Théâtre Édouard VII

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Théâtre Edouard VII)
Aller à : navigation, rechercher

Théâtre Édouard VII

Description de cette image, également commentée ci-après

Le théâtre en 2013

Type Salle de spectacles
Lieu Paris
Coordonnées 48° 52′ 17″ Nord 2° 19′ 46″ Est / 48.871335, 2.329397 ()
Architecte(s) M. Sprague
Inauguration 1913
Capacité 718
Direction Bernard Murat
Site web www.theatreedouard7.com

Le théâtre Édouard VII, aussi appelé théâtre Édouard VII - Sacha Guitry, est situé à Paris entre la Madeleine et l'Opéra Garnier.

Historique[modifier | modifier le code]

Le théâtre Édouard VII en 2009

Le square est ouvert en 1911 par Arthur Millon, fondateur de la Société de la rue Edouard VII[1], sur l’emplacement des remises et des écuries d’une compagnie de fiacres. Il ne pouvait trouver meilleur parrainage que celui du souverain Édouard VII d'Angleterre, dit « le plus parisien des rois anglais » , le plus boulevardier de tous, à l’époque où le Boulevard se terminait chez Maxim’s. En bonne logique, c’est un architecte anglais, William Sprague, qui construit une salle de spectacle au centre de la place en 1913.

Il est tout d'abord un cinéma[2], exploité par un pionnier de l'industrie cinématographique, Charles Urban, qui y présente le Kinémacolor. Puis il cède la place aux représentations théâtrales en 1916 avec pour premier directeur Alphonse Franck[3], ancien directeur du Théâtre des Capucines et du Théâtre du Gymnase qui a racheté la salle en 1914.

Avec Sacha Guitry, une histoire d'amour[modifier | modifier le code]

En octobre 1920 une déclaration d’amour attire le public au théâtre Édouard VII : Je t'aime. Sacha Guitry se déclarait ainsi à Yvonne Printemps. Et tout Paris constate, ravi, cet amour « Nul printemps n’est plus délicieux que celui de Paris, mais quand il s’appelle Yvonne, il devient incomparable... il est impossible d’incarner plus exactement Paris »[4].

Pendant dix années, Sacha Guitry assure à ce théâtre une prospérité heureuse. En dix saisons quel palmarès ![non neutre] Du meilleur Guitry : Je t'aime, Le Comédien, Le Grand Duc, Jacqueline, Un sujet de roman, L'Amour Masqué, Le Lion et la Poule, pièce dans laquelle Lucien Guitry, son père, tient son dernier rôle, Une Étoile nouvelle, Mozart, Désiré, et Mariette, un bijou[Quoi ?]. De brillantes reprises que le public redemandait sans cesse et qui ravissaient les nouvelles générations : Le Mari, la Femme et l'Amant, Faisons un rêve, L'Illusionniste, Le Veilleur de nuit, Jean de La Fontaine… Et d’autres, tant d’autres pièces mettant en scène les meilleurs comédiens de l’époque. Seule la maladie qui devait l’emporter empêcha Sarah Bernhardt de créer Un sujet de roman qu'elle répéta jusqu'à la veille de la générale. On peut aujourd’hui en voir l’unique affiche dans le grand foyer du théâtre.

Pendant les absences de ses pensionnaires, Alphonse Franck a coutume d’accueillir Lucien Guitry, qui incarne d’une façon magistrale et inattendue, Arnolphe dans L'École des femmes, bouclant ainsi son cycle de personnages moliéresques après Tartuffe et Alceste.

Le 17 janvier 1948, malgré les menaces et le chantage, Sacha Guitry fait sa rentrée dans Le Diable boiteux. Une fois encore, il s’impose et dix rappels consacrent la répétition générale.

La découverte du théâtre anglo-saxon et américain[modifier | modifier le code]

Noël Coward joue en français sa pièce Joyeux Chagrins. Raymond Rouleau met en scène Un tramway nommé Désir de Tennessee Williams avec Arletty. Orson Welles vient confirmer sa vocation à ce théâtre anglo-saxon, en 1950, il joue The Lobster en anglais pendant deux mois. Au cours d’une brève direction, Raymond Rouleau remet en scène l’un de ses grands succès Virage dangereux de John Boynton Priestley qu’il interprète avec Gaby Sylvia et Mylène Demongeot.

Le Boulevard, toujours à l'honneur[modifier | modifier le code]

Le théâtre Édouard VII connait alors de beaux soirs, les derniers d’une certaine forme de théâtre de Boulevard : L’Ile heureuse de Jean-Pierre Aumont que l’auteur joue avec la belle Maria Montez et Robert Murzeau. Fric-Frac d’Édouard Bourdet enthousiasme autant le public que Jean Cocteau, saluant le grand comédien : « Michel Simon dans Fric-Frac c’est énorme. Il dépasse la zone du théâtre, il survole l’intrigue, il aborde dans la région vierge où la critique ne fonctionne plus ; je ne sache pas qu’aucune gloire contemporaine puisse vous donner cette somme de réalisme et de songe ». Armand Salacrou avec la complicité d’Yves Robert fait jouer deux pièces en un même spectacle : Pourquoi pas moi et Poof... Robert Lamoureux se révèle un comédien d’instinct dans Ombre chère de Jacques Deval, comme Jean Richard dans Demeure chaste et pure et Darry Cowl dans Le mari ne compte pas de Roger Ferdinand. Tandis que Jacques Deval fait déclarer à Jean-Pierre Aumont Il y a longtemps que je t'aime à Dora Doll.

En 2010, 50 théâtres privés parisiens réunis au sein de l’Association pour le soutien du théâtre privé (ASTP) et du Syndicat national des directeurs et tourneurs du théâtre privé (SNDTP), dont fait partie le théâtre Édouard VII, décident d'unir leur force sous une enseigne commune : les Théâtres parisiens associés[5].

1916 : Alphonse Franck[modifier | modifier le code]

1929 : Louis Verneuil[modifier | modifier le code]

En 1929, Louis Verneuil succède à Alphonse Franck pour six mois.

1930 : Maurice Lehmann[modifier | modifier le code]

En 1930, Maurice Lehmann devient le nouveau directeur jusqu'en 1931 où le théâtre redevient un cinéma.

1931 : Victor Francen[modifier | modifier le code]

1931 : Alphonse Franck[modifier | modifier le code]

Fin 1931, la Twentieth Century Fox reprend la salle en cinéma.

1941 : Robert Gallois[modifier | modifier le code]

En 1940, nouveau retour au théâtre.

1943 : Jean-Michel Renaitour et Jacqueline Heusch[modifier | modifier le code]

1944 : Pierre Béteille[modifier | modifier le code]

1951 : Elizabeth Hijar[modifier | modifier le code]

1958 : Raymond Rouleau[modifier | modifier le code]

1958 : Claude Génia[modifier | modifier le code]

À partir de 1958, Claude Génia prend la responsabilité du théâtre. À travers de nouvelles pièces mémorables comme L’Année du bac, Jours heureux, Bonheur, impair et passe… elle nous fait découvrir une nouvelle génération d’acteurs : Sami Frey, Francis Nani, Jacques Perrin, Roger Dumas, Juliette Gréco, Daniel Gélin, Michel de Ré, Jean-Louis Trintignant, Marthe Mercadier, Jean Le Poulain...

1966 : Wilfrid Dodd[modifier | modifier le code]

En 1967 Francis Veber fait jouer sa première pièce L’Enlèvement. Simone Valère et Jean Desailly interprètent Double Jeu de Robert Thomas avant que Robert Lamoureux, avec Françoise Rosay, ne présente La Soupière, drolatique comédie. Le grand comédien Claude Dauphin fut un extraordinaire Shylock dans Le Marchand de Venise adapté par Thierry Maulnier avant que Madame Elvire Popesco ne reprenne La Mamma d’André Roussin, comme toujours soulevant l’enthousiasme des salles.

1970 : Robert Thomas[modifier | modifier le code]

Au théâtre ce soir[modifier | modifier le code]

1976 : Simone Valère et Jean Desailly[modifier | modifier le code]

Pendant deux saisons, Simone Valère et Jean Desailly se dépensent sans compter à la direction du Théâtre Édouard VII pour défendre un répertoire qui leur est cher de Jean Giraudoux avec Amphitryon 38 à Ibsen avec L’Ennemi du peuple.

1978 : Pierre Bergé[modifier | modifier le code]

Le répertoire s’enrichit sous la direction de Pierre Bergé avec la création de Nous ne connaissons pas la même personne de François-Marie Banier et de Navire Night de Marguerite Duras. En engageant Robert Hirsch en 1979, il donne à ce grand comédien l’occasion de retrouver le succès personnel qui ne l’avait jamais quitté lors de sa longue carrière à la Comédie-Française. Robert Hirsch rencontre l’un de ses meilleurs rôles avec le plus franc succès dans Deburau. Pendant près de deux saisons, il joue un plus grand nombre de fois que Sacha Guitry lui-même.

1981 : Jacqueline Cormier[modifier | modifier le code]

Philippe Caubère apparaît pour la première fois sur une scène parisienne en janvier 1982, dans sa magnifique Danse du Diable.

La même année Edwige Feuillère choisit le Théâtre Édouard VII pour y effectuer sa rentrée dans La Dernière Nuit de l’été.

Avec Jacqueline Cormier à la direction du théâtre, Jean Poiret et Maria Pacôme jouent Joyeuses Pâques, qui a confirmé son auteur Jean Poiret dans la lignée des rares successeurs de Sacha Guitry.

1983, année faste pour Strindberg qui connait ici son plus grand et seul succès populaire à Paris avec Mademoiselle Julie brillamment interprété par Niels Arestrup et Fanny Ardant après Isabelle Adjani.

Précédant l’année de son centenaire, Sacha Guitry revient chez lui, grâce à Jean-Claude Brialy et Marie-José Nat, reformant un couple inoubliable pour Désiré.

Avec Chapitre II de Noël Simon, remarquablement adapté par Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy et mis en scène par Pierre Mondy, c’est la rentrée théâtrale de Mireille Darc avec Jean Piat. Quant à la reprise tant souhaitée de La Répétition ou l’Amour puni de Jean Anouilh, il suffit de relire Pierre Marcabru pour se souvenir du rare bonheur de cette représentation : « ... une liberté d’humeur et d’esprit et un plaisir de dire et d’entendre qui échappent à la vieille pesanteur du monde. On est ailleurs. » C’est-à-dire au paradis du Théâtre avec Pierre Arditi, Emmanuelle Béart, Anny Duperey, Bernard Giraudeau et Béatrice Agenin, dans une mise en scène de Bernard Murat. Les Clients nous laissent dans les mêmes sphères : « une pièce assez insolite et qui touche des zones sensibles... bascule dans une espèce de chef-d’oeuvre. » (Michel Cournot) dû à Jean Poiret qui l’interprète avec une maîtrise tragi-comique qui lui est propre, avec Françoise Fabian, dans une mise en scène de Bernard Murat.

Paris découvre émerveillé l’adaptation anglaise du classique français Les Liaisons dangereuses avec Bernard Giraudeau et Caroline Cellier. La saison se termine brillamment en mai 1989 par Un mois à la campagne, comédie dramatique de Tourgueniev, avec Isabelle Huppert, dans une mise en scène de Bernard Murat.

1989 : Julien Vartet[modifier | modifier le code]

En octobre 1989, la saison débute avec un nouveau directeur, Julien Vartet et nombre de comédies vaudevilles dont il est l’auteur : Point de feu sans fumée, Décibel, La Frousse, Archibald. Ces comédies alternent avec une programmation éclectique : une heureuse reprise des Maxibules, pièce oubliée de Marcel Aymé qui a contribué à remettre cet auteur en lumière.

La réhabilitation théâtrale de Jules Renard grâce à la complicité d’Anny Duperey, Bernard Giraudeau et Bernard Murat pour une reprise triomphale de Le Plaisir de rompre et Le Pain de ménage.

Fin octobre 1994, la saison débute par deux pièces de Georges Feydeau, On purge bébé et Feu la Mère de Madame avec notamment Muriel Robin, Pierre Richard et Darry Cowl, dans une mise en scène de Bernard Murat.

Julien Vartet entreprit d’importants travaux. Le théâtre lui doit aujourd’hui d’être climatisé et entièrement réhabilité.

2001 : Bernard Murat et Jean-Louis Livi[modifier | modifier le code]

Après une année de fermeture, le théâtre ouvre ses portes en septembre 2001 sous la codirection de Bernard Murat et de Jean-Louis Livi.

2007 : Bernard Murat[modifier | modifier le code]

En septembre 2007, le théâtre Edouard VII célèbre l’Année Guitry (1885-1957) avec deux spectacles :

Tous les spectacles qui suivent sont mis en scène par Bernard Murat, désormais seul aux commandes du théâtre :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Statuts de la Société de la rue Edouard VII, 1910
  2. Rubrique histoire sur le site du théâtre, consultée le 23 juillet 2009.
  3. Brochure no 7 de la série Au théâtre ce soir éditée par Polygram Collections.
  4. Nombre des citations sont extraites de Grandes heures de théâtres à Paris de Jacques Crépineau (Librairie Académique Perrin)
  5. Le théâtre Edouard VII sur le site officiel des Théâtres parisiens associés.

Lien externe[modifier | modifier le code]