Jean Baubérot

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Jean Baubérot

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Biographie
Naissance 26 juillet 1941
Châteauponsac (Haute-Vienne)
Nationalité Drapeau de la France Français
Thématique
Formation Université de Paris (La Sorbonne)
Titres professeur des universités
Président de l'École pratique des hautes études
Approche Sociologie des religions et de la laïcité
Travaux * Le Tort d'exister, des Juifs aux Palestiniens (1967)
  • La laïcité quel héritage? De 1789 à nos jours (1990)
  • L'intégrisme républicain contre la laïcité (2006)
Auteurs associés
Partisans
(A influencé)
Patrick Cabanel
Détracteurs
(Critiques)
Henri Peña-Ruiz

Jean Baubérot, né le 26 juillet 1941 à Châteauponsac (Haute-Vienne), est un historien et sociologue français, professeur émérite spécialiste de la sociologie des religions et fondateur de la sociologie de la laïcité.

Après avoir occupé la chaire d'« Histoire et sociologie du protestantisme » (1978-1990), il a été titulaire de la chaire d'« Histoire et sociologie de la laïcité » (1991-2007) à l’École pratique des hautes études dont il est le président d'honneur et professeur émérite. Il a écrit vingt-sept ouvrages, dont un roman historique, et a dirigé six livres collectifs. Il est le coauteur d'une Déclaration internationale sur la laïcité signée par 250 universitaires de 30 pays.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Baubérot est le fils du professeur d'histoire René Baubérot, fondateur du musée de Châteauponsac qui porte son nom.

De brillantes études[modifier | modifier le code]

Fils d'enseignants, il suit ses études secondaires au lycée Gay-Lussac à Limoges et obtient le Premier Prix d'Histoire au Concours Général des lycées en 1959. Il est lauréat de la Fondation Zellidja (3e Prix) en 1960. À l'Université Paris IV-Sorbonne, il obtient un Doctorat en histoire (sous la direction de Jean-Marie Mayeur) en 1966, un doctorat ès lettres et sciences humaines en 1984. En 1967, il avait aussi obtenu un diplôme de l'École pratique des hautes études (EPHE).

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Débutant comme collaborateur technique à l'EPHE en 1967, il y devient assistant de recherches en 1971, puis directeur d'études à partir de 1978. Il préside la section des sciences religieuses entre 1986 et 1994 et sera nommé Président de l'École en 1999, avant d'en devenir Président honoraire en 2003.

Il a été le fondateur en 1995 et directeur jusqu'en 2001 du Groupe de Sociologie des religions et de la laïcité (CNRS-EPHE).

  • Président d’honneur de l’École Pratique des Hautes Études, Professeur émérite de la Chaire « Histoire et Sociologie de la Laïcité », EPHE (Sorbonne)

Conseiller ministériel[modifier | modifier le code]

  • Il est appelé entre 1997 et 1998 comme conseiller technique au cabinet de Ségolène Royal, ministre délégué chargé de l'enseignement scolaire (Éducation à la citoyenneté).
  • Membre de la Commission consultative des cultes, Ministère de l’Emploi et de la Solidarité (1999-2004)
  • Membre de la Mission d’évaluation, d’analyse et de propositions relatives aux représentations violentes à la télévision (Ministère de la Culture, juin-décembre 2002)
  • Membre de la Commission indépendante sur l’application du principe de laïcité dans la République dite « Commission Stasi » (juillet-décembre 2003)
  • Membre de la Commission « Sigma », Commissariat Général du Plan (2004-2006)

Apport à l'histoire de la laïcité en France[modifier | modifier le code]

Le pacte laïc[modifier | modifier le code]

Jean Baubérot, dans son Histoire de la laïcité en France (2005), précise que la notion de pacte laïque n'implique nullement que la séparation des Églises avec l'État soit le résultat d'une négociation de puissance à puissance, mais rend compte du passage d'une laïcité qui était le bien exclusif d'une des deux France en conflit (celle des tenants de la Révolution française et celle de "la fille ainée de l'Église"), à une laïcité qui peut inclure les membres des deux France lorsque, en 1946, la laïcité est devenue constitutionnelle avec la Quatrième République, de même en 1958 dans la constitution de la Ve République.

La laïcité présente trois aspects. L'État est sécularisé, la liberté de croyance et de culte est entière, enfin les croyances (religieuses ou non) sont égales entre elles. Ainsi la laïcité signifie la neutralité de l'État, au service des droits de l'homme et de la liberté de conscience. Telle était la position de Ferdinand Buisson, selon Baubérot. Les laïcistes construisent selon lui une sorte de laïcité intolérante et identitaire en privilégiant le seul critère de sécularisation, qui est pourtant un terme théologique. Certes, une sécularisation sans laïcité serait une sorte d'œcuménisme, non une vraie laïcité. Mais une laïcité sans liberté religieuse serait une sorte d'athéisme officiel, contraire à la liberté de conscience au nom de l'émancipation. Maintenant, les croyants tendent à privilégier le deuxième critère, la liberté religieuse, et les religions minoritaires l'égalité entre les cultes. En tout cas l'égalité de leur propre religion! (Laïcité 1905-2005, entre passion et raison, Seuil, 2004).

Les seuils de laïcisation[modifier | modifier le code]

Jean Baubérot est également l'auteur de la notion de seuils de laïcisation : il distingue trois seuils, le premier est le résultat de la révolution française et du recentrage opéré par Napoléon Bonaparte, le seconde des lois laïcisant l'école publique (1882-1886) et séparant les Églises et l'État (1905, 1907, 1908), le troisième s'est élaboré de 1968 (contestation anti-institutionnelle de mai 68) à 1989 (chute du mur de Berlin, 1re affaire de foulard).

Critique[modifier | modifier le code]

Le philosophe Henri Peña-Ruiz a critiqué, au chapitre "la laïcité en débat : interprétations et controverses (exemples)" de son livre La laïcité (2003), l'idée de pacte laïque élaborée par Jean Baubérot dans son ouvrage Vers un nouveau pacte laïque ? (1990) à propos notamment de la loi de Séparation des Églises et de l'État en 1905, en soulignant qu'un pacte suppose qu'il y ait eu une négociation avec les Églises, ce qui n'a pas été le cas. «Il s'agit de savoir si la laïcité doit se renégocier en fonction des évolutions du paysage religieux», ou s'il s'agit d'une « valeur principielle transcendant les différentes options spirituelles et qui échappe à la relativisation ».

La réponse de Jean Baubérot (cf son Histoire de la laïcité en France, Que sais-je ? aux PUF) est que la notion sociologique de "pacte" n'implique pas forcément une négociation formelle (cf déjà le 3e sens du Robert) mais signifie "la capacité de concevoir un avenir différent de l'horizon conflictuel qui borne le présent ; la volonté et la possibilité politique d'agir autant selon cet avenir utopique qu'en fonction du conflit présent et de se donner les moyens de parvenir à une (relative) pacification".

En revanche Patrick Cabanel (Les mots de la laïcité, Presses Universitaires du Mirail, Toulouse, 2004) estime que la notion est historiquement pertinente (p. 77-80).

Jean Baubérot se réclame d'une "laïcité inclusive". Il estime en revanche que l'œuvre de Henri Peña-Ruiz est marquée, de façon paradoxale mais significative, par une historiographie confessionnelle… en retenant essentiellement de Bonaparte - le Concordat - sans tenir compte du Code civil qui dissocie de façon stable les lois des normes religieuses.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le tort d'exister, des Juifs aux Palestiniens, Ducros éditeurs Bordeaux, 1967, 262 p.
  • Un christianisme profane ? Royaume de Dieu, socialisme et modernité culturelle dans le périodique « chrétien-social » L'avant-garde (1899-1911), Paris, PUF (Bibliothèque de l'École des Hautes Études, Section des Sciences religieuses), 1978, 2e éd. Archives Karéline, 2009.
  • La laïcité quel héritage ? De 1789 à nos jours, Genève, Labor et Fides, 1990.
  • Vers un nouveau pacte laïque ?, Paris, Seuil, 1990.
  • Pluralisme et minorités religieuses. Colloque organisé par le CNRS et la Section des Sciences religieuses de l'École Pratique des Hautes Études. Avec le concours de la Mission du bicentenaire de la Révolution française, Louvain, Peeters (Bibliothèque de l'École des Hautes Études, Section des Sciences religieuses), 1991 (direction).
  • Religions et laïcité dans l'Europe des douze, Paris, Syros, 1994.
  • La morale laïque contre l'ordre moral, Paris, Seuil, 1997, 2e éd. Archives Karméline, 2009. Critique
  • Histoire du protestantisme, Paris, PUF (Que sais-je ?), 8e édition., 2013.
  • Une haine oubliée. L'antiprotestantisme avant le « pacte laïque » (1870-1905), avec Valentine Zuber, Paris, Albin Michel (Sciences des religions), 2000. Ouvrage couronné par l'Académie française.
  • Religion, modernité et culture au Royaume-Uni et en France, 1800-1914, avec Séverine Mathieu, Paris, Seuil (Points Histoire), 2002.
  • La Laïcité à l'épreuve. Religions et Libertés dans le monde (ouvrage collectif sous la direction de Jean Baubérot), Encyclopædia Universalis, 2004.
  • Le voile que cache-t-il ?, avec Dounia Bouzar et Jacqueline Costa-Lascoux, L'Atelier, 2004.
  • Laïcité 1905-2005, entre passion et raison, Seuil, 2004.
  • De la séparation des Églises et de l'État à l'avenir de la laïcité, avec M. Wieviorka, éd. de l'Aube, 2005.
  • Faut-il réviser la loi de 1905 ?, avec Jean-Paul Scot, Christian Delacampagne, Henri Peña-Ruiz, et René Rémond, Paris, PUF, 2005.
  • Émile Combes et la princesse carmélite : Improbable amour, roman, éd. de l'Aube, 2005.
  • L'intégrisme républicain contre la laïcité, éd. de l'Aube, 2006.
  • Histoire de la laïcité en France, Paris, PUF (Que sais-je ?), 6e édition, 2013.
  • Les Laïcités dans le monde, Paris, PUF (Que sais-je?), 4e édition, 2010.
  • Petite histoire du christianisme, Paris, Librio, 2008.
  • Relations églises et autorités outre-mer de 1945 à nos jours, (ouvrage collectif sous la direction de J. B.) éd. Indes Savantes, 2008.
  • La laïcité expliquée à Nicolas Sarkozy et à ceux qui écrivent ses discours, Paris, Albin Michel, 2008.
  • Sacrée médecine : Histoire et devenir d'un sanctuaire de la Raison, avec Raphaël Liogier, Entrelacs, 2011.
  • Laïcités sans frontières, avec Micheline Milot, Seuil, 2011.
  • La laïcité falsifiée, Paris, Éditions La Découverte, coll. « Cahiers libres », 2012.
  • Une si vive révolte, préface Edwy Plenel, Éditions de l'Atelier, autobiographie, 2014.

Hommages et Distinctions[modifier | modifier le code]

Décoration[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]