Dalaba

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10° 10′ 00″ N 9° 23′ 00″ O / 10.1667, -9.38333 ()

Localisation de Dalaba en Guinée

Dalaba est une ville de Guinée, situé dans la massif montagneux du Fouta-Djalon à environ 360 kilomètres de la capitale Conakry. C'est le chef-lieu de préfecture homonyme.

Histoire[modifier | modifier le code]

Très tôt déjà, l'administrateur du cercle (Les « cercles » sont des divisions administratives qui remplacent, à partir de 1906, les « régions » considérées comme des entités territoriales et administratives trop difficiles à gérer, de par leur autonomie vis-à-vis du chef-lieu de la colonie de Guinée française, Conakry, à l'instar de celle du Foutah-Djallon.) de Ditinn, dont fait partie Dalaba en 1908, constate et détaille l'originalité du climat dans la monographie du cercle et les bienfaits de celui-ci sur la santé des Blancs. Avant même cette date, les vertus climatiques de l’endroit attirent l’attention d’Européens éclairés. De nombreuses missions scientifiques sont menées dans le Foutah dès la fin du XIXe siècle : minières, zootechniques et autres.

Le professeur Auguste Chevalier, professeur et botaniste français, mène dès 1905 une mission scientifique et crée des jardins d’essais. La mission consistait à trouver en Afrique occidentale un lieu permettant l'introduction d’espèces végétales européennes comme le pin. Il plante ainsi aux alentours du village de Dalaba, toute une forêt de pins afin de tester l’acclimatation de cet arbre au climat local. Quelques années plus tard, à son retour de captivité (il est fait prisonnier en Allemagne durant le premier conflit mondial), Auguste Chevalier constate la réussite complète de ses essais. Les pins sont devenus grands et forts. Le succès de cette expérience inscrit le village de Dalaba et sa région dans les espaces climatiques exceptionnels de l’A.O.F. (Afrique Occidentale Française). L’article de M. Chevalier intitulé La situation agricole de l’ouest africain sur ses travaux en Afrique le fait connaître en métropole quelques années plus tard.

Dalaba est une ville touristique mais son histoire est plus complexe. En effet, on peut distinguer quatre périodes dans l'évolution de la ville en matière de tourisme. La période antérieure à la Seconde Guerre mondiale est la première. Elle est à l'image des autres stations climatiques du Foutah-Djallon, le commencement d'un afflux d'Européens attirés par la publicité faite autour du climat et des paysages de la région. Dalaba s’est développée grâce à l’administration coloniale. Elle est le fruit du rassemblement de différents petits villages. Les autorités coloniales planifient tout un ensemble de structures visant à accueillir la population européenne et à mettre différents types de services à sa disposition. La ville de Dalaba est construite de toutes pièces. Ce village est rattaché à ce que le Gouverneur appelle « l’agglomération commerciale » qui sous-entend l’établissement de commerces locaux soulignant l’aspect économique que représente un tourisme européen pour la population autochtone. Ce lieu de rassemblement de la population est une place d’échange qui permet le développement du secteur de l’artisanat, de l’agriculture… Le 1er octobre 1932, dans des documents disponibles aux archives nationales de Guinée, le Gouverneur parle même de « centre commercial »
La seconde période débute en 1942, suite à certaines mesures prises au niveau même du Gouvernement de l'A.O.F.. Pour cette partie de son histoire, la station conserve son aspect de lieu de tourisme allié à l'aspect de centre sanitaire : nous pouvons utiliser le terme de « tourisme sanitaire ». Les colons Français feront de Dalaba un site de convalescence pour les malades qui ne peuvent être rapatriés en Métropole pour cause de guerre.
La troisième période couvre la fin de la colonisation et la dictature de Sékou Touré. Malgré les grandes différences politiques qui existe entre ces deux régimes, le rôle qu’ils essayèrent de faire jouer à Dalaba est similaire. Il s’agit de mettre en valeur un pays au travers d’une ville renommée. La troisième période annonce la reconversion de la ville de Dalaba en station de tourisme de loisirs. En 1958, l’indépendance anéantit ce projet en transformant le pays en forteresse. Le tourisme d’État de Sékou Touré, si particulier, est le seul possible et il implique un nouveau rôle pour la ville. Le symbole de la colonisation française devient paradoxalement celui du régime en place. Le régime s’approprie la ville et décide d’en faire le symbole de la Guinée indépendante.
Enfin la dernière période s’étend du début des années 1980 à nos jours et correspond à la période où le régime se relâche, permettant de voir en Guinée un éventuel développement du secteur touristique. Le pays s’ouvre à nouveau au monde. Dalaba voit là l’opportunité de retrouver sa notoriété. Mais la conjoncture économique et politique défavorable annonce un retour bien difficile du tourisme dans le pays.