Quentin de La Tour

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Maurice Quentin de La Tour

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Autoportrait au jabot de dentelle (vers 1751)
Amiens, Musée de Picardie
Nom de naissance Maurice Quentin De La Tour
Naissance 5 septembre 1704
Saint-Quentin (France)
Décès 17 février 1788 (à 83 ans)
Saint-Quentin (France)
Nationalité Royal Standard of the King of France.svg Française
Activités Peintre

Maurice Quentin Delatour, plus communément appelé Quentin de La Tour, né le 5 septembre 1704 à Saint-Quentin, mort le 17 février 1788 dans la même ville, est un portraitiste pastelliste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'un milieu cultivé, son patronyme originel est « Delatour » que l'usage déforma en « de La Tour ».

Il se rend à Paris entre 1719 et 1722 pour intégrer une petite académie de peinture. À partir de 1722, il s'installe comme peintre. Il rencontre Louis Boullongne et Jean Restout, ce dernier aura une grande influence sur lui. En 1735, il réalise le portrait de Voltaire au pastel, ce qui lui assure une grande renommée. À son apogée, il réalise différents portraits de Louis XV, de sa famille et de son entourage, et devient ainsi, après Jean-Marc Nattier, un artiste en vogue.

Il est surnommé alors « le prince des pastellistes » , technique qui devint à la mode à partir de 1720 notamment, à cause des progrès dans la production du verre plat.
En effet, le pastel est une poudre colorée déposée sur papier, parchemin, vélin ou soie, qui doit être protégée de tout contact. À sa maturité, Latour est un excellent dessinateur, il acquiert une remarquable maitrise du portrait au pastel (il applique méthodiquement un ensemble de règles de cadrage, d'éclairage, de composition). Son succès fut incontesté, la critique unanime, à tel point qu'il sera pris d'une certaine mégalomanie et rêvera de faire du pastel la technique dominante du portrait (il cherche notamment à faire de très grands formats par collage, concentre sa clientèle sur les plus hauts personnages de l'époque, monopolise le pastel dans le cadre de l'Académie royale). Il tentera de fixer le pastel pour le rendre aussi durable que l'huile (la fixation du pastel se faisait avec des laques ou des vernis : elle porte toujours atteinte à "la fleur du pastel", sa surface mate qui accroche la lumière). Son perfectionnisme méticuleux lui vaudra d’endommager certains de ces portraits. Il se permettra des provocations répétées (notamment le portrait d'un esclave noir nostalgique de son pays au milieu des plus hauts dignitaires) et affirmera souvent sa sympathie pour les idées philosophiques.

À la différence de sa devancière Rosalba Carriera qui produisit des allégories et des portraits, il est exclusivement portraitiste. Contrairement à Jean-Baptiste Perronneau, artiste sensible et ouvert à la recherche et qu'il considère comme un rival, il est exclusivement pastelliste. En 1750, il est nommé conseiller à l'Académie royale de peinture et de sculpture.

Portrait de Louis XV en buste (exposé au Salon de 1748)
Paris, Musée du Louvre
Portrait de La marquise de Pompadour (1748-55)
Paris, Musée du Louvre

À la fin de sa vie, il perdit ses facultés. Son caractère ne l'avait pas conduit à transmettre ses connaissances. C'est sans doute Adélaïde Labille-Guiard qui, à la génération suivante, conservera le mieux son enseignement. Néanmoins, lors des nostalgiques retours en grâce du siècle des Lumières, Delatour sera recherché des plus grands collectionneurs (Wildenstein, Gulbelkian, Getty, etc.). À la fin du XIXe siècle, beaucoup de pastels lui étaient aveuglément attribués.

Indépendamment du personnage représenté, les portraits de Delatour virent leur valeur fluctuer considérablement. Payés des fortunes de son vivant, ils devinrent invendables après la Révolution car sa technique, le choix des sujets tout comme sa personnalité en faisaient un artiste partisan. Il n'en reste pas moins vrai que la grande rétrospective, organisée à Versailles en 2004 pour le 300e anniversaire de sa naissance, a mis en évidence une remarquable cohérence stylistique et une incontestable maitrise technique, qui le placent au premier plan de l'art européen sous Louis XV.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Le style de Maurice Quentin de La Tour est facilement identifiable. Généralement traité en grand format, le sujet est bien placé dans la lumière, toujours de façon à estomper les disgrâces, toujours le coin des lèvres relevé pour évoquer un sourire. Le regard est toujours franc et les carnations parfaites dans leurs teintes et leurs nuances. Sa technique évoluera peu, plus ou moins estompée selon les périodes. Un élément important de sa méthode est la préparation du portrait qui se fait par des croquis rapides au pastel, généralement en série, destinés à trouver le cadrage et l'éclairage qui met le mieux en valeur son sujet. La série des préparations pour le portrait de la Pompadour est édifiante de savoir-faire. Souvent seules ses préparations sont conservées.

De même ses thématiques sont récurrentes : lui-même (série continue d'autoportraits), les grands de ce monde, les artistes et comédiens, les religieux et intellectuels.
Parmi les portraits célèbres de Maurice Quentin de la Tour, citons : Voltaire, Jean le Rond d'Alembert, Jean-Jacques Rousseau, Louis XV, la dauphine Marie-Josèphe et Madame de Pompadour

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]


Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Numismatique[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maurice Quentin de La Tour, Le voleur d'âme, Xavier Salmon, Éditions Artlys, Versailles, 2004
  • Maurice Quentin de La Tour, prince des pastellistes, Christine Debrie et Xavier Salmon, Paris, 2000
  • Maurice Quentin de La Tour, "Peintre de portraits au pastel" 1704-1788 au musée Antoine Lécuyer de Saint-Quentin. Christine Debrie, Thonon-les-Bains, 1991