Michel Lajoye

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Michel Lajoye
Image illustrative de l’article Michel Lajoye
Information
Naissance (52 ans)
Le Dézert, Manche, France
Sentence Perpétuité
Actions criminelles Attentat à la bombe
Victimes Aucune
Arrestation 1987

Michel Lajoye, né le au Dézert (Manche) dans une famille d'ouvriers agricoles, est un militant français d'extrême droite emprisonné pour un attentat à la bombe dans un café arabe du Petit-Quevilly commis en 1987.

Parcours personnel[modifier | modifier le code]

Michel Lajoye adhère au Front national au début des années 1980 alors qu’il est encore lycéen, mais le quitte rapidement, estimant que ce parti n'est pas assez radical. En 1984, il rejoint L'Œuvre française puis, l'année suivante, s’engage dans l’armée. Il devient brigadier-chef, ce qui lui donne accès aux stocks d’armes de sa base.

Il est recruté fin mars 1986 par la Direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD) qui le charge d'infiltrer différents groupuscules d'extrême droite, puis les GAL, une organisation espagnole anti-ETA, mais il refuse l’opération et déserte.

Affaires judiciaires et condamnations[modifier | modifier le code]

Arrêté en janvier 1987 en possession d'armes, il est condamné en août à deux ans de prison dont un avec sursis.

Après sa libération, Lajoye est contacté par un ancien membre de l'Œuvre française, Christophe Arsini[1], fonctionnaire de l'État chargé d'opérations de déminages. Celui-ci le persuade de mener une série d'actions racistes en Normandie. Quelque temps après, une bombe déposée par Michel Lajoye explose dans un café arabe du Petit-Quevilly le 30 novembre 1987 sans faire de blessés. Lajoye et Arcini sont arrêtés au Havre le 10 décembre. Lors du procès qui suit, Michel Lajoye explique que l'objectif de l'attentat était de monter les communautés arabes et juives l'une contre l'autre. Les seuls regrets exprimés par Lajoye ont été que sa bombe n'ait pas tué[2].

Michel Lajoye a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 18 ans. Une telle condamnation pour un acte n'ayant fait que des dégâts matériels a été considérée par certains comme particulièrement sévère et a entraîné des protestations de divers milieux politiques[3].

En 2002, Michel Lajoye a publié son autobiographie, Condamné à la prison à vie, aux éditions Dualpha. Elle est préfacée par Philippe Alméras et postfacée par le militant nationaliste révolutionnaire Christian Bouchet. Michel Lajoye y relate comment l'attentat qu'il a commis entrait dans un plan général de provocation et comment Arcini travaillait selon lui pour les services de l'État, et qu'il a lui-même échappé, lors de son arrestation, à la mort qui l'aurait réduit au silence, à cause d'une rivalité entre les services de police et.de gendarmerie

Diverses actions de solidarité avec Michel Lajoye ont eu lieu qui ont dépassé sa famille politique d'origine. Parmi celles-ci deux pétitions ont demandé sa grâce au président de la République française. La seconde a eu lieu après que la chambre d'application des peines eut refusé sa libération, à l'issue de sa peine de sûreté, à la demande expresse de la Licra[4].

Appel ayant été fait de cette décision, le tribunal d’application des peines de Troyes est revenu sur celle-ci et a décidé que Michel Lajoye pourrait bénéficier d'une semi-liberté probatoire d’une année. À l’issue de celle-ci, il sera en liberté probatoire pour une durée de sept ans. Le TAP a assorti cette mise en liberté conditionnelle de mesures qui s'appliqueraient jusqu'en 2015 :

« Interdiction d’entrer en relation avec tout parti politique et/ou groupement paramilitaire ou non, d’extrême droite ou prônant la discrimination raciale ou le révisionnisme, de paraître en toute manifestation publique, de diffuser tout ouvrage ou œuvre audiovisuelle dont il serait l’auteur ou le coauteur qui porterait en tout ou partie sur l'infraction commise le 30 novembre 1987 et s’abstenir de toute intervention publique relative à cette infraction[5] ».

En novembre 2007, le député européen Mario Borghezio de la Ligue du Nord (Italie) s’est engagé à visiter Michel Lajoye à Clairvaux et à consulter les autorités françaises à son sujet[pourquoi ?].

Il est sorti de prison le 26 novembre 2007.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Futur assassin d'Abdelkader Moussaoui, un commerçant algérien de Caen.
  2. « Toi le blanc tire-toi », L'Humanité, 26 juin 1990.
  3. L'écrivain Philippe Alméras se fera l'écho de celles-ci dans le mensuel gaulliste La Une[source insuffisante].
  4. Lettre ouverte de Michel Lajoye.
  5. « Michel Lajoye sera libre en … 2015 ! », Altermedia, 26 mars 2007.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • 20 ans : condamné à la prison à vie, éditions Dualpha, 2002.

Liens externes[modifier | modifier le code]