Maquis du Limousin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le maquis du Limousin était l'un des plus grands et actifs maquis résistant de France pendant la Seconde Guerre mondiale.

Préambule[modifier | modifier le code]

Cette région a été profondément marquée par les exactions de la division SS Das Reich avec les 99 pendus de Tulle le 9 juin 1944 et le massacre d'Oradour-sur-Glane le 10 juin 1944 à la suite du débarquement en Normandie.
De même, la résistance locale a été troublée par les antagonismes constants entre les maquis Armée secrète (AS) et Francs-tireurs et partisans (FTP) quant aux modes d'actions (notamment à Tulle et à Guéret), à la répartition des pouvoirs à la Libération fin août 1944 ainsi qu'à l'ampleur de l'épuration.

Organisation géographique de la Résistance française

Dirigé pour les Mouvements unis de la Résistance par Gontran Royer jusqu'en 1943, les responsables les plus connus des maquis de la région limousine furent :


et leurs camarades martyrs

Historique[modifier | modifier le code]

1940[modifier | modifier le code]

Auteur du premier acte de résistance connu en France, Edmond Michelet fait circuler dès le 17 juin 1940 à Brive le premier tract refusant la défaite. L'autre figure dominante de la Résistance est Georges Guingouin qui, en Haute-Vienne, fut révoqué de sa fonction d'instituteur en septembre 1940 du fait de son engagement communiste et choisit de se cacher dans le hameau de Vergnas près de Vicq sur Breuilh.

1941[modifier | modifier le code]

En 1941 à Brive et à Tulle, Edmond Michelet et Martial Brigouleix structurent les premiers groupes de résistance avec les mouvements Combat et Libération qui furent plus tard à l'origine de l'Armée Secrète également appelée l'AS.
Jusqu'en 1942 et l'occupation de la zone libre, les actions étaient exclusivement les distributions de tracts.

1942[modifier | modifier le code]

Début 1942, l'idée de Résistance commença à prendre des formes concrètes en Corrèze avec les premiers actes de sabotage. Toujours début 1942, se constituèrent les Francs Tireurs et Partisans Français (FTPF mais appelé plus fréquemment FTP). Durant l'été 1942, se montèrent les premiers camps de résistance, appelés maquis à :

  • La Tourette (Faïta) sur la commune d'Ussel créé par les FTP
  • Dans les gorges de la Dordogne, créé par l'AS .

En Corrèze, le premier acte de sabotage fut le dynamitage de la centrale électrique de l'usine Montupet à Ussel, les 19-20 juin 1942. Cette fonderie appartenait au groupe Gnome et Rhone dont le directeur général, alors le plus important fabricant français de moteurs d'avions, s'était déclaré prêt en août 1940 à coopérer avec les Allemands. Cet évènement eu un effet considérable car il visait la production militaire.
La visite du chef de l'État de Vichy, le maréchal Pétain, les 7 et 8 juillet 1942 à Ussel, Tulle et Brive fut diversement accueillie par la population :
Le maire socialiste d'Ussel, François Var, salua le chef de l'État en s'exclamant : Ici, on vous aime, Monsieur le Maréchal, et cela depuis longtemps déjà!
Dans la seconde moitié de 1942, à Tulle, une section armée de l'Armée Secrète se constitua sous la direction de Martial Brigouleix. Ils se donnèrent comme principale mission de préparer des terrains de parachutage d'armes ; l'organisation responsable des parachutage s'appelait le COPA (Comité d'Organisation des Parachutages et Atterrissages).
Le 11 novembre 1942, jour de l'Armistice de 1918, les Allemands envahirent la Zone Libre; ils arrivèrent à Brive au cours d'une cérémonie de commémoration de la victoire de 1918. Après l'opération Anton, ayant pour conséquence la démobilisation de l'armée française d'armistice, l'introduction du STO et la réquisition des produits agricoles, les Limousins confortèrent chacun à leur façon la Résistance.
La consigne rien pour les boches se répandit. Le fourrage, le foin, les presses à foin, les batteuses etc. étaient mis hors d'usage. Régulièrement les transports de bovins étaient attaqués au profit de l'approvisionnement du Maquis.
Le premier résistant limousin arrêté fut Monsieur Henri Bergeal, originaire de Tulle, le 24 décembre 1942 par les douaniers allemands à la frontière espagnole. Il voulait rejoindre l'Afrique du Nord en tant que pilote et fut déporté à Oranienburg Sachsenhausen.

« Le maquis rouge en France.
Dans une action contre les terroristes en France, de nombreux prisonniers ont été faits. Parmi eux se trouvent de nombreuses natures criminelles, les meurtres, les vols, les attentats dans les trains, etc qu'ils ont sur leur conscience. Ils sont gardés par des membres de la milice française, qui lutte au coude à coude avec les soldats allemands contre le bolchevisme[1].
 »

1943[modifier | modifier le code]

La mise en place en février 1943 du STO pour les jeunes nés entre 1920 et 1922 fut un facteur décisif pour le développement des maquis. Les réfractaires, c'est-à-dire ceux qui refusaient d'aller travailler en Allemagne constituèrent des camps. Le nombre de personnes prenant le maquis fut extrêmement important. Il fallut l'organiser.
Dirigé depuis la région de Brive-la-Gaillarde puis de Limoges, ce maquis se scindait en plusieurs secteurs principaux :

À la mi-juillet, les hommes de Georges Guingouin furent particulièrement actifs.
En août 1943, les opérations de répression du SD se multiplièrent.
En réponse, les groupes de résistance s'en prirent de plus en plus aux collaborateurs.
Le 11 novembre 1943, les 42 membres du camp de l'Armée Secrète de La Besse défilèrent à Sainte Féréole. Quatre jours plus tard, ils étaient dénoncés et leur camp était encerclé par les troupes allemandes. 18 maquisards furent tués et 8 déportés. les 16 autres réussirent à se sauver.
Laval envoya 4 000 GMR supplémentaires pour aider les troupes et policiers allemands à ratisser la région. En automne 1943, le chef FTP Georges Logothétis rencontra le représentant britannique du SOE en Corrèze Harry Peulevé.

« Le maquis rouge en France.
Certains terroristes s'attaquent aux groupes allemands en retraite. Ils sont capturés, ligotés, séparés et nous attendons à présent que soit déterminé leur sort. Souvent, on trouve sur eux de la propagande haineuse communiste pour séduire les adolescents[1].
 »

1944[modifier | modifier le code]

Libération de Brive-la-Gaillarde[2] en Corrèze par les maquis A.S. de basse-Corrèze.

Faits d'armes principaux[modifier | modifier le code]

Les Maquisards Limousins se sont opposés à l'occupant comme de nombreux endroits ailleurs en France.
Toutefois, certains faits d'armes, en particulier en 1944, ont marqué la population locale et nationale  :

Sources[modifier | modifier le code]

  • Beau (Georges), Gaubusseau (Léopold), Les SS en Limousin, Quercy et Périgord, Paris, Presses de la Cité, 1966.
  • Maquis de Corrèze, ouvrage collectif, 5e édition, Naves, Imprimerie du Corrézien, 1995, 797 p.
  • Plas (Pascal, dir.), Genèse et développement de la Résistance en R5, 1940-1943, Actes des colloques de Brive-la-Gaillarde (septembre 1998) et de Soudaine-Lavinadière (septembre 2001), Treignac, éditions Les Monédières; Brive-la-Gaillarde, Centre Edmond Michelet, 2003, 339 p.
  • Bruno Kartheuser, La France occupée: 1940-1943, 2002, 247 pages.

Musée[modifier | modifier le code]

Reconstitution historique[modifier | modifier le code]

Il existe au Texas un groupe de reconstitution historique (reenactment) dédié à la mémoire du maquis de l'As de Cœur, de l'Armée Sécrete-Mouvements Unis de la Résistance - Corrèze

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Légende historique de la photographie, rapportée par les Archives fédérales allemandes. Consulter la page de l'image pour le texte en allemand.
  2. www.ajpn.org Brive-la-Gaillarde en 1939-1945.
  3. Site de Christophe Borzeix