İznik

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İznik
Nicée
La Mosquée Verte (Yeşil Cami)
La Mosquée Verte (Yeşil Cami)
Administration
Pays Drapeau de la Turquie Turquie
Région Région de Marmara
Province Bursa
Code postal 16860
Indicatif téléphonique international +(90)
Plaque minéralogique 16
Indicatif téléphonique local 224
Démographie
Population 22 962 hab.
Géographie
Coordonnées 40° 25′ 43″ N 29° 43′ 16″ E / 40.4286111, 29.7211111 ()40° 25′ 43″ Nord 29° 43′ 16″ Est / 40.4286111, 29.7211111 ()  
Altitude 99 m
Localisation
Districts de la province de Bursa
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Liens
Site de la mairie http://www.iznik.bel.tr
Site du district http://www.iznik.gov.tr
Sources
« Index Mundi/Turquie »

İznik (anciennement Nicée) est une ville d'Anatolie (Turquie) connue surtout pour deux conciles du début de l'histoire de l'Église chrétienne. Elle fut aussi au Moyen Âge la capitale de l'empire de Nicée, vestige de l'empire byzantin pendant les croisades.

Description[modifier | modifier le code]

La ville se situe dans un bassin fertile à l'extrémité orientale du lac Ascanion, entouré par une chaîne de collines au nord et au sud. Le mur ouest donne sur le lac, fournissant une protection contre un siège et une source de ravitaillement difficile à bloquer. Le lac est suffisamment grand pour qu'il soit difficile d'y organiser un blocus (durant le siège de Nicée, la ville fut d'ailleurs ravitaillée par le lac) et la ville assez importante pour rendre difficile toute tentative de blocage des bateaux avec des machines de siège depuis la côte.

Ancien évêché, la ville était complètement entourée par 5 km de murs d'une hauteur de 10 m, renforcés de plus de cent tours. Eux-mêmes étaient entourés par un double fossé sur la partie terrestre. De grandes portes sur les trois côtés terrestres étaient les seules entrées dans la ville.

De nos jours les murs sont percés à de nombreux endroits par les routes, mais beaucoup de ces fortifications demeurent et sont un attrait touristique majeur. La population est d'environ 15 000 personnes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Nicée (en grec ancien : Νίκαια / Nikaia, victoire) fut fondée vers 316 av. J.-C. par le roi macédonien Antigone le Borgne, sur un site sans doute plus ancien. Il avait pris le contrôle de la plus grande partie de l'Asie Mineure après le décès d'Alexandre le Grand, sous les ordres duquel il avait servi comme général. Il donna son nom à cette nouvelle ville : Antigoneia.

D'autres généraux d'Alexandre le Grand, connus ensemble comme les diadoques, conspirèrent ensuite pour chasser Antigone le Borgne. L'ayant vaincu, le territoire fut donné, comme sa part, à Lysimaque, roi de Thrace, en 301 av. J.-C.. Il renomma la ville Nicée en hommage à son épouse Nikaia.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Nicée devint ensuite la capitale du royaume de Bithynie qui devait être annexé en 74 av. J.-C. à l’Empire romain. Cette domination ne pénalisa pas la ville qui se développa encore et se dota même de nouveaux remparts, d’un théâtre antique, de bains et de temples. Le christianisme s’y imposa facilement.

La ville était bâtie sur un carrefour important entre la Galatie et la Phrygie, elle avait donc un commerce actif. Elle paraît avoir perdu de son importance pendant le début de l'empire romain, quelques centaines d'années après. Mais cela changea complètement avec la division de l'empire entre l'est et l'ouest. La partie orientale connue ensuite comme l'Empire byzantin en fit une protection au sud de sa capitale Constantinople. La plus grande partie de l'architecture et des travaux défensifs furent érigés à cette période vers 300 avant que des tremblements de terre ne les ruinent.

En 325, la ville abrita le premier concile de l’Église alors universelle. Ce premier concile de Nicée, sous le règne de Constantin Ier, élabora le symbole de Nicée et condamna l'arianisme.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Pichet d'Iznik, céramique siliceuse à décor peint sur engobe et sous glaçure transparente, v. 1560–1570, musée du Louvre.

L'église Ayasofya de Nicée (en grec Αγία Σοφία / Hagia Sophia, la sagesse divine) fut construite au VIe siècle par Justinien Ier au milieu de la ville, sur le modèle de Sainte-Sophie de Constantinople. Le IIe concile de Nicée en 787 y discuta de la question des icônes (dans le cadre de la crise iconoclaste dite également "querelle des images"). Transformée en mosquée après la prise de la ville par les Turcs en 1331, elle fut incendiée en 1922, puis abandonnée jusqu’à sa restauration en 2007[1].

Atteinte par les Sassanides (Guerre perso-byzantine de 602-628), menacée par les Omeyyades (siège de 727), la ville releva pendant plusieurs siècles de l'Empire byzantin (Empire romain d'Orient). Conquise par les Turcs seldjoukides (siège de 1077), elle fut la première capitale du Sultanat de Roum de 1081 à 1097.

Byzance réagit en faisant appel à la première croisade. Les armées d'Europe occidentale convergèrent en vue de mettre le siège devant la ville (siège de 1097). N'ayant pu s'emparer de la ville dont les Byzantins venaient de reprendre possession, les croisés en éprouvèrent un ressentiment. En 1113 les Seldjoukides tentèrent en vain de reprendre la ville aux Byzantins.

En 1204 Constantinople tomba aux mains des armées occidentales de la quatrième croisade qui y établirent un empire latin de Constantinople. Celui-ci avait peu d'emprise sur les zones périphériques et plusieurs petits royaumes byzantins virent le jour comme le Despotat d'Épire et l'Empire de Trébizonde. C'est cependant l'Empire de Nicée qui forma le noyau de la résistance byzantine autour de Théodore Ier Lascaris. Ses successeurs agrandirent lentement leur domaine. En 1259 Michel VIII Paléologue usurpa le trône et reprit en 1261 Constantinople sur les Latins, restaurant ainsi l'Empire byzantin.

Les Turcs Ottomans conquirent la ville (siège de 1331) et lui donnèrent son nom actuel d'İznik. Avec la conquête de Constantinople en 1453, la ville perdit de son importance, mais fut néanmoins un centre réputé de fabrication de céramiques, en particulier au XVIIe siècle. Cette industrie se déplaça par la suite à Kütahya et Istanbul.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Lorsque la ligne principale de chemin de fer l'évita, elle devint une ville secondaire.

Personnes célèbres[modifier | modifier le code]

  • Hipparque grand astronome grec, est né à Nicée vers -194|194 av. J.-C.
  • Sporos mathématicien et astronome grec vers 240.
  • Georges Pachymères (1242 - c. 1310), historien byzantin
  • Dion Cassius ( AD c.165-c.229), historien romain

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Les autorités turques souhaitent transformer en mosquée la célèbre église de Sainte-Sophie à Nicée