Château de Mehun-sur-Yèvre

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Château de Mehun-sur-Yèvre
Image illustrative de l'article Château de Mehun-sur-Yèvre
Vue actuelle des ruines du château
Période ou style Gothique
Architecte Guy de Dammartin
Début construction 1367 XIVe siècle
Propriétaire initial Famille de Courtenay
Propriétaire actuel Commune
Destination actuelle Musée
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)
Coordonnées 47° 08′ 34″ N 2° 13′ 00″ E / 47.1428, 2.2167 ()47° 08′ 34″ Nord 2° 13′ 00″ Est / 47.1428, 2.2167 ()  [1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Berry
Région Centre
Département Cher
Commune Mehun-sur-Yèvre

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Mehun-sur-Yèvre

Le château de Mehun-sur-Yèvre est une ancienne forteresse médiévale située dans la commune de Mehun-sur-Yèvre, département du Cher, région Centre, anciennement dans le duché de Berry. Actuellement ruiné, il est situé sur une éminence rocheuse qui domine la confluence de l'Yèvre et de l'Annain.

Histoire du château[modifier | modifier le code]

L'existence d'un château défensif à Mehun-sur-Yèvre remonte sans doute au IXe siècle, il appartenait à la famille de Courtenay au XIIe siècle, avant de passer à la maison des Artois puis revient finalement à la famille royale des Valois. Le château a connu ses heures de gloire au Moyen Âge vers les XIVe siècle et XVe siècle mais est très vite délaissé par les rois après le règne de Charles VII. Le XVIIIe siècle marque le glas avec le démantèlement du château transformé en carrière de pierre.

La transmission du château de seigneur en seigneur ne s'est pas faite par les armes mais par mariage. Ces passations pacifiques ont permis l'enrichissement et l'embellissement du château à travers les siècles.

Le château sous la domination de la famille de Courtenay et des Artois[modifier | modifier le code]

Au XIIe siècle, sous l'influence de la famille de Courtenay régnant sur le Berry, le château de Mehun déjà existant est reconstruit et transformé en forteresse. Véritable place forte, l'édifice sert de défense pour la population mehunoise et la vie de la cité médiévale s'organise autour de la forteresse.

Après avoir été sous la domination de la famille seigneuriale des Courtenay, le château revient à la famille des Artois jusqu'au banissement de Robert III d'Artois. Le fief de Mehun-Sur-Yèvre et le château fort rentrent dans le domaine royal pour être donnés à Jean de Luxembourg, roi de Bohème. Le château reviendra de nouveau au roi par le mariage de la fille de Jean de Luxembourg et du fils héritier du roi, Jean II le Bon, père du futur Jean de Berry [2]. En 1360, Jean de France se voit attribuer en apanage le fief de Mehun-Sur-Yèvre.

Les transformations du duc de Berry[modifier | modifier le code]

Jean de France, duc de Berry (1340-1416) constitua l'un des premiers et de ses plus importants programmes architecturaux à Mehun-sur-Yèvre. Il fit transformer une forteresse défensive en une résidence de plaisance luxueuse d'inspiration gothique, dotée des plus somptueux décors de son époque. Le chantier était prodigieux, il commença dès le retour du prince de sa captivité anglaise en 1367, et s'étendit jusqu'à sa mort en 1416 mais Jean de Berry ne pourra pas voir la fin des travaux.

La Tentation du Christ, folio 161v des Très Riches Heures du duc de Berry, musée Condé, Chantilly, ms.65

Mehun-sur-Yèvre après Jean de Berry[modifier | modifier le code]

Le château somptueux et prestigieux pour son époque a accueilli de nombreux seigneurs et personnages historiques. Les plus illustres personnages tels que Jacques Cœur ou la reine Marie d'Anjou ont contribué à la richesse de la cour du château [réf. nécessaire]. Lors de guerres féodales entre fiefs, des seigneurs se sont réfugiés à Mehun-sur-Yèvre tel le duc de Guyenne faisant du château une forteresse imprenable et un lieu de haut pouvoir au XVe siècle. Charles VII en fit son château de plaisance pendant la guerre de cent ans et y dirigea certaines grandes stratégies militaires. En 1429, Jeanne d'Arc y passa quelque temps à ses côtés[réf. nécessaire]. C'est en ses murs que mourut le roi Charles VII, le 22 juillet 1461[3].

D'une période de gloire au déclin[modifier | modifier le code]

Après le règne de Charles VII, le château tombe dans l'oubli au profit des châteaux de la Loire. Malgré son architecture originale, le château aura marqué une époque transitoire entre le Moyen Âge et la Renaissance. Dans les siècles qui suivent, le château ne résiste pas aux incendies, à la destruction et au pillage. Au XVIe siècle, un premier incendie détruit une partie du château. Puis les guerres de religion et la Révolution française finissent par sonner le glas de la destruction d'une grande partie du château, établi en carrière de pierres destinées à la construction de maisons. Le château passe alors de propriétaire en propriétaire avant d'être inscrit aux monuments historiques.

Un regain d'intéret et de protection[modifier | modifier le code]

Le château fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[4]. Actuellement il est propriété de la commune et transformé en musée consacré au roi Charles VII et à son règne. Le château fait aussi l'objet de fouilles archéologiques depuis 20 ans qui ont permis la découverte d'autres pièces du château enfouies dans la végétation. Le château est également le théâtre d'une fête médiévale qui a lieu chaque été au mois de juillet.

Dégradation des ruines[modifier | modifier le code]

Les fouilles archéologiques entreprises ont permis une sauvegarde des ruines en dépit des dégradations dues au manque de financement.

Architecture[modifier | modifier le code]

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L'existence de châteaux défensifs antérieurs[modifier | modifier le code]

Avant que Jean de Berry ne commence les travaux de restauration et de transformation du château en palais luxueux, des vestiges de châteaux antérieurs au XIVe siècle existaient aux alentours du site. Un nombre de ces fondations préexistantes ont servi à la reconstruction du château. Plus d'une dizaine de bases de châteaux défensifs constituaient les fondations du château. L'architecture de ces constructions antérieures se différenciait selon les époques de construction, allant de simples fondations primitives faites de bois, à de bases plus solides en pierre [5]. Chacun avait pour vocation de défendre la cité, notamment lors les guerres seigneuriales. Du IXe siècle au XIVe siècle, l'aspect architectural du château respectait le plan typique des châteaux forts. Les quatre tours dont le donjon, poste et habitation principale du seigneur ont été conservées lors de la reconstruction de l'édifice sous Jean de Berry. Les douves profondes également conservées donnaient l'impression d'une forteresse imprenable et étaient une défense de plus face aux envahisseurs[réf. souhaitée].

Avant les transformations importantes du duc de Berry, le château fut modifié et modernisé de nombreuses fois sous l'initiative des chatelaines du lieux. Dès le IXe siècle, Béatrix de Mehun transforme le château de bois et de pierre pour le convertir en résidence. Puis sous l'impulsion de Mahaut de Mehun-Courtenay et de sa descendante Amicie de Mehun-Courtenay, il devient un véritable lieu de culture au XIIIe siècle [6].

Le château aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Les vestiges encore visibles aujourd'hui datent pour l'essentiel du XIVe siècle, lors duquel il fut remodelé de 1367 à 1390 pour le duc Jean de Berry par l'architecte Guy de Dammartin pour en faire une résidence luxueuse. Le décor sculpté est dû aux ateliers d'André Beauneveu et de Jean de Cambrai[4].

Largement ruiné depuis le XVIIIe siècle, ce fut l’un des plus excentriques châteaux gothiques[réf. souhaitée]. Les ruines du château montrent encore aujourd'hui cette excentricité architecturale mélangeant des éléments de châteaux forts et de résidence luxueuse. Sur certains pans de murs des tours, des vestiges de sculptures apparaissent distinctement. Les bases d'un ancien château fort sont également visibles au sol, de même que les séparations des pièces du château tracées à même le sol.

Une église, aujourd'hui détruite, était incorporée à l'ensemble du château, le distinguant particulièrement des autres à l'époque. Seul un mur et un reste de sculpture d'une ouverture témoignent de la présence du bâtiment [7].

Le château dans les arts et la culture[modifier | modifier le code]

Littérature et peinture[modifier | modifier le code]

Le château se trouve représenté dans une miniature des Très Riches Heures du duc de Berry au centre d'une scène de La Tentation du Christ (f.161v.), pour illustrer le premier dimanche de Carême du livre d'heures. Sa réalisation est attribuée aux frères de Limbourg entre 1411 et 1414[8].

Personnages historiques importants[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  2. Mairie, « Histoire de Mehun-sur-Yèvre », sur Ville de Mehun-sur-Yèvre,‎ 2011 (consulté le 8 octobre 2011)
  3. « Jeanne-d-Arc-a-Mehun-sur-Yevre », sur Mairie de Mehun-sur-Yèvre (consulté le 8 octobre 2011)
  4. a et b « Notice no PA00096837 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  5. site officiel de la mairie de Mehun-sur-Yèvre, « description architecturale du château »,‎ 2011 (consulté en 10 octobre)
  6. « seigneurs et personnages historiques », sur Site officiel de la mairie du Mehun-sur-Yèvre,‎ 2011 (consulté le 14 octobre 2011)
  7. « description des ruines du château » (consulté le 10 octobre 2011)
  8. Raymond Cazelles et Johannes Rathofer, Les Très Riches Heures du Duc de Berry, Tournai, La Renaissance du Livre,‎ 2001 (1re éd. 1988), 238 p. (ISBN 2-8046-0582-5), p. 171

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Le Cher remarquable :80 sites vus du ciel;N° spécial du Berry Républicain, dec 2011 p 24-25 ISNN 0988-8357

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Bon, Thierre Lebas, Mehun-sur-Yèvre : Ville et château, Mehun-sur-Yèvre, Groupe historique et archéologique de la Région de Mehun-sur Yèvre, 1994, 54 p.
  • Robert Gauchery, « Château de Mehun-sur-Yèvre » in Congrès archéologique de France - Bourges 1931, Paris, Picard, 1932, p. 338-345

Voici les références de la dernière publication (collective) qui fait le point sur les trente dernières années de recherches historiques et archéologiques sur les sites de Mehun et les principaux sites de référence : Philippe Bon (Éd.) Le Château et l'art, à la croisée des sources, ill. n&Bc, coul, planches, cartes, plans, Mehun-sur-Yèvre, Groupe historique et archéologique de la Région de Mehun-sur Yèvre, 2011, 528 pp., fort in. 4° de 302 x 220, 44 €., ISBN 978-2-9540103-0-4.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]