Ana Palacio

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Ana Palacio
Ana Palacio, le 8 janvier 2004, au siège du département de la Défense des États-Unis.
Ana Palacio, le 8 janvier 2004, au siège du département de la Défense des États-Unis.
Fonctions
Ministre des Affaires étrangères d'Espagne
10 juillet 200218 avril 2004
Président du gouvernement José María Aznar
Prédécesseur Josep Piqué
Successeur Miguel Ángel Moratinos
Députée européenne d'Espagne
19 juillet 19949 juillet 2002
Élection 12 juin 1994
Réélection 12 juin 1999
Législature 4e et 5e
Biographie
Nom de naissance Ana Isabel de Palacio y del Valle Lersundi
Date de naissance 22 juillet 1948 (65 ans)
Lieu de naissance Madrid (Espagne)
Parti politique Parti populaire
Diplômé de Université complutense de Madrid
Profession Universitaire
Avocate

Ana Palacio
Ministres des Affaires étrangères de l'Espagne

Ana Isabel de Palacio y del Valle Lersundi, née le 22 juillet 1948 à Madrid, est une femme politique espagnole, membre du Parti populaire (PP).

Juriste universitaire, elle est élue députée au Parlement européen en 1994, puis 1999, où elle préside diverses commissions. En 2002, elle devient la première femme ministre des Affaires étrangères d'Espagne, poste qu'elle occupe jusqu'en 2004. Élue au Congrès des députés, elle rejoint la Banque mondiale deux ans plus tard, n'y restant que quelques mois.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière d'universitaire[modifier | modifier le code]

Elle est titulaire d'une licence de droit, sciences politiques et sociologie de l'Université complutense de Madrid. En 1981, elle y devient professeur de sciences politiques, puis intègre, en 1984, l'université nationale d'enseignement à distance (UNED). Dans le même temps, elle passe avec succès son concours d'avocate.

Huit ans plus tard, elle quitte l'enseignement supérieur public et rejoint plusieurs universités privées.

Députée européenne[modifier | modifier le code]

Aux élections européennes du 12 juin 1994, elle placée en deuxième position sur la liste du Parti populaire conduite par Abel Matutes, et donc élue députée au Parlement européen. Le 22 juillet suivant, elle est désignée vice-présidente de la commission Juridique et des Droits des citoyens.

Reconduite à la moitié de la législature, le 16 janvier 1997, elle obtient la deuxième place sur la liste du PP pour les élections du 13 juin 1999, cette fois-ci emmenée par sa sœur, Loyola. Après le scrutin, elle est choisie, le 21 juillet, pour présider la commission Juridique et du Marché intérieur.

En 2000, elle se voit diagnostiquer un cancer du sein, mais continue d'assister aux séances du Parlement européen, le crâne rasé, suscitant émotion et admiration parmi ses collègues[1],[2].

Arrivée à la moitié de la législature, le 21 janvier 2002, elle est maintenue dans ses fonctions, sa commission devenant la commission des Libertés et des Droits des citoyens, de la Justice et des Affaires intérieures. Quatre jours plus tard, elle devient présidente de la conférence des présidents de commission, tout en étant choisie comme représentante du gouvernement espagnol à la Convention sur l'avenir de l'Europe, dont elle intègre la présidence, sous la direction de Valéry Giscard d'Estaing[3].

Ministre des Affaires étrangères d'Espagne[modifier | modifier le code]

Lors du grand remaniement ministériel espagnol du 10 juillet 2002, elle est nommée ministre des Affaires étrangères par José María Aznar, en remplacement de Josep Piqué[4]. Elle prend comme première décision de suspendre les négociations en cours avec le gouvernement britannique sur l'avenir de Gibraltar[5].

La crise de l'îlot Perejil[modifier | modifier le code]

Au lendemain de sa nomination, la Gendarmerie royale marocaine prend possession de l'îlot Perejil, territoire espagnol inhabité au large de Ceuta[6]. Le 14 juillet, elle refuse l'idée d'une intervention armée, affirmant que la force, « on sait toujours quand elle commence, jamais quand elle finit » et défendant la voie diplomatique[7]. Deux jours plus tard, elle rappelle l'ambassadeur espagnol en poste à Rabat[8], puis un groupe de la Légion espagnole, appuyé par les forces spéciales, prend possession de l'îlot le 17 juillet[9]. Grâce à la médiation des États-Unis, les troupes espagnoles se retirent dès le 20 juillet et un accord est signé entre Palacio et son homologue marocain, Mohamed Benaïssa, le surlendemain, garantissant le retour au status quo ante bellum[10].

La guerre d'Irak[modifier | modifier le code]

Au début de l'année 2003 se profile la future guerre d'Irak. Devant le Congrès des députés, fin janvier, elle rappelle que le gouvernement espagnol respectera ses engagements avec les États-Unis, notamment concernant l'utilisation des bases militaires[11], refusant de préciser s'il en serait de même en cas d'attaque unilatérale ou si des troupes espagnoles pourraient être engagées[12].

Une semaine plus tard, devant la commission parlementaire des Affaires étrangères, elle ne peut que constater l'isolement du gouvernement, les autres partis critiquant une position « suiviste », y compris Convergence et Union (CiU) et la Coalition canarienne (CC), plus proches alliés du Parti populaire au Congrès[13]. Au cours de son intervention, le 5 février, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, elle affirme que l'Irak s'expose à de « graves conséquences » en cas d'inaccomplissement des résolutions onusiennes, qualifiant les preuves présentées par Colin Powell de « inquiétantes », ajoutant qu'il est « important d'envoyer un message à Saddam Hussein »[14]. Le 8 février, au lendemain de manifestations géantes contre l'engagement militaire en Irak, elle dédramatise l'évènement, affirmant que les citoyens ont toujours réagi de la sorte et que c'est le contraire qui l'aurait étonnée[15]. Intervenant de nouveau devant le Conseil de sécurité une semaine plus tard, elle réalise un discours très dur, jugé plus agressif que ceux de Colin Powell ou Jack Straw, les plus fervents défenseurs de l'intervention[16].

Le 25 février, se tient, au Congrès des députés, un débat sur une résolution proposée aux Nations unies par les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Espagne permettant le déclenchement d'opérations militaires. Elle s'oppose alors frontalement au porte-parole socialiste pour les Affaires étrangères, Manuel Marín, expliquant que le gouvernement agit dans le cadre de la légalité internationale, afin de lutter contre le terrorisme mondial, que la force est un moyen de pression efficace et refusant de se prononcer clairement sur le choix de l'Union européenne ou des États-Unis comme alliés privilégiés[17].

De retour devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le 7 mars, elle appelle au vote de la résolution, affirmant que donner plus de temps aux inspecteurs relèverait d'une « stratégie de l'impuissance »[18]. Après le déclenchement des opérations, elle refuse, au début du mois d'avril, de condamner la tournure, plus violente et longue que prévue, que prend le conflit, à la demande du Parti socialiste ouvrier espagnol[19]. Un sondage, publié à la fin de ce mois, lui attribue une note de 3,6/10, soit un recul d'un demi-point en deux mois[20].

La Constitution européenne[modifier | modifier le code]

En octobre 2003, elle reconnaît, à la suite d'une conférence intergouvernementale (CIG) à Rome, l'existence de divergences au sein de l'Union européenne sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe, tout en affirmant la nécessité de réformer le traité de Nice[21]. Sept semaines plus tard, lors d'une réunion des chefs de la diplomatie à Naples, elle fait connaître le « refus ferme » du gouvernement de l'Espagne au projet de compromis présenté par l'Italie, estimant que les demandes de son pays ne sont pas prises en compte[22]. Le lendemain, 29 novembre, les ministres se séparent sur un constat d'échec, ce qui, selon elle, démontre « la fausseté » du consensus annoncé par tous[23].

Au Congrès des députés[modifier | modifier le code]

Le 25 janvier 2004, elle est investie tête de liste du PP aux élections générales du 14 mars dans la province de Tolède[24]. À peine trois jours avant l'élection ont lieu les attentats du 11 mars à Madrid. Le lendemain du massacre, elle envoie une note aux ambassadeurs pour qu'ils confirment que la responsabilité incombe à l'ETA, alors que le ministère de l'Intérieur enquête également sur une piste islamiste[25].

Élue au Congrès des députés, alors que le Parti populaire passe dans l'opposition, elle est initialement choisie comme porte-parole du groupe conservateur au sein de la commission parlementaire conjointe pour l'Union européenne[26], mais en prend finalement la présidence, le 27 mai.

Parcours dans la finance et l'économie[modifier | modifier le code]

Le 16 juin 2006, elle est nommée vice-présidente et conseillère juridique de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD ou Banque mondiale), avec qui elle avait déjà un contrat à durée limitée[27]. Elle met fin, le 28 août suivant, à son mandat parlementaire et se retire de la politique. Après avoir été choisie pour intégrer, en juin 2007, la commission pour la libération de la croissance française, présidée par Jacques Attali, elle quitte la Banque mondiale le 15 avril 2008 et devient, le 1er juin suivant, directrice internationale et marketing d'Areva.

Le PP étant revenu au pouvoir à la fin de l'année 2011, elle est nommée, le 23 mars 2012, membre du Conseil d'État par le gouvernement de Mariano Rajoy, aux côtés d'Isabel Tocino, José María Michavila et Juan José Laborda[28].

Famille et vie privée[modifier | modifier le code]

Célibataire et sans enfants, elle est la sœur de Loyola de Palacio, morte en 2006.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Geneviève Fraisse: "J’ai préféré taire mon cancer du sein pour avoir la paix", Caroline Piquet, BFM TV, NextInteractiveMedia, 22 novembre 2013
  2. (es) « Políticos con cáncer y buena forma », ABC, le 22 février 2011
  3. (es) « Ana Palacio representará al Gobierno español en la Convención europea », El País, le 26 janvier 2002
  4. (es) « Aznar cambia a ocho ministros para encarar sus dos últimos años en el poder », El País, le 10 juillet 2002
  5. (es) « Ana Palacio suspende la negociación sobre Gibraltar pese a la insistencia de Londres », El País, le 11 juillet 2002
  6. (es) « Gendarmes marroquíes ocupan un islote español deshabitado cerca de Ceuta », El País, le 12 juillet 2002
  7. (es) « Palacio descarta una intervención armada », El País, le 15 juillet 2002
  8. (es) « España retira a su embajador en Rabat por la crisis de Perejil », El País, le 17 juillet 2002
  9. (es) « España desalojará la isla Perejil si Marruecos se compromete a no ocuparla », El País, le 18 juillet 2002
  10. (es) « Rabat quiere negociar todos los temas de conflicto con España », El País, le 22 juillet 2002
  11. (es) « El Gobierno anuncia que cumplirá sus compromisos con EE UU si hay guerra », El País, le 24 janvier 2003
  12. (es) « El Gobierno no descarta apoyar incluso con tropas un ataque unilateral de EE UU a Irak », El País, le 24 janvier 2003
  13. (es) « El Gobierno se queda solo en las Cortes por su posición sobre la guerra », El País, le 1er février 2003
  14. (es) « Palacio califica de "inquietantes" las evidencias sobre Irak », El País, le 6 février 2003
  15. (es) « Palacio considera "normal" que los ciudadanos protesten contra la guerra », El País, le 8 février 2003
  16. (es) « El cañonazo de Ana Palacio », El País, le 16 février 2003
  17. (es) « "Aznar ha vuelto a tirar los dados y ha vuelto a salir guerra" », El País, le 26 février 2003
  18. (es) « Palacio pide el voto para la nueva resolución porque "el desarme de Irak no progresa" », El País, le 7 mars 2003
  19. (es) « Palacio rehúsa la invitación socialista para que condene el curso de la guerra », El País, le 3 avril 2003
  20. (es) « Palacio y Trillo son los ministros cuya valoración cae más, según el Pulsómetro », El País, le 22 avril 2003
  21. (es) « Palacio niega que España rechace el proyecto de Constitución europea », El País, le 6 octobre 2003
  22. (es) « El desencuentro entre España y la UE bloquea el debate final de la Constitución », El País, le 29 novembre 2003
  23. (es) « La cita extraordinaria de la UE concluye sin pacto sobre el reparto del poder », El País, le 30 novembre 2003
  24. (es) « Ana Palacio irá en la lista del PP de Toledo y Del Castillo en la de Granada », El País, le 24 janvier 2004
  25. (es) « Palacio instruye a todos los embajadores para que confirmen la responsabilidad de ETA », El País, le 13 mars 2004
  26. (es) « Cuatro ex ministros, portavoces de comisión », El País, le 22 avril 2004
  27. (es) « El Banco Mundial nombra a Ana Palacio vicepresidenta y responsable jurídica », El País, le 16 juin 2006
  28. (es) « Romay Beccaría, nuevo presidente del Consejo de Estado », El País, le 23 mars 2012

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]