Armand Le Véel

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Armand Le Véel

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Autoportrait d'Armand Le Véel, chez Rude, 1848

Nom de naissance Armand Jules Le Véel
Naissance 27 janvier 1821
Bricquebec (Manche)
Décès 26 juillet 1905 (à 84 ans)
Cherbourg (Manche)
Nationalité Flag of France.svg Française
Profession Sculpteur
Autres activités
conservateur de musée
Formation

Armand Jules Le Véel, né le 27 janvier 1821 à Bricquebec et mort le 26 juillet 1905 à Cherbourg, est un statuaire français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Frondeur et Frondeuse, Armand Le Véel, 1849
Statue équestre de Napoléon, 1858

Fils de commerçants, Armand Le Véel est l'aîné d'une famille modeste de 13 enfants. Au collège de Valognes à partir 1830 pour faire ses humanités, puis à celui de Cherbourg, il révèle un intérêt pour le dessin. Mais à seize ans et demi, ses parents l'envoient comme commis épicier et comptable à Rouen, où il passe trois ans, sans y trouver le goût du commerce.

Le 14 décembre 1840, à 19 ans, il arrive à Paris pour exercer son art, sans ressource. Il vit d'emplois divers, et fabrique pour les frères Susse des produits pour la confection des statuettes de plâtre en vogue à l'époque.

Il rencontre le sculpteur Auguste Poitevin, élève de François Rude, qui le fait entrer en 1845 dans l'atelier du maître, ancien de l'atelier de David d'Angers. Il y côtoie Emmanuel Frémiet et Jean-Baptiste Carpeaux. Il réalise ses premières œuvres, une série de six statuettes de personnages en plâtres dédiés à l'histoire de France dont Le Ligueur, Le Huguenot, et Le Représentant du peuple aux Armées, dit Vox populi, censuré.

Enrôlé le 24 février 1848 sur la barricade de la rue de Rivoli, il est proclamé commandant, recevant avant de le congédier Odilon Barrot, puis pénètre parmi les premiers dans le Palais des Tuileries.

Il reprend ses créations en 1850, soutenu par une subvention annuelle de 600 francs versée pendant trois par le conseil général de la Manche et doublée par le conseiller général de Canisy, Alexis Felix Sanson-Lavalesquerie. Au terme de cette pension, l'assemblée départementale lui commande un buste en marbre de l'amiral de Tourville.

En 1852, le conseil municipal de Cherbourg décide d'édifier une statue de Napoléon. Le Véel fait une proposition début 1853, qui n'aboutit finalement que le 25 avril 1855. Entre temps, dans un atelier sur l'île des Cygnes offert par la Direction des Beaux-Arts, il s'exerce aux statues équestres avec deux Charlemagne et un Bonaparte en Italie.

Le 21 juillet 1858, la statue de Napoléon arrive par le train à l'occasion de la visite de Napoléon III et de l'impératrice Eugénie, que Le Véel avait rencontré en 1852, quand elle n'était que Mademoiselle de Montijo, et qu'il devait faire son buste. Le couple impérial venu pour l'inauguration de la ligne Caen-Cherbourg, le lancement du Ville de Nantes, et l'immersion du bassin du port militaire. Mais l'inauguration de la statue n'est pas un souhait de Napoléon III, qui engage avec un rapprochement diplomatique avec le Royaume-Uni. Elle est donc reléguée au dernier jour du séjour impérial, une fois la reine repartie. Ce qui devait être le sacre de Le Véel est donc rapidement expédié, et le statuaire n'est pas décoré de la légion d'honneur, contrairement à ses espoirs et au maire Joseph Ludé.

Le Véel met cette absence de distinction sur le compte de son passé de révolutionnaire en 1848. Pourtant, il est décoré en 1863. Il est plus probable que son caractère peu négociant avec les pouvoirs, s'absentant par exemple quand l'empereur visite son atelier, où refusant de faire évoluer ses projets en fonction des remarques des commanditaires, n'ait pas favorisé son appartenance aux milieux officiels et les commandes publiques. Il reçoit toutefois plusieurs commandes de plâtres, bronzes, et statues de pierre, particulièrement dans son département. Il réalise notamment un Tancrède de Hauteville en pierre pour la cathédrale de Coutances, et des bronzes de Jeanne d'Arc, notamment la statue équestre de Jeanne d'Arc à l'ancien évêché d'Orléans[1]. En 1870, il est l'un des onze membres de la commission chargée sous la présidence de Courbet, de sauver les œuvres d'art d'un Paris au bord d'être assiégé par les Prussiens, et refuse que l'on démolisse la colonne Vendôme.

Médaillon de la tombe de Charles Maurice Cabart-Danneville par Armand Le Véel.

Il se retire en septembre 1882 à Cherbourg, et cesse de créer. Après avoir offert plusieurs œuvres à la ville dont elle prend la charge de la fonte, il est nommé conservateur du musée Thomas-Henry, et milite pour que les collections trouvent abri dans un nouveau bâtiment dédié. Le 7 mai 1899, il assiste à Orléans à l'inauguration de la statue de Jeanne d'Arc qu'il a offert à l'évêché.

Retiré rue du Maupas à Cherbourg, il meurt le 26 juillet 1905, et lègue sa collection d'œuvres d’art et d’antiquités (tapisseries, armes, mobilier…) à la ville de Cherbourg, exposé pendant un demi-siècle dans le pavillon Ouest du théâtre, avant d'être regroupée avec ses œuvres, au sein du musée Thomas-Henry. Plusieurs de ses œuvres sont également exposées au musée des Beaux-Arts de Bordeaux. De la statue de Jeanne d'Arc à Orléans, il n'a été sauvé que la tête lors de l'Occupation.

Ami de Jules Barbey d'Aurevilly, il s'était marié en 1855 à Eugénie Feuchère, fille du sculpteur Jean-Jacques Feuchère.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Jeanne d'Arc d'A. Le Véel, allocution prononcée le dimanche 7 mai 1899 dans la cour d'honneur de l'évêché d'Orléans, 14 p., Stanislas Touchet, H. Herluison, Orléans, 1899,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Armand Le Véel, « La Vie d'artiste sous le Second Empire », Mémoires de la Société nationale académique de Cherbourg, vol. 20, 1914.
  • Armand Le Véel, de cape et d’épée, catalogue de l’exposition tenue du 8 juillet au 31 octobre 2005 au musée d'Art Thomas-Henry de Cherbourg-Octeville, Éditions Le vent qui passe, 2005.

Lien externe[modifier | modifier le code]

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