Château du Plessis-Macé

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Château du Plessis-Macé
Image illustrative de l'article Château du Plessis-Macé
Le château renaissance
Période ou style Médiéval / Renaissance
Type Forteresse / Logis d'habitation
Début construction XIIIe siècle
Fin construction XVIe siècle
Destination initiale Forteresse
Propriétaire actuel Conseil général du Maine-et-Loire
Destination actuelle site touristique, festival d'Anjou
Protection Logo monument historique Classé MH (1962)
Site web www.chateau-plessis-mace.fr/
Coordonnées 47° 32′ 41″ N 0° 40′ 33″ O / 47.544694, -0.67576847° 32′ 41″ Nord 0° 40′ 33″ Ouest / 47.544694, -0.675768  
Pays Drapeau de la France France
Région historique Drapeau de l'Anjou Anjou
Région Pays de la Loire
Département Maine-et-Loire
Commune Le Plessis-Macé

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château du Plessis-Macé
Vestige de la forteresse médiévale
Logis et chapelle dans la cour du château

Le château du Plessis-Macé est un édifice médiéval datant du Moyen Âge et remanié au tout début de la Renaissance. Ce château est situé sur la commune du Plessis-Macé, à une dizaine de kilomètres au nord d’Angers. Le château du Plessis-Macé fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 14 mai 1962 et le site est classé le 24 février 1987[1].

Historique[modifier | modifier le code]

La seigneurie du Plessis-Macé a été successivement possédée, du XIe au XVIIIe siècle, par quatre familles : celles du Plessis proprement dite, de la Haye-Joulain, de Beaumont et celle du Bellay. Au milieu du XVe siècle, Louis de Beaumont, fils de Geoffroy et de Catherine de la Haye-Joulain, seigneur de Bressuire et chambellan de Louis XI, entreprend la reconstruction du château fort en partie ruiné après la guerre de Cent Ans. Louis de Beaumont fut homme de guerre de grande valeur et de grand courage. D'abord chambellan du duc d'Anjou, roi de Sicile, il devint conseiller et chambellan du roi de France, et de 1451 à 1462, sénéchal du Poitou. Il était l'un des favoris de Louis XI et fut le premier chevalier nommé dans l'ordre royal et militaire de Saint-Michel, ordre crée en 1469 par Louis XI, pour remplacer celui de l'Étoile, dû au roi Jean Le Bon, et tant prodigué dès l'origine qu'il avait perdu toute sa valeur. (le roi voulait avoir l'équivalent de l'ordre de la Toison d'Or, crée par le duc de Bourgogne, père de Charles le Téméraire, et dont celui-ci honorait ses fidèles). Après avoir guerroyé pendant plus de quarante années, Louis de Beaumont se retira en son château du Plessis-Macé, en 1471 et mourut en 1475.

C'est à partir de 1450 que Louis de Beaumont, transforma ce monument médiéval en château de style gothique flamboyant. Les épaisses murailles sont percées de fenêtres, et les tours sont conservées et coiffées de poivrières. Il construisit les deux balcons qui se font face : celui du logis seigneurial, où les dames assistaient aux tournois, et celui des servitudes. Il construisit également la tour d'escalier, mince à la base et qui va s'élargissant puis se redresse jusqu'au départ de son toit aigu, cette tour où les marches sont si douces "qu'une mule y peut à l'aise monter et descendre". Il construisit également le donjon sur l'emplacement où s'élevait celui du XIIème siècle, probablement rasé. On voit encore au fronton de ce dernier, de nos jours rénové, l'écu des Beaumont. A la fin de l'année 1472 il reçut le roi son maître Louis XI encore en lutte contre le duc de Bretagne. Plusieurs lettres signées de Louis XI sont datées du séjour qu'il fit au château, c'est de là que le roi partit pour le siège d'Ancenis. Au total, quatre rois de France y ont séjourné, Louis XI, Charles VIII, François 1er et Henry IV.

Au décès de Louis de Beaumont, c'est son 3e fils Thibault qui en hérita. Il continua au Plessis l'œuvre de son père en faisant agrandir les douves. Comme son père, il servit le roi dans ses guerres de Bretagne et ailleurs, militairement et en missions politiques. Il fut gouverneur d'Anjou. Il reçut au Plessis-Macé, le 26 mai 1487, le jeune roi Charles VIII, alors âgé de 17 ans. Thibault avait épousé Jeanne de Beaumont, sa cousine, des Beaumont-Bressuire, la branche aînée. Mais Thibault n'eut pas d'enfants. À sa mort, en 1510, il léguait tous ses biens à son beau-frère, Eustache du Bellay.

Ainsi, les Beaumont furent les possesseurs de la baronnie pendant 70 ans seulement. Les du Bellay en furent les maîtres pendant près de 170 ans.

Eustache du Bellay avait été Chambellan du roi René et fut plus tard conseiller et Chambellan du roi de France Louis XII. Sa descendance fut glorieuse puisqu'il fut le grand père du poète Joachim du Bellay issu de leur troisième fils Jean, le célèbre cardinal du Bellay, évêque de Paris, ambassadeur du roi François 1er auprès d'Henri VIII d'Angleterre, dont il s'efforça en vain d'empêcher la rupture avec l'Église romaine.

Au décès de Eustache puis de son fils Jean, c'est au fils de ce dernier, René 1er du Belay, qu'est revenue la baronnie. Il mourut sans alliance vers 1534. Deux ans avant le roi de France François 1er vint au château en septembre 1532 en revenant de Nantes. C'est également au Plessis-Macé que fut révisé et mis au point, par lettres patentes du 3 septembre 1532, le traité de Vannes qui réglait de façon définitive l'union de la Bretagne à la France.

C'est en 1678 après diverses alliances entre les du Bellay que le dernier des du Bellay, Antoine, se sépara du château pour rembourser ses dettes. Guillaume Bautru qui détenait déjà plusieurs des fiefs dépendants de l'ancienne baronnie du Plessis-Macé l'acheta. Le château ne restera que 71 ans dans cette famille.

C'est en 1749 que les Walsh, gentilhommes irlandais, dont le premier membre établi en France, avait été, dit-on, le capitaine de marine qui fit passer la mer au roi Jacques II fugitif, achetèrent le château pour le conserver jusqu'en 1888.

Monsieur et Madame Gouraud d'Ablancourt achetèrent ensuite le château et métairies qui formaient autrefois la réserve enclose par les soins de Thibault de Beaumont.

En 1908, les propriétaires, gardant les fermes, vendirent le château à Monsieur Charles-Victor LANGLOIS (1863-1929), directeur des Archives de France, spécialiste du Moyen Âge et auteur avec Charles SEIGNOBOS (1854-1942), historien français, de la France au Moyen Âge. Charles-Victor LANGLOIS avait épousé Camille BERTHELOT, fille du savant et chimiste Marcellin BERTHELOT (enterré à son décès en 1907 au Panthéon avec sa femme, Sophie NIAUDET, décédée quelques instants avant lui et 2e femme inhumée à ce jour au Panthéon avec Marie Curie entrée en 1995 au Panthéon sur décision du Président François MITTERRAND).

La famille LANGLOIS-BERTHELOT (les deux noms ayant été rattachés sur décret du Président de la République Gaston DOUMERGUE (1863-1937) en 1927) a conservé le château pendant 60 ans. Philippe LANGLOIS-BERTHELOT (1896-1968), 4ème enfant de Charles-Victor LANGLOIS et de Camille BERTHELOT, né LANGLOIS (les 2 noms patronymes n'ayant pas encore été rattachés par décret présidentiel à sa naissance) à qui est revenu le château, a été secrétaire général de la banque de France et Président du l'Institut Français du caoutchouc. Il décida, en 1967, de faire donation du château au département du Maine et Loire après avoir envisagé pendant longtemps d'en faire donation à des institutions (plusieurs courriers de Philippe LANGLOIS-BERTHELOT attestent de sa volonté d'en faire don dès les années 45-47 soit au Collège de France, soit à l'École Française d'Extrême-Orient, soit directement à l'État Français). Il a entretenu et entièrement remeublé le château après la guerre (les allemands n'étant repartis qu'avec le linge de maison). Il n'y a plus guère de meubles restés à ce jour dans le château qui ait été acquis par ce dernier.

L'acte de donation comprenait une clause importante d'usufruit pour ses descendants (ses deux fils, Daniel LANGLOIS-BERTHELOT -et ses quatre enfants- et Jean-Marc LANGLOIS-BERTHELOT -et ses trois enfants-) ce qui fait qu'à ce jour deux étages sont encore occupés occasionnellement par les membres de la famille. Les pièces laissées à leur disposition ne font pas partie de la visite guidée du château.

Le château du Plessis-Macé est un des lieux privilégiés du festival d'Anjou qui est le deuxième festival en France après celui de Avignon, avec plus de 1.400 places en gradins érigés au centre de la cour d'honneur du château pour le festival d'été annuel.

En 1971 puis une nouvelle fois en 2009, quelques scènes de La Dame de Monsoreau ont été tournées au château. D'autres films l'ont été également comme Peau d'Ane avec Catherine Deneuve en 1968.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00109231 », base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]