Château de Moulinsart

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Château de Moulinsart
Château de la série Les Aventures de Tintin
D'après une photo modifiée du château de Cheverny
D'après une photo modifiée du château de Cheverny

Localisation Belgique
Habitants principaux les frères Loiseau
Nestor
le capitaine Haddock

Créé par Hergé
Première apparition Le Secret de La Licorne (1943)
Éditeur Casterman

Le château de Moulinsart est un château situé dans la localité fictive éponyme et imaginé par Hergé pour sa série de bande dessinée Les Aventures de Tintin. Tintin y est l'hôte du capitaine Haddock à la fin de la série.

Inspiration[modifier | modifier le code]

C’est dans l’album Le Secret de La Licorne que le château apparaît pour la première fois.

Tintin découvre d'abord de vastes souterrains où il est retenu prisonnier. Au mois de mai 1942, période pendant laquelle Hergé prépare l'aventure, la presse fait un large écho des fouilles archéologiques dans les cryptes romanes de Nivelles et de l'abbaye Saint-Martin de Tournai. Elles sont peut-être une source d'inspiration des lieux dessinés par Hergé[1].

Gravure d'un canope étrusque publiée vers 1910 dans le Larousse en deux volumes et source d'inspiration pour Hergé[2].

Ces caves servent de dépôt d'antiquités. Pour dessiner les pièces accumulées, Hergé emprunte aux gravures publiées dans l'encyclopédie Larousse en deux volumes[3].

Tintin découvre ensuite des parties supérieures du château dont l'escalier d'honneur et la pièce à l'étage d'où il téléphone au capitaine Haddock. La cheminée de cette pièce s'inspire de celle de la chambre du roi au château de Cheverny[n 1], dont Hergé utilisa une brochure touristique[n 2]. C'est dans cette pièce que Tintin découvre, et l'identité de ses geôliers, les frères Loiseau, antiquaires, et le nom du lieu, Moulinsart.

Ce n'est que vers la fin de l'aventure suivante, Le Trésor de Rackham le Rouge, que l'aspect général de l'extérieur est dévoilé. Moulinsart est une réplique du château de Cheverny auquel on aurait retiré les deux imposants pavillons latéraux[4],[n 3].

Le canal du Loing, d'Alfred Sisley.

Dans Coke en stock (page 10), le capitaine Haddock a fait l'acquisition d'une œuvre d'Alfred Sisley : Le canal du Loing. À cette époque, en 1956, Hergé a une passion naissante pour la peinture et songe même à abandonner la bande dessinée. Il dispose de cette toile, qu'il ne pouvait ni peindre ni s'offrir, par l'intermédiaire du capitaine Haddock[5].

Dans Les Bijoux de la Castafiore (page 11), Nestor fait remarquer à la Castafiore que le mobilier qu'elle suppose être du style Henry XV est en fait du Louis XIII. C'est un portrait du cardinal Mazarin qui semble être accroché dans la chambre mise à disposition de la diva.

Le nom de Moulinsart[modifier | modifier le code]

Le nom de Moulinsart a été inventé par Hergé en inversant celui d'un hameau de Braine-l'Alleud, Sart-Moulin, situé au sud de Bruxelles[6]. Le premier élément en est l'appellatif toponymique sart, forme déglutinée d’essart « défrichement », fréquent en Belgique romane ainsi que le nord de la France[7]. Ce hameau, dont le nom signifie donc « la terre défrichée (près) du moulin », est connu de Hergé car sa collaboratrice, Alice Devos, avait de la famille qui habitait en ce lieu[8]. Curieusement, dans l'adaptation radiophonique de l'album, diffusée par l'RFT dans le cadre de la série des aventures de Tintin du 24 décembre 1959 au 6 février 1960[9], le château de Moulinsart devint pendant quelques semaines celui des Moulinettes.

Dans la série[modifier | modifier le code]

À la fin de l'épisode Le Secret de La Licorne, le capitaine Haddock et les Dupondt viennent rejoindre Tintin pour lui prêter main forte. Ils y font connaissance du majordome, Nestor, employé des frères Loiseau.

Dans l'aventure Le Trésor de Rackham le Rouge, il apparait que le château de Moulinsart avec ses dépendances a été offert par le roi Louis XIV au chevalier François de Hadoque, lieutenant de marine et ancêtre du capitaine Haddock. L'acte de propriété a été signé à Versailles le 15 juillet de 1684[n 4]. Par la suite, le château de Moulinsart est devenu la propriété des frères Loiseau.

Grâce à la vente du brevet de son sous-marin de poche en forme de requin, le professeur Tournesol permettra au capitaine Haddock d'acquérir le château. C'est dans les souterrains du château qu'en faisant pour la première fois le tour de propriétaire, Tintin et le capitaine Haddock découvriront le trésor du pirate, Rackham le Rouge.

Le majordome Nestor reste au château. Le professeur Tournesol s’y installe également, et aménage un laboratoire, d'abord dans le château[n 5], puis dans une annexe située dans le parc[n 6]. Cependant, on ne voit Tintin y vivre qu’à partir de L'Affaire Tournesol, préférant jusqu'alors son appartement du 26, rue du Labrador à Bruxelles.

Les Bijoux de la Castafiore est le seul album dont l’intrigue se déroule intégralement à Moulinsart, au château, dans son parc et dans le village.

Apparence du château[modifier | modifier le code]

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L'intérieur du château de Moulinsart varie d'un album à l'autre : certaines pièces sont similaires dans tous les albums comme la « salle de marine » ou le « grand salon » mais l'entrée ou encore les escaliers sont toujours différents. Le grand escalier de marbre joue même un rôle important par le biais de sa marche cassée dans Les Bijoux de la Castafiore.

Le village de Moulinsart[modifier | modifier le code]

Un gendarme belge en 1947

Moulinsart est un village imaginaire où se situe le château de Moulinsart.

Même si Hergé gomme progressivement les références trop explicites à la Belgique, des traces permettent d'y situer Moulinsart, non loin de Bruxelles[10]. Par exemple, l'uniforme des gendarmes dans Les Sept Boules de cristal et L'Affaire Tournesol.

Moulinsart semble être un gros bourg, puisqu'on y retrouve des commerces — la boucherie Sanzot, la laiterie Lactas (L'Affaire Tournesol), un marbrier, Isidore Boullu, un élagueur, Émile Vanneau — mais aussi des services publics : une gare (Les Sept Boules de cristal), une fanfare, « l'Harmonie de Moulinsart », une gendarmerie et même une décharge municipale (Les Bijoux de la Castafiore). Moulinsart est aussi desservi par un service d'autobus, un arrêt s'appelle Moulinsart église, d'où la direction du château, éloigné de 3 km, est signalée par un panneau indicateur[n 7].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

À propos de la visite du colonel Kadhafi en France en décembre 2007, Dominique Dhombres, journaliste du Monde, titra son article du 12 décembre 2007 : Le petit Abdallah campe à Moulinsart, le Guide ayant demandé qu'une tente bédouine soit installée sur la pelouse de l'hôtel de Marigny. On peut effectivement y voir un parallèle à l'album Coke en stock, où Abdallah, envoyé en Europe par son père pour le protéger, campe dans une grande tente de Bédouins, à l'intérieur d'une salle du château.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Photo de cette cheminée sur le site de l'Institut national d'histoire de l'art (Saint-Bris 2011, p. 117)
  2. Cette brochure fut exhumée par Benoît Peeters. Une photo du dépliant, recto et verso, est présentée dans l'article de Gonzague Saint-Bris (Saint-Bris 2011, p. 117).
  3. Certains émettent une autre hypothèse qui donne une origine sarthoise au château de Moulinsart qui serait inspiré du domaine de Rivesarthe près de la commune de Malicorne-sur-Sarthe, connue pour ses faïences. La première faïencerie, créée avant la Révolution française, l'aurait été par un certain Jean Loyseau. Ils voient dans ces noms des coïncidences frappantes (Malicorne/Licorne, Rivesarthe/Moulinsart, Loyseau/Loiseau).
  4. Le Trésor de Rackham le Rouge, p. 58
  5. Les expériences menées par le professeur avec les comprimés de N.14 provoque d'important dégâts au château à la fin de l'Or noir.
  6. L'Affaire Tournesol, p. 14
  7. Le Temple du Soleil, version parue dans le Journal de Tintin en 1949 (Hergé 1988).
Références
  1. Hergé et al. 2006, p. 76
  2. Claude Augé (dir.) et Henri Faucher-Gudin (illustrateur), Le Larousse pour tous : Nouveau dictionnaire encyclopédique, vol. 1 : A-K, Paris, Librairie Larousse,‎ 1907-1910, p. 619
  3. Hergé et al. 2006, p. 86
  4. Peeters 1984, p. 116-117
  5. Couvreur 2011, p. 40
  6. Soumois 1987, p. 185
  7. Jean-Jacques Jespers, Le nouveau dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles, Bruxelles, Éditions Racine,‎ 2011, 752 p. (ISBN 978-2873867331), p. 582
  8. Hergé et al. 2006, p. 94
  9. Site de l’INA.
  10. Couvreur et al. 2011, p. 9

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Couvreur, Archibald Haddock : Les mémoires de Mille Sabords, Bruxelles, Éditions Moulinsart,‎ 2011, 64 p. (ISBN 978-2-87424-256-4)
  • Daniel Couvreur, Clément Kreit, Dominique Maricq et Christine Verneuil (préf. Philippe Geluck), Tintin chez les Belges, Éditions Moulinsart,‎ 2011, 64 p. (ISBN 978-2-87424-238-0)
  • Hergé, Le Temple du Soleil : version originale, Tournai, Casterman, coll. « Bibliothèque de Moulinsart »,‎ 1988 (ISBN 2-203-01706-6)
  • Hergé, Daniel Couvreur, Frédéric Soumois et Philippe Goddin, Les vrais secrets de la Licorne, Éditions Moulinsart,‎ 2006, 128 p. (ISBN 2-87424-118-0)
  • Hergé, Daniel Couvreur et Frédéric Soumois (préf. Dominique Maricq), À la recherche du trésor de Rackham le Rouge, Éditions Moulinsart / Casterman,‎ 2007, 136 p. (ISBN 978-2-87424-160-4)
  • Benoît Peeters, Le monde d'Hergé, Tournai, Casterman,‎ décembre 1984, 2e éd., 320 p. (ISBN 2-203-23124-6)
  • Gonzague Saint-Bris, « Cheverny, un modèle de château », Historia, Paris « Hors-série » « Les personnages de Tintin dans l'histoire : Les événements de 1930 à 1944 qui ont inspiré l'œuvre d'Hergé »,‎ juillet 2011, p. 112-117
  • Thomas Sertillanges, La vie quotidienne à Moulinsart, Hachette Littérature, coll. « La vie quotidienne »,‎ juin 1995, 206 p. (ISBN 978-2012351813)
  • Frédéric Soumois, Dossier Tintin : Sources, Versions, Thèmes, Structures, Bruxelles, Jacques Antoine,‎ 1987, 316 p. (ISBN 2-87191-009-X)