Jaume Matas

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Jaume Matas
Image illustrative de l'article Jaume Matas
Fonctions
5e président des Îles Baléares

(4 ans, 0 mois et 9 jours)
Coalition Absolue PP
Prédécesseur Francesc Antich
Successeur Francesc Antich
Ministre de l'Environnement d'Espagne
Président du gouvernement José María Aznar
Prédécesseur Isabel Tocino
Successeur Elvira Rodríguez
3e président des Îles Baléares

(3 ans, 1 mois et 9 jours)
Coalition Absolue PP
Prédécesseur Cristòfol Soler
Successeur Francesc Antich
Biographie
Nom de naissance Jaume Matas i Palou
Date de naissance (58 ans)
Lieu de naissance  Palma (Espagne)
Parti politique AP, puis PP
Diplômé de Université de Valence
Profession Fonctionnaire
Entrepreneur

Jaume Matas
Ministres de l'Environnement d'Espagne

Jaume Matas i Palou, né le à Palma, est un homme politique espagnol, membre du Parti populaire (PP). Après avoir été conseiller à l'Économie et aux Finances du gouvernement des Îles Baléares entre 1993 et 1996, il en devient président, mais perd les régionales de 1999. Nommé l'année suivante ministre espagnol de l'Environnement, il retrouve le pouvoir régional à la suite des régionales de 2003, avant de le perdre à nouveau en 2007. Peu après, il est mis en cause dans des affaires de corruption et condamné.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et début de parcours[modifier | modifier le code]

En 1978, il obtient sa licence de sciences économiques et commerciales à l'université de Valence, puis passe avec succès les concours de la fonction publique des Îles Baléares. Il devient, par la suite, chef du service de financement régional, avant d'être promu, en 1989, directeur général du Budget du département de l'Économie et des Finances du gouvernement régional.

Ascension fulgurante dans les Baléares[modifier | modifier le code]

Il adhère à l'Alliance populaire (AP) en 1989, et entre quatre ans plus tard au gouvernement des Îles Baléares, alors dirigé par Gabriel Cañellas, comme conseiller à l'Économie et aux Finances. Élu député au Parlement des Îles Baléares lors des élections régionales du , il est ensuite reconduit dans ses fonctions. Le 1er juillet, Cañellas est contraint à la démission et remplacé par le président du Parlement, Cristòfol Soler, qui le maintient à son poste.

Premier mandat à la tête de la communauté autonome[modifier | modifier le code]

Cependant, à peine dix mois plus tard, le , le groupe parlementaire du Parti populaire (PP, qui a succédé à l'AP), contrôlé par Cañellas, désavoue le président du gouvernement régional en refusant de valider son nouveau cabinet, et notamment la nouvelle conseillère au Tourisme[1],[2]. Jaume Matas, proche de Cañellas, est choisi comme nouveau chef de l'exécutif régional, mais échoue, lors du vote d'investiture du 12 juin, à obtenir la majorité absolue exigée, et dont dispose pourtant le PP, avec seulement 29 voix sur 59, du fait de l'abstention d'élus critiques du renvoi de Soler[3]. Lors du second tour, organisé deux jours plus tard, il remporte le vote avec 30 voix et devient alors président des Îles Baléares[4].

À la fin de son mandat, en 1999, il rompt avec Cañellas, très lié au domaine touristique, en approuvant un important plan d'aménagement du territoire, qui prévoyait notamment un moratoire sur la construction d'hôtels[5]. Cette politique favorable à l'environnement ne lui permet cependant pas de conserver la majorité absolue aux élections régionales du , au cours desquelles, après une fin de campagne dure, il ne remporte que 44,8 % des voix et 28 députés sur 59[6]. Il tente alors de rallier le parti régionaliste de centre-droit de l'Union majorquine (UM), en proposant d'accroître les compétences de l'archipel[7], mais l'UM rejoint finalement la coalition de centre-gauche entre socialistes et nationalistes[8],[9], ce qui permet l'élection de Francesc Antich à la présidence de la communauté autonome le 23 juillet, par 31 voix contre 28[10].

Ministre de l'Environnement[modifier | modifier le code]

Le , Jaume Matas est nommé ministre de l'Environnement d'Espagne dans le second gouvernement de José María Aznar[11]. L'année suivante, il fait adopter le plan hydrologique national (PHN), qui prévoit notamment le transfert des eaux de l'Èbre vers le sud du pays et d'équilibrer les ressources en eau de l'Espagne en huit ans[12],[13]. Critiqué par une partie de l'opposition[14], le PHN est même contesté par la communauté autonome d'Aragón devant le Tribunal constitutionnel juste après son adoption par les Cortes Generales[15]. En , il est confirmé comme chef de file du Parti populaire aux élections régionales du dans les Îles Baléares[16], ce qui le conduit à se rendre de nombreuses fois dans l'archipel au cours des mois suivants, y compris pendant la crise née du naufrage, au large des côtes de la Galice, du pétrolier Prestige, au mois de novembre[17],[18]. Il annonce alors un plan de nettoyage des plages galiciennes, en partenariat avec la Junte de Galice, sans aucun délai et financement[19], tout en affirmant que son ministère n'est pas exclusivement compétent pour gérer ce dossier[20].

Retour aux Baléares, et retrait de la politique[modifier | modifier le code]

Remplacé le par la secrétaire d'État au Budget, Elvira Rodríguez[21], il remporte, aux élections du 25 mai, 45,4 % des voix et 30 sièges sur 59[22], mettant fin à quatre années de pouvoir du centre-gauche et des nationalistes. Le 26 juin, Jaume Matas est réinvesti président des Îles Baléares avec 33 votes favorables, l'UM ayant voté en sa faveur[23], après avoir annoncé la suppression de l'éco-taxe sur le tourisme, créée en 2002, et sa volonté de concilier le développement touristique et la protection de l'environnement[24].

Aux élections régionales du , il perd de nouveau sa majorité absolue, avec seulement 29 députés[25]. À la suite d'un accord entre le PSOE et les formations nationalistes[26], il annonce son retrait de la vie politique le 22 juin, et renonce à son mandat de député régional[27],[28]. Il est de nouveau remplacé par Francesc Antich le 5 juillet. Il devient alors représentant commercial international du groupe Barceló, dont il démissionne en 2009 pour un poste de consultant dans l'hôtellerie[29].

Mise en cause judiciaire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Affaire Nóos.

Alors que le parquet anti-corruption met à jour des réseaux de corruption, et ouvre une enquête préliminaire pour malversation, corruption et prévarication contre d'anciens hauts fonctionnaires de son gouvernement[30], il est appelé à témoigner devant le comité d'éthique régional du PP[31]. Il est finalement mis en examen pour l'affaire du Palma Arena, un réseau de corruption en lien avec la construction d'un vélodrome à Palma, le [32],[33],[34]. L'année suivante, le juge d'instruction lui inflige une caution de trois millions d'euros et une interdiction de quitter le territoire[35].

Matas fait alors face à une accusation de douze délits liés à la corruption (sept chefs d'accusation de détournement de fonds publics, une falsification de document officiel, d'autres malversations administratives, une fraudes à la gestion, une de blanchiment d'argent et une criminalité d'élection) comme un résultat de leur gestion au cours de la dernière législature, en particulier en ce qui concerne le détournement présumé de fonds dans la construction de la Palma Arena vélodrome, qui a coûté plus du double du budget, et l'augmentation de sa richesse qui a eu lieu durant cette période. Le 20 mars 2012, le tribunal régional de Palma le condamne à six ans et deux mois de prison.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) « Cañellas da un golpe de mano y derroca a Soler, su sucesor al frente del Gobierno balear », El País, le
  2. (es) « La guerra africana del PP balear », El País, le
  3. (es) « La abstención de dos diputados del PP aplaza la elección del presidente de Baleares », El País, le
  4. (es) « Matas, elegido presidente de Baleares por mayoría absoluta, sin el voto de Marí », El País, le
  5. (es) « Un freno al desarrollismo », El País, le
  6. (es) « Matas depende de Unió Mallorquina », El País, le
  7. (es) « El PP ofrece a Unió Mallorquina la nacionalidad histórica y 100.000 millones para Baleares », El País, le
  8. (es) « Antich intenta conciliar a los nacionalistas para formar el Gobierno balear », El País, le
  9. (es) « Un socialista presidirá el Parlamento balear tras el pacto de la izquierda y los nacionalistas », El País, le
  10. (es) « El nuevo presidente balear auditará las cuentas de su antecesor », El País, le
  11. (es) « El nuevo Gabinete aumenta hasta 16 carteras y cuenta con ocho incorporaciones », El País, le
  12. (es) « El Senado aprueba de manera definitiva el Plan Hidrológico Nacional », El País, le
  13. (es) « Un trasvase, 112 embalses y 36 desaladoras », El País, le
  14. (es) « El Gobierno sólo acepta ocho de las 250 enmiendas socialistas al Plan Hidrológico », El País, le
  15. (es) « El Gobierno y las Cortes de Aragón ponen en marcha el recurso contra el Plan Hidrológico », El País, le
  16. (es) « Matas dejará el Gobierno en marzo para competir por Baleares », El País, le
  17. (es) « Matas alterna el trabajo de ministro con su campaña en Baleares », El País, le
  18. (es) « El ministro ha visitado mucho más Baleares que el norte durante la crisis », El País, le
  19. (es) « El Gobierno y la Xunta anuncian un plan para limpiar la costa sin plazo ni presupuesto », El País, le
  20. (es) « Matas asegura que la protección del medio ambiente obliga a recoger el fuel con las manos », El País, le
  21. (es) « Aznar releva a Jaume Matas de Medio Ambiente y coloca a Elvira Rodríguez », El País, le
  22. (es) « Matas vence a la izquierda balear », El País, le
  23. (es) « Antich ofrece a Matas su apoyo "para exigir" al Gobierno central », El País, le
  24. (es) « Matas afirma que tras su victoria ya hay signos de recuperación del turismo », El País, le
  25. (es) « Un nuevo mapa autonómico con tres incógnitas », El País, le
  26. (es) « El pacto de progreso para gobernar Baleares impone un veto a las grandes construcciones », El País, le
  27. (es) « Matas contradice la palabra de Rajoy », El País, le
  28. (es) « El PSOE cede tres consejerías y la presidencia del Parlamento a UM para gobernar Baleares », El País, le
  29. (es) « Matas abandona Barceló y se muda a Nueva York para asesorar a cadenas hoteleras », El Confidencial, le
  30. (es) « Anticorrupción desmonta en Baleares otra trama de altos cargos de Matas », El País, le
  31. (es) « Matas deberá explicarse ante su partido por los escándalos de corrupción », El País, le
  32. Un cas de corruption majeur touche la droite
  33. (es) « El juez cita a Jaume Matas como imputado en el 'caso Palma Arena' », Público, le
  34. Folie des grandeurs : l'Espagne endettée peut remercier ses régions
  35. (es) « Adiós al pasaporte y casi sin amigos: el fin de semana más amargo de Matas », El Confidencial, le

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]