Filippo Buonaccorsi

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Épitaphe sur la tombe de Casimir IV

Filippo Buonaccorsi dit Filip Callimachus, (latin Philippus Callimachus Experiens) (San Gimignano, 1437 - Cracovie, 1er novembre 1496), est un humaniste italien réfugié en Pologne, un historien et un écrivain de langue latine, un conseiller politique et un diplomate. Il est enterré dans la basilique Sainte-Trinité des Dominicains à Cracovie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Filippo Buonaccorsi apparaît à Venise et Rome, comme secrétaire de l'évêque Bartolomeo Roverella. Il fonda à Rome avec Pomponius Laetus et d'autres savants, une Académie dont les membres prenaient des noms grecs et latins ; il y prit celui de Callimachus. Cette assemblée parut suspecte à Paul II.

Poursuivi pour complot contre la vie du pape, Buonaccorsi s’enfuit de Rome en 1468, séjourne en Pologne à partir de 1470, trouvant refuge chez l'évêque de Lwow Grzegorz de Sanok. À partir de 1472 conférencier à l’Académie de Cracovie, en 1474 il entre à la cour du roi Casimir IV de Pologne qui en fit un de ses secrétaires, puis son conseiller, enfin un des éducateurs de ses fils. Le roi lui confia également plusieurs missions diplomatiques. Après la mort de Casimir IV en 1492, il se mit au service de son fils, nouveau roi, Jean Ier Albert Jagellon.

En tant que conseiller son influence fut importante sur la politique polonaise. Il lui fut confié de nombreuses missions diplomatiques, en Italie et à Constantinople. Les « Conseils de Kallimach » au roi, de fait peu suivis, en font un précurseur de Machiavel et des principes de la monarchie absolue dans un pays où la monarchie était élective et contrôlée par les parlements régionaux (diétines).

Mais c’est surtout en continuant l’introduction des idées humanistes de la Renaissance italienne en Pologne, poursuivant ainsi l’œuvre de Grzegorz de Sanok, que Kallimach eut une grande influence sur la haute société de son pays d’adoption. En 1489 il fut cofondateur, avec Konrad Celtis, qui ne séjourna en Pologne que deux ans, d’une société littéraire, la Sodalitas litteraria Vistulana regroupant créateurs et amoureux de la littérature et des sciences.

Participaient à la société des astronomes et des mathématiciens tels que Wojciech de Brudzewa et Wawryniec Raabe. S’y réunissaient des admirateurs de la Renaissance italienne et de l’Antiquité Gréco-Romaine dont nombre d’enseignants de l’Académie de Cracovie. Sur le modèle des symposiums de l’Académie de Florence, la société se réunissait souvent dans les jardins du notaire de Cracovie, abbé de l’église Sainte-Marie, Jan Heydeke, particulièrement apprécié par la reine Élisabeth de Habsbourg, ou dans les palais de l’évêque de Cujavie Piotr de Bnin. Le bruit courait en ville que la reine participait à ses réunions, son mari, qui n’aimait pas la lecture, préférant se livrer à sa passion, la chasse en forêt.

La société organisait rencontres, débats, échanges de points de vue et d’idées. Ces fêtes intellectuelles consistaient en lecture à voie haute des classiques de l’Antiquité, en discours, discussions scientifiques, littéraires et politiques. Kallimach continuant à entretenir d’étroites relations avec des humanistes italiens tels Jean Pic de la Mirandole, les idées nouvelles arrivaient rapidement en Pologne.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Outre ses « Conseils au roi », Kallimach a écrit des poésies de circonstances et des biographies :