The Ghost Writer

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The Ghost Writer

Titre québécois L'écrivain fantôme
Titre original The Ghost Writer
Réalisation Roman Polanski
Scénario Roman Polanski
Robert Harris
d'après le roman de
Robert Harris
Sociétés de production France 2 Cinéma
Runteam
Studios de Babelsberg
RP Films
Pays d’origine Drapeau d'Allemagne Allemagne
Drapeau de France France
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Thriller
Sortie 2010
Durée 128 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

The Ghost Writer est un film franco-germano-britannique de Roman Polanski, sorti en France le 3 mars 2010. C'est l'adaptation du roman L'Homme de l'ombre de Robert Harris.

Sommaire

Synopsis [modifier]

À Londres, un nègre littéraire (écrivain privé, en anglais ghostwriter ou ghost) à succès est engagé pour terminer les mémoires d'Adam Lang, ancien Premier ministre britannique. Mais dès le début de leur collaboration, le projet semble périlleux car le prédécesseur du nègre de Lang est décédé « accidentellement », probablement après être tombé d'un ferry. Le nègre prend l'avion pour travailler sur le projet, au milieu de l'hiver, dans une maison au bord de l'océan sur l'île de Martha's Vineyard, située au large des côtes de la Nouvelle-Angleterre. Mais le jour même de son arrivée, un ancien ministre du cabinet Lang accuse celui-ci de complicité de crimes de guerre pour avoir autorisé l'arrestation illégale de terroristes présumés et de les avoir livrés à la CIA qui les aurait soumis à la torture. La controverse ameute des journalistes et des manifestants sur l'île où réside Lang, sa femme Ruth et son assistante (et maîtresse) Amelia. Au cours de son travail, le nègre découvre des indices laissant entendre que son prédécesseur aurait mis au jour la liaison de Lang à la CIA et au complexe militaro-industriel. Le prédécesseur du nègre a en effet été assassiné après avoir rencontré Emmett, un professeur de Harvard, ancien condisciple de Lang, agent de la CIA et conseiller dans un lobby d'armements. Au cours d'un de ses déplacements, Lang est abattu par un manifestant anti-guerre. Ses mémoires finissent par être publiés. Lors du lancement du livre, le nègre comprend que c'est la femme de Lang, l'agent de la CIA recruté par Emmett, introduit auprès de son futur mari. Au sortir de la réception, il est renversé par une voiture.

Contextualisation [modifier]

Le film, traité comme un film policier, est surtout une parabole politique, étroitement articulée à l'actualité.

On n'a en effet aucune peine à reconnaitre en Lang — dont un de ses collègues fait observer qu'il n'a jamais pris une seule mesure susceptible de déplaire aux États-Unis — la figure de Tony Blair, premier ministre anglais au moment de la guerre en Irak. De multiples détails le prouvent. L'un d'eux est la présence répétée du panneau liar (menteur) chez les manifestants anti-Lang : on sait que les manifestants anti-Blair se plaisaient à écrire son nom sous la forme de l'anagramme Tony B. Liar. De même, l'entreprise d'armements qui prête significativement un jet privé à Lang porte un nom qui est presque l'homonyme de la multinationale Halliburton, un des principaux fournisseurs de l'armée américaine, soupçonnée de maintes accointances avec le monde politique. Le film apparait donc au total comme une charge contre l'impérialisme américain et la docilité des gouvernants européens[1].

Fiche technique [modifier]

Distribution [modifier]

Production [modifier]

Genèse du projet [modifier]

À l'origine, Roman Polanski voulait adapter un autre roman de Robert Harris, Pompéi. Le studio Summit Entertainment est ensuite attaché au projet, qui est officiellement annoncé au Festival de Cannes 2007. Malgré cela, le film ne voit jamais le jour. Robert Harris envoie alors son roman L'Homme de l'ombre à Polanski, alors que le livre n'est même pas encore publié. Le réalisateur est immédiatement séduit et décide de l'adapter sur grand écran, avec Robert Harris lui-même comme coscénariste[3].

« Notre méthode a consisté à écrire un premier jet, en nous inspirant des scènes et de la structure du livre, puis à le reprendre et à le retravailler sans hésiter, en supprimant des passages entiers et en essayant d'améliorer le rythme. Ce qui m'a frappé en travaillant avec Roman, c'est que j'ai eu le sentiment de réécrire mon livre. Certains éléments dans le film sont plus réussis que dans le roman. Le script est plus percutant. Si le film est plus fort que le livre, c'est entre autres parce qu'on ne quitte jamais cet univers de bord de mer, et cette atmosphère de ports et de plages à l'abandon[3]. »

— Robert Harris

Casting [modifier]

Au début du lancement du projet, Nicolas Cage et Tilda Swinton y étaient associés[4]. Mais Kim Cattrall remplace ensuite Tilda Swinton dans le rôle de l'assistante de Lang[4].

Nicolas Cage devait quant à lui tenir le rôle principal du nègre littéraire, mais déclina l'offre en raison d'un conflit d'emploi du temps avec le tournage de Benjamin Gates 3, qui devait se tourner en janvier 2009[4]. C'est Ewan McGregor qui reprend le rôle du nègre, dont le nom n'est jamais prononcé dans le film. Pour l'acteur, c'était un honneur de travailler avec Roman Polanski :

« Je m'attendais à ce qu'il me pousse à me surpasser, et c'est d'ailleurs ce que je souhaitais. Il donne toujours aux comédiens des commentaires inattendus qui les aident à incarner leurs personnages. Il vous fournit énormément de détails sur le rôle et vous explique quel regard vous devez porter sur le monde autour de vous, comment vous êtes censé vous déplacer, et à quoi ressemblent les décors. Je crois que c'est grâce à son sens du détail que les situations sont aussi vraisemblables[3]. »

— Ewan McGregor

Pierce Brosnan incarne quant à lui Adam Lang, l'ancien Premier ministre britannique. Ce personnage rappelle à de nombreux égards Tony Blair, quoique l'auteur nie formellement s'en être inspiré, puisque l'idée du scénario lui serait venue bien avant son élection :

« Cela fait plusieurs années que j'ai le projet de L'Homme de l'ombre. Cela remonte sans doute à une quinzaine d'années avant que Tony Blair ne devienne Premier ministre. Ce qui m'intéressait vraiment, c'était l'idée d'un mensonge imaginé par un ancien dirigeant politique face à un homme censé rédiger ses mémoires[3]. »

— Robert Harris

Le film marque également par la présence d'Eli Wallach, 93 ans à l'époque du tournage, dans le rôle du vieil homme de l'île de Martha's Vineyard.

Tournage [modifier]

L'essentiel de l'action est censé se dérouler sur l'île de Martha's Vineyard, sur la côte Sud de la presqu'île du Cap Cod, dans l'État du Massachusetts aux États-Unis. En réalité, le tournage s'est déroulé en Allemagne (Berlin, Strausberg, Potsdam, Usedom, îles de Sylt et de Pellworm en mer du Nord) ainsi que sur l'île de Rømø au Danemark[5].

Dans le film, on peut apercevoir pour la première fois au cinéma le Boeing 787 (en image de synthèse, aux couleurs de la compagnie Virgin Atlantic). Les trucages sont également mis à profit pour simuler l'immense baie vitrée offrant une vue sur la mer dans la maison de Lang : en effet, une vraie baie vitrée aurait donné une luminosité beaucoup trop irrégulière pendant le tournage.

Postproduction [modifier]

La postproduction du film a été marquée par l'arrestation à Zurich de Roman Polanski le 27 septembre 2009, rattrapé par une affaire de mœurs remontant à 1978. Il est libéré par les autorités suisses le 12 juillet 2010. De sa cellule puis de son chalet de Gstaad où il est astreint à résidence durant plusieurs mois, il achève la postproduction de The Ghost Writer[3], aussi est-il possible de faire le parallèle entre sa situation et celle de l'ancien Premier ministre britannique reclus et barricadé dans son île[6].

Récompenses et nominations [modifier]

Récompenses en italique
Sources : IMDb
[7]

Festival de Berlin 2010 [modifier]

Prix du cinéma européen 2010 [modifier]

Los Angeles Film Critics Association 2010 [modifier]

Phoenix Film Critics Society 2010 [modifier]

Saturn Awards 2010 [modifier]

World Soundtrack Awards 2010 [modifier]

Prix Lumière 2011 [modifier]

César 2011 [modifier]

Étoiles d'or du cinéma français 2011 [modifier]

London Film Critics Circle 2011 [modifier]

Notes et références [modifier]

Annexes [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]