Sophie Rude

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Sophie Rude

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Buste de Sophie Rude (vers 1852-1855), par Paul Cabet, marbre, musée des beaux-arts de Dijon.

Nom de naissance Sophie Frémiet
Naissance 16 juin 1797
Dijon (Bourgogne)
Décès 4 décembre 1867 (70 ans)
Paris
Nationalité France Française
Profession Artiste peintre
Ascendants
Louis-Gabriel Monnier (grand père)
Conjoint
Famille

Sophie Rude, née Sophie Frémiet le 16 juin 1797 à Dijon, morte le 4 décembre 1867 à Paris, est une artiste peintre française.

Elle est l'épouse du sculpteur François Rude.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sophie Frémiet naît rue des Forges à Dijon, où son père Louis Frémiet, mécène et ardent bonapartiste, est contrôleur des impôts. Sa mère, Sophie Monnier, est issue d'une famille d'artistes. Le grand-père maternel de Sophie, le graveur Louis-Gabriel Monnier, sera le premier conservateur du musée des beaux-arts de Dijon.

La jeune fille reçoit des cours d'Anatole Devosge, fils d'un ami de son père et fondateur de l'école de dessin de Dijon, François Devosge. Anatole est un ancien élève de Jacques-Louis David et transmet à son élève le style néoclassique du maître. Louis Frémiet prend sous sa protection un jeune inconnu, François Rude, élève de François Devosge.

Après la chute du Premier Empire et le retour des Bourbon en 1815, la famille Frémiet, comme nombre de bonapartistes, quitte la France pour s'installer à Bruxelles, du Royaume uni des Pays-Bas nouvellement crée. Sophie poursuit ses études artistiques sous la férule d'un autre exilé, maître de son premier professeur, Jacques-Louis David. Elle exécute notamment des copies d'après le maître tout en exposant ses propres œuvres à Bruxelles en 1818 et Anvers. En 1820, La Belle Anthia remporte le concours de l’Académie royale des beaux-arts de Gand.

Le 25 juillet 1821, Sophie épouse l'ancien protégé de son père, le sculpteur François Rude. Le couple n'aura qu'un seul enfant, Amédée (disparu prématurément en 1830). Sophie est à cette époque une artiste en vogue, qui obtient de nombreuses commandes, notamment pour l'ancien palais royal de Tervueren; ces œuvres ont disparu dans l'incendie qui détruisit le château. Elle travaille dans un style néo-classique, tirant principalement ses sujets de la mythologie, même si elle produit également un petit nombre d'œuvres d'inspiration religieuse. Son atelier est fréquenté par des artistes comme Adèle Kindt.

En 1826, la famille Rude vient s'installer à Paris et ouvrent un atelier rue d’Enfer pour enseigner leur art respectif. Sophie entame une nouvelle carrière de peintre historique. Elle sert de modèle à son époux, notamment pour la célèbre statue la Marseillaise sur un des quatre piédroits de l'Arc de triomphe de l'Étoile. Après la mort de son mari en 1855, Sophie se consacre à exposer et faire connaître l'œuvre de celui-ci.

En 1839 le couple adopte Martine Cabet, nièce orpheline de Sophie, qui pose pour plusieurs de leurs œuvres, future épouse de leur neveu Paul Cabet.

Oeuvre[modifier | modifier le code]

Sophie Rude débute sa carrière dans la peinture d'histoire et mythologique, avant de se consacrer presque exclusivement au portrait à partir de 1840[1], tant de ses proches et amis que pour des commandes. Le musée des beaux-arts de Dijon possède une collection de portraits peints par Sophie Frémiet, dont les portraits de Louis Fremiet (vers 1820), de son fils Amédée, de sa sœur Victorine Van der Haert (née Frémiet), de son neveu Jean-Baptiste Louis van der Haert, de Paul Cabet, époux de sa nièce Martine, de François Rude ainsi qu'un autoportrait.

  • Les Adieux de Charles Ier, roi d'Angleterre, à ses enfants, salon de 1833
  • L'Entrevue de Monsieur le Prince et de Mademoiselle, duchesse de Montpensier, salon de 1836, musée des beaux-arts de Dijon
  • La Duchesse de Bourgogne arrêtée aux portes de Bruges, vers 1840, présenté au salon de 1841 et acquis par le musée de Dijon en 1849[2]
  • La Mort de Cenchrias, fils de Neptune, collection particulière[réf. nécessaire]
  • Rencontre de Louis II de Bourbon (1621-86) et d'Anne-Marie-Louise d'Orléans (1627-93), musée des beaux-arts de Dijon
  • Portrait de Bernard Wolf (1778-1850) acteur, auteur et directeur du théâtre de la Monnaie à Bruxelles, Paris, musée du Louvre
  • Portrait du peintre Camille Bouchet, musée Denon à Châlon

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Monique Geiger, « Frémiet, Sophie », dans Dictionnaire des femmes belges : XIXe et XXe siècles. par E. Gubin, C. Jacques, V. Piette et J. Puissant (eds), Bruxelles, Éditions Racine, 2006. ISBN 2-87386-434-6
  • Monique Geiger, Sophie Rude peintre et femme de sculpteur, une vie d'artiste au XIXe siècle (Dijon - Bruxelles - Paris)., Société des amis des Musées de Dijon, Dijon, 2004. ISBN 2-9523255-0-2
  • Sous la direction de Sophie Barthélemy et Matthieu Gilles, François et Sophie Rude. Citoyens de la Liberté. Un couple d’artistes au XIXe siècle, Dijon-Paris, Musée des Beaux-Arts de Dijon-Somogy Éditions d’Art, 2012, 288 p., 382 ill. (ISBN 978-2-7572-0588-4)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sophie Barthélémy, « Sophie Rude, entre histoire et portrait », Dossier de l'art, hors-série n°19, octobre 2012, pp. 66-69.
  2. Sophie Barthélémy, « Sophie Rude, La Duchesse de Bourgogne arrêtée aux portes de Bruges ou révolte à Bruges en 1436 », dans Dossier de l'art, hors-série n° 19, octobre 2012, pp.  72-73.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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