Violette Szabo

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Portrait de Violette Szabo.

Violette Szabo (26 juin 1921 à Paris - vers le 5 février 1945 au camp de Ravensbrück) fut une résistante et un agent secret britannique de la section F du Special Operations Executive (SOE) pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle effectua deux missions en France occupée, mais fut arrêtée, déportée en camp de concentration et exécutée.

Ses activités ont donné lieu au film Carve Her Name with Pride, basé sur le livre du même titre de R.J. Minney.

Avant son départ en mission, Leo Marks, le responsable des codes au SOE, lui offrit le poème The Life That I Have pour coder ses messages radio envoyés de France à Londres.

Identités[modifier | modifier le code]

  • État civil : Violette Reine Elizabeth Bushell, épouse Szabo.
  • Comme agent du SOE, section F :
    • Nom de guerre (field name) : « Louise »
    • Nom de code opérationnel : Seamstress (en français Couturière)
    • Faux papiers [note 1] : (1) Corinne Reine Leroy, secrétaire, née le 26 juin 1922 à Bailleul, domiciliée 64, rue Thiers, Le Havre, 1,64 m, cheveux châtains, yeux marrons ; (2) Mme Villeret, veuve d'un antiquaire nantais.
    • Autre pseudo : Vicky Taylor.
    • Surnom : La p'tite Anglaise.

Parcours militaire :

  • Land Army, Fareham, Hampshire ; recrutement : 1940.
  • ATS : recrutement : 11 septembre 1941 ; grade : private ; unités : 7 Heavy Anti-Aircraft Training Regiment, RA ; 481 HAA Battery, 137 HAA Regiment, RA.
  • Women's Transport Service (F.A.N.Y.) ; septembre 1943
  • SOE, Section F ; recrutée le 10 juillet 1943 ; grade : section leader, ensign ; matricule : F/29

Pour accéder à des photographies de Violette Szabo, se reporter au paragraphe Liens externes en fin d'article.

Famille[modifier | modifier le code]

  • Son père : Charles George Bushell, un Anglais, chauffeur de taxi.
  • Sa mère : Reine Leroy, Française originaire de Quevauvillers, fille de Zéphyr Leroy, clerc de notaire chez Me Haeu, à Abbeville.
  • Son mari : Étienne Michel René Szabo, 36 Pembridge Villas, Notting Hill, London W11 (tél. Bayswater 6188 ) (60145 Sgt-Mjr 1 Bn 13th Demi Brigade Légion étrangère, tué en Égypte le 24 octobre 1942 à l'âge de 32 ans). Mariage : le 21 août 1940 (Aldershot Registry Office).
  • Sa fille : Tania Desirée Szabo, née le 8 juin 1942 au St Mary's Hospital, Paddington, Londres.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Violette Bushell naît le 26 juin 1921 à Levallois-Perret[note 2], près de Paris.

Elle suit l'école communale à Noyelles-sur-mer. Peu après, sa famille va à Londres. Violette étudie au Brixton Secondary School.

Années 1940-1943[modifier | modifier le code]

1940. Le 14 juillet 1940, encouragée par ses parents, elle invite un soldat français à dîner[note 3]. C'est Étienne Szabo, un lieutenant français des Forces françaises libres (13e demi-brigade de la Légion étrangère), d'ascendance hongroise. Le 21 août, ils se marient à Aldershot. Peu de temps après, l'unité d'Étienne est envoyée en Afrique du Nord.

1941 À l'été 1941, Violette ne revoit Étienne qu'au bout d'un an, à l'occasion d'une permission d'une semaine à Liverpool. En septembre, elle s'engage dans l’Auxiliary Territorial Service (ATS) et devient opératrice de contrôle de tir dans la Batterie anti-aérienne 481.

1942 En avril 1942, elle quitte la batterie. Le 8 juin, sa fille Tania naît. Le 24 octobre, son mari est tué lors de la Seconde bataille d'El Alamein. C'est ce qui conduit Violette à accepter l'offre de recrutement du SOE.

1943 En septembre 1943, jugée apte à la tâche d'agent secret, Violette est engagée comme officier du First Aid Nursing Yeomanry (FANY). Elle reçoit l'entraînement complet de l'agent SOE[note 4]. Un accident mineur lors d'un entraînement au parachute retarde son envoi sur le terrain.

Première mission en France[modifier | modifier le code]

Le 5 avril 1944, c'est sa première mission en France. Elle est parachutée près de Cherbourg, avec Philippe Liewer, dont le réseau, aux alentours de Rouen, a été démantelé par les Allemands. Sous le nom de guerre « Louise », elle assure la fonction de courrier auprès de lui. Pour aider à la reconstitution d'un nouveau groupe autour de Rouen, région stratégique à l'approche du débarquement, elle est amenée à voyager entre Paris et Rouen pour prendre contact avec les personnes qui sont supposées avoir réchappé et en ramener à Paris. Elle transmet au SOE à Londres des rapports sur les usines qui fabriquent des matériels de guerre pour les Allemands, qui se révèlent précieux pour cibler les bombardements. Le 30 avril, après cette mission de trois semaines de reconnaissance, qui est un franc succès, elle rentre en Angleterre avec Liewer, lors d'un ramassage par avion Lysander dans l'Indre[note 5].

Deuxième mission en France[modifier | modifier le code]

Pour sa deuxième mission, juste après le débarquement, elle est renvoyée en France à Limoges, où elle vient coordonner les maquis locaux pour le sabotage des lignes de communication allemandes. Elle est radio et agent de liaison, avec le nom de guerre « Louise ».

En juin 1944, dans la nuit du 7/8, jour (J + 2), vers deux heures du matin, après une tentative infructueuse la nuit précédente, elle est parachutée d’un Consolidated B-24 Liberator au Clos de Sussac, avec le major anglais Staunton, chef de mission (en réalité Philippe Liewer « Hamlet »), le capitaine Bob Maloubier « Paco » et le lieutenant opérateur-radio américain de l'Office of Strategic Services (OSS), Jean-Claude Guiet. Ils sont hébergés à Sussac, dans la maison de Madame Ribiéras. Le 10 juin, près de Salon-la-Tour, elle tombe dans une embuscade tendue par une patrouille allemande (en fait des soldats du 1er bataillon du régiment "Deutschland", de la 2° division SS "Das Reich"), qui recherche un officier disparu. Un jeune résistant français, Jacques Dufour (alias "Anastasie"), ainsi que Jean Bariaud (qui se trouvaient dans la même voiture que Violette Szabo) s'enfuient mais elle est arrêtée, transférée au SD de Limoges, où elle est interrogée et torturée.

Aux mains de l'ennemi[modifier | modifier le code]

Elle est ensuite amenée à Paris, avenue Foch, où elle est interrogée par le SS Sturmbannführer Hans Joseph Kieffer[note 8] et elle subit plusieurs semaines d'interrogatoires brutaux sous l'autorité des services de Horst Kopkow. Mais elle ne parle pas.

Le 8 août, elle est déportée en Allemagne, à Ravensbrück[note 9] avec deux autres femmes du SOE, Denise Bloch et Lilian Rolfe. Au cours du trajet en train vers Ravensbrück, une attaque aérienne survient. Les gardiens cherchent à se mettre à l'abri. Bien qu'enchaînée à un autre prisonnier, Violette Szabo parvient à apporter une bouteille d'eau à des officiers britanniques blessés. Elles restent trois semaines à Ravensbrück, sont transférées à Torgau, un camp de travail d'où elles envisagent de s'évader, puis à Königsberg et de nouveau à Ravensbrück. Elles sont soumises aux travaux forcés et souffrent de malnutrition et d'épuisement.

En 1945, les armées alliées ont pénétré en Allemagne. Après la prise de Varsovie, les Russes avancent en Prusse Orientale.

Entre le 25 janvier et le 5 février 1945, Violette Szabo, Denise Bloch et Lilian Rolfe[note 10] sont extraites de leur cellule et conduites dans une cour, derrière le four crématoire. Denise Bloch, très diminuée et Lilian Rolfe, qui souffre d'une pneumonie, doivent être portées sur des brancards. Violette peut marcher[note 11]. Le commandant du camp, le SS Sturmbannführer Fritz Suhren, lit un ordre émanant de la direction des services de contre-espionnage à Berlin, prescrivant que les trois prisonnières « condamnées à mort » soient exécutées. Il ordonne au SS Scharführer Schülte de procéder aux exécutions. Schülte abat chaque femme d'une balle dans la nuque. Le médecin du camp, le SS Sturmführer Trommer, constate leur décès. Les corps sont aussitôt portés au four crématoire et incinérés.

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Monuments, musées[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Angleterre[modifier | modifier le code]

  • Le Violette Szabo GC Museum. Il a été inauguré le 26 juin 2000. Adresse : Cartref, Tump Lane, Wormelow Tump, Herefordshire, HR2 8HN, Angleterre. Tel. 01981-540477. Ouvert le mercredi, d'avril à septembre.
  • Mémorial de Brookwood : panneau 26, colonne 3.
  • Memorial, Lambeth Town Hall.
  • Les Jersey War Tunnels à Saint-Laurent (Jersey) disposent d'une salle d'exposition permanente dédiée à Violette Szabo.

Voie[modifier | modifier le code]

  • La commune de Noyelles-sur-Mer, où Violette Szabo a passé une partie de son enfance, a donné son nom à une rue.

Œuvres d'art[modifier | modifier le code]

  • En 2001, une peinture murale dédiée à Violette Szabo a été inaugurée à Londres. Due à Brian Barnes, avec l'assistance des enfants de la Stockwell Park School, cette peinture se trouve au Stockwell War Memorial (Stockwell Road, Stockwell, South London), à l'extérieur de l'entrée d'un abri souterrain.
  • En 2008, à Londres, a été dévoilée une sculpture représentant le buste du Violette Szabo. Ce bronze dû à Karen Newman est situé à l'extérieur du Lambeth Palace, sur le Albert Embankment de la Tamise, en face du Palais de Westminster.

Anecdote[modifier | modifier le code]

  • Le jeu vidéo Velvet Assassin (2009) s'inspire de la vie de Violette Szabo.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Guy Penaud, La "Das Reich" 2e SS Panzer Division"(pp. 307 à 311), Editions de La Lauze, 2005
  • R.J. Minney, Carve her Name with Pride: The Story of Violette Szabo, Newnes, 1956.
  • Susan Ottaway, Violette Szabo: The Life That I Have. Pen & Sword Books Ltd., 2003, (ISBN 0-85052-976-X)
  • Michael Richard Daniell Foot, Des Anglais dans la Résistance. Le Service Secret Britannique d'Action (SOE) en France 1940-1944, annot. Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Tallandier, 2008, (ISBN 978-2-84734-329-8), (EAN 9782847343298). Traduction en français par Rachel Bouyssou de (en) SOE in France. An account of the Work of the British Special Operations Executive in France, 1940-1944, London, Her Majesty's Stationery Office, 1966, 1968 ; Whitehall History Publishing, in association with Frank Cass, 2004.
    Ce livre présente la version officielle britannique de l’histoire du SOE en France. Une référence essentielle sur le sujet du SOE en France.
  • Lt. Col. E.G. Boxshall, Chronology of SOE operations with the resistance in France during world war II, 1960, document dactylographié (exemplaire en provenance de la bibliothèque de Pearl Witherington-Cornioley, consultable à la bibliothèque de Valençay). Voir sheet 22, SALESMAN CIRCUIT.
  • Tania Szabó, Young, Brave and Beautiful - The mission of Special Operations Executive Agent Lieutenant Violette Szabó George Cross, Croix de Guerre avec Étoile de Bronze, avant-propos de Jack Higgins, novembre 2007.
  • Jacques Darondeau, Violette Szabo, in « La Voix de la Résistance », no 249, juin 2008, p. 6-12 ; texte pdf
  • Bob Maloubier, Agent secret de Churchill 1942-1944, préface de Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Tallandier, 2011, (ISBN 978-2-84734-795-1).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Source : SFRoH.
  2. Selon SFRoH : 72 rue de Villiers, Levallois-Perret, Hauts-de-Seine, France ; à 6 h.
  3. Domicile : 18 Burnley Road, Stockwell, South London, SW9. [Source : SFRoH].
  4. L'entraînement SOE comprend : lecture de cartes, émission en morse, maniement des armes et des explosifs, exercices de commando, longues marches, parachutisme, combat à main nue, sabotage, communications, cryptographie, travail psychologique (nouvelles identités, filatures, interrogatoires).
  5. Ce ramassage a les caractéristiques suivantes :
    • Opération ORGANIST, agent Alexandre Schwatschko (alias « Alexander Shaw »).
    • Doublé de Westland Lysander IIIa :
      • Le V9490, codé JR-N4, piloté par le F/Lt Robert Large, amène deux agents et cinq paquetages, et remmène Violette Szabo.
      • Le V9748, codé JR-D3, piloté par le F/O John Perry Alcock, dont c'est la première mission opérationnelle, amène un seul agent, Robert Dupuis « Pharaon », sa valise et son poste émetteur ; et il remmène deux agents, dont Philippe Liewer.
    • Décollage du terrain de Tangmere le 30 avril à 22 h 30.
    • Terrain d'atterrissage en France, dans l'Indre :
      • Version 1 : selon Hugh Verity p. 299, le terrain est situé à 7,5 km S/SE d'Issoudun, maintenant aérodrome Le Fay.
      • Version 2 : selon [1], le terrain, HERCULE, est situé à 13,5 km au S/SO de Châteauroux et à 4,250 km à l'ouest d'Arthon. Il était prévu un terrain alternatif, nom de code FORTUNE, situé à 15 km au S/SO de Châteauroux, et à 5,5 km à l'O. d'Arton.
    • Lettres de reconnaissance : AD (de l'air au sol) et BN (du sol à l'air).
    • Heure d'atterrissage en France, le 1er mai : le F/Lt. Large atterrit à 1 h 35 et le F/O John Alcock à 1 h 45.
    • Heure d'atterrissage, de retour à Tempsford, le 1er mai : le F/L Robert Large atterrit à 5 h 05 (un pneu crevé par la Flak), et le F/O Alcock à 5 h 10 (hélice trouée par la Flak).
  6. Des témoins de cet accrochage ont confirmé à Philip Vickers avoir vu des soldats SS tomber à terre.
  7. Le major Kowatchqui a présidé la veille aux atrocités de Tulle.
  8. Kieffer fut plus tard exécuté par les Anglais en tant que criminel de guerre
  9. Ravensbrück, le camp de concentration situé dans les marais du Mecklembourg, contenait 40 000 femmes provenant de tous les pays occupés.
  10. Toutes trois avaient été entraînées en Angleterre dans la même session (à vérifier).
  11. Cette scène a été décrite par un témoin oculaire, Madame Julie Barry, qui a survécu à sa déportation.