LBO (leveraged buy out), qui sont des opérations très différentes de rachat avec effet de levier (autrement dit avec une forte part d'endettement par rapport à la mise en capitaux propres). La lisière avec le capital développement (investissements minoritaires au capital de PME) est plus floue. Ce dernier relève d'entreprises ayant déjà atteint un point d'équilibre mais nécessitant d'accélérer encore leur croissance.

Le capital risque se distingue par une plus forte composante technologique et une plus grande capacité à financer les pertes initiales pour favoriser le développement d'une technologie. Ses domaines de prédilection ont été, jusqu'à présent, les technologies de l'information et de la communication (TIC) et les biotechnologies. Depuis quelques années (2004 en Californie, 2007 en France), les capital-risqueurs s'ouvrent de plus en plus aux technologies du développement durable (Cleantech ou Greentech), en misant notamment sur les énergies renouvelables.

Acteurs[modifier | modifier le code]

Une soixantaine de sociétés d'investissement sont actives en France[8]. La plupart se sont créées à partir de 1997, sous l'effet conjoint de la création de Fonds Communs de Placement à l'Innovation (FCPI) et de l'engouement pour les start-up Internet. On peut les classer en quatre familles.

Sociétés historiques[modifier | modifier le code]

Le plus ancien capital-risqueur français est Sopromec Participation - créé en 1964. En 1972, Sofinnova Partners fut créé, c'est le plus actif, avec 134 millions d'euros investis en 2007. Un petit peloton peut également se vanter de compter parmi les pionniers : Auriga Partners (héritier de Finnovelec), Banexi Venture Partners (relié à la BNP mais indépendant depuis 2004), Innovacom (spécialisé dans les fonds corporate technologiques), Iris Capital (l'ancien Part'Com de la Caisse des Dépôts et Consignations, qui a changé de nom en devenant indépendante) et Partech International (à l'origine la contraction de « Paribas Technologie » mais depuis longtemps sans relation avec la banque). De tous ces fonds, Partech International est le seul à s'être véritablement internationalisé avec des bureaux dans la Silicon Valley (Sofinnova Partners a aussi une entité aux États-Unis mais les deux entités sont largement indépendantes).

Investisseurs internationaux actifs en France[modifier | modifier le code]

Avec 31,5 millions d'euros investis en 2007, le britannique 3i Group Plc est le capital-risqueur non français le plus présent dans l'Hexagone. Les principaux VCs européens sont toutefois tous directement présents, comme le flamand Gimv, ou susceptibles d'investir dans des entreprises françaises: on peut par exemple citer Accel, Advent, Atlas Venture, Index Ventures, Intel Capital, Wellington Partners… Certains Américains, comme Draper Fischer Jurvetson (DFJ) et Bessemer Venture Partners ont connu des succès importants en Europe, et notamment la création de Skype. Les capital-risqueurs américains les plus prestigieux, cependant, comme Kleiner Perkins, Sequoia ou Benchmark, n'ont pas investi récemment sur le Vieux Continent.

Capital-risqueurs créés à partir de 1996: le plus important est CDC Innovation, en train de négocier son indépendance avec la Caisse des Dépôts et Consignations. De nombreuses autres sociétés se sont créées, certaines affiliées à des groupes comme Ventech (intégrée à Natixis Private Equity) et le plus souvent indépendantes: Alven Capital, I-Source Gestion, Elaia Partners, CapDecisif Management, Newfund, etc.

Sociétés créées à l'occasion du lancement des FCPI[modifier | modifier le code]

On retrouve ici les départements et filiales de capital risque de la plupart des grandes banques françaises : BNP Paribas (BNP PE), Viveris Management (ancienne filiale de Caisses d'épargne), Omnes capital, Crédit mutuel (CM-CIC Capital Privé), (Seventure Partners), filiale de Natixis, la Banque de financement, d'investissement et de services du Groupe BPCE (Banque Populaire et Caisse d'Epargne)… On trouve, de même, de grandes compagnies d'assurance comme Axa. De grands réseaux sont en effet nécessaires pour commercialiser ces produits d'épargne défiscalisés. De nombreuses sociétés indépendantes se sont cependant créées, s'appuyant sur des banques privées ou des conseillers en gestion de patrimoine. Parmi celles-ci, on peut citer Truffle Capital et OTC AM (qui s'appuie sur Tocqueville Finance), deux des principaux investisseurs en capital risque en France, mais aussi des sociétés comme Alto Invest ou Turenne Capital Partenaires, qui se sont tournées largement vers le capital-développement. On citera également Idinvest Partners, l'ancienne équipe de Private Equity du groupe Allianz qui a pris son indépendance en 2010, et est devenu avec plus de 4 milliards d'actifs sous gestion un des leaders du financement de PME, et est classé parmi les acteurs les plus actifs du marché par Chausson Finance depuis plus de 5 années de suite. Idinvest a racheté l'activité private equity d'Oddo AM en avril 2011. Citons enfin La Banque Postale, qui confie la plupart des FCPI qu'elle lève à une société reliée à La Poste, XAnge Private Equity.

Autres sociétés[modifier | modifier le code]

Un nouveau type d'acteurs de micro-capital-risque se développe également depuis la crise financière de 2008 et le durcissement de l'accès aux crédit bancaires. Ces acteurs concentrent leurs actions sur des investissements minoritaires de petite taille, généralement inférieurs à 50 000 euros. Ce type de financement, similaire à l'action des business angels, s'illustre dans le capital risque de proximité, essentiellement organisé par régions (Alsace Création, IDF Capital, Midi-Pyrénées Création…) et est aujourd'hui complété par une offre professionnelle et présente sur l'ensemble du territoire français (Embryo Capital, Fondelia…).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dubocage E., Rivaud-Danset D., 2006, Le capital-risque, n°445, La découverte
  • Hervé Lebret, Start-Up : ce que nous pouvons encore apprendre de la Silicon Valley CreateSpace 2007, ISBN 1-4348-1733-4
  • Vanina Paoli-Gagin et Véronique de Lalande, Le Capital-Risque, Acteurs, Pratiques et Outils, 2e éd., Gualino 2003
  • François-Denis Poitrinal, Guide juridique et fiscal du capital-investissement, Revue Banque Édition, ISBN 978-2-86325-406-6
  • Christophe Bavière et Benoist Grossmann, Tribulations financières au pays des entrepreneurs, Éditions du Cherche Midi, ISBN 978-2-7491-4869-4

Presse professionnelle[modifier | modifier le code]

  • CFnews
  • Capital Finance (groupe Les Echos)
  • Décideurs
  • Private Equity Magazine
  • Le Magazine des Affaires