Ode à la joie

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Manuscript du poème.

L'Ode à la joie — appelée également Hymne à la joie[1] — est un poème de Friedrich von Schiller écrit en 1785. Il est surtout connu comme finale du quatrième et dernier mouvement de la 9e Symphonie de Beethoven, devenu l'hymne officiel de l'Union européenne.

Ce poème célèbre l'idéal de l'unité et de la fraternité humaines (« Millions d’êtres, soyez tous embrassés d’une commune étreinte ! »). Son titre original est An die Freude, mais il est souvent appelé Ode an die Freude. Schiller avait initialement écrit un poème à la liberté (Freiheit) mais vu les conditions politiques de l'époque, il a finalement préféré en faire un poème à la joie[2].

L'hymne officiel[modifier | modifier le code]

La 9e Symphonie, et plus généralement Beethoven et Schiller, ont joui d’une très grande considération sous le IIIe Reich, en tant qu’œuvre spécifiquement allemande : elle est l’œuvre classique la plus jouée de 1933 à 1945. Elle est notamment interprétée lors de l’ouverture des Jeux olympiques de Berlin (1er août 1936), ou les anniversaires de Hitler (1937 et 1942). Ses interprètes majeurs sont l’orchestre philharmonique de Berlin et Karajan.

Plusieurs musiciens (Otto Klemperer, Walter Damrosch) s’élèvent contre cette annexion de l’Ode à la joie au nationalisme allemand et en donnent des interprétations aux États-Unis et au Royaume-Uni. De même, des déportés au camp d'Auschwitz interprètent, en signe de résistance, une version tchèque de l’Ode en mars 1944.

L'introduction instrumentale de ce mouvement a été adoptée en 1972 par le Conseil de l'Europe comme hymne européen, puis en 1985 comme hymne officiel par les chefs d'État et de gouvernement de l'Union. L'interprétation officielle fut confiée à Herbert von Karajan qui en réalisa trois arrangements : un pour piano, un autre pour instruments à vent et un troisième pour orchestre symphonique.

Texte[modifier | modifier le code]

Fichier audio
Hymne à la joie (info)

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Le texte chanté dans le quatrième mouvement de la 9e Symphonie reprend seulement une partie du poème de Friedrich von Schiller. Il comporte de légères variations par rapport au poème original de 1785 (indiquées en note).

Texte original allemand Traduction française
O Freunde, nicht diese Töne!
Sondern laßt uns angenehmere anstimmen
und freudenvollere.
Ô amis, pas de ces accents !
Mais laissez-nous en entonner de plus agréables,
Et de plus joyeux !
Freude, schöner Götterfunken
Tochter aus Elysium,
Wir betreten feuertrunken,
Himmlische, dein Heiligtum!
Deine Zauber binden wieder
Was die Mode streng geteilt;
Alle Menschen werden Brüder,[3]
Wo dein sanfter Flügel weilt.
Joie, belle étincelle divine,
Fille de l'assemblée des dieux,
Nous pénétrons, ivres de feu,
Céleste, ton royaume !
Tes magies renouent
Ce que les coutumes avec rigueur divisent ;
Tous les humains deviennent frères,
Là où ta douce aile s'étend.
Wem der große Wurf gelungen,
Eines Freundes Freund zu sein;
Wer ein holdes Weib errungen,
Mische seinen Jubel ein!
Ja, wer auch nur eine Seele
Sein nennt auf dem Erdenrund!
Und wer's nie gekonnt, der stehle
Weinend sich aus diesem Bund!
Que celui qui a su trouver la chance,
D'un ami être un ami ;
Qui a faite sienne une femme accorte,
Joigne à nous son allégresse !
Oui, même celui qui ne nomme sienne
Qu'une seule âme sur tout le pourtour de la terre !
Et qui jamais ne le put,
Qu'il se retire en tristesse de cette union !
Freude trinken alle Wesen
An den Brüsten der Natur;
Alle Guten, alle Bösen
Folgen ihrer Rosenspur.
Küsse gab sie uns und Reben,
Einen Freund, geprüft im Tod;
Wollust ward dem Wurm gegeben,
und der Cherub steht vor Gott.
La joie, tous les êtres en boivent
Aux seins de la nature ;
Tous les bons, tous les méchants,
Suivent sa trace de rose.
Elle nous donna les baisers et la vigne ;
Un ami, éprouvé jusque dans la mort ;
La volupté fut donnée au vermisseau,
Et le Chérubin se tient devant Dieu.
Froh, wie seine Sonnen fliegen
Durch des Himmels prächt'gen Plan,
Laufet, Brüder, eure Bahn,
Freudig, wie ein Held zum Siegen.
Joyeux comme volent ses soleils
Au travers du somptueux plan du ciel,
Allez, frères, votre voie,
Joyeux comme héros à la victoire.
Seid umschlungen, Millionen!
Diesen Kuß der ganzen Welt!
Brüder, über'm Sternenzelt
Muß ein lieber Vater wohnen.
Ihr stürzt nieder, Millionen?
Ahnest du den Schöpfer, Welt?
Such' ihn über'm Sternenzelt!
Über Sternen muß er wohnen.
Soyez enlacés, millions.
Ce baiser de toute la terre !
Frères ! Au-dessus de la voûte étoilée
Doit habiter un très cher Père.
Vous fondez à terre, millions ?
Pressens-tu le Créateur, monde ?
Cherche-le par-delà le firmament !
C'est au-dessus des étoiles qu'il doit habiter.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Certains musicologues ont proposé, afin de les distinguer, de nommer ode le poème et hymne l'ensemble poème et musique de la 9e Symphonie. Cf. J. et B. Massin, Ludwig van Beethoven, Fayard.
  2. J. et B. Massin, Ludwig van Beethoven, Fayard; 1967
  3. Original de Schiller : Was der Mode Schwert geteilt; Bettler werden Fürstenbrüder (Ce que l'épée de la mode sépare; Les mendiants deviennent frères avec les princes)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Esteban Buch, La Neuvième de Beethoven. Une histoire politique, Paris, Gallimard, 1999

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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