Attentat du train Strasbourg-Paris

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Attentat du train Strasbourg-Paris

Localisation Blacy
Coordonnées 48° 43′ 45″ nord, 4° 33′ 51″ est
Date
Type Attentat à la bombe
Morts 24
Blessés 132
Auteurs présumés Organisation armée secrète

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Attentat du train Strasbourg-Paris

L'attentat du train Strasbourg-Paris est un attentat à la bombe perpétré le dimanche sur la ligne de Paris à Strasbourg entre les gares de Vitry-le-François et Loisy-sur-Marne. Vers 15 h 10, le train rapide no 12 Strasbourg-Paris déraille à la hauteur du village de Blacy. Le déraillement est provoqué par une bombe placée sous le rail et qui explose au passage du train. Selon des historiens et des journalistes, la bombe aurait été placée par l’OAS dans le contexte de la guerre d'Algérie[1]. L'attentat fait 24 morts et 132 blessés[1] ou 28 morts et 170 blessés[2]. Il est resté l'attentat le plus meurtrier commis en France, devant l'attentat de la rue Saint-Nicaise, qui fit 22 morts en 1800, jusqu'aux attentats du 13 novembre 2015 en Ile-de-France, qui ont fait 130 morts.

Un attentat longtemps caché[modifier | modifier le code]

En 1961, durant l’enquête, Jacques Duclos, un des dirigeants du Parti communiste français attribue lors de débats parlementaires cet attentat à l’OAS, qui dans une lettre laissée au chef de gare de Vitry-le-François, menace de faire sauter la voie.

Il critique également:

  • « les affirmations officielles faites à la suite de cette catastrophe pour écarter l'éventualité d'un sabotage »,
  • la longueur de l'enquête qui traine depuis plus de six mois,
  • l'absence d'explications donnée à la SNCF,
  • le refus d'indemnisation des victimes,
  • le fait que les autorités aient tenu à écarter toute responsabilité de l'OAS[3].

La cour de cassation a estimé qu'il n'y avait aucune preuve que les auteurs de l'attentat ne fissent pas partie de la SNCF[4].

Selon le journaliste d'investigation Pierre Abramovici, cet attentat de l'OAS est « l'attentat ferroviaire resté secret d’État », et dès le début de l'enquête la sûreté parisienne écarte la thèse de l'attentat malgré une lettre anonyme reçue par le chef de gare de Vitry-le-François plusieurs semaines avant et donnée à la police mais sans suite[2].

L'attentat n'est reconnu qu'en 1966 par l'État qui accepte d'indemniser les victimes mais sans l'imputer à l'OAS[5].

Commanditaire[modifier | modifier le code]

Pour le Parisien[6], en 2015, le doute subsiste sur le fait que le déraillement soit un attentat de l’OAS, mais plusieurs historiens, journalistes et Le Monde considèrent que c'est bien le cas[7] et le plus meurtrier attribué à l'OAS hors de l'Algérie[1]. Pour l'historienne Anne-Marie Duranton-Crabol, l'attribution de cet attentat à l'OAS s'est faite très tard parce que ses auteurs qui étaient très jeunes n'avaient pas été tous inculpés[1]. Les historiens Jacques Delarue et Odile Rudelle mettent cet attentat, réalisé à la date « symbolique » du jour anniversaire de l'appel du 18 juin 1940, « dans le sillage » du Putsch des généraux du [8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Duranton-Crabol 1995, p. 144
  2. a et b Abramovici, Historia, 2004
  3. Duclos 1962
  4. Bulletin de la Cour de cassation 1967
  5. Christophe Radé, Droit du travail et responsabilité civile, L.G.D.J, , p. 295.
  6. Le Parisien.fr, 7 janvier 2015
  7. L'attentat le plus meurtrier depuis 1961, Le Monde, 7/1/2015]
  8. Delarue et Rudelle 1990, p. 8

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Abramovici, « L'attentat ferroviaire resté secret d'État », Historia, no 689,‎ (lire en ligne)
  • Jacques Delarue et Odile Rudelle, L’attentat du Petit-Clamart, Paris, La Documentation française, (ISBN 9782110024039)
  • Jacques Duclos, « 2294. - 28 décembre 1961. - M. Jacques Duclos expose à M. le ministre des travaux publics et des transports », Journal officiel de la République française - Débat parlementaires - Sénat,‎ (lire en ligne)
  • Anne-Marie Duranton-Crabol, Le temps de l’OAS, Bruxelles et Paris, éditions Complexe, coll. « Questions au XXe siècle », (ISBN 2-87027-542-0, lire en ligne)
  • Jean-François Miniac, Les grandes affaires criminelles du rail, De Borée, (ISBN 978-2812907142)
  • « INTERACTIF. Charlie Hebdo, un attentat sans précédent en France », Le Parisien.fr,‎ (lire en ligne)
  • République française, Cour de cassation, chambre civile 1, « Audience publique du mardi 3 octobre 1967 », Bulletin de la Cour de cassation,‎ (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]