Chenet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Chenet (homonymie).

Un chenet est un accessoire de foyer. C'est une pièce de bois ou de métal souvent placée par paire dans une cheminée ou un foyer et servant à soutenir les bûches, afin que celles-ci n'étouffent pas le feu. Il est constitué d'un « chevalet » (barres horizontales) terminé par un élément décoratif ou fonctionnel, la « tête de chenet ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Chenet datant du second millénaire avant J.-C. ; cette pièce témoigne d'une attention marquée pour sa forme esthétique. Les points tracés sur sa surface imitent peut-être la forme des flammes.

L'homme s'est très tôt servi de chenets, comme en témoignent les chevrettes (chevalets sans tête) en fer assez grossiers trouvés dans les ruines de Paestum et Pompéi.

Dès son origine, le chenet a servi à stabiliser le combustible, donc à contrôler le feu. C'est la raison d'être des courbures aux extrémités du chenet sur l'illustration.

Chenet à tiroir, musée de la Gourmandise, Hermalle-sous-Huy.

En France, pendant le Moyen Âge, le chenet s’appelait queminel ou chemineau puis chiennet, d’où son nom actuel qui rappelle que les « têtes de chenet » étaient décorées de chiens accroupis[1]. Cette étymologie semble confirmée par les noms anglais et allemand (firedog et feuerhund, littéralement chien de feu) de cet ustensile.

Au Moyen Âge, les grandes cheminées abritaient des landiers parfois plus d’un mètre de hauteur et généralement en fer forgé. Les « landiers à crochets » ou « hatiers », conservés jusqu’à nos jours dans quelques vastes cuisines de ferme, avaient des crochets sur lesquels on appuyait des broches ou on suspendait des anses de chaudron. Les « landiers rigodets » se terminaient par des corbeilles dans lesquelles on mettait les plats. Au XIVe siècle, les landiers étaient ornés de rinceaux, de figures animales, d’hommes d’armes en pied et fréquemment les armoiries et les écussons de leur propriétaire.
De nos jours on trouve encore des chenets en portique, des chenets porte-broche, porte-éclat de bois, porte-écuelle ou porte-manche.

Les chenets en fonte ont d'abord été massifs, puis progressivement évidés jusqu'à devenir au XIXe siècle des « chenets à tiroir », permettant à la fois de supporter les buches et les broches, et de faire cuire les châtaignes et les pommes de terre en les isolant des cendres.

Le chenet métallique a aussi, de tout temps, servi de support décoratif. Les chenets en fonte, finement décorés, peuvent avoir un prix très élevé.

Matériaux[modifier | modifier le code]

Le bois durci peut servir de support, tout en étant combustible (ce peut être encore le cas aujourd'hui pour un feu en pleine nature, ou en l'absence de chenets non combustibles, en métal). De simples pierres permettent à la fois de soutenir les bûches et de circonscrire le feu. Le chenet métallique présente l'avantage supplémentaire de garder et communiquer la chaleur.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Rey, Dictionnaire historique de la langue française,‎ 1992, p. 735