Quentin de La Tour

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Maurice Quentin de La Tour

Description de cette image, également commentée ci-après

Autoportrait au jabot de dentelle (vers 1751)
Amiens, Musée de Picardie
Nom de naissance Maurice Quentin de La Tour
Naissance
Saint-Quentin (Royaume de France)
Décès (à 83 ans)
Saint-Quentin (Royaume de France)
Nationalité Royal Standard of the King of France.svg Française
Activités Portraitiste pastelliste

Maurice Quentin de La Tour, plus communément appelé Quentin de La Tour, né le à Saint-Quentin, mort le dans la même ville, est un portraitiste pastelliste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Issu d'un milieu cultivé, son patronyme originel est « Delatour » que l'usage déforma en « de La Tour ».

Il est le fils de François de La Tour, maitre écrivain, ingénieur géographe et chantre de la collégiale de la ville.

De 1719 à 1722, il entre en apprentissage chez Claude Dupouch, le peintre d'une petite académie de peinture, l'Académie de Saint-Luc, à Paris. Puis il retourne à Saint-Quentin.

En 1723, peut-être à la suite d'une intrigue malheureuse avec sa cousine avec laquelle il eu un enfant mort-né, il revient à Paris, se présente au graveur Tardieu, qui le fait entrer chez Jean-Jacques Spoede, peintre Belge et ami de Watteau. En ville pour réconcilier l'empereur et le roi d'Espagne, il rencontre les agents diplomatiques anglais et est invité par l'Ambassadeur d'Angleterre à le suivre à Londres où il séjourne jusqu'en 1727[pas clair].

À partir de 1727, il s'installe comme peintre à Paris. Il rencontre Louis Boullongne et Jean Restout, ce dernier aura une grande influence sur lui. En 1735, il réalise le portrait de Voltaire au pastel, ce qui lui assure une grande renommée. À son apogée, il réalise différents portraits de Louis XV, de sa famille et de son entourage, et devient ainsi, après Jean-Marc Nattier, un artiste en vogue.

Le « prince des pastelliste »[modifier | modifier le code]

Il est surnommé alors « le prince des pastellistes » , technique qui devint à la mode à partir de 1720 notamment, à cause des progrès dans la production du verre plat.
En effet, le pastel est une poudre colorée déposée sur papier, parchemin, vélin ou soie, qui doit être protégée de tout contact.

Portrait de Louis XV en buste (exposé au Salon de 1748)
Paris, Musée du Louvre

À sa maturité, Latour est un excellent dessinateur, il acquiert une remarquable maîtrise du portrait au pastel (il applique méthodiquement un ensemble de règles de cadrage, d'éclairage, de composition). Son succès fut incontesté, la critique unanime, à tel point qu'il sera pris d'une certaine mégalomanie et rêvera de faire du pastel la technique dominante du portrait (il cherche notamment à faire de très grands formats par collage, concentre sa clientèle sur les plus hauts personnages de l'époque, monopolise le pastel dans le cadre de l'Académie royale). Il tentera de fixer le pastel pour le rendre aussi durable que l'huile (la fixation du pastel se faisait avec des laques ou des vernis : elle porte toujours atteinte à "la fleur du pastel", sa surface mate qui accroche la lumière). Son perfectionnisme méticuleux lui vaudra d’endommager certains de ces portraits. Il se permettra des provocations répétées (notamment le portrait d'un esclave noir nostalgique de son pays au milieu des plus hauts dignitaires) et affirmera souvent sa sympathie pour les idées philosophiques.

À la différence de sa devancière Rosalba Carriera qui produisit des allégories et des portraits, il est exclusivement portraitiste.

Contrairement à Jean-Baptiste Perronneau, artiste sensible et ouvert à la recherche et qu'il considère comme un rival, il est exclusivement pastelliste.

En mai 1737, il est agréé à l'Académie royale de peinture et de sculpture sur présentation de plusieurs portraits au pastel. Cette promotion lui permet d'exposer pour la premier fois au SAlon un portrait de Mme Boucher et un Autoportrait en Démocrite.Cette première participation au salon marque le début de son immense succès dans la haute société: ses portraits (famille royale, nobles, philosophes, artistes..) vifs et spontané expriment bien le caractère du modèle peint.

Au salon de 1741, il se présente une grandiose effigie du président de Rieux, qui reçoit, dans son château de Passy, toute la société de l'époque, ce qui accroît la notoriété de Quentin de La Tour. En 1745, il obtient son brevet de logement aux galeries du Louvre, et il expose le portrait du Roi, celui du Dauphin, de Morry ministre d'État, ainsi que plusieurs autres portraits.

En 1746, l'artiste est reçu à l'Académie royale en tant que peintre des portraits au pastel. En 1748, il expose entre autres, les portraits du roi, de la reine et du dauphin.[Passage problématique]

En 1750, il est nommé conseiller à l'Académie royale de peinture et de sculpture.

Bienfaiteur de la ville de Saint-Quentin[modifier | modifier le code]

Lié au mouvement philanthropique du Siècle des Lumières, il octroya des rentes à des institutions religieuses de sa ville natale, pour leurs œuvres sociales. En 1782, il fonda une école de dessin qui existe encore aujourd'hui sous le nom d’École de La Tour.

En 1784, alors qu'il est atteint de démence sénile, sa famille le fait revenir à Saint-Quentin. Après sa mort, en 1788, son fonds d'atelier et une grande partie de son œuvre ont été légués à la ville de Saint-Quentin par son frère.

Son caractère ne l'avait pas conduit à transmettre ses connaissances. C'est sans doute Adélaïde Labille-Guiard qui, à la génération suivante, conservera le mieux son enseignement.

Œuvre et postérité[modifier | modifier le code]

Portrait de La marquise de Pompadour (1748-55)
Paris, Musée du Louvre

Le style de Maurice Quentin de La Tour est facilement identifiable. Généralement traité en grand format, le sujet est bien placé dans la lumière, toujours de façon à estomper les disgrâces, toujours le coin des lèvres relevé pour évoquer un sourire. Le regard est toujours franc et les carnations parfaites dans leurs teintes et leurs nuances. Sa technique évoluera peu, plus ou moins estompée selon les périodes. Un élément important de sa méthode est la préparation du portrait qui se fait par des croquis rapides au pastel, généralement en série, destinés à trouver le cadrage et l'éclairage qui met le mieux en valeur son sujet. La série des préparations pour le portrait de la Pompadour est édifiante de savoir-faire. Souvent seules ses préparations sont conservées.

De même ses thématiques sont récurrentes : lui-même (série continue d'autoportraits), les grands de ce monde, les artistes et comédiens, les religieux et intellectuels.
Parmi les portraits célèbres de Maurice Quentin de la Tour, citons : Voltaire, Jean le Rond d'Alembert, Jean-Jacques Rousseau, Louis XV, la dauphine Marie-Josèphe et Madame de Pompadour

Lors des nostalgiques retours en grâce du siècle des Lumières, Delatour sera recherché des plus grands collectionneurs (Wildenstein, Gulbelkian, Getty, etc.). À la fin du XIXe siècle, beaucoup de pastels lui étaient aveuglément attribués. Indépendamment du personnage représenté, les portraits de Delatour virent leur valeur fluctuer considérablement. Payés des fortunes de son vivant, ils devinrent invendables après la Révolution car sa technique, le choix des sujets tout comme sa personnalité en faisaient un artiste partisan. Il n'en reste pas moins vrai que la grande rétrospective, organisée à Versailles en 2004 pour le 300e anniversaire de sa naissance, a mis en évidence une remarquable cohérence stylistique et une incontestable maîtrise technique, qui le placent au premier plan de l'art européen sous Louis XV.

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Numismatique[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maurice Quentin de La Tour, Le voleur d'âme, Xavier Salmon, Éditions Artlys, Versailles, 2004
  • Maurice Quentin de La Tour, prince des pastellistes, Christine Debrie et Xavier Salmon, Paris, 2000
  • Maurice Quentin de La Tour, "Peintre de portraits au pastel" 1704-1788 au musée Antoine Lécuyer de Saint-Quentin. Christine Debrie, Thonon-les-Bains, 1991
  • Quentin de La Tour et la société française du XVIIIe siècle, Alfred Leroy, Albin Michel, 1953