Bruno Müller

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SS-Obersturmbannführer Bruno Müller
Bruno Müller dans Cracovie occupée
Bruno Müller dans Cracovie occupée

Naissance 13 septembre 1905
Strasbourg Drapeau de l'Empire allemand
Décès 1er mars 1960 (à 54 ans)
Oldenbourg Drapeau de l'Allemagne
Allégeance Drapeau de l'Allemagne nazie Troisième Reich
Arme Flag Schutzstaffel.svg Schutzstaffel
Grade Obersturmbannführer
Commandement HSSPF Friedrich-Wilhelm Krüger (Gouvernement Général) puis RSHA

Bruno Müller, né le 13 septembre 1905 à Strasbourg (Alsace) et mort le 1er mars 1960 à Oldenbourg (Basse-Saxe), est un juriste et un officier SS-Obersturmbannführer. Il fut en 1941 le chef du Sonderkommando 11b au sein de l'Einsatzgruppe D[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Entré au NSDAP et à la SS en 1931. Il intègre la fonction publique après son succès à l'examen de Referendar. En 1933/34 il est nommé maire de Norderney une ile de la Mer du Nord. Puis il dirige la Gestapo du Land d' Oldenbourg à partir de 1935. En 1937 il crée et dirige le bureau de la Gestapo de Wilhelmshaven. En septembre 1939 il est nommé commandant de l'Einsatzkommando 2/I puis il dirige la Gestapo à Cracovie dans le Gouvernement général comme Kommandeur de la SIPO SD Krakau. Il dirige en novembre de la même année la Sonderaktion Krakau où il fait arrêter et interner un grand nombre de professeurs de l'université Jagellonne. Ils sont ensuite déportés au camp de concentration de Sachsenhausen et au camp de concentration de Dachau. En décembre 1939, il reprend son poste à Wilhelmshaven. Au printemps 40, il dirige l'Einsatzkommando 1 de la SIPO SD en Hollande conquise. En octobre 40 il prend la direction du Referat III B4 du RSHA chargé des questions de transplantation et de colonisation notamment en Silésie en liaison avec le RKF ou « Reichskommissar für die Festigung deutschen Volkstums » (commissariat pour le renforcement de la germanité). En juin 1941, il est nommé chef de l'Abteilung IV au sein de l'Einsatzgruppe D. Début juillet 1941 après la division de l'Einsatzkommando 11 en deux Sonderkommandos 11a et 11b[2] il est nommé chef du Sonderkommando 11b rattaché à la 11e armée de la Wehrmacht. Dans la nuit du 6 août 1941 à Tighina en Moldavie il donne à ses troupes dans le cadre du plan d'extermination des Juifs de l'Est les nouvelles consignes qui consistent à tuer également les femmes et les enfants. À titre d'exemple pour ses hommes il exécute lui-même devant eux une femme et son bébé avec son revolver[3]. Dans la même ville son unité massacre 155 Juifs, femmes et enfants compris. En octobre 1941 il est remplacé par Werner Braune. Il est alors nommé directeur du bureau central de la Gestapo de Stettin jusqu'en octobre 1943. Puis il repart en opérations comme "Kommandeur der SIPO und des SD" Wolhynien-Podolien à Luzk. En mars/avril 1944, il est envoyé en Croatie comme chef de l'Einsatzkommando Esseg. Avant de prendre le poste en France de Kommandeur der SIPO und des SD (KDS) à Rouen de mai à octobre 1944. Bruno Müller officie ensuite auprès du Befehlshaber der SIPO SD Prague comme chef du zbV-Kommando 1 à Zlin. Finalement il prend le poste de KdS à Kiel en avril 45 jusqu'à la fin de la guerre. En 1947 il est arrêté par les alliés et jugé pour crimes de guerre en décembre 1947 notamment pour le massacre de 500 prisonniers de guerre à Kiel (Marche du Nord) entre mai 1944 et avril 1945. Il est condamné à 20 ans de travaux forcés. Il est libéré 5 ans plus tard bénéficiant de la loi d'amnistie. Il travaille ensuite comme représentant de commerce en Allemagne de l'Ouest et meurt en 1960.

Culture[modifier | modifier le code]

Le personnage de Bruno Müller apparaît dans le film Katyń d'Andrzej Wajda, interprété par Joachim Paul Assböck.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christian Ingrao Croire et détruire: les intellectuels dans la machine de guerre SS éd. Fayard 2010 p.291 (ISBN 978-2-286-06980-3)
  2. Ralf Ogorreck Les einsatzgruppen éd. Calmann-Lévy 2010 p.166 (ISBN 978-2-286-03062-9)
  3. Christian Ingrao op.cit. p.334

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

- Ralf Ogorreck Les einsatzgruppen éd. Calmann-Lévy 2010 - Christian Ingrao Croire et détruire: les intellectuels dans la machine de guerre SS éd. Fayard 2010 - Klaus-Michael Mallmann "Einsatzgruppen in Polen" Wissenschaftliche Buchgesellschaft 2008 - Michael Wildt "Generation des Unbedingten. Das Führungskorps des Reichssicherheitshauptamtes" Hamburger Edition 2003