Mont Hermon

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Mont Hermon
Vue du mont Hermon enneigé.
Vue du mont Hermon enneigé.
Géographie
Altitude 2 814 m
Massif Anti-Liban
Coordonnées 33° 24′ 51″ N 35° 51′ 26″ E / 33.41417, 35.85722 ()33° 24′ 51″ Nord 35° 51′ 26″ Est / 33.41417, 35.85722 ()  
Administration
Pays Drapeau du Liban Liban
Drapeau de la Syrie Syrie
Gouvernorats libanais
Gouvernorat syrien
La Bekaa
Nabatieh
Quneitra
Districts libanais Rachaya
Hasbaya
Géologie
Âge Jurassique

Géolocalisation sur la carte : Syrie

(Voir situation sur carte : Syrie)
Mont Hermon

Géolocalisation sur la carte : Liban (relief)

(Voir situation sur carte : Liban (relief))
Mont Hermon

Le mont Hermon (appelé en hébreu : הר חרמון - Har Hermon ; et en arabe : جبل الشيخ - Djabl a-Sheikh, soit « montagne du cheikh » ou « mont enneigé » ou Haramoun) est une montagne de l'Anti-Liban, culminant à 2 814 mètres d'altitude.

Le mont Hermon (en haut) et le cours du Jourdain

Le sommet est à la frontière entre la Syrie et le Liban. L'extrémité méridionale de la montagne se trouve sous occupation israélienne depuis sa conquête à l'issue de la guerre des Six Jours en 1967. Selon la version israélienne des évènements, cet objectif ne fut fixé qu'à la fin du conflit afin de mettre un terme aux salves de roquettes lancées régulièrement depuis la Syrie, alors qu'il est largement admis[réf. nécessaire] que l'occupation israélienne de cette montagne a pour but d'assurer le contrôle de ce lieu stratégique[réf. nécessaire] qui est aussi très riche en sources d'eau potable.

Géographie[modifier | modifier le code]

La chaîne montagneuse du mont Hermon a vu le jour lors de l’effondrement de la faille syro-africaine. La roche du Hermon date du Jurassique.

Le mont reçoit jusqu’à 1 500 millimètres de précipitations par an, dont une partie sous forme de neige, et ses eaux s’écoulent dans les rivières Hasbani, Dan, Hermon et leurs affluents, et se jettent dans le Jourdain et le lac de Tibériade. Les autres, plus au nord de la montagne, se jettent dans les rivières Amana et Parpar en Syrie. Il s'agit d'une source essentielle d'eau potable pour la région.


Histoire[modifier | modifier le code]

Le mont Hermon a plusieurs appellations dans la Bible : Sihon, Shanir et Sirion. En arabe il est aussi appelé Jabal el-Sheikh (« le vieux »), en raison de sa couverture neigeuse. Le nom Hermon vient de la racine hébraïque hrm signifiant « lieu sacré ».

De nombreux peuples anciens le considèrent comme une montagne sacrée. Les Cananéens révéraient son sommet. Selon la Bible, le Hermon, partie du territoire dominé par Og, roi de Bachân, a marqué ensuite la limite de nord du peuplement hébraïque sous la direction de Moïse et de Josué et la limite de nord du royaume d'Israël. Un peuplement juif est attesté à la fin du second Temple et du Talmud ainsi qu’au Moyen Âge. Sous le roi de Judée, Alexandre Jannée on a procedé sur place à des conversions forcées des Ituréens au judaïsme.

Le mont Hermon serait pour certains le site de la Transfiguration, où Jésus, rendu sur une montagne avec ses disciples Pierre, Jacques et Jean, se trouve métamorphosé : l'aspect de son visage change et ses vêtements deviennent d'une blancheur éclatante alors que Jésus s'entretient avec Moïse et Élie, qui apparurent à ses côtés. Luc 9:29-36.

Selon une ancienne tradition juive rapportée par le livre apocryphe de l’Hénoch éthiopien (dit aussi le 1er Hénoch et dont une partie du manuscrit a été retrouvé à Qûmran) c’est sur cette montagne que les anges qui se sont révoltés contre Dieu, ont chuté : « Ils étaient en tous deux cents (anges révoltés). Ils étaient descendus au temps de Yered sur le sommet du mont Hermon. On appela la montagne « Hermon » parce que c’est là qu’ils avaient juré de prendre les filles des humains pour épouses et s’étaient voués mutuellement à l’anathème » (Henoch I, ch 6, 6)[1].

Depuis le XIe siècle, le Hermon est habité par les Druzes, leurs plus grands villages étant Hasbaya et Majdel Shams.

Lors de la guerre des Six Jours en 1967, Israël a pris une partie du plateau du Golan et le sud-ouest du mont et établi des bases de Tsahal chargées de la protection des frontières. Au début de la guerre du Kippour, le 6 octobre 1973, des combats ont eu lieu entre l'armée syrienne et les forces israéliennes. Les Syriens ont attaqué et capturé l'avant-poste des forces de défense israéliennes sur le mont Hermon. Deux jours plus tard, après avoir repoussé une contre-attaque israélienne (Seconde Bataille du Mont Hermon), il fut repris par Israël le 21 octobre (Troisième Bataille du Mont Hermon).

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

En raison de son importance militaire stratégique, le lieu est fortement militarisé et certaines zones militaires sont interdites au public. En Israël, le plus haut point se situe à Mitzpe Shelagim, « l'observatoire de neige », à 2 210 m d'altitude.

C'est également un lieu de vacances et de promenade, de production viticole et on y a établi la seule station de ski d’Israël, près du village de Neve Ativ.

En haute saison, 12 000 personnes[2] peuvent skier chaque jour. La station a aussi récemment ajouté un snowpark.

Le complexe apporte une importante source de revenus pour les résidents des deux localités adjacentes que sont Neve Ativ et Majdal Shams.


Notes et références[modifier | modifier le code]