Batasuna
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
|
Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.
|
| Communauté autonome du Pays basque |
Cet article fait partie de la série : |
|
|
|
Batasuna (unité en basque) est un parti politique indépendantiste basque, d'extrême gauche, principalement actif en Espagne, dans le Pays basque et en Navarre.
Ce parti a porté divers noms depuis sa fondation, en raison d'illégalisations successives (il est vu par les autorités espagnoles comme la branche politique de l'ETA) : Herri Batasuna, Euskal Herritarrok, Sozialista Abertzaleak, Ezker Abertzaleak et AUB, Aukera Guztiak.
Batasuna est considéré comme un groupe terroriste par l'Etat espagnol (décision ratifiée par la Cour Européenne des Droits de l'Homme[1]) et par l'Union européenne[2] ; la Cour européenne des droits de l'homme a confirmé le 30 juin 2009 son illégalité (verdict d’une cour espagnole en 2003), le considérant comme objectivement dangereux pour la démocratie à cause de ses liens avec ETA[3].
[modifier] Idéologie
Batasuna est, avant tout, un parti nationaliste. Il se dit aussi socialiste (proche des mouvances marxistes et libertaires) et encore féministe et écologiste. Son principal objectif est la constitution d'un état socialiste basque, après avoir obtenu l'autodétermination et l'indépendance d'Euskal Herria (entité englobant les pays basques français et espagnols, ainsi que la Navarre).
Batasuna est considerée comme le bras politique de l'ETA par l'Etat espagnol, par la Cour Européenne des Droits de l'Homme et par l'Union européenne. Elle reste l'un des rares partis nationalistes basques, sinon l'unique, qui refuse de condamner les attentats d'ETA (environ huit cent morts depuis les années soixante). Le parti se défend en arguant du fait qu'il est stérile et hypocrite de ne condamner qu'une seule forme de violence. Il faudrait, selon lui, dénoncer aussi celle du gouvernement espagnol, qui opprimerait le peuple basque. L'Etat espagnol affirme lui que toute violation des droits de l'homme a cessé depuis la fin de la dictature franquiste et que toute revendication violente est inacceptable. Dans les faits, peu d'entités fédérées dans le monde disposent de plus de pouvoirs que le pays basque espagnol (si on le compare, par exemple, au degré d'autonomie dont disposent les entités fédérées belges ou allemandes), qui a été gouverné par des nationalistes modérés depuis la transition démocratique.
Batasuna forme partie de la gauche radicale (izquierda abertzale) et du Mouvement de Libération National basque (Movimiento de Liberación Nacional Vasco ou MLNV).
[modifier] Évolution
Le 1er décembre 1997, le Tribunal suprême espagnol a condamné les 23 dirigeants du parti indépendantiste basque Herri Batasuna (Unité populaire, HB) à sept ans de prison ferme pour avoir eu l’intention de diffuser, dans le cadre d’une campagne électorale, un spot télévisé réalisé par ETA. Herri Batasuna y déclarait céder « la parole à ceux qui offrent réellement une solution de rechange pour la paix et la démocratie, pour surmonter le conflit politique d’aujourd’hui ainsi que ses manifestations violentes ». Dans cette bande vidéo, on voit trois personnes armées et cagoulées réclamer la reconnaissance du Pays basque, donc son droit à l’autodétermination, ainsi que son unité territoriale (dont l’inclusion de la Navarre et du Pays basque français), et exiger que le « peuple basque » puisse «décider librement de son avenir». En échange d’un cessez-le-feu, elles exigent une amnistie générale et inconditionnelle pour les membres d’ETA détenus dans les prisons d’Espagne, ainsi que le départ du Pays basque des «forces armées espagnoles». Le lendemain, le Parti nationaliste basque (PNV), formation démocrate-chrétienne, alors au pouvoir au Pays basque espagnol, condamne la sentence, mais précise: «Le comité directeur (...) n’a aucune raison de soutenir Herri Batasuna et moins encore les membres de sa direction. Notre parti n’a reçu de leur part et de leur entourage politique que des insultes, des menaces et dénigrements. (…) Nous constatons en outre (…) que les citoyens basques sont fatigués d’eux, de leur arrogance, de leur agressivité liée aux assassinats, enlèvements et extorsions commises par l’ETA et la guérilla de rue (…). Ni le PNV ni la grande majorité de ce peuple ne soutiendra la grève générale convoquée pour le 15 décembre 1997 ni aucune autre mesure de force, car il est temps maintenant que Herri Batasuna cesse d’associer aux projets politiques la pression ou l’usage de la force et de l’intimidation.» [réf. nécessaire].
En application de la Ley de partidos, le Tribunal suprême espagnol a illégalisé Batasuna en mars 2003, considérant qu'elle faisait partie de la trame de l'ETA.
Un parti dénommé AUB, Aukera Guztiak, s'est présenté aux élections autonomiques basques en avril 2005, mais a été refusé, car considéré comme une version déguisée de Batasuna. Le parti EHAK (Euskal Herrialdeen Alderdi Komunista, ou Parti communiste des Territoires basques), organisation marxiste-léniniste formée par des militants ayant quitté Herri Batasuna au moment de sa refondation en Batasuna, a obtenu 10% des voix, loin derrière le EAJ-PNB, parti nationaliste de tendance démocrate-chrétienne qui, avec plus de 40% des voix, s'est maintenu au pouvoir.
Le 4 octobre 2007, les 22 membres de la direction de Batasuna ont été arrêtés par les forces de l'ordre espagnoles, et transférées au juge chargé de cette affaire. En effet ils étaient soupçonnés de se réunir pour organiser la passation de pouvoir entre l'ancienne et nouvelle direction. Or Batasuna était interdit de toute activité politique pour cause de ses liens avec ETA depuis 2003.
Aux élections basques de 2009, deux formations politiques, D3M et Askatasuna, ont à nouveau été exclues du scrutin par les autorités espagnoles, qui considéraient qu'elles n'étaient qu'une émanation de Batasuna. Cette fois, le vote nationaliste s'est reporté sur des organisations radicales, mais condamnant ouvertement la violence (comme Aralar), et sur le grand parti nationaliste modéré, le PNB. Pour la première fois, cependant, depuis la fin de la dictature franquiste, les nationalistes ont été renvoyés dans l'opposition.
La légalité de la décision du Tribunal suprême espagnol illégalisant Batasuna a été confirmée par la Cour Européenne des Droits de l'Homme, le 30 juin 2009[1].
[modifier] Notes
- ↑ a b http://www.elpais.com/articulo/espana/Tribunal/Estrasburgo/ratifica/ilegalizacion/Batasuna/elpepuesp/20090630elpepunac_3/Tes# Article du quotidien El Pais, du 30 juin 2009
- ↑ Liste des personnes, groupes et entités considérés comme terroristes par l'Union européenne [1]
- ↑ Jean-Jacques Bozonnet, « Batasuna est déclaré illégal par la Cour européenne des droits de l’homme », Le Monde, 2 juillet 2009, p 9

